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27 avril 2011 3 27 /04 /avril /2011 08:31

 

Article paru dans le Journal d’Elbeuf, le mardi 26 avril 2011

 

Vincent Hébert alias « kopsy », en tout simplicité

 

Vincent Hébert est depuis 2008 le directeur de la structure pour adolescents et préadolescents de Tourville-la-Rivière. Son nom ne vous dit rien ou presque ? Et pour cause, tout le monde l’appelle Kopsy. Derrière ce surnom, qui reflète bien le personnage, se cache un homme simple et qui tient à le rester.

 

Vincent, c’est l’homme au chapeau dont il ne se départ jamais. Qu’a-t-il donc à cacher ? Une calvitie naissante ou déjà bien avancée ? « Non pas du tout, dit-il en ôtant, phénomène rare, son chapeau révélant une coupe courte. C’est juste que je n’aime pas plus que cela mes cheveux et que ça fait aussi partie de mon identité. D’ailleurs aujourd’hui tout le monde est étonné si je ne l’ai pas sur la tête », poursuit-il. Ne pas passer inaperçu est important pour Kopsy dont le surnom suscite lui aussi des interrogations. « Personne ne m’appelle par mon vrai prénom », reconnaît celui qui tient beaucoup à ce surnom qui reflète aussi son identité. Kopsy, qui signifie « psycho » en verlan, lui fut donné, il y a plus de quinze ans, lorsque Vincent fit une rencontre qui bouleversera sa vie d’artiste. « J’habitais Alizay et je fréquentais l’école de musique de Pont-de-l’Arche. J’y apprenais la guitare et j’ai fait un concert avec mon prof. Son fils jouait dans un groupe de la banlieue elbeuvienne et il m’a demandé de l’intégrer comme guitariste et chanteur. Ce sont les membres qui m’ont donné ce surnom car j’avais souvent des moments d’humeur et je n’étais pas toujours clair dans mes propos souvent imagés. Cela faisait rire les copains. J’ai gardé ensuite ce surnom qui me résume bien finalement ». Oui car Vincent, pardon Kopsy ! est certes un homme d’action, peu enclin à la théorie, mais il n’en demeure pas moins un homme de réflexion. Lui qui rêvait de faire carrière dans la musique, et qui a bien failli devenir assureur, aime les choses cadrées ne souffrant aucun à-peu-près. Car au bout, il y a des jeunes qui comptent sur lui.

Tout pour la musique

Le futur responsable de la structure pour ados de Tourville-la-Rivière obtient son bac ES (économie) après une seconde tentative avec la mention « bien »… content de l’avoir ! Il faut dire que Kopsy n’aimait pas beaucoup les études, trop théoriques, là encore. Et c’est vrai qu’on imagine mal celui qui fait le bonheur des adolescents de Tourville-la-Rivière, rester assis huit heures par jour. Alors que ses camarades, eux, le font naturellement, lui multiplie déjà les concerts avec son groupe qui deviendra « Bad Joke ».

Mais l’enfant de parents ouvriers, malgré les apparences, a les pieds sur terre. La musique est avant tout une passion, il est vrai, dévorante, mais de là à en faire une carrière… Kopsy doit trouver la motivation pour obtenir son bac. Il la trouve finalement, à quelques mois des épreuves, en découvrant qu’une grosse société d’assurance propose, après concours d’entrée, un BTS en alternance avec une embauche au bout des deux ans d’études. Kopsy saute sur l’occasion. Il réussit le concours, obtient son bac avec un « brillant dix et quelque chose… ». En septembre, il se retrouve alors avec dix autres bacheliers tous plus âgés que lui, dans les locaux de cet assureur. Très vite pourtant, Kopsy étouffe dans son costume où le chapeau, les baskets et les vêtements larges sont proscrits. « Au bout d’un an, je savais que cette formation n’était pas pour moi. Je n’allais pas en cours car ils ne me convenaient pas, et puis j’avais la tête ailleurs… ». On connaît la musique, pourrait-on dire sans mauvais jeu de mots. Car la musique justement prend de plus en plus de temps dans la vie de Vincent avec les concerts qui se multiplient. Alors le BTS en poche, car Vincent va toujours au bout des choses, il refuse l’embauche de cet assureur qui a oublié la dimension sociale de son métier. Et pendant près d’un an, lui et son groupe diffusent leur talent dans les bonnes salles de France et de Navarre, jusqu’à jouer, excusez du peu, sur la scène du Printemps de Bourges.

Et puis, la nécessité de gagner sa vie, le ramène, malgré lui, à la triste réalité de devoir accepter un emploi de commercial itinérant chez un autre groupe d’assurance. « Mais après le succès du printemps de Bourges, je ne me voyais vraiment plus travailler dans ce secteur », explique-t-il. Surtout que le premier album studio du groupe sort en 2002. Et Vincent veut du temps, pour la musique, on l’aura deviné. Il démissionne alors et trouve un travail d’emploi jeune dans une école primaire de Val-de-Reuil. Lui qui a obtenu son Bafa à 18 ans y voit alors une opportunité, sur le moment pas professionnelle, mais surtout artistique. « Je travaillais vingt sept heures par semaine, payées trente cinq, avec tous mes vendredis et week-ends. C’était cool pour les concerts », sourit-il. Mais Il sait désormais qu’il ne fera jamais de la musique son métier. Alors il profite de son droit à la formation pour passer son brevet d’Etat auprès des adolescents, public qu’il encadrait durant ses jobs d’été les années passées.

Un homme simple

Aujourd’hui Kopsy regarde ce passé encore récent avec beaucoup de satisfaction, car il a « toujours voulu goûter à tout pour ne pas avoir de regret ». Lui qui reconnaît l’importance d’avoir été cadré par des adultes, sans pour autant avoir le sentiment d’être étouffé, veut désormais arborer la même démarche auprès des jeunes et de ses supérieurs à la mairie de Tourville-la-Rivière. « En psycho, cela s’appelle un transfert », lui rappelle-t-on. Kopsy salut la référence. Apprécié, Kopsy l’est forcément, des jeunes, tout d’abord, qui reconnaissent en lui en priorité la disponibilité. Mais il ne veut pas qu’on lui dise trop frontalement. Vincent n’est pas homme à honneurs. « Je ne suis qu’une poussière sur la planète » affirme le jeune trentenaire qui ce serait bien vu être un scientifique, là encore pour le côté original de la démarche. « D’ailleurs je me sens mal à l’aise quand on me félicite trop. C’est comme ce portrait dans le journal d’Elbeuf, j’en suis étonné, car je suis finalement quelqu’un de simple et d’ordinaire », lâche-t-il.

Ce personnage ordinaire reste par contre très discret sur sa vie privée, afin « de bien fixer les frontières notamment avec les jeunes », confie-t-il. Par contre, ce qu’ils savent, c’est qu’il sera absent durant toutes les vacances d’avril. Kopsy a pris ses congés pour pouvoir partir en concert en Allemagne et en République thèque avec son groupe des débuts, « Bad Joke », mauvaise plaisanterie, en anglais, qui en est à son troisième album. Kopsy aime l’autodérision qui lui permet de rester humble, là où d’autres, même avec un petit chapeau, pourraient avoir un gros melon.

Frédéric SEAUX

 

Repères

 

Naissance le 28 octobre 1978

Originaire d’Alizay

Intègre le futur groupe « Bad Joke » à 15 ans

BAFA en 1996

Obtient son Bac ES au lycée Marc Bloch (Val-de-Reuil) en 1997

BTS en assurance en 1999

Joue au printemps de Bourges en 2001

Brevet d’Etat d’animateur pour préadolescents et adolescents en 2005.

Animateur auprès des 11-15 ans au sein de la  structure Condorcet à Gaillon de 2006 à 2008

Depuis 2008, directeur de la structure adolescents et préadolescents de Tourville-la-Rivière

 

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Published by frederic seaux - dans portrait
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