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17 novembre 2010 3 17 /11 /novembre /2010 15:55

Article de Laurent Mouloud paru dans L'Humanité le 16 novembre 2010

Un prof de maths pour... l’EPS ?

 

Confrontées à une pénurie de remplaçants titulaires, certaines académies n’hésitent plus à nommer des profs dans d’autres disciplines que les leurs. Exemples à Paris.

 

Cette prof de maths remplaçante a dû lire et relire le courrier à s’en écarquiller les yeux. Mais pas de doute : son arrêté d’affectation, expédié mi-octobre par le rectorat de Paris, lui demande bien de remplacer, la semaine suivant la Toussaint, un collègue prof d’éducation physique et sportive ! Et elle n’est pas la seule dans cette situation. À la même période, un prof remplaçant de physique-chimie a également été affecté sur le poste d’un prof d’EPS du lycée Carnot (17e arrondissement)…

Une situation qui a fait bondir les syndicats. Le Snes et le Snep (profs d’EPS) ont demandé des explications au rectorat, qui plaide aujourd’hui la bourde administrative. « Il y a eu quatre arrêtés faits par erreur, assure Benoît Verschaeve, directeur des ressources humaines de l’Académie de Paris. On les a annulés mais dans un ou deux cas, l’enseignant s’est quand même présenté à l’établissement. Évidemment, ils ont donné des cours dans leur discipline, pas en EPS. »

Fin de l’histoire ? Pas vraiment. Car, au-delà de ces cas extrêmes réglés sous la pression syndicale, la nomination de titulaires remplaçants (TZR) sur des matières jugées proches de leur discipline est de plus en plus utilisée pour pallier les manques d’effectifs.

À Paris, l’Académie, qui a perdu 300 postes de TZR en deux ans, a dû gérer, avant et après les vacances de la Toussaint, le départ en formation de quelque 200 enseignants stagiaires. Résultat : de nombreux remplaçants de physique-chimie, en surnombre, se sont retrouvés nommés à des postes de profs de maths, de sciences de la vie et de la terre (SVT) ou encore de technologie… « Pédagogiquement, cela ne me choque pas, estime Benoît Verschaeve. Il y a des convergences entre ces matières. Et puis, il faut bien donner une activité à des profs qui restent rémunérés. »

Légalement, l’administration ne peut – pas encore ? – obliger un prof à enseigner une matière qui n’est pas la sienne. « Mais ils y sont fortement incités, dénonce Thierry Ananou, secrétaire académique du Snes. Notamment à travers ce qu’on appelle des enseignements de ‘‘convergence’’ qui consistent, par exemple, à aborder des notions de maths à travers un exercice de physique. »

Cette polyvalence des professeurs de collège est aujourd’hui prônée au plus haut niveau, rappelle le Snes. Luc Chatel y voit l’une des solutions peu coûteuses aux problèmes de remplacements. « La bivalence existait jusqu’aux années 1980 et on a fait le constat de son échec, note Thierry Ananou. Il est triste de voir que pour des raisons d’économies, on est prêt à faire un bond de vingt-cinq ans en arrière. »

Laurent Mouloud

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