Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
28 décembre 2010 2 28 /12 /décembre /2010 11:06

 

Article de Cyprien Boganda, paru dans l'Humanité Dimanche 9 au 15 décembre 2010

 

 

A la fac : plus besoin de profs, il y aura des patrons !

 

A l'écouter, le patronat n'a aucune responsabilité dans le fait que les jeunes mettent entre 7 et 11 ans à décrocher un CDI. Le MEDEF assure même que le seul moyen d' "améliorer leur insertion professionnelle" est de "rapprocher l'université du monde de l'entreprise". Un accord vient d'être signé en ce sens entre l'organisation patronale et la conférence des présidents d'université, alors qu'on voit déjà fleurir les licences "Auchan gestion de rayons"... Que se passe-t-il dans les amphis?

 

Les facs françaises seraient-elles en train de vendre leur âme au marché? Depuis plusieurs années, les représentants du patronat ne cessent de grignoter du terrain dans les campus : cours sur mesure, multiplication des stages en entreprise, renforcement des fondations privées... Le tout sous l'oeil gourmand du MEDEF. Le 23 novembre, une convention a été signée entre les présidents d'université et Laurence Parisot, patronne des patrons. Objectif :  renforcer les "partenariats" entre les universités et les MEDEF territoriaux, dans le but claironner d'améliorer "l'insertion professionnelle des jeunes".

Au programme : stages tous azimuts, renforcement de la formation continue, développement de l'"esprit d'entreprendre" sur les campus, etc. Derrière ce tissu d'aimables généralités, certains syndicats s'inquiètent d'une pression accrue des entreprises. "Le contenu est vague mais symptomatique : les présidents d'université cherchent sans cesse à donner des gages de sérieux aux entreprises pour obtenir des fonds", s'agace Maria Cotora, du bureau national de l'UNEF.

Le processus n'est pas nouveau, mais la loi LRU relative à l'enseignement supérieur votée en 2007 a donné un sacré coup d'accélérateur. Le poids des entreprises dans la gestion des facs est renforcé. Réduits à une trentaine de membres, les conseils d'administration doivent désormais compter au minimum un chef d'entreprise. Cette intéressante précision ne figurait pas auparavant dans les textes : la loi Savary de 1984 mentionnait seulement le recours à des "personnalités extérieures".

Dans le même temps, les facs intensifient la course à la "professionnalisation". En 2008, le gouvernement résumait ainsi sa réforme : garantir "aux entreprises que les jeunes diplômés seront parfaitement en mesure de répondre à leurs besoins, présents et futurs". Voilà qui est dit. Est-ce forcément absurde? Tout dépend des méthodes et des finalités.

"Il n'y a rien de scandaleux à ce qu'une filière intègre une dimension professionnelle, rappelle Gérard Lauton du SNES (syndicat FSU du second degré). Y compris en sciences humaines". "La fac doit évidemment préparer à l'insertion professionnelle, enchaîne Maria Cotora. Un étudiant en économie peut vouloir travailler ensuite dans le commerce, un élève de géopolitique se spécialiser en conseils aux institutions...". La professionnalisation ne date pas d'hier. Les IUT dispensent en deux ans des formations techniques, avec un taux d'insertion professionnel élevé : d'après une enquête de 2007, 82% des élèves se déclaraient en CDI trois ans après leur diplôme.

Toute la question est de savoir ce qu'on entend par professionnalisation. "la fac ne peut se limiter à des cours pratiques, résume Daniel Steinmetz (SNTRS-CGT). Le but n'est pas de rendre l'élève immédiatement "employable" par l'entreprise, mais bien de combiner culture générale et savoir-faire technique".

Depuis quelque temps fleurissent pourtant des licences professionnelles lancées pour le seul bonheur de Carrefour ou Auchan : une quinzaine de facs prposent désormais des diplômes de "gestion de rayons" en partenariat avec l'association Distech, qui regroupe les grandes surfaces. Après de telles formations, difficile de se reconvertir ! Les PDG, eux, se frottent les mains. Et n'hésitent plus à sortir le portefeuille.

C'est l'une des grandes "avancées" de la LRU. la loi encourage les universités à monter des fondations avec les entreprises. Près d'une trentaine d'universités ont créé les leurs et ont ainsi levé 60 millions d'euros d'argent privé. La fac de sciences LYon-I a ouvert le bal dès 2007. Premier contributeur : Microsoft, à hauteur de 180 000 euros. Trois ans plus tard, l'université revendique l'embauche de deux étudiants par la multinationale.

"Les fondations ne sont pas forcément une mauvaise chose, glisse un professeur d'informatique. Le seul danger serait que le financement privé prenne le pas sur le public. les entreprises se retrouveraient en position de force pour imposer des filières qui leur semblent rentables, au détriment des autres". On n'y est pas encore... Mais l'histoire s'accélère. Sur les 26 milliards d'euros versés à l'enseignement supérieur en 2009, 72% proviennent de l'Etat, contre 78% en 2000. Dans le même temps, la part des entreprises dans leur financement global est passé de 8,8% à 8,2%.

Repost 0
Published by frederic seaux - dans université
commenter cet article
26 décembre 2010 7 26 /12 /décembre /2010 13:28

 Envoyer les salariés bosser lorsqu'ils sont malades,

ça vaut bien une récompense...

 

Marie Kayser, membre du syndicat de la médecine générale et du comité de rédaction de la revue "Pratiques".

 

Juge et partie : tel est le statut des médecins-conseils de l'assurance maladie.Un accord d'intéressement signé l'été dernier entre l'assurance maladie et certains syndicats de médecins-conseils à récemment fait les titres des journaux.

De quoi s'agit-il? Cet accord n'est pas consultable par les assurés sociaux et les soignants, pourtant directement concernés, mais la presse médicale en a dévoilé les grandes lignes (Le quotidien du médecin, 8 novembre 2010). Cet accord permet aux médecins-conseils de recevoir un intéressement, évalué entre "2% et 2,5% de leur salaire annuel", en fonction des points obtenus grâce à la réalisation d'objectifs. Ces derniers concernent le nombre d'arrêts de travail contrôlés mais aussi la maîtrise du poste des indemnités journalières : nombre de jours d'arrêts, montant des indemnités versés. Ils portent aussi sur l'évolution des postes de dépenses de transport, de kinésithérapie et de certains médicaments. Il existe aussi un objectif lié au montant des pénalités financières dans le cadre du plan national de lutte contre la fraude.

Ces accords d'intéressement ne sont pas nouveaux, ils sont prévus dans la convention collective de 2006 des praticiens conseils du régime général de la sécurité sociale.

Dans de telles conditions, comment les assurés et les soignants pourraient-ils avoir confiance dans les décisions des médecins-conseils, même si certains d'entre eux arrivent à résister à ces pressions?

Quand Madame A se rendra à sa convocation, le médecin-conseil entendra-t-il ce qui motive son arrêt : une cheville encore douloureuse parce qu'elle a été renversée par une voiture il y a quelques mois, un début de grossesse un peu difficile à 38 ans, un état dépressif? Lui dont le travail n'est pas physiquement difficile, prendra-t-il en compte les conditions de travail de cette femme qui fait des ménages, ou va-t-il se laisser influencer par le discours ambiant et les pressions hiérarchiques morales et financières?

Pourtant, l'assurance maladie est un bien collectif qui fonctionne avec l'argent des assurés.

Limiter les soins aggrave les inégalités sociales :

Les plus aisés, qui sont aussi les moins usés par le travail (Populations et Sociétés, n°441, janvier 2008), peuvent plus facilement se payer les soins nécessaires à l'aide d'assurances supplémentaires ou prendre des jours de congé sans solde.

Le rôle des médecins-conseils devrait être de permettre le meilleur usage des soins possible et non de refuser leur remboursement pour des raisons financières ou d'intérêt personnel.

Juge ET partie : tel ne doit pas être le statut des médecins-conseils. Tel ne devra pas non plus être celui des médecins généralistes dans le cadre des nouveaux modes de rémunération dits "à la performance". La professions et les assurés doivent être collectivement vigilants sur les accords négociés avec l'assurance maladie. Les effets pervers du paiement à l'acte ne doivent pas faire place à ceux liés à des accords d'intéressement.

 

Source : L'Humanité dDimanche, 9-15 décembre 2010, p. 41.

Repost 0
Published by frederic seaux - dans médecine
commenter cet article
26 décembre 2010 7 26 /12 /décembre /2010 12:11

 Etats-Unis : Les riches continueront de payer moins d'impôt

 

Barack Obama a annoncé avoir accepté un compromis avec les républicains sur la question des impôts. En fait, un ignoble chantage : la prolongation des baisses d'impôts décidées sous l'ère Bush, en particulier pour les plus riches, en échange d'un déblocage des allocations chômage (le taux officiel du chômage à atteint 9,8%, 390 000 emplois ont été supprimés dans le privé en novembre, 14 000 dans le public).

Les républicains avaient à coeur de protéger les ménages les plus aisés (gagnant plus de 185 000 euros par an). La nouvelle a aussi fait des heureux du côté de Wall Sreet. Des riches toujours plus riches, et la Bourse de New York bondit....

source : L'Humanité Dimanche, 28 octobre-3 novembre 2010.

Repost 0
Published by frederic seaux - dans Etats-Unis
commenter cet article
23 décembre 2010 4 23 /12 /décembre /2010 17:12

Article paru dans le Journal d'Elbeuf le 21 décembre 2010

 

 

La section communiste d’Elbeuf rend hommage à ses « anciens »

 

 

Séquence émotion vendredi soir à la salle des fêtes de Tourville-la-Rivière où les communistes de la section d’Elbeuf honoraient treize de leurs camarades comptant chacun plus de quarante années d’adhésion au PCF.

 

 « Vous êtes l’histoire de notre parti, qui fête ses 90 ans cette année, dans l’agglomération, fidèles à vos convictions, modestes vis-à-vis du travail accompli. Nous sommes fiers de vous compter parmi nous ». Les mots de Robert Hazet, co-secrétaire de la section PCF d’Elbeuf, ont sonné comme une évidence pour la cinquante de militants présents vendredi soir à la salle des fêtes de Tourville-la-Rivière, malgré le climat neigeux.

Syndicalisme et adhésion au PCF

 DSCF4014Lionel Tuboeuf, l’autre co-secrétaire, s’est fait un plaisir, lui, de relater la vie et l’engagement de chacun d’entre-eux.  Il a ainsi rappelé que certains avaient en commun d’avoir adhéré au PCF durant les heures sombres de l’Occupation et de la collaboration, durant lesquelles être communiste signifiait mettre sa vie en danger. Des milliers d’entre-eux subiront d’ailleurs ce sort. Pour les autres, l’adhésion se fit d’abord par le biais du syndicalisme, la CGT très souvent, au cours duquel ils côtoyèrent des militants communistes qui combattaient à leurs côtés. Ce fut le cas notamment de Bernard Lalmant, ancien maire de Tourville-la-Rivière de 1976 à 1983, âgé aujourd’hui de 86 ans. D’abord syndicaliste CGT chez les cheminots, dès 1949, il adhèra au PCF en 1957, avant d’être élu conseiller municipal à Tourville-la-Rivière dès 1965.

Poursuivre leur combat

Au final beaucoup d’émotion et d’étreintes lors de cette soirée ponctuée par un discours de Noël Levillain. L’élu appela à poursuivre le combat mené par ces camarades communistes qui ont toujours œuvré à changer la société fondée sur le pouvoir de l’argent. Un combat à mener aujourd’hui au sein du Front de Gauche, seule démarche capable, selon l’élu, de proposer une vraie alternative politique à gauche aux Français. Noël Levillain a conclu son discours en appelant à « l’ouverture du front de gauche aux syndicalistes et personnalités légitimes de la lutte des classes qui est un combat qui continue et que nos treize camarades mènent depuis plus de quarante ans ».

La jeune génération prête à prendre le relaisDSCF4026.JPG

La jeune génération était bien représentée lors de cette soirée. Ainsi la Tourvillaise Delphine Quéré, 25 ans, à la recherche d’un emploi, a profité de cette soirée pour adhérer au PCF. « C’est une soirée qui fait plaisir car cela montre le côté familial du parti ». Lido Tangheroni, résidant à Elbeuf fait le même constat et apprécie l’hommage rendu à ces militants. A 24 ans cet ouvrier a adhéré il y a bientôt deux ans, « comme une évidence avec un père militant. Cette soirée est pour moi l’occasion de remercier et de récompenser l’ancienne génération. Je suis leur relais, mais je n’oublie pas ce que ces militants ont fait pour les travailleurs ». Au PCF d’Elbeuf chaque génération à toutes les raisons d’être fière de l’autre.

 

 Frédéric SEAUX

 

 

Repost 0
Published by frederic seaux - dans politique
commenter cet article
23 décembre 2010 4 23 /12 /décembre /2010 14:50

Article de Marie Barbier, paru dans l'Humanité, le 22 décembre 2010

Ces enfants privés de parents à Noël

 

Personnalités de gauche et associatives organisaient un goûter pour les enfants dont les parents sans papiers sont menacés d’expulsion au moment des fêtes.

 

L’ambiance était joyeuse et détendue lundi soir au local parisien du Réseau Éducation sans frontières (RESF). Pourtant le rendez-vous du jour n’incitait pas particulièrement à la fête : le réseau organisait un « goûter des orphelins de Noël », réunissant une dizaine d’enfants dont l’un des deux parents, sans papiers, risque de passer Noël dans un centre de rétention, sous la menace d’une expulsion. Mais, tous les enfants n’étant pas au courant du sort de leurs parents, les considérations politiques se sont faites, pour une fois, en toute discrétion et parcimonie.

 

des élus au côté des parents à régulariser

Pierre Lafrance, militant RESF, avait revêtu costume et barbe, se transformant en « Pierre Noël » pour remettre trois cadeaux aux enfants : un jouet, une photo avec une personnalité politique et la « promesse d’un avenir pas mal ». Parmi les nombreux élus, détendus et rigolards, la maire verte de Montreuil (Seine-Saint-Denis), Dominique Voynet, le porte-parole du NPA, Olivier Besancenot, la députée européenne d’Europe Écologie Karima Delli, la députée du Parti de gauche Martine Billard, ou encore le président du groupe communiste au conseil de Paris, Ian Brossat. Autant d’élus qui se sont engagés à tout faire pour obtenir la « régularisation des parents qui ont été libérés, faire sortir ceux qui sont encore emprisonnés et faire revenir ceux qui ont été expulsés ».

Une large mobilisation qui a déjà commencé à payer : le goûter était initialement prévu pour défendre la cause de neuf pères et d’une mère sans papiers retenus dans des centres de rétention administratifs, or la mère et deux papas ont été libérés dans la journée.

Parmi eux, Darius Kutchu, vingt-neuf ans, arrivé directement du centre de rétention du Mesnil-Amelot après dix-sept jours d’enfermement. « C’est une prison, faut appeler les choses franchement » lâche ce futur papa (sa compagne est enceinte de six mois) qui a réussi à échapper à l’expulsion et pourra passer Noël en famille, pour la plus grande joie des deux garçons de sa femme, dont il a la charge et qui ont très mal vécu son enfermement.

 

Hortefeux, père fouettard des sans-papiers

Des victimes, parmi d’autres, du rattrapage de fin d’année exigé par Brice Hortefeux : il y a dix jours, le ministre de l’Intérieur avait demandé aux préfets de mettre « à profit les dernières semaines qui viennent pour accentuer l’effort » des expulsions.

Marie Barbier

Repost 0
Published by frederic seaux - dans sans-papiers
commenter cet article
23 décembre 2010 4 23 /12 /décembre /2010 14:44

Article de Philippe Jérôme, paru dans l'Humanité, le 22 décembre 2010

 

L’État lâche ses contrats aidés

 

Le gel en octobre 2010 et la suppression en 2011 de milliers d’emplois aidés provoquent de graves inquiétudes dans les écoles, les lieux culturels et les quartiers populaires.

 

Marseille, envoyé spécial.

 

«Une pause technique » : c’est ainsi qu’un membre du cabinet du préfet de région (Paca), Hugues Parant, a qualifié le non-renouvellement de centaines de contrats d’aide à l’emploi (CAE) dans les Bouches-du-Rhône, et la transformation des CAE restants en CUI (contrats uniques d’insertion) avec pour ces contractuels une perte de salaire de 200 euros par mois! Le coup est rude pour les intéressés et dans une ville comme Marseille où 25 % de la population est en dessous du seuil de pauvreté. Le coût humain risque aussi d’être désastreux dans le secteur non marchand de cette région dont Marseille s’apprête à être capitale européenne de la culture en 2013.

 

un grand désarroi

Les écoles des Bouches-du-Rhône où l’on passe de 2 000 à 1 300 emplois d’aides administratifs, de surveillants et d’auxiliaires de vie scolaire (AVS) sont particulièrement touchées, au point que Christophe Doré, secrétaire départemental du SNUIpp se demande comment va se dérouler, la rentrée de janvier des élèves handicapés. Anne Marie Meynart, de la CGT, pointe aussi le cas des centres sociaux dans les quartiers populaires de Marseille qui sont « dépossédés de leur personnel » par un gouvernement qui a fait le choix du tout-répressif. Mais c’est dans le monde associatif et culturel que cette politique d’économies (l’État ne finançant plus les CUI qu’à hauteur de 70 %) provoque un grand désarroi. Comme l’explique Pier Robert, membre du collectif contrat aidé  (1) créé en novembre à la Friche de la Belle de Mai, « sur 380 structures régionales qui nous ont contactés, dont 70 % ont une activité culturelle, 68 % vont abandonner un projet, 30 % vont supprimer un service et 16 % envisagent même de fermer  » ! Si, pour Alain Lebaratier de la FSU, « le CUI est une pseudo-solution au chômage, il n’en demeure pas moins que des milliers de précaires sont en situation d’urgence ». Reçus tour à tour par le préfet, les syndicats et le collectif ont pu obtenir la promesse d’une « rallonge » de 1 100 postes pour Paca dont 1 000 pour les écoles, ce qui fait dire à l’inspection académique qu’il n’y aura pas de souci en janvier. Mais après ?

 

manifestation le 6 janvier

Les 44  000 « contrats aidés » de la région Paca seront-ils reconduits ? FSU, CGT, Solidaires et le collectif souhaitent « parce que cela répond à des besoins sociaux », qu’ils se transforment en CDI avec un salaire plus décent que les 800 euros actuels des CUI. Ils le diront haut et fort le 6 janvier sur la Canebière en organisant une manifestation. Parallèlement la FSU qui a entre les mains une lettre du ministre de l’Éducation Luc Chatel aux recteurs, prônant le maintien des horaires de travail (que la réforme du CUI fait passer de 26 heures à 24 heures par semaine), va entamer « une action en justice ».

 

(1) http://collectifemploisaides.blogspot.com

Philippe Jérôme

Repost 0
Published by frederic seaux - dans défense du service public
commenter cet article
23 décembre 2010 4 23 /12 /décembre /2010 13:46

 

Editorial de Jean-Emmanuel Ducoin paru dans l'Humanité le 22 décembre 2010

Un droit à l’énergie !

 

Les augmentations des tarifs de l’électricité et du gaz sont le résultat des politiques menées par le pouvoir.

L’époque brutalise. Voyez un peu l’évolution des mots : « précarité énergétique », terme pudiquement employé pour évoquer l’une 
de ces réalités douloureuses en pleine croissance. À savoir l’impossibilité 
de se chauffer ou de s’éclairer, faute de pouvoir payer ses factures. Jusqu’à ces toutes dernières années, 
le phénomène était resté marginal. Mais, depuis 2008-2009, il est d’abord devenu endémique, avant de connaître une véritable explosion. Officiellement, environ 3,5 millions de personnes sont entrées dans cette nouvelle classification de la pauvreté, qui n’est, comme chacun le sait, qu’une sous-classification de la grande pauvreté tout court…

En 2000, les moins aisés consacraient 7 % 
de leurs revenus à leurs factures d’énergie. 
Ce pourcentage atteint les 15 % aujourd’hui. Et demain ? N’oublions pas que la lutte contre cette précarité énergétique est l’une des innombrables promesses non tenues du Grenelle de l’environnement. Par grand froid, dans certaines régions, un ménage sur quatre vit quotidiennement cette galère, souvent tenue secrète. 
Car, en matière 
de logement, tous les indicateurs affichent le rouge ! Pas moins de 4,5 millions de personnes sont mal logées, auxquelles il convient d’ajouter le 1,5 million en situation d’impayés et les 6,7 millions en situation dite de « réelle fragilité »… Conjugués, ces éléments forment une spirale descendante : impayés, endettement, restriction ou coupure d’énergie, problèmes de santé et isolement social… Et pendant ce temps-là ? Les Français subissent de plein fouet les augmentations des tarifs 
de l’électricité et du gaz, qui ne sont pas une fatalité 
mais le résultat mécanique des politiques menées 
par le pouvoir. Avec l’épouvantable loi Nome, 
le gouvernement a résolument fait le choix de financer 
les opérateurs privés au détriment d’EDF, ce qui entraînera de nouvelles hausses. Sans parler des tarifs 
du gaz, qui, pour satisfaire les appétits des actionnaires du groupe GDF Suez, ont grimpé de plus de 50 % 
depuis la privatisation. Oui, 50 %...

Au même titre que le logement, le droit à l’énergie est indispensable à la vie et doit être reconnu comme tel ! Des mesures immédiates et d’ampleur doivent donc s’imposer aux logiques financières : la baisse des tarifs du gaz, un moratoire 
sur ceux de l’électricité et l’interdiction pendant la trêve hivernale de l’ensemble des coupures de fourniture énergétique, comme l’a proposée récemment la communiste Marie-George Buffet au Parlement, sous forme de projet de Loi. L’État, premier actionnaire de GDF Suez et majoritaire dans le capital d’EDF, en a le pouvoir et le devoir. Mais le sarkozysme connaît-il encore l’existence de la notion même de « service public » ?

Jean-Emmanuel Ducoin

Repost 0
Published by frederic seaux - dans accès à l'énergie
commenter cet article
23 décembre 2010 4 23 /12 /décembre /2010 13:39

Article de Ixchel Delaporte, paru dans l'Humanité,  le 22 Décembre 2010

 

La fée électricité n’illumine pas tous les foyers

 

Accidents de la vie, maladies longue durée, licenciements, chômage : chaque hiver, des millions de personnes se retrouvent dépourvues d’électricité, d’eau chaude et de chauffage. L’impossibilité de payer les factures se solde souvent par des coupures d’électricité non négociables avec EDF. Témoignages.

 

C’était en octobre. Et ça a duré quatre jours. « On m’a coupé l’électricité sans me prévenir. Les agents EDF sont venus jusque sur le palier, où se trouve le compteur, et n’ont même pas sonné à ma porte pour me le dire. » Au début, cette maman célibataire de trente-deux ans a cru à une coupure générale dans le HLM qu’elle habite à Sarcelles (Val-d’Oise). Elle a mis quelques heures à comprendre qu’il n’y avait qu’elle. Pourtant ce n’est pas la première fois que Laëtitia Vatel doit faire face à des menaces d’expulsion locative et à des coupures d’électricité. « J’ai reçu des lettres à cause des impayés mais je ne pouvais pas payer. Je n’avais pas d’argent. » La dette de Laëtitia auprès d’EDF s’élève à 1 000 euros.

 

plus que 202 euros pour vivre

Fonctionnaire de mairie à mi-temps, elle est gardienne du cimetière de Sarcelles. Mais son mi-temps, elle ne l’a pas choisi. C’est une conséquence de sa maladie. Elle est épileptique. Après deux à trois crises par semaine, plusieurs séjours à l’hôpital et des arrêts maladie de longue durée, elle a été forcée de prendre un mi-temps. Un mi-temps signifie une moitié de salaire, soit 800 euros mensuels. Elle a à sa charge sa fille, âgée de quatorze ans, qui a subi il y a deux ans une opération du cœur. Lorsqu’elle fait un rapide calcul, son salaire ne suffit pas à régler tous les frais. Malgré les aides au logement et un loyer modéré (311 euros par mois), tout est englouti par la mutuelle (63 euros), les frais de cantine (54 euros), l’électricité (64 euros), le gaz (plus de 100 euros)… Il lui reste 202 euros pour vivre. Laëtitia frôle et parfois plonge dans un découvert bancaire qui lui est pourtant interdit. Il y a un mois, elle a fait appel à l’assistante sociale du personnel de la mairie pour monter un dossier de surendettement. Le moratoire court sur vingt-quatre mois. La jeune femme a bien essayé de demander le RSA. Refusé. Elle a aussi demandé la prime de Noël. Refusée aussi.

En France, en 2009, on comptait 3,4 millions de foyers en état de précarité énergétique. Seuls 900 000 d’entre eux bénéficient du tarif de première nécessité du gaz ou de l’électricité. Ainsi, explique Laurent Langlard, responsable du secteur gaz de la CGT énergie, « une personne handicapée qui touche 650 euros par mois d’indemnités ne peut pas y prétendre ».

 

sans chauffage et sans électricité depuis 3 mois

C’est le cas de Simon, handicapé et séropositif. L’homme âgé de quarante-six ans vit dans un studio de 25 mètres carrés à Limoges, sans chauffage et sans électricité depuis trois mois. Simon perçoit l’allocation adulte handicapé de 200 euros. Son loyer s’élève 280 euros. Il ne paye que 30 euros de sa poche mais doit débourser en revanche 500 euros de médicaments non remboursés pour se soigner. Lorsqu’il a emménagé dans l’appartement, il y a un peu plus d’un an, l’électricité marchait. Il est resté ainsi sans payer pendant un an. Aujourd’hui EDF lui réclame 1 700 euros. « L’immeuble est pourri. Il a été occupé par des gens venus de l’Est européen qui ont fracturé les compteurs EDF. C’est pour ça qu’il y avait de l’électricité. »

Simon a demandé un échéancier pour répartir les remboursements. Il attend la réponse d’EDF. « J’ai le sentiment qu’ils jouent la carte du pourrissement. Ils attendent que je craque avec le froid. » Trois mois sans chauffage, sans eau chaude, sans électricité… Simon se débrouille comme il peut. Il prend ses repas et ses douches à l’extérieur, dans des « trucs associatifs ». « La nuit, je me couvre avec des tonnes de duvets et de pulls pour garder un minimum de chaleur. » Simon a contracté le sida et l’hépatite C au début des années 1980. Aujourd’hui, il milite à Aides pour témoigner et faire de la prévention auprès des plus jeunes.

Face à une telle détresse sociale, certains agents EDF refusent de couper l’électricité, faisant valoir leur droit de retrait. D’autres choisissent de la rétablir incognito. Cette désobéissance s’est organisée voilà une dizaine d’années autour de l’opération « Robins des Bois ». Ces agents, syndiqués à la CGT, ont choisi de ne pas appliquer les consignes de coupure par conscience citoyenne. « Ils gardent leur faculté d’indignation », poursuit Laurent Langlard. Couper l’électricité, c’est priver encore un peu plus de dignité jusque dans l’intimité du foyer ceux qui, à l’extérieur, sont déjà pointés du doigt.

 

Ixchel Delaporte

Repost 0
Published by frederic seaux - dans accès à l'énergie
commenter cet article
23 décembre 2010 4 23 /12 /décembre /2010 11:31

Article de Cécile Rousseau paru dans L'Humanité, le 21 Décembre 2010

 

 Mouvement social

Nuits blanches en tête de gondole pour les salariés

 

Les employés du groupe d’hypermarchés étaient en grève, samedi, contre
la généralisation du travail de nuit. L’embauche commence désormais à deux heures du matin, pour permettre à Carrefour de faire des économies.

 

«Le positif est de retour», d’après le nouveau slogan de Carrefour. Pas pour les salariés, qui broient du noir avant les nuits blanches au travail. Samedi, une journée de grève nationale a agité les hypermarchés du groupe en pleine période des achats de Noël, pour dénoncer l’extension des horaires de nuit. Déjà expérimenté dans deux hypermarchés, à Bègles (Gironde) et à Villiers-en-Bière (Seine-Maritime), depuis juin, ce nouveau « modèle opérationnel » sera imposé dans quinze magasins de France à partir de janvier 2011. Exit la prise de service à 4 heures du matin pour les manutentionnaires des rayons épicerie et liquide. Désormais, le pointage se fait à 2 heures. Au total, quatre équipes se succèdent pour exécuter des tâches répétitives : le remplissage matin, la relation client-stock, le remplissage journée et la réception des marchandises. Une amplitude de travail sans discontinuer de 2 heures du matin jusqu’à 23heures !

 Dégradation des conditions de travail

Claudette Montoya, déléguée nationale CGT, enrage : « Le projet a été adopté sous prétexte d’une baisse de la fréquentation en 2010. C’est scandaleux, il n’y a aucune prise en compte du principe de précaution pour la santé des salariés. Ils font toujours les mêmes horaires 2 heures-9 h 30 ou 15 h 30-23 heures, sans aucun roulement ! » Officiellement, ce système doit faire bondir la productivité. Mais Carrefour a également prévu de réduire ses dépenses de 4,5 milliards d’ici à 2012. 10 000 emplois sont déjà passés à la trappe en quatre ans.

À Bègles, Jacques (*), âgé d’une vingtaine d’années, n’a pas tenu longtemps à ce nouveau rythme. Il est en arrêt maladie depuis plusieurs mois pour une hernie discale qu’il estime en partie due aux conditions de travail. « On passe notre temps à décharger. On nous demande de vider la palette en 30 minutes au lieu de 45, alors que nous sommes moins nombreux… Les muscles en prennent un coup. » Bientôt papa, il ne sait pas comment il va gérer sa vie de famille avec des horaires décalés.

Le rapport du cabinet Ariane Conseil sur l’impact du modèle opérationnel, mené entre juillet et septembre dans ces deux magasins tests, dresse un premier bilan inquiétant : un manque de bras pour les équipes de remplissage du matin, pas assez de repos entre les ports de charges et des changements importants d’horaires pouvant perturber le rythme de vie des personnels. Pourtant, la direction a décidé de mettre en place ce système à Nantes-Beaujoire, Rennes-Cesson, Marseille-Bonneveine… Et ensuite, de l’instaurer dans tous les rayons des hypermarchés, d’après la CGT. Frank Gaulin, délégué syndical central CGT, pointe les risques sanitaires. « C’est la prochaine catastrophe qui va nous tomber sur le coin du nez. Bonjour le métabolisme avec les horaires de nuit, les cancers, les maladies cardio-vasculaires, les ulcères vont exploser ! Les arrêts maladie vont s’accumuler, ça devrait parler à Carrefour, qui est tellement à cheval sur
le budget ! »

 Pour que le salarié ne soit plus visible

De son côté, FO dénonce « cette taylorisation », « son impact nocif » sur les employés… Mais elle a voté en faveur de l’extension du test aux quinze nouveaux magasins lors du comité central d’entreprise (CCE) du 25 novembre. Michel Enguelz, représentant FO au CCE, tente de se justifier. « L’extension nous donnera les moyens de mieux connaître l’impact négatif de ce système sur plus de magasins. Ainsi, nous pourrons agir au niveau des instances. Les consultations des comités d’entreprise sont en cours. » Frank Gaulin tacle cette position du syndicat, aligné sur les décisions de la direction. Et donne au passage un petit cours de droit à Carrefour. « Cette nouvelle organisation ne se justifie pas du tout. Dans le Code du travail, le travail de nuit est envisagé en cas de nécessité économique impérieuse. Ici, elle a plutôt été décidée pour avoir des rayons toujours remplis et que le client ne soit plus importuné par le salarié. » La CGT a adressé un courrier, le 9 décembre, à la direction des affaires sociales du groupe, mis en copie à la direction départementale du travail d’Évry (Essonne), pour les alerter des dangers sur la santé.

Interrogé par l’Humanité, Carrefour s’est fendu d’un commentaire laconique : « Conformément à la tradition de dialogue social instaurée depuis de nombreuses années, Carrefour continue de mettre en place son plan de transformation en totale concertation avec les partenaires sociaux. » Les noctambules des hypermarchés, eux, ne se rappellent pas, même en rêve, avoir été consultés.

 

(*) Le prénom a été modifié.

Cécile Rousseau

Repost 0
Published by frederic seaux - dans mouvement social
commenter cet article
19 décembre 2010 7 19 /12 /décembre /2010 11:21

Article de Thomas Lemahieu paru dans L'Humanité le 15 Décembre 2010

Un patron égale 190 smicards

 

Pendant que le salaire minimum progresse faiblement, les rémunérations des grands patrons diminuent, elles, un tout petit peu, mais restent sacrément insolentes...

 

Pas de coup de pouce, mais un bras d’honneur. Pour les petits smicards à temps complet ou partiel, ça sera l’augmentation « technique », calculée sur la base de l’inflation (+ 1,6 %). Mais pour les grands patrons, les chiffres apparaissent, au premier coup d’œil, plus terribles encore : en 2009, les dirigeants des plus grandes entreprises françaises, celles du CAC 40, ont vu leurs salaires baisser de 14 % ! Collision de symboles, hier : d’un côté, alors qu’un salarié sur quatre en France gagne moins de 9 000 euros par an (soit 
0,7 smic), les syndicats enregistrent, à la commission nationale de la négociation collective, la progression au strict minimum légal du salaire minimum, porté 1 365 euros brut par mois pour un temps complet ; de l’autre, selon une étude du cabinet de conseil Proxinvest, rendue publique au même moment, les rémunérations des patrons français du CAC 40 représentent en moyenne 190 fois le smic, soit 3,1 millions d’euros par an. Une baisse, nous dit-on, mais une baisse en trompe-l’œil : les salaires proprement dits des PDG augmentent en moyenne de 5 %, mais crise financière et scandale sur les revenus des patrons obligent, ce sont, selon Proxinvest, leurs parts variables (stock-options, bonus, etc.) qui ont diminué le plus fortement. Certains des patrons du CAC 40 ont encore de quoi vivre, toutefois. Carlos Ghosn, PDG de Renault-Nissan, a ainsi touché l’année dernière 9,2 millions d’euros. Christopher Viehbacher (Sanofi-Aventis) arrive deuxième avec 8,3 millions. Viennent ensuite Bernard Arnault, de LVMH, avec 7,6 millions, Franck Riboud (Danone), avec 5,8 millions, et Henri de Castries, pour Axa, avec 5,6 millions. Proxinvest relève par ailleurs que les sociétés du CAC 40 payent aussi très bien les présidents non exécutifs, qui ne dirigent pas les entreprises. Les rémunérations sont dans ces postes parmi les plus élevées en Europe avec 928  000 euros en moyenne, quatre fois plus qu’en Allemagne et aux Pays-Bas.

Thomas Lemahieu

Repost 0
Published by frederic seaux - dans Salaires
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de frederic seaux
  • Le blog de frederic seaux
  • : il s'agit d'un blog sur lequel paraissent certains de mes articles publiés dans le quotidien l'Humanité et les deux hebdomadaires, La Terre et l'Humanité Dimanche. J'utilise également ce blog comme moyen d'expression sur des sujets d'actualité que je ne traite pas directement à travers mes articles. Rendez-vous également sur le blog de la maison d'édition que j'ai créée : http://editionscogitoergosum.over-blog.com
  • Contact

Recherche

Liens