Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
23 octobre 2010 6 23 /10 /octobre /2010 13:10

Article de Jean-Paul Piérot paru dans L'Humanité le 21 Octobre 2010

 

Le Front de gauche organise la solidarité financière

 

« Il faut aider les familles dans ce combat rude et durable », insiste Éric Corbeaux.

 

 

Tout le week-end sur les lieux publics (marchés, stations de métro, etc.) et lundi aux portes des entreprises, les militants du Front de gauche sont invités, par leur direction nationale, à organiser la solidarité financière avec les salariés en grève pour la défense des retraites. L’organisation de caisses de soutien aux travailleurs en lutte et à leurs familles est une tradition du mouvement ouvrier qui garde toute sa pertinence dans un conflit dur comme celui qui oppose le gouvernement à la majorité des Français, explique en substance Éric Corbeaux en charge des entreprises et responsable de la campagne pour les retraites au PCF. Appel est ainsi lancé à tous les militants, aux élus dans les villes et les villages à prendre toutes les initiatives publiques. « 71 % des Français soutiennent le mouvement, cette collecte donnera l’occasion à tous ces citoyens de concrétiser leur engagement, aux retraités de participer au combat commun », précise Éric Corbeaux. De nombreux salariés ont perdu plusieurs journées de salaire. L’enjeu de la confrontation et l’attitude de Nicolas Sarkozy qui joue la tension créent les conditions d’un « rapport de forces rude et durable », estime le responsable du PCF. Cette initiative est aussi une manière de prévenir le gouvernement que le monde du travail n’est pas près de lâcher. Et c’est dans la nature du Parti communiste d’être au premier rang dans la solidarité ouvrière, explique Éric Corbeaux. Déjà, nombre d’organisations locales ont commencé à collecter : les communistes d’EDF, l’université de Lille où une caisse de soutien a été créée. Au niveau départemental, les fédérations communistes entreront en contact avec les organisations syndicales pour organiser l’acheminement des aides aux famillles concernées.

Repost 0
23 octobre 2010 6 23 /10 /octobre /2010 13:02

Article de Grégory Marin paru dans L'Humanité, le  21 Octobre 2010

(vidéo visible sur le site de l'Humanité aux côtés de cet article)

Une étrange vidéo de supposés "casseurs"

 

Tournée par l’agence Reuters, elle montre de bien curieux fauteurs de troubles...

 

Brice Hortefeux souffle sur les braises. Fier d’annoncer que ses policiers avaient procédé à 1 432 interpellations de « casseurs » en une semaine, le ministre a déclaré hier : « Nous ne laisserons pas les voyous impunis. » Une « justice à la fois rapide, effective et exemplaire ». Le pouvoir bombe le torse après les face-à-face tendus entre jeunes et policiers, savamment orchestrés à Nanterre, Paris, Lyon…

Dernière polémique, la présence de faux casseurs en marge des cortèges. Une vidéo, tournée par l’agence Reuters, interpelle. On y voit un homme, visiblement loin des critères avancés hier par le Figaro pour définir les casseurs : « opportunistes et peu structurés (…), des adolescents en capuches et survêtements » équipés « d’armes de fortune trouvées sur leur chemin ». La vidéo montre cet homme cassant méthodiquement la vitrine d’une banque à l’aide d’un poteau descellé. Un quinqua, voire sexagénaire, tente de l’en empêcher, mais est frappé dans le dos par un autre « casseur », qui dégaine une matraque et dégage un périmètre de sécurité autour de la zone d’action, où un autre groupe exfiltre le premier.

 

D'ordinaire, les casseurs, les vrais, attaquent et volent

 

Sur Rue 89, la fille du citoyen empêcheur de casser en rond témoigne. En tentant de s’interposer, elle a été blessée à la main. Puis, raconte-t-elle, « un homme, la cinquantaine, très calme, habillé d’un imperméable gris, m’a prise de côté et m’a dit de me calmer ». «C’est une erreur », ajoute-t-il. L’appât n’a pas attiré le client correspondant aux critères ci-dessus définis. Cet « homme en gris », qui « avait l’air d’encadrer le groupe », semble loin du « voyou des cités » décrit par le Figaro. D’autant qu’il était accompagné, selon des témoins, « d’une dizaine de photographes » qui immortalisaient la scène – pour qui ? D’ordinaire, les casseurs, les vrais, les attaquent et les volent. On peut dès lors se demander pourquoi ils se sentaient si en sécurité auprès de ces casseurs-là…

Repost 0
21 octobre 2010 4 21 /10 /octobre /2010 18:18

 

  La loi du 21 mars 1884 légalisant les syndicats :

 

une loi avant tout "républicaine" et anti socialiste 

 

 

Si le sujet (recherche universitaire) vous intéresse, vous pouvez me commander

l'intégralité de l'étude pour 10 euros seulement

(frais d'envoi compris)

pour me joindre : seauxf@yahoo.fr

 

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by frederic seaux - dans histoire
commenter cet article
21 octobre 2010 4 21 /10 /octobre /2010 13:57

Article paru dans L'Humanité le 20 Octobre 2010

 

Les « Attali’s boys » en éclaireurs

 

La commission présidée par l’ancien conseiller de Mitterrand soumet 25 propositions .

 

Le rapport remis à la fin de la semaine dernière à Nicolas Sarkozy par les 45 membres de la commission présidée par Jacques Attali, ancien conseiller de François Mitterrand à l’Élysée, a suscité l’enthousiasme du président de la République, qui s’est réjoui de ces « convergences » avec sa propre politique. 25 propositions sont soumises au chef de l’État, elles visent prétendument à « accroître le potentiel de croissance » du pays grâce, essentiellement, à la réduction des dépenses publiques.

Dans cette veine, la commission préconise de ramener le déficit public en dessous de 3 % du PIB en 2013 grâce à une croissance moyenne de 2 % par an et à un ajustement de 75 milliards d’euros sur trois ans, rendu possible par une réduction de la dépense publique de 50 milliards et un élargissement de l’assiette des prélèvements obligatoires de 25 milliards. Parmi les mesures préconisées, on note un gel du point d’indice des fonctionnaires jusqu’en 2013, l’élargissement de « la règle de non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite aux collectivités locales et à la Sécurité sociale », le gel de certaines prestations sociales, la mise sous condition de ressources des allocations familiales, le déremboursement de médicaments, la mise à contribution financière des malades en affection de longue durée…

Sur le sujet des retraites, les « Attali’s boys » estiment nécessaire d’étendre la durée de cotisation et celle du temps de travail. En ce qui concerne le capital et les hauts revenus, le document se contente de prôner « un réexamen » des plus-values et des successions, et de demander que « la contribution des plus favorisés ne soit pas annulée par le bouclier fiscal ».

Repost 0
21 octobre 2010 4 21 /10 /octobre /2010 13:54

Article de Mina Kaci paru dans L'Humanité le 20 Octobre 2010

Un langage qui fait mouche

 

Jean-Luc Mélenchon, le président du Parti de gauche, a séduit la foule amassée, lundi soir, au Théâtre Dejazet à Paris, pour écouter son discours sur la « Révolution citoyenne ».

 

 

Les 600 places n’ont pas suffi à contenir la foule qui se pressait, lundi soir, au meeting parisien du Parti de gauche (PG) sur la «Révolution citoyenne» (1). Mais pour ne pas laisser la frustration gagner près de 300 personnes amassées dehors, Jean-Luc Mélenchon a dû prononcer son discours une première fois en plein air, avant de le déclamer de nouveau à l’intérieur du théâtre Déjazet.

Est-ce le parfum d’insurrection flottant en France qui provoque une telle affluence ? Est-ce une façon pour les militants “pégistes” de se montrer solidaires de leur leader que d’aucuns qualifient de « populiste » ? Est-ce simplement l’envie d’écouter cet orateur hors pair dire certaines vérités murmurées dans les couches populaires ? Jean-Luc Mélenchon charme cette foule qui applaudit ses diatribes contre la « médiacratie », rit à ses jeux de mots, du style « le Monde, ce journal de révérence », jubile à ses attaques contre Laurence Ferrari, la présentatrice de TF1 rebaptisée « préparatrice de temps de cerveau disponible pour la publicité ».

Mais le président du PG sait aussi attirer l’attention de l’assistance en dénonçant « l’oligarchie, cette bande du Fouquet’s qui hait le peuple, le méprise, car c’est la classe la plus dangereuse pour elle », en expliquant pourquoi et comment « couper tous les tuyaux raccordés à la bulle financière », en remettant à l’ordre du jour la lutte entre « le capital et le travail » et le « nécessaire partage des richesses ». Ce fin pédagogue transmet aisément son enthousiasme pour la « révolution citoyenne », concept inspiré de l’Équateur, qu’il fait sien, en espérant le faire devenir celui du Front de gauche. Laquelle alliance est « un outil pour le peuple, c’est le cœur de la gauche », clame-t-il, en affirmant que, si « le peuple a toujours été un problème pour l’oligarchie et la médiacratie, il a toujours été une solution pour nous ».

 

(1) Qu’ils s’en aillent tous, vite, 
la révolution citoyenne, 
Jean-Luc Mélenchon. Éditions Flammarion, 10 euros.

Repost 0
21 octobre 2010 4 21 /10 /octobre /2010 13:50

Article de Michel Muller paru dans L'Humanité le 20 Octobre 2010

 

Dernier recours pour Mumia Abu Jamal

 

Les défenseurs du journaliste noir en appellent à l’aide de l’opinion internationale à un moment où des menaces de mise en œuvre de son exécution deviennent de plus en plus précises.

 

«Nous avons besoin de vous !» C’est un appel véritablement angoissé que nous avons entendu lundi soir au siège du PCF. Il est lancé depuis les États-Unis par maître Robert R. Bryan, l’avocat de Mumia Abu Jamal. Une liaison audiovisuelle avec le défenseur du journaliste noir avait été établie à l’occasion d’une rencontre avec le journaliste réalisateur Henry Chapier venu présenter son film-documentaire Un été américain. Ce dernier raconte l’improbable rencontre en été 1968 entre les étudiants, blancs dans leur immense majorité, de l’université californienne Berkeley et les jeunes Noirs du Black Panther Party, à Oakland.

 

Accusé sans preuves

Le lien entre le combat pour sauver Mumia et les Panthères noires, où dès l’âge de quinze ans il militait à Philadelphie (Pennsylvanie) en tant que responsable à l’information, est aujourd’hui encore la raison de l’acharnement de ceux qui veulent sa mort : en particulier le procureur général (noir) de Pennsylvanie et le syndicat policier mafieux, l’Ordre fraternel de la police (FOP) qui bénéficie d’une redoutable tribune avec la chaîne de télévision d’extrême droite FoxNews.

Accusé sans preuves d’avoir abattu le policier William Faulkner dans la nuit du 8 au 9 décembre 1981, Mumia Abu Jamal a été condamné à mort par un jury blanc sous l’égide d’un juge ouvertement raciste en juillet 1982. Par deux fois, la solidarité internationale, notamment française, l’a sauvé d’une exécution imminente.

En 2008, la cour fédérale, sans autre examen au fond, confirme sa culpabilité mais suspend provisoirement sa condamnation à mort ; mais, en janvier 2010, la Cour suprême des États-Unis donne suite en janvier au recours de l’accusation (ministère public de Pennsylvanie) en renvoyant l’affaire devant la justice fédérale et en lui faisant injonction de revoir sa décision en condamnant définitivement Mumia à mort.

 

l’ultime jugement

Le 9 novembre prochain la cour fédérale consacrera une audience destinée à décider définitivement du sort de la « Voix des sans-voix ». Après cet ultime « jugement », Mumia n’aura plus aucun recours. Il faut tout faire pour le sauver : c’est possible, tout particulièrement ces jours-ci, où des dizaines de milliers de jeunes qui défilent dans nos villes pour la justice et la liberté mènent un combat pour les mêmes valeurs que celles de Mumia, a souligné Marie-Georges Buffet présente aux côtés d’Henry Chapier, avec Jacky Hortaux, responsable du collectif unitaire pour Mumia, et Pierre Laurent, qui a réaffirmé le soutien des communistes, par leurs actions (1) et leur participation aux larges initiatives qui se dérouleront dans les prochains jours à l’appel notamment du collectif unitaire.

 

(1) Signez la pétition mondiale 
pour demander au président Obama de se prononcer pour un moratoire universel – donc y compris aux 
États-Unis – des exécutions capitales (il n’a pas la capacité constitutionnelle d’accord de la grâce). Site www.mumiabujamal.net (rubrique actualité – juillet 2010 nouveau recours de Me R. Bryan)

Michel Muller

Repost 0
21 octobre 2010 4 21 /10 /octobre /2010 13:46

Article de Sébastien Crépel paru dans L'Humanité le 18 Octobre 2010

 

Au Sénat, la mobilisation de l’UMP en décélération

 

De plus en plus de sénateurs de droite désertent l’hémicycle... Résultat : des « erreurs » de vote aboutissent au rejet d’articles et mettent le gouvernement dans l’embarras.

 

Même si les conditions pour un débat serein ne sont plus remplies depuis longtemps au Sénat, le gouvernement continue de feindre de ne pas l’entendre et redouble de pression pour aller au bout de l’adoption de la réforme. L’objectif pour les ministres et Nicolas Sarkozy reste d’arracher un feu vert de la Haute Assemblée, mercredi, au lendemain de la nouvelle journée d’action décidée par l’intersyndicale. Et d’obtenir un vote définitif du Parlement d’ici à la fin du mois.

Car le gouvernement veut en finir d’autant plus vite que la démobilisation gagne son camp et non celui du mouvement social, comme il tente de le faire croire. De plus en plus de sénateurs UMP désertent l’hémicycle et obligent la présidence du Sénat à user des ressources du règlement pour garder la maîtrise des opérations et empêcher la gauche, de plus en plus souvent majoritaire en séance, de rejeter les articles. Parmi les artifices utilisés, celui dit du « scrutin public », qui permet à un seul sénateur de voter pour tout son groupe. Un exercice qui demeure aléatoire, comme le montrent les « erreurs » de sénateurs se trompant de bulletin… et qui ont entraîné le rejet de l’article 4 sur l’allongement de la durée de cotisation ou encore l’abrogation du report de l’âge de la retraite des infirmières ! « La fatigue aidant, notre sénateur (Adrien Giraud – NDLR) s’est trompé. Nous voulions voter pour l’article 4 », s’est désolé le groupe centriste, qui rejette la faute sur « l’obstruction » des communistes. Au groupe CRC-SPG, on rit de ces péripéties : « Nous préférons voir dans le vote de M. Giraud l’expression de son subconscient », ironise Guy Fischer. « Relever de deux ans la durée de cotisation, c’est interdire aux jeunes de prendre leur retraite à 60 ans », a objecté de son côté Marie-France Beaufils (PCF).

Auparavant, un article portant sur la retraite des militaires avait été rejeté par la gauche en supériorité numérique. À ce rythme, ces « incidents » n’en sont plus et contribuent à décrédibiliser un peu plus le gouvernement, acculé à demander au Sénat de revoter les articles en fin de discussion. « Vous voudriez faire croire que tout est plié. Pour notre part, nous sommes convaincus que tout reste possible ; et si vous demandez en fin de discussion de ce texte une deuxième délibération sur l’article 4, c’est qu’il sera possible de voter à nouveau sur l’ensemble des articles de votre projet de loi, y compris sur le passage à 62 ans et à 67 ans », a observé Guy Fischer. « Pour une réforme qui serait LA réforme du président de la République, votre mobilisation est extrêmement médiocre », a raillé de son côté Jean Mahéas (PS).

Samedi, alors que les manifestants défilaient, la bataille faisait rage au Sénat sur la pénibilité et sur le devenir de la médecine du travail. Marie-Agnès Labarre (Parti de gauche) a dénoncé la volonté du gouvernement de « faire entrer par la fenêtre son projet de démantèlement de la médecine du travail », dont l’indépendance vis-à-vis des employeurs est remise en cause. Quant à la pénibilité du travail, celle-ci est sciemment confondue avec le handicap dans le texte. Deux conceptions s’opposent alors : celle qui consiste à s’en remettre à « des facteurs objectifs qui ouvrent des droits » collectifs, comme le défend la gauche, ou celle du gouvernement qui individualise ces droits en contraignant le travailleur à « prouver devant le médecin qu’il est à bout de force », a accusé Jean-Pierre Sueur (PS).

Repost 0
21 octobre 2010 4 21 /10 /octobre /2010 13:38

Article de Sébastien Crépel paru dans L'Humanité le 20 octobre 2010

 

 

 Pierre Laurent met Fillon au défi

 

Le secrétaire national du PCF propose de débattre avec lui des retraites à la télévision.

 

Le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, a proposé, hier, au premier ministre François Fillon, dans un courrier qu’il lui a adressé, d’ouvrir un « débat réellement contradictoire » sur la réforme des retraites. Pierre Laurent se dit prêt à débattre avec lui « sur une grande chaîne de télévision », en particulier des pistes de financement alternatives en débat. « Vous n’avez pas souhaité jusqu’à présent rouvrir la discussion avec les organisations syndicales sur d’autres bases que le report de l’âge légal de départ à la retraite alors même que des millions de Françaises et de Français vous le demandaient », rappelle Pierre Laurent dans sa lettre. « Vous dites qu’il n’y a pas d’autres choix possibles pour assurer le financement des retraites et vous déclariez dimanche soir (au 20 heures de TF1 – NDLR) que les propositions qui sont faites par l’opposition sur ce sujet sont en quelque sorte une escroquerie. Vous avez notamment affirmé que la taxation du capital n’a jamais permis de trouver des financements suffisants pour les masses qui sont en cause en matière de retraites. Or, c’est précisément cette affirmation qui mériterait un débat réellement contradictoire. » Le responsable communiste tient en effet ce refus « d’ouvrir ce débat sur la question du financement des retraites » comme le point majeur qui « est en train de provoquer le blocage du pays ». Estimant que le premier ministre ne peut plus « nier qu’un débat très profond traverse la société française sur les choix en matière de financement des retraites », il lui propose de « confronter (ses) positions à celles qu’au nom du PCF, [j’] avance à ce sujet, lors d’un débat, propositions contre propositions », à la télévision. « Dans l’attente d’une réponse de votre part », conclut-il… François Fillon relèvera-t-il le défi ?

S. C.

Repost 0
20 octobre 2010 3 20 /10 /octobre /2010 14:04

 

 Article publié dans L'Humanité, le mardi 19 octobre 2010

 

 

 Lycée bloqué à Grand-Couronne

 

 

 

 

Les profs du lycée professionnel Fernand-Léger se sont lancés 
dans la bataille, aux côtés de leurs élèves.

«Nous venons de reconduire la grève». En ce lundi matin, les enseignants du lycée professionnel Fernand-Léger de Grand-Couronne poursuivent donc la grève lancée vendredi dernier. « Ce n’est pas respecter les élèves que de demander aux enseignants d’aller au moins jusqu’à 67 ans». Les élèves d’ailleurs adhèrent à cet argument. Près d’une centaine entouraient les enseignants vendredi, moins pour sécher les cours, comme peut l’affirmer le gouvernement, que pour réellement échanger et débattre.

Car, dans ce lycée industriel, spécialisé dans le bâtiment et les travaux publics, les jeunes savent qu’ils partent pour une carrière longue, souvent mal payée et surtout d’une pénibilité notoire. « Le combat des profs, c’est aussi le mien », affirme une élève. Des profs qui, eux aussi, ne se battent pas que pour leur profession. Pour preuve, cette enseignante qui s’est mise en grève « pour [son] frère, ouvrier âgé de cinquante-six ans » qu’elle ne veut pas voir travailler plus longtemps.

Le lycée est donc fermé et bloqué jusqu’à nouvel ordre. « Mais ce n’est pas de notre responsabilité, précisent les grévistes. Le proviseur dit qu’on empêche les entrées, mais c’est faux. On peut toujours y pénétrer à pied. » Du coup, 450 élèves se seraient retrouvés dehors dès vendredi matin, sans même, au dire des enseignants, que les parents soient prévenus. Enfin, le chef d’établissement refuserait d’ouvrir l’internat à des élèves, normalement internes, qui effectuent leur stage professionnel aux abords de l’établissement. « C’est le proviseur qui empêche les entrées, pas nous », résume un enseignant.

Le chef d’établissement, injoignable hier, a reçu le soutien du rectorat, par la voix du directeur de cabinet du recteur, et accessoirement cadre de l’UMP en Seine-Maritime.

Repost 0
Published by frederic seaux
commenter cet article
14 octobre 2010 4 14 /10 /octobre /2010 22:30

Article paru le lundi 18 octobre 210 dans le journal l'Humanité, page 10. 

 

Tony, dix-sept ans, suicidé en prison

 

 

 Rouen. Les parents du jeune garçon de 17 ans qui s’est suicidé dimanche dernier dans sa cellule de la maison d’arrêt de Rouen veulent comprendre ce qui s’est passé.

 

La voix du papa est posée, mais déterminée. Les yeux de la maman parlent pour elle. Ils tiennent à rester dignes, malgré leur douleur, face à la mort, elle indigne, de leur fils Tony, âgé de 17 ans, qui s’est suicidé dimanche dernier alors qu’il était incarcéré dans le quartier pour mineurs de la maison d’arrêt « Bonne Nouvelle » - qui sera bientôt détruite - de Rouen. Dignes encore, alors que la maison d’arrêt, elle, leur a appris le drame par téléphone.

Arrêté dans la nuit de vendredi à samedi dernier pour destruction en réunion d’un véhicule, Tony est présenté à la juge pour enfant, alors de permanence. Celle-ci le place directement en détention provisoire en attendant son jugement qui aurait eu lieu au plus tard un mois après. Tony ne verra jamais son jugement. Il a été retrouvé sans vie le dimanche en début d’après-midi, après s’être suicidé par strangulation avec ses draps. Le procureur de la République a immédiatement diligenté une enquête qui devrait permettre de comprendre comment ce drame a pu se produire.

C’est en tout cas ce qu’espèrent les parents et leur avocate, maître Stéphanie Audra Moisson, très attachée à cet adolescent qu’elle suivait depuis deux ans maintenant. Car c’est vrai que Tony, déscolarisé, n’était pas exempt de tout reproche. Il le savait et admettait toujours ses erreurs. Il avait ainsi déjà eu affaire à la justice au point d’avoir fait un séjour d’un mois dans cette maison d’arrêt d’un autre âge. Ces parents veulent aujourd’hui comprendre pourquoi le juge a placé leur enfant en détention alors qu’il était vraiment en souffrance, au point de demander à voir un médecin psychiatre et à être hospitalisé. « J’ai vu mon fils juste après sa garde à vue et j’ai compris qu’il n’allait pas bien, car ce n’était pas son habitude de demander de l’aide », explique le père. « Il pleurait et expliquait qu’il ne voulait pas retourner en détention », poursuit l’avocate qui tient à préciser que « Tony était un gentil garçon, très attachant qui voulait travailler pour être indépendant et se construire rapidement une vie simple ».

Alors pourquoi cette détention ? Faut-il alors y voir les conséquences de la politique répressive du gouvernement à l’encontre de la délinquance des mineurs ? Maître Audra Moisson et son confrère Etienne Noël, avocat au barreau de Rouen et membre de l’organisation internationale des prisons, soutiennent « Qu’à Rouen, les magistrats ne sont absolument pas dans cette démarche répressive ». L’avocate de la famille pense plutôt que l’explication tient davantage « à son passif avec la justice et la nécessité pour la juge pour enfant, ex-juge d’instruction, de préserver la crédibilité de la justice et de mettre fin à la délinquance de Tony ». Et de poursuivre : « Selon la juge, il avait cette fois-ci commis un acte grave, punissable de dix ans d’emprisonnement, réduit à cinq ans pour les mineurs ».

En tout cas, les parents de Tony n’ont pas l’intention d’abandonner. « On ira jusqu’au bout pour que ça n’arrive plus. Je veux la vérité. C’est la dernière chose que je peux faire pour mon fils qui a toujours assumé ses actes. Que l’Etat qui n’a pas su protéger mon fils, assume aussi ses lacunes », prévient le père. Les amis de Tony, eux, en silence, ont organisé une marche jeudi après-midi depuis le Palais de justice de Rouen jusqu’à la maison d’arrêt dans lequel est mort leur camarade. En février dernier, un autre mineur s’était déjà suicidé dans cet établissement pénitentiaire.

     Frédéric SEAUX

 

Repost 0
Published by frederic seaux - dans prison
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de frederic seaux
  • Le blog de frederic seaux
  • : il s'agit d'un blog sur lequel paraissent certains de mes articles publiés dans le quotidien l'Humanité et les deux hebdomadaires, La Terre et l'Humanité Dimanche. J'utilise également ce blog comme moyen d'expression sur des sujets d'actualité que je ne traite pas directement à travers mes articles. Rendez-vous également sur le blog de la maison d'édition que j'ai créée : http://editionscogitoergosum.over-blog.com
  • Contact

Recherche

Liens