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25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 18:48

Communiqué de la FSU du Calvados 

paru dans la rubrique "le fil rouge" 

sur le site du journal l'Humanité le 25 Février 2011

 

Le secrétaire départemental de la FSU 14 convoqué par la police

 

 

Non content d'avoir fait la Une de la presse locale et nationale en attribuant les heures de fonctionnement des collèges en fonction de leur taux de redoublement, l'Inspecteur d'Académie du Calvados défraye de nouveau la chronique en s'adonnant à un acte de répression syndicale unique en son genre.

 

Suite au collage de 359 silhouettes matérialisant les 359 suppressions de postes prévues à la rentrée 2011 (académie de Caen) sur la façade de l'inspection académique, l'Inspecteur d'Académie du Calvados a déposé plainte contre la FSU, première fédération de la fonction publique de l'État et première fédération de l'Éducation. Sylvian MARY, son secrétaire départemental, est convoqué lundi 7 mars à 10H au commissariat d'Hérouville Saint Clair.

Ne pouvant invoquer ni dégradation, ni intrusion, ni gène vis-à-vis des personnels travaillant dans le bâtiment, l'inspecteur d'Académie du Calvados choisit donc de criminaliser l'action syndicale des élu-e-s au CTP qui ont osé rendre publique la hauteur des suppressions de postes dans l'académie de Caen.

Il faut dire que le Ministre Luc Chatel, ne pouvant justifier la suppression de 16 000 postes à la rentrée prochaine alors que 56 000 élèves supplémentaires sont attendus, a renvoyé à ses recteurs et inspecteurs d'académie le soin de décliner sa politique de rigueur dans l'Éducation Nationale.
Mais devant l'impopularité de ces mesures, dans le Calvados comme au niveau National, on entend visiblement faire taire les voix qui s'opposent, en particulier celles des personnels et de leurs représentants syndicaux, quitte à recourir à la justice.

La FSU n'est pas dupe et comprend bien qu'à travers cette action en justice, c'est l'ensemble du mouvement syndical et contestataire qui est visé afin de le « mettre au pas ».
Elle condamne ces pratiques et dénonce cette conception très particulière du dialogue social. Elle regrette de ne pouvoir, aussi facilement, déposer plainte pour « dégradation du service public d'éducation » ou « vol de postes  dans les écoles et établissements »...
L'Inspecteur Huchet et le Ministre Chatel seraient alors lourdement condamnés...

La FSU n'entend pas revoir ses prises de position ni ses stratégies d'action. N'en déplaise à l'Inspecteur d'Académie, elle continuera d'œuvrer en faveur d'une politique éducative ambitieuse au service de la réussite de tous les élèves avec les modalités d'action qui lui sembleront pertinentes.
Elle dénonce cette criminalisation du mouvement syndical et appelle à un rassemblement de soutien au moment de la convocation de son secrétaire départemental le lundi 7mars prochain à 10H devant le commissariat d'Hérouville Saint Clair, suivi d'une marche de protestation en direction de l'inspection académique.

 

Communiqué de la FSU Calvados

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25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 10:29

Article paru dans l'Humanité, le 21 Février 2011

Islam : l’UMP à reculons derrière Nicolas Sarkozy

 

 

  La volonté du chef de l’État, réaffi rmée au Salon de l’agriculture, de lancer un débat sur  la place des religions en France, se heurte au souci de prudence de responsables de l’UMP.

 

«Ethniciser » la  question sociale,  réveiller les peurs  au sein de la société  française, contraindre la  gauche à se prononcer… En  énonçant une série de conventions  en vue de la présidentielle,  l’UMP a jeté un pavé dans la  mare. Y compris dans son  camp. Après la remise en cause  des 35 heures et la TVA dite  « sociale », place au multiculturalisme  et à la place des religions.  Entendre de l’islam en France.  Après son passage à l’émission  Paroles de Français où le chef  de l’État annonçait « l’échec »  du multiculturalisme – sans  que ce modèle n’ait jamais été  à l’oeuvre dans l’Hexagone –, il a  confirmé sa volonté d’ouvrir un  débat sur la place de l’islam en  France, lors de son passage au  Salon de l’agriculture, tout en se  défendant de stigmatiser « nos  compatriotes musulmans » et  de monter les Français « les  uns contre les autres ». « Je  n’accepterai pas qu’on (les)  mette en cause mais en même  temps je n’accepterai pas un  islam qui ne correspond pas  aux valeurs de la République  et de la laïcité », a-t-il martelé.  Reste que l’initiative est  prise avec des pincettes, même  dans la majorité. Si le ministre  de l’Agriculture, Bruno Le  Maire, estime en effet nécessaire  d’aborder la question  pour ne pas la laisser au FN,  il met en garde contre ce qu’il  appelle les « écueils de la stigmatisation  et de l’aveuglement  ». Selon lui, ces débats,  sous couvert de laïcité, ne peuvent  donner lieu à « un débat  en l’air » mais à « un débat  respectueux des musulmans  de France, respectueux des  principes de la République ».  Tandis que Marine Le  Pen avait relancé le débat  sur les prières de rue, l’UMP  a embrayé en prenant appui  sur une pseudo-défense de la  laïcité afin de diviser de nouveau  la société française et de  masquer les échecs de sa politique.  Nicolas Sarkozy avait  ainsi affirmé : « Je ne veux pas  de minarets, pas d’appels à la  prière dans l’espace public, pas  de prières dans la rue » quand  ces dernières sont surtout le  phénomène d’extrémistes et  que les appels à la prière sont  inexistants depuis les mosquées.   

LINA SANKARI

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25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 10:21

Article paru dans l'Humanité, le 21 Février 2011

 

Rubrique : "Le travail dans tous ses états"

 

Pleins feux sur les conditions

de travail en centre commercial

 

 

Brouhaha, absence de lumière naturelle, clientèle plus pressée qu’ailleurs, inexistence du dialogue social… les résultats d’une étude lancée par la CGT-Rhône-Alpes à la Part-Dieu, à Lyon, révèlent les contraintes spécifi ques au travail dans les quelque 800 centres commerciaux de l’Hexagone.

 

Les conditions de travail au centre commercial de la Part-Dieu, à Lyon, le plus grand centre commercial d’Europe en centre-ville, sont actuellement la cible d’une étude lancée par le comité régional CGT auprès des salariés. L’initiative est une première en France et a obtenu le soutien du conseil régional de Rhône- Alpes dans sa volonté d’innover pour développer le dialogue social. « Notre axe de travail a été simple, explique Christophe Rigolet, porteur du projet au comité régional CGT, nous voulions faire ressortir les problèmes qui se posent à la santé au travail dans un centre commercial et ouvrir le débat au plus grand nombre. Nous avons eu neuf réunions de travail auxquelles ont été invités tous les syndicats, les représentants du Medef, la direction du travail et de l’emploi… Nous avons fait un premier état des lieux puis lancé un stage de cinq jours qui a abouti à l’élaboration d’un questionnaire adressé aux salariés. Nous ne pouvons que regretter l’absence des directions patronales qui, après avoir insisté pour être tenues au courant, ne sont jamais venues et ne sont pas interessées à ce rendu d’étape. » Les résultats de l’étude menée par le cabinet Transformation sociale ont été rendus publics en ce mois de février. « 672 réponses sur 2 200 questionnaires, cela peut sembler peu important, donc peu représentatif, remarque Serge Volkoff, du Centre de recherche et d’étude sur l’âge et les populations au travail, chargé de présenter en statistiques ces résultats. Mais ce n’est pas le cas. Bien sûr, les réponses n’ont pas été tirées au sort mais quand on les compare à ce que nous savons des autres centres commerciaux, ce n’est pas très différent. Nous ne devons pas être très loin de la vérité. » La vérité ? Les questions portaient sur les horaires de travail, la pression du temps dans le travail, les contraintes physiques, l’intérêt du travail et les relations en son sein, la clientèle, les tensions dans le travail et la santé. Il en ressort beaucoup de pénibilité physique, due aux postures et gestes répétitifs liés aux métiers, à laquelle s’ajoute, compte tenu de l’environnement, la pénibilité due à la chaleur, aux alternances de température et à l’absence de lumière naturelle. L’impossibilité d’enrichir ses connaissances et le manque de reconnaissance sont fortement ressentis. Les relations avec une clientèle qui est plus pressée que celle qui fréquente les magasins du centre-ville sont une large source d’angoisse, quelle que soit la taille du magasin. 151 personnes estiment que leurs conditions de travail ont des répercussions sur leur santé : douleurs, fatigue, troubles du sommeil, irritabilité. « L’une des agressions vient de l’environnement même du travail : les salariés sont continuellement exposés aux regards des clients mais aussi des badauds, développe Régis Guichard de Transformation sociale. Les gens travaillent dans un milieu humain confiné et continuellement bruyant avec les sonorisations du centre, celles des magasins et le brouhaha de la foule, diffus, lourd, perpétuel. Le seuil de décibels pour engager des actions de prévention n’est pas atteint, ce n’est pas la hauteur du son qui perturbe, c’est sa constance. Surtout qu’elle se conjugue à l’absence de lumière naturelle. Vous avez 36 % des personnes qui se plaignent de l’absence de lumière et 54 % du bruit. Résultat, 72 % de ces gens souffrent de troubles du sommeil. En centre-ville vous pouvez vous dégager des contraintes du travail, sortir, marcher dans la rue, aller déjeuner ailleurs… à la Part-Dieu, n’existent pas de vrais lieux dégagés de la clientèle. Il n’existe pas non plus de lieux de convivialité, pas de lieux collectifs. Même la tradition des pots de départ, de fête, d’anniversaire a disparu. Les salariés ne lient pas de relations sociales, d’amitiés, dans le centre. D’ailleurs, ils se connaissent peu. Il y a une crise de l’intégration : les plus anciens ont de plus en plus de mal à faire face aux besoins de formation des nouveaux entrants, à cause de l’instabilité de l’emploi, du renouvellement continu des équipes de travail. 7 enseignes ont un comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail national. Et il est très souvent très difficile d’obtenir de l’employeur le nom du représentant du personnel. » Le plus préoccupant ? Il n’y a pas de dialogue social au niveau du centre commercial proprement dit. Les entreprises respectent le droit du travail en fonction de leur taille, mais c’est insuffisant, expliquent tous les partenaires de l’étude. « Il n’existe qu’un seul CHSCT interentreprises, en France, c’est au marché de Rungis. Nous avons reçu un accueil très favorable des salariés et des responsables de boutique, remarque Christophe Rigolet, même les responsables d’enseigne sont partants, c’est au niveau au-dessus que cela coince. » Les dirigeants du centre s’occupent de la publicité, de l’accueil des enseignes. Des discussions informelles ont eu lieu avec les directions des organisations patronales, qui se retranchent derrière leur absence de responsabilité juridique. L’enjeu est donc de taille : « Il n’y aura pas de réponse juridique, ce devra être le résultat d’une négociation collective pour trouver un réceptacle juridique, conclut, pour sa part, Jean-Pierre Berthet, directeur du pôle travail à la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi en Rhône-Alpes. Tout le monde a plus à perdre à rester dans cette situation. Il faut se donner des règles, se trouver des champs d’intervention. » De son côté, Christiane Puthod, vice-présidente régionale (PCF) à l’emploi, au dialogue et à l’innovation sociale, n’entend pas lâcher prise : « Il faut jouer sur le débat et l’intelligence, interpeller les partenaires sociaux régionaux, rencontrer les patrons. La véritable richesse de l’entreprise, c’est la richesse humaine. Nous sommes décidés à prolonger l’aventure. »    

ÉMILIE RIVE

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21 février 2011 1 21 /02 /février /2011 15:03

 

  Dossier paru dans l'hebdomadaire La Terre du 15 au 21 février 2010

 

Les Défis ruraux : vingt ans de promotion du monde rural

L’association « Les défis ruraux », installée à Allouville Bellefosse dans le Pays de Caux normand fêtera ses vingt ans dans quelques mois. Retour sur son apport pour les acteurs du  monde rural en Haute-Normandie.

 

« Les Défis ruraux, c'est simple, ils ont sauvé ma ferme ! », s'exclame Marie-Claude Bernard, éleveuse de moutons à Saint-Vaast d'Equiqueville, en Haute-Normandie, quand on lui demande son sentiment au sujet de cette association. Installée à Allouville-Bellefosse, dans le Pays de Caux, en Haute-Normandie, l’association qui intervient aujourd’hui sur une quinzaine de projets, fêtera bientôt ses vingt ans. Son travail ? Aider sous forme de diagnostics et de conseils le monde agricole et plus globalement les différents acteurs du monde rural à se développer dans le cadre du développement durable.

Un lien entre producteurs et clients

Pour cette éleveuse, qui a repris l'exploitation familiale en 1996, la rencontre avec l'association lui a permis de poursuivre sur la voie de la bio dans laquelle elle s'était lancée. « Sinon, je serais repartie en conventionnel car je perdais en moyenne 30 euros par agneau puisqu'il m'était seulement  payé à 3 euros le kilo par le groupement d'acheteurs ». Le contact avec Les défis ruraux s'avère alors gagnant. « Grâce à l'association, je réalise aujourd'hui la moitié de mon chiffre d'affaire grâce à l'opération " les bons repas" dans les écoles du Département de Seine-Maritime et de la Région Haute-Normandie ». L'association lui a donc trouvé des clients et ainsi lui a fait gagner du temps et de l’argent. Avec au bout de la chaîne, affirme-t-elle, « la préservation de [s]on unique salarié sur l'exploitation ».

L'aide au monde agricole est donc la principale action des Défis ruraux, « liée aux origines de l'association avec une forte  influence agricole » expliquent Annick Holleville, la directrice depuis deux ans de l'association et Victoria Selwyn, bénévole depuis huit ans. Mais l’association travaille à la diversification de ses contacts, en s’ouvrant davantage au monde rural non agricole.

Une association de professionnelles

Parmi eux, Olivier Leroy, installé à Lanquetot, dans le Pays de Caux, en Seine-Maritime, a bénéficié de l’aide de l’association pour se lancer dans le transport de personnes, via un moyen des plus originaux, dans une société désormais dominée en maître par la voiture. Eric Leroy offre ainsi un service hippomobile aux personnes à l’occasion d’événements festifs ou pour accéder, par exemple à des lieux fermés aux voitures. C’est surtout pour l’homme qui revendique son statut d’éleveur et de dresseur, un moyen de valoriser le cheval de trait. Sa société et son jeu de mots subtils « Traits-utiles », a ainsi noué des contacts avec les Défis ruraux  pour l’aider à monter son entreprise et pour s’assurer de sa viabilité et de son respect de la ruralité. « D’ailleurs précise les parties, sans un diagnostic initial, le partenariat ne peut pas se faire ». Pas question donc pour l’association de suivre n’importe quel dossier sous le prétexte de la ruralité sans étude approfondie réalisée par une partie de ses douze salariés hautement qualifiés dans leur domaine d’intervention, la rendant ainsi crédible auprès des bénéficiaires.

Trouver d’autres financements

Mais étonnement, le site internet de cette société ne fait pas référence à l’association des Défis ruraux.  Olivier Leroy reconnaît qu’il n’a même pas eu le réflexe d’adhérer à l’association, alors qu’il admet l’aide précieuse qu’elle lui a apportée. La directrice de l’association, Annick Holleville avoue que la démarche commerciale de l’association a jusqu’à présent été oubliée. « On ne pense pas à faire adhérer ceux qu’on aide », explique-t-elle. Mais face aux difficultés existantes et annoncées des collectivités territoriales, l’association réfléchit à d’autres sources de financement, à commencer par l’adhésion systématique des bénéficiaires et au paiement des diagnostics pratiqués auprès notamment des grandes entreprises qui vantent leur démarche écologique. La formation en ce sens des salariés et surtout le lancement le 8 février dernier de son propre label dont pourront se prévaloir « un bon produit du terroir régional ou une ferme engagée dans l’agriculture durable », explique Fanny Dupont, la récente responsable de la communication de l’association,   devraient apporter une plus grande reconnaissance à cette association qui fait œuvre véritablement d’utilité publique en matière de défense du monde rural.

                                                                                                                        Frédéric SEAUX

 

 

 

 

Un site internet pour produire et consommer sans OGM

Vous habitez  en Normandie et vous souhaitez consommer ou produire des aliments sans OGM ? C’est désormais plus facile. Il suffit de se rendre sur le tout nouveau site (www.consommersansogmennormandie.org) réalisé par les défis ruraux et le CIVAM.

Sur ce site, il est désormais possible pour le consommateur de trouver, par zone géographie, tous les producteurs et éleveurs qui se sont engagés dans cette démarche. Quant aux professionnels agricoles qui souhaitent s’orienter vers une production sans OGM, ils pourront y trouver tous les renseignements et conseils bien utiles pour changer leurs pratiques agricoles.

                                                                                                         F. S

 

 

 

Les défis des « défis ruraux »

 

 

Les défis ruraux se portent bien. Née il y a bientôt 20 ans sur l’initiative d’agriculteurs pour venir en aide à leurs homologues et promouvoir le développement durable en milieu rural, l’association peut compter sur un budget annuel de 500 000 euros, dont un tiers provient du conseil régional de Haute-Normandie. Engagée dans des opérations du CIVAM (centres d’initiatives et de valorisation en milieu rural) financées par le département de la Seine-Maritime, comme « de ferme en ferme » (porte ouvertes dans les fermes promouvant le développement durable) ou encore « les bons repas de l’agriculture durable » qui consistent à proposer des repas sans OGM dans les cantines scolaires, l’association agit aussi dans la lutte contre la pollution agricole de l’eau, à travers le contrat qui la lie à l’agence de l’eau, mais aussi, via un autre contrat avec l’ADEM, dans la valorisation du bois de haies comme méthode de chauffage.

                                                                                                              F.S

 

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21 février 2011 1 21 /02 /février /2011 10:23

Article paru dans l'Humanité, le 17 février 2011

Casse du fret : Les patrons

sont contre, mais chut !

Le déclin programmé à Sotteville-lès-Rouen n’arrange pas leurs affaires. Pourtant les entreprises rechignent encore à s’associer aux cheminots pour sauver l’activité des gares de triage.

Trente pour cent de cheminots de moins en dix ans, 2500 wagons quotidiens triés dans les années 1990, contre seulement 50 aujourd’hui, 332 locomotives inutilisées depuis trois ans qui se détériorent. Tel est le bilan amer que dresse le comité de défense de la gare de triage de Sotteville-lès-Rouen (Seine-Maritime). En cause, selon ce comité qui en est à plus de 4000 signatures de soutien : l’abandon progressif par la SNCF, depuis 2004, de sa politique du « wagon isolé » qui consiste à louer à l’unité des wagons vides aux entreprises qui privilégient ainsi le transport ferroviaire au transport routier plus onéreux et dangereux. « A la place, pour des questions de rentabilité, la SNCF tente de développer le ″multi-lots/multi-clients ″. Les entreprises doivent désormais faire un prévisionnel annuel des chargements qu’ils feront transporter par wagon » explique Luc Delestre. Une telle politique met donc en péril le Fret. Dans les alentours de la zone industrielle de Sotteville-lès-Rouen, c’est une quinzaine d’entreprises qui n’entrent plus dans la politique de rentabilité de la SNCF et qui désormais ont de nouveau recours au transport par camions. « Soit 6000 camions de plus par jour sur les routes » a calculé Pierre Ménard, président du comité. « On est donc bien loin de l’objectif du Grenelle de porter à 25 % la part des modes non routiers et non aériens en 2022 », rappelait en septembre dernier le sénateur (PCF) haut-normand Thierry Foucaud, signataire d’une proposition de résolution sur le développement du fret.

Les chargeurs absents des débats publics

Invités aux différents débats publics organisés par le comité, les principaux chargeurs, souvent de l’industrie, ont toujours fait la sourde oreille et ne dénoncent qu’à demi-mot cette casse. S’ils regrettent que pour des raisons économiques « compréhensibles » le maintien du wagon isolé ne soit pas possible, ils n’acceptent pas pour autant l’alternative « multi-lots » de la SNCF. « Mais nous n’avons pas d’alternative à proposer », prévient un courageux qui, contacté, a souhaité rester anonyme. Enfin une quand même : mettre encore plus de camions sur les routes et pourquoi pas délocaliser. Courage, fuyons…

 Frédéric SEAUX

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16 février 2011 3 16 /02 /février /2011 20:07

 

Article paru dans l'Humanité le 15 février 2011

 

Jean-Luc Mélenchon gagne son pari face à Marine Le Pen

 

 

Après le débat qui les a opposés, hier, sur BFM TV et RMC, ceux qui voulaient faire croire à deux faces d’un même 
« populisme » en sont pour leurs frais, les leaders du PG et du FN défendant des positions aux antipodes sur tous les sujets.

 

Neuf heures trente, hier, Jean-Luc Mélenchon sort du studio le poing levé. Il sait qu’il vient de réussir le pari de sa confrontation avec Marine Le Pen, retransmis simultanément et en direct sur BFM TV et RMC. « Je l’ai envoyée au tapis, veut-il croire. C’est tout ce qui compte. » Quoi qu’il en soit, le leader du Parti de gauche a saisi l’occasion de montrer que, décidément, tout les oppose. Ceux qui voulaient faire croire à deux faces d’un même « populisme » en seront pour leur frais, en cherchant vainement les convergences entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Si ce n’est la détermination affichée de part et d’autre à combattre son interlocuteur.

Durant une heure, le coprésident du Parti de gauche (PG) et candidat à l’investiture du Front de gauche à l’élection présidentielle a débattu avec, ou plutôt contre, celle qui a succédé à son père à la tête du Front national, répondant aux questions de Jean-Jacques Bourdin.

 Travailleurs tous égaux ?

D’abord sur l’immigration, Marine Le Pen a repris les vieilles idées de son père en opposant travailleurs français et étrangers. Tout en faisant mine de s’en prendre aux patrons du CAC 40 qui organisent l’immigration illégale : « Avec vos amis du CAC 40, vous pesez sur la baisse du salaire des Français. » Jean-Luc Mélenchon évite le piège grossier et appelle à la régularisation des sans-papiers pour assurer l’égalité des droits et des salaires entre travailleurs français et étrangers. Hauts cris de Marine Le Pen qui, ensuite, le titille sur son appartenance à la gauche : « Les ouvriers ont parfaitement compris que M. Mélenchon était un rabatteur de voix pour Mme Aubry ou M. Strauss-Kahn. » En face, Jean-Luc Mélenchon ne bronche pas et fait un pronostic risqué à plusieurs titres : « Si DSK est candidat, je serai en tête au premier tour »…

Le Pen embraye alors sur l’expérience gouvernementale du candidat à la candidature ou sur ses positions en faveur du traité de Maastricht en 1992. Jean-Luc Mélenchon fait mine de s’étonner : « Mme Le Pen découvre que je suis de gauche ? Comme elle est intelligente ! » Puis il se revendique des acquis du programme commun de l’union de la gauche (retraite à 60 ans, réduction du temps de travail, abolition de la peine de mort…). Sa participation au gouvernement de la gauche plurielle ? « À l’époque, j’étais membre du PS. » Le traité de Maastricht ? Mélenchon défend la création d’une monnaie unique européenne, justifiée, à ses yeux, par le « besoin d’un smic européen ». Il contre-
attaque ensuite sur la prétention du FN à représenter les salariés : « La classe ouvrière organisée, les salariés (…), ils vomissent Mme Le Pen et le Front national. »

Le coprésident du PG prend également ses distances avec les positions anti-européennes du FN, le retour au franc que ce dernier préconise, en lui opposant son « internationalisme » et d’autres idées pour l’Europe. Le retour au franc, assure-t-il, c’est le « danger d’une dévaluation compétitive dans chaque pays. Il faut briser la compétition sociale » entre États en créant des « critères de convergence sociale » européens. En face, Marine Le Pen ne répond pas.

 Quelle «révolution fiscale» ?

Vient l’échange sur la prétendue « révolution fiscale » de la présidente du FN, qui propose que l’État prenne en charge deux cents euros de cotisations sociales sur les bas salaires… La droite le fait déjà, rétorque Jean-Luc Mélenchon, qui propose de « prendre dans la poche des puissances financières » pour augmenter les salaires plutôt que de les faire financer par les impôts.

Sébastien Crépel

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16 février 2011 3 16 /02 /février /2011 20:03

Billet paru dans l'Humanité du 15 février 20111 

La collusion bidon du fig mag

 

 

Plantu n’est pas le seul à mettre en scène, dans l’Express, de manière aussi peu déontologique, un prétendu rapprochement entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Dans sa dernière livraison, le Figaro magazine titre « Le Pen/Mélenchon : les mariés de l’an 12 ?» et illustre le « duel » entre le coprésident du Parti de gauche et la présidente du Front national par une photo où ils posent tout sourire côte à côte. Or, les crédits (les toutes petites lignes identifiant le photographe – NDLR) révèlent l’astuce : deux photographes ont œuvré. Les deux responsables politiques n’ont jamais posé ensemble, il s’agit donc d’un photomontage. Qu’est-ce qu’il ne faut pas faire pour faire avaler la pilule au lecteur...

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16 février 2011 3 16 /02 /février /2011 19:59

 

Article paru dans l'Humanité le 15 février 2011

Marine Le Pen s’est crue sur BFN TV

 

La nouvelle présidente du Front national a réchauffé l’indigeste gamelle paternelle.

 

Elle croyait profiter d’un pique-nique à la bonne franquette entre candidats (ou candidats à la candidature) « anti-système ». Marine Le Pen n’avait dans sa gamelle que de vieilles recettes paternelles.

Pour la présidente du FN, l’immigration « participe à la déstabilisation massive de notre système ». Elle fantasme sur ces étrangers qui, « arrivant dans notre pays à plus de soixante-cinq ans », auraient droit à « au moins 750 euros par mois », quand « des millions de Français gagnent 400 ou 500 euros ». Une énormité que Jean-Luc Mélenchon contre : les immigrés amènent à notre pays (par le biais des cotisations auxquelles, travailleurs sans papiers compris, ils souscrivent) « 12 milliards de plus qu’ils n’en prennent ».

Dans le même registre, Marine Le Pen répète un mensonge : l’aide médicale d’État (AME) permettrait « d’ouvrir des droits aux clandestins qui sont scandaleux, comme les cures thermales, comme la lutte contre l’infertilité ». Deux points exclus de la loi votée fin 2010, imposant un droit d’entrée de 30 euros aux 210 000 bénéficiaires. Même Christine Boutin l’avait dit : avec une telle mesure, « c’est la santé publique en général que nous fragilisons ». Hier, le coprésident du PG soulignait le risque de contagion à ne pas soigner « ces populations »: « Figurez-vous que les microbes ignorent absolument qui a des papiers ou qui n’en n’a pas. »

L’héritière Le Pen, qui a toujours voté les subventions aux écoles privées catholiques, pratique également une laïcité à géométrie variable. Selon elle, « notre pays est fondé sur un apport chrétien laïcisé par le siècle des Lumières ». « Nier les racines chrétiennes de la France » serait « une absurdité historique et politique ». Un « tri » entre bons et mauvais « intégristes », dénonce Jean-Luc Mélenchon, qui voit là « une obsession anti-Arabes et anti-musulmans ». Au fil du débat, on avait bien décelé le fil conducteur de Marine Le Pen...

Grégory Marin

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16 février 2011 3 16 /02 /février /2011 13:11

Article paru dans l'Humanité, le mardi 15 février

La France championne du bourrage de classes !

 

Selon le centre d’analyse stratégique, notre pays possède l’un des taux d’encadrement professeurs/élèves les plus mauvais de l’OCDE. Notamment en primaire et dans le supérieur.

 

Luc Chatel pourra difficilement faire semblant d’ignorer la réalité. La révélation provient du très officiel Centre d’analyse stratégique (CAS), une institution placée auprès du premier ministre. Et que dit-elle ? Tout simplement que la France possède l’un des taux d’encadrement professeurs/élèves les plus faibles des pays de l’OCDE. « Tous niveaux et tous établissements confondus (publics et privés), il atteint 6,1 enseignants pour 100 élèves étudiants, alors que des pays comme la Suède, la Grèce ou le Portugal dépassent les 9 enseignants », peut-on lire dans la note de synthèse « Tendances de l’emploi public » de février 2011 (1).

Dans le détail, on s’aperçoit que ces mauvais résultats sont dus aux taux d’encadrement dans le primaire et l’enseignement supérieur. Avec 5 professeurs pour 100 élèves ou étudiants, il s’agit des plus bas de toute l’OCDE ! Dans les collèges et lycées, la France se situe, en revanche, à un niveau « médian » avec 8 enseignants pour 100 élèves. Le pire, c’est que ces chiffres prennent comme référence l’année 2007. Or, depuis, quelque 50 000 postes ont été supprimés dans le primaire et le secondaire. Auxquels doivent s’ajouter 50 000 autres entre 2011 et 2013, dont 16 000 à la rentrée.

De quoi accentuer une tendance bien française au bourrage de classes. Cette dernière est d’ailleurs parfaitement assumée par le ministère de l’Éducation nationale. Pour preuve : en juin dernier, les têtes pensantes de la rue de Grenelle recommandaient aux recteurs en mal de suppressions de postes d’augmenter, entre autres, les effectifs d’un élève par classe, dans l’espoir d’économiser 10 000 postes de profs au plan national. Quant à Luc Chatel, il s’enferme, sur cette question, dans un déni ahurissant. En juin dernier, notre brillant ministre déclarait in extenso : « Nous avons un taux d’encadrement qui est plus important en France que celui d’autres grands pays développés. » Alors même que les chiffres de l’OCDE pour 2007 constatent 22,6 élèves par classe en primaire et 24,3 dans le secondaire, contre respectivement 21,4 et 23,9 élèves en moyenne dans l’OCDE.

Sur le fond, les chiffres du CAS ne font que confirmer la sous-dotation chronique dont souffre notamment l’école primaire en France. Dans un rapport de mai 2010, la Cour des comptes soulignait déjà que notre pays y consacrait moins de moyens que la moyenne de l’OCDE : 5 % de moins en maternelle, 15 % de moins à l’école élémentaire. Et ce sur la base des chiffres 2006.

 

(1) Note no 214 consultable à l’adresse http://www.strategie.gouv.fr

Laurent Mouloud

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16 février 2011 3 16 /02 /février /2011 11:28

Article paru dans l'Humanité, le 10 février 2011

Quand "l'Humanité" fait reculer l'Education Nationale

 

À la suite de révélations de l’Humanité, le ministère retire ses mesures discriminatoires.

 

En toute discrétion, le ministère de l’Enseignement supérieur a fait, mercredi, son mea culpa. Dans un communiqué, il annonce que le site Internet Admission post-bac (APB) de préinscription dans l’enseignement supérieur a été modifié afin qu’il n’induise « aucune discrimination » à l’égard des étrangers.

Comme l’avait révélé l’Humanité (lire notre édition du 27 janvier), APB refusait de prendre en compte les inscriptions des élèves de nationalité étrangère souhaitant s’inscrire en apprentissage.

Jugé discriminatoire, ce refus avait suscité la colère des organisations FCPE (parents d’élèves), UNL (lycéens) et Unef (étudiants), qui avaient menacé de saisir la Haute Autorité de lutte contre les discriminations (Halde) si le ministère ne modifiait pas sa copie dans les huit jours.

Après avis de la Halde, le site a été modifié sur deux points. D’une part, il « est désormais ouvert aux préinscriptions dans les formations en apprentissage à tout élève qui en fait la demande, quels que soient sa nationalité et son lieu de résidence ». D’autre part, il « affiche désormais une information précise sur la liste des titres de séjour permettant aux candidats étrangers de conclure un contrat d’apprentissage afin de transformer cette préinscription en inscription définitive ».

Marie Barbier

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