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23 mai 2011 1 23 /05 /mai /2011 20:18

Tout le monde ne parle que de cela en ce moment. Pas une journée, sans que quelqu'un ne vous dise : t'es au courant?  Tu crois que c'est vrai, penses-tu qu'il va arriver à prouver que ce qu'il écrit est vrai?

 

Bref, face à ses interrogations, ces angoisses insupportables de nombreuses personnes, j'ai décidé d'agir et de vous informer sur cet énorme sujet d'actualité.

  

Quoi l'affaire DSK ? Ah non pas du tout ! Moi je parlais du premier livre des éditions GOGITO ergo sum, du livre de Frédéric SEAUX, intitulé, La légalisation des syndicats. Une loi de 1884 avant tout "républicaine".

  

Comme je sais que vous voulez en savoir plus sur ce livre, je vous offre les premières pages du livre.

  

Sympathiques les éditions COGITO non?

  

Je vous rappelle son prix : 6 euros seulement à commander aux Editions COGITO ergo sum, 23 cité Leverdier 76350 Oissel

  

A bientôt donc ?!

  

  

  

  

 

INTRODUCTION

 

Nature de la source

 

Ce texte législatif est promulgué le 21 mars 1884, après huit années de longs et âpres débats et combats parlementaires. Cette loi relative à la création des syndicats professionnels est un texte clair et court puisqu’il ne contient que dix articles. Son application est rendue officielle dès le 22 mars 1884, lors de sa publication dans le Journal Officiel.

 

L’auteur de la loi

 

C’est Pierre Waldeck Rousseau qui, en qualité de Ministre de l’Intérieur, le 21 mars 1884, est officiellement l’auteur de cette loi sous le 2nd ministère Ferry. Né à Nantes en 1846, il est, au moment de sa publication, un homme politique reconnu puisqu’il a déjà été ministre de l’Intérieur de 1881 à 1882 ; poste qu’il occupera ensuite de février 1883 à mars 1885. Il reste dans l’histoire de France pour avoir gracié Alfred Dreyfus en 1899 alors qu’il était Président du Conseil (jusqu’à juin 1902), ainsi que pour avoir été le maître d’œuvre de la loi de 1901 sur les associations.

Mais Pierre Waldeck Rousseau est-il le véritable auteur de cette loi ? Si tous les historiens s’accordent aujourd’hui à reconnaître que c’est bien lui qui l’a signée, ils s’opposent, par contre, sur son rôle dans son édification. L’historien Georges Lefranc dans son livre, Histoire du mouvement syndical français, publié en 1937, affirme que cette loi est bien l’œuvre de Waldeck Rousseau. Mais Pierre Sorlin n’est pas du même avis. Ce dernier, dans la biographie (Waldeck Rousseau, Paris, Colin, 1966) qu’il consacre à cet homme politique, écrit « qu’en dehors d’une nomination d’enquête, l’action de Waldeck Rousseau a été quasiment nulle de 1883 à 1885 ». L’historien poursuit en affirmant qu‘ « il s’est juste borné à prononcer au bon moment le discours qui facilita l‘adoption du texte ».

Néanmoins, les deux historiens sont en accord sur un point : Waldeck Rousseau, comme tous les autres parlementaires dans les années 1880, a peur du socialisme montant. La légalisation des syndicats s’avère alors être un moyen d’y remédier en encadrant les ouvriers.

 A vrai dire, il faut bien admettre que la publication de cette loi officialise un état de fait. En effet, depuis 1864 et la loi sur le droit de coalition, le nombre de syndicats ainsi que les grèves ouvrières, tout comme les associations d’ailleurs, ne cessent de croître dans le paysage social français. Ainsi en 1880, on  dénombre  64 000 adhérents regroupés dans environ 500 chambres syndicales ouvrières en France dont 150 à Paris. Les patrons ne sont d’ailleurs pas à l’écart de cette évolution puisque 138 associations patronales sont recensées en France, regroupant près de 150 000 membres (contre environ 60 000 chez les ouvriers). Paris, la Capitale, joue un rôle majeur dans cette propagation syndicale. L’annuaire des Syndicats de 1884 affirme qu’il y existe cinq fédérations syndicales. Parmi les organisations créées entre 1880 et la promulgation de la loi, citons celles du livre (1881), des mineurs, des chauffeurs-conducteurs-mécaniciens, et des mouleurs de métaux (1883). Si les titres de ces fédérations soulignent leur base corporative qui les cloisonne, les isole et les dresse parfois les unes contre les autres et les rend  le plus souvent inaptes à s’adapter à la transformation des métiers bouleversés par la modernisation, la naissance des fédérations de métiers constituent pourtant un grand progrès dans l’organisation syndicale.

La loi du 21 mars 1884 n’invente donc rien : elle ne fait que légaliser un état de fait. Mais en 1884, et malgré la poussée indéniable du syndicalisme, celui reste encore faible. Alors, pourquoi cette loi ? L’accroissement des grèves (qui reste le fait d’une minorité) ainsi que l’idée de grève générale qui fait son chemin, qui correspondent à la longue dépression qui règne tant dans l’agriculture que dans l’industrie depuis 1873 (jusqu’en 1896), auquel s’ajoute un nouveau langage de la part des ouvriers qui remettent parfois en cause la société « bourgeoise » en se politisant au côté des socialistes et des anarchistes, font naître une peur certaine au sein du gouvernement en place et du monde politique dans son ensemble. Il devient donc à leurs yeux nécessaire de promulguer une loi qui, dans l’esprit du législateur, doit être moins une loi émancipatrice qu’une loi favorisant le dialogue social, évitant ainsi les débordements ouvriers qui pourraient  être emmenés par les « mauvais bergers » que sont selon Waldeck Rousseau lui-même, les courants révolutionnaires. Il s’agit donc d’une loi permettant un meilleur contrôle des meneurs, assurant l’ordre et la rationalisation des rapports sociaux.

La loi est promulguée après huit années de débats parlementaires souvent acharnés. Les premiers vrais débats suivis de propositions apparaissent dès 1876. A première vue, le temps mis pour parvenir à la publication d’une telle loi peut paraître long. Mais en réalité, cela ne l’est pas si on le compare aux trente quatre années de débats que la loi, par exemple, du 30 mars 1900, relative à la réduction du temps de travail des adultes, a nécessitées.

 Mais ces huit années de débats ne signifient aucunement l’unanimisme au moment du vote parlementaire. Si cette loi est alors approuvée par les républicains progressistes, elle est par contre rejetée par l’ensemble des monarchistes, des républicains modérés et des conservateurs.

 

 

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Published by frederic seaux
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  • : il s'agit d'un blog sur lequel paraissent certains de mes articles publiés dans le quotidien l'Humanité et les deux hebdomadaires, La Terre et l'Humanité Dimanche. J'utilise également ce blog comme moyen d'expression sur des sujets d'actualité que je ne traite pas directement à travers mes articles. Rendez-vous également sur le blog de la maison d'édition que j'ai créée : http://editionscogitoergosum.over-blog.com
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