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21 février 2011 1 21 /02 /février /2011 15:03

 

  Dossier paru dans l'hebdomadaire La Terre du 15 au 21 février 2010

 

Les Défis ruraux : vingt ans de promotion du monde rural

L’association « Les défis ruraux », installée à Allouville Bellefosse dans le Pays de Caux normand fêtera ses vingt ans dans quelques mois. Retour sur son apport pour les acteurs du  monde rural en Haute-Normandie.

 

« Les Défis ruraux, c'est simple, ils ont sauvé ma ferme ! », s'exclame Marie-Claude Bernard, éleveuse de moutons à Saint-Vaast d'Equiqueville, en Haute-Normandie, quand on lui demande son sentiment au sujet de cette association. Installée à Allouville-Bellefosse, dans le Pays de Caux, en Haute-Normandie, l’association qui intervient aujourd’hui sur une quinzaine de projets, fêtera bientôt ses vingt ans. Son travail ? Aider sous forme de diagnostics et de conseils le monde agricole et plus globalement les différents acteurs du monde rural à se développer dans le cadre du développement durable.

Un lien entre producteurs et clients

Pour cette éleveuse, qui a repris l'exploitation familiale en 1996, la rencontre avec l'association lui a permis de poursuivre sur la voie de la bio dans laquelle elle s'était lancée. « Sinon, je serais repartie en conventionnel car je perdais en moyenne 30 euros par agneau puisqu'il m'était seulement  payé à 3 euros le kilo par le groupement d'acheteurs ». Le contact avec Les défis ruraux s'avère alors gagnant. « Grâce à l'association, je réalise aujourd'hui la moitié de mon chiffre d'affaire grâce à l'opération " les bons repas" dans les écoles du Département de Seine-Maritime et de la Région Haute-Normandie ». L'association lui a donc trouvé des clients et ainsi lui a fait gagner du temps et de l’argent. Avec au bout de la chaîne, affirme-t-elle, « la préservation de [s]on unique salarié sur l'exploitation ».

L'aide au monde agricole est donc la principale action des Défis ruraux, « liée aux origines de l'association avec une forte  influence agricole » expliquent Annick Holleville, la directrice depuis deux ans de l'association et Victoria Selwyn, bénévole depuis huit ans. Mais l’association travaille à la diversification de ses contacts, en s’ouvrant davantage au monde rural non agricole.

Une association de professionnelles

Parmi eux, Olivier Leroy, installé à Lanquetot, dans le Pays de Caux, en Seine-Maritime, a bénéficié de l’aide de l’association pour se lancer dans le transport de personnes, via un moyen des plus originaux, dans une société désormais dominée en maître par la voiture. Eric Leroy offre ainsi un service hippomobile aux personnes à l’occasion d’événements festifs ou pour accéder, par exemple à des lieux fermés aux voitures. C’est surtout pour l’homme qui revendique son statut d’éleveur et de dresseur, un moyen de valoriser le cheval de trait. Sa société et son jeu de mots subtils « Traits-utiles », a ainsi noué des contacts avec les Défis ruraux  pour l’aider à monter son entreprise et pour s’assurer de sa viabilité et de son respect de la ruralité. « D’ailleurs précise les parties, sans un diagnostic initial, le partenariat ne peut pas se faire ». Pas question donc pour l’association de suivre n’importe quel dossier sous le prétexte de la ruralité sans étude approfondie réalisée par une partie de ses douze salariés hautement qualifiés dans leur domaine d’intervention, la rendant ainsi crédible auprès des bénéficiaires.

Trouver d’autres financements

Mais étonnement, le site internet de cette société ne fait pas référence à l’association des Défis ruraux.  Olivier Leroy reconnaît qu’il n’a même pas eu le réflexe d’adhérer à l’association, alors qu’il admet l’aide précieuse qu’elle lui a apportée. La directrice de l’association, Annick Holleville avoue que la démarche commerciale de l’association a jusqu’à présent été oubliée. « On ne pense pas à faire adhérer ceux qu’on aide », explique-t-elle. Mais face aux difficultés existantes et annoncées des collectivités territoriales, l’association réfléchit à d’autres sources de financement, à commencer par l’adhésion systématique des bénéficiaires et au paiement des diagnostics pratiqués auprès notamment des grandes entreprises qui vantent leur démarche écologique. La formation en ce sens des salariés et surtout le lancement le 8 février dernier de son propre label dont pourront se prévaloir « un bon produit du terroir régional ou une ferme engagée dans l’agriculture durable », explique Fanny Dupont, la récente responsable de la communication de l’association,   devraient apporter une plus grande reconnaissance à cette association qui fait œuvre véritablement d’utilité publique en matière de défense du monde rural.

                                                                                                                        Frédéric SEAUX

 

 

 

 

Un site internet pour produire et consommer sans OGM

Vous habitez  en Normandie et vous souhaitez consommer ou produire des aliments sans OGM ? C’est désormais plus facile. Il suffit de se rendre sur le tout nouveau site (www.consommersansogmennormandie.org) réalisé par les défis ruraux et le CIVAM.

Sur ce site, il est désormais possible pour le consommateur de trouver, par zone géographie, tous les producteurs et éleveurs qui se sont engagés dans cette démarche. Quant aux professionnels agricoles qui souhaitent s’orienter vers une production sans OGM, ils pourront y trouver tous les renseignements et conseils bien utiles pour changer leurs pratiques agricoles.

                                                                                                         F. S

 

 

 

Les défis des « défis ruraux »

 

 

Les défis ruraux se portent bien. Née il y a bientôt 20 ans sur l’initiative d’agriculteurs pour venir en aide à leurs homologues et promouvoir le développement durable en milieu rural, l’association peut compter sur un budget annuel de 500 000 euros, dont un tiers provient du conseil régional de Haute-Normandie. Engagée dans des opérations du CIVAM (centres d’initiatives et de valorisation en milieu rural) financées par le département de la Seine-Maritime, comme « de ferme en ferme » (porte ouvertes dans les fermes promouvant le développement durable) ou encore « les bons repas de l’agriculture durable » qui consistent à proposer des repas sans OGM dans les cantines scolaires, l’association agit aussi dans la lutte contre la pollution agricole de l’eau, à travers le contrat qui la lie à l’agence de l’eau, mais aussi, via un autre contrat avec l’ADEM, dans la valorisation du bois de haies comme méthode de chauffage.

                                                                                                              F.S

 

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Published by frederic seaux - dans le milieu rural
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  • : il s'agit d'un blog sur lequel paraissent certains de mes articles publiés dans le quotidien l'Humanité et les deux hebdomadaires, La Terre et l'Humanité Dimanche. J'utilise également ce blog comme moyen d'expression sur des sujets d'actualité que je ne traite pas directement à travers mes articles. Rendez-vous également sur le blog de la maison d'édition que j'ai créée : http://editionscogitoergosum.over-blog.com
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