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23 mars 2011 3 23 /03 /mars /2011 19:49

  Papiers parus dans l'hebdomadaire La Terre du 22 au 28 mars 2011

 

 

Le Lycée agricole du Pays-de-Bray défend ses formations

 

Le lycée agricole du Pays-de-Bray sis à Neufchâtel-en-Bray et à Brémontier-Merval connaît une stagnation de ses effectifs. La communication, ses méthodes de recrutement et les formations proposées permettent de résister aux sirènes de l’enseignement privé.

  (photo : Les lycéens du LPA avant leur départ pour le salon de l'agriculture 2011 où ils ont terminé 1er du concours des lycées dans la catégorie des vaches normandes)

 

P1010137.JPG« La moitié de nos effectifs ici à Brémontier-Merval est encore issue du milieu agricole », annonce André Leblanc, le proviseur-adjoint du site du lycée professionnel agricole (LPA), composé d’un établissement dans ce village, à quelques kilomètres de Forges-les-eaux, spécialisé dans la formation agricole, et d’un autre, installé à Neufchâtel-en-Bray,  et spécialisée dans le service en milieu rural. « C’est encore beaucoup », renchérit-il, « compte-tenu du déclin du nombre d’agriculteurs en France ». Globalement, ce LPA public du Pays de Bray se porte bien avec un effectif total de 264 élèves sur les deux sites. Un projet de CAP en production animale et utilisation des machines n’attend plus que l’accord du ministère de l’agriculture. Pourtant, la concurrence est rude avec d’autres établissements privés qui l’entourent dans un rayon de moins de cinquante kilomètres.

Les mentalités changent

Les enfants de parents du secteur agricole ne fuient donc pas cette filière et peuvent suivre un bac professionnel pour devenir exploitants ou salariés agricoles. Mais les mentalités changent. Ainsi pas question pour Antoine, quinze ans en classe de seconde, de reprendre une exploitation chronophage. Antoine veut élever des vaches allaitantes pour avoir des loisirs et des week-ends. Mais tous ne suivent pas cette voie, loin s’en faut. Pour eux, comme pour les élèves issus d’un autre milieu, le lycée de Brémontier offre un enseignement technologique et professionnel formant aussi aux métiers de la nature, de l’hippologie, de l’élevage, et de la vente en produits frais. Autre donnée : les élèves ne sont pas là par hasard, puisqu’ils sont recrutés, hors carte scolaire, sur entretien de motivation.

Et les filles dans tout cela ? « Elles représentent un tiers des effectifs sur le site de Brémontier et l’unanimité moins deux garçons sur celui de Neufchâtel » précise Vincent Leprévost, le proviseur, ravi de tordre le coup à certains clichés réservant les LPA uniquement aux garçons. Cet établissement, d’ailleurs, est certainement un des rares à accueillir autant de filles, car assure-t-il, « l’essentiel des LPA publics se concentrent surtout sur la production agricole ». Aujourd’hui, les formations qui leur sont offertes sont à des années lumières de celles proposées dans les années d’après-guerre (voir encadré). Désormais, le public féminin bénéficie d’un large panel de formations à Neufchâtel. Sous le vocable de « services en milieu rural », s’entendent les formations attractives liées à la petite enfance, à l’aide à la personne, les formations sanitaire et sociale, d’agent de développement et d’accueil. Elodie, Adélaïde et Blandine apprécient la diversité des matières enseignées dans le CAP services qu’elles préparent en vue ensuite de poursuivre vers un bac professionnel. Mais le LPA demeure également un refuge pour des élèves, comme Cindy et Philippine en bac pro technique commerciale, refusées dans d’autres établissements publics et qui recherchent une formation de proximité. Mais pour toutes ces élèves, encore fallait-il convaincre les parents, eux aussi, empli d’idées reçues. « Grâce aux porte ouvertes (trois par an à Brémontier-Merval et deux à Neufchâtel-NDLR) et aux brochures, mes parents ont été convaincus par ces formations et leurs débouchés professionnels », affirment de concert les trois amies. Recruter demeure, en effet, une nécessité pour cet établissement soumis aux critères d’économie du Ministère de l’agriculture « au même titre que les établissements du ministère de l’Education nationale » reconnaît André Leblanc qui considère la publicité comme un élément vitale, « sinon on est morts », dit-il catégorique. Au risque, pourtant, de mettre les lycées professionnels et agricoles du public, comme du privé, en concurrence. Samedi dernier, l’établissement organisait une nouvelle porte ouverte et mutliplie depuis plusieurs jours les entretiens de recrutement.

Car ces établissements ont un coût. Enfin pas vraiment pour le Ministère de l’agriculture qui ne gèrent que les salaires du personnel enseignant et d’encadrement. Mais plutôt pour les régions et les LPA eux-mêmes en tant qu’exploitants de fermes qui financent les dépenses. « Le site de Brémontier-Merval en tant que lycée d’application produit, mais il transforme et vend, essentiellement à des grossistes, aussi ses productions de Neufchâtel (50 tonnes par an obtenus à partir des 80 vaches normandes de l’exploitation), de miel et de cidrerie » explique Michel Maréchal, le chef d’exploitation. « Nous avons les mêmes charges que les agriculteurs. Ce qui nous sauve, c’est l’absence d’emprunt, dû notamment au fait que nos bâtiments ont été financés par la Région et à la vente de nos produits. Sinon, je ne pourrais pas payer neuf salariés et équilibrer le budget », conclue-t-il

Frédéric SEAUX

 

 

 

Dans le Pays-de-Bray, l’enseignement agricole à 100 ans

 

La formation agricole est née dans le Pays-de-Bray en 1908. A l’époque elle était basée à Yvetot et dispensée au sein d’une école départementale d’agriculture. Au même moment est née à Neufchâtel, pour les jeunes femmes, l’école ménagère. « Mais pas question pour elles de devenir agricultrice, prévient Vincent Leprévost. « A l’époque, la femme de l’agriculteur apprend à tenir la maison, la basse-cour et la comptabilité ». Le tout sans lui reconnaître un quelconque statut que certaines épouses d’exploitant paient chèrement aujourd’hui, notamment an matière de retraite. L’antenne de Brémontier, elle, date de 1989. « Auparavant l’enseignement purement agricole se faisait à Gournay », explique le proviseur-adjoint. La réunion des deux établissements remonte à 1996. Ils font partie intégrante de l’EPLE (établissement public local d’enseignement) d’Yvetot qui gère aussi un CFA un CFPPA (formation pour adultes).

Frédéric SEAUX

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Published by frederic seaux - dans agriculture
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