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13 octobre 2010 3 13 /10 /octobre /2010 09:06

 

Article publié dans L'Humanité, le samedi 16 octobre 2010, page 9 

 

Sealinx , du fric pour délocaliser

 

L’équipementier automobile annonce la suppression de 257 emplois.

 

Il  y a dix mois, la direction de l’équipementier automobile Sealinx à Charleval (Eure) qui fabrique des joints d'étanchéité, laissait entendre qu’il y avait 200 salariés de trop dans l’entreprise qui en comptait alors 750 (1800 il y a 10 ans-NDLR), après avoir pourtant déjà supprimé 300 emplois en 2007. Alors le nouveau plan social de 257 emplois que vient d’annoncer la direction était-il déjà « dans les cartons » ? Toujours est-il que la direction, via son porte-parole, explique du fait « de la crise » que les commandes sont « inférieures de 40 à 50% par rapport à 2007 année de référence ».

La bilocalisation (finition des produits dans les pays à bas coûts) et l’embauche de 40 chefs de projet et de commerciaux n’auront donc pas permis de redresser la barre. « Cela a permis de sauver des emplois et la savoir-faire français de l’usine », tente de se défendre avec nervosité le porte-parole. Traduction, la casse aurait pu être pire !

Du côté des syndicats, on dénonce les délocalisations qui se poursuivent au Maghreb et en Roumanie. Et surtout on se demande bien où sont partis « les 10 millions d’euros versés à l’entreprise depuis trois ans. Est-ce qu’ils ont été utilisés pour délocaliser ou pour licencier ?» s’interroge, encore abattu par la nouvelle Olivier Martin, de la Coordination démocratique des travailleurs. « Il va bien falloir qu’elle rende des comptes », conclue-t-il quelque peu fataliste.

Le porte-parole, lui, parle plutôt d’aides indirectes via notamment des reports d’échéances fiscales ou encore des octrois de subventions permettant l’indemnisation du chômage partiel qui se poursuit d’ailleurs aujourd’hui deux jours par semaine, alors qu’en même temps se multiplient les heures supplémentaires travaillées. Et la responsabilité des donneurs d’ordre (Peugeot, Renault essentiellement) dans tout cela ? « Pas question de critiquer nos clients », explique le porte-parole. Puisqu'on vous dit que c'est la crise qui est responsable.      

                                                                                                                        Frédéric SEAUX

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7 octobre 2010 4 07 /10 /octobre /2010 15:14

 

Info ou intox?

 

 

 Alors que la réunion qui s'est tenue le 31 septembre dernier entre les représentants du ministre de l'Industrie, Christian Estrosi, et les élus haut-Normands laissait entendre que le fermeture de  l'usine Cooper de Bolbec, équipementier automobile, était ineluctable et qu'il fallait désormais travailler à la réindustrialisation du site, les salariés apprenaient, le lendemain, de la bouche de leur direction, étrangement absente cette semaine de Bolbec, qu'un repreneur suédois était sur les rangs et allait reprendre la totalité des salariés en orientant la production vers de l'injection plastique. Non seulement les quelque trois cents emplois allaient être sauvés mais en plus, ce père noël tombé du ciel plus tôt que prévu, réchauffement planétaire oblige sans doute, envisagerait de créer près de sept cents emplois. Rien que cela...

Evidemment la direction ne s'est pas risquée à confirmer par écrit cette -fausse ?- bonne nouvelle. La ficelle est trop grosse et trop connue pour ne pas penser que le direction cherche à casser le mouvement social qui commence à naître au sein des salariés qui ont déjà débrayé deux fois la semaine dernière et qui sont bien décidés à se faire entendre demain au salon de l'automobile à Paris.

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27 septembre 2010 1 27 /09 /septembre /2010 18:22

Article publié dans Le Journal d'Elbeuf, le 28 septembre 2010

 

 

 

Noël Levillain : « Enfin, des assises de l’économie, de l’industrie et de l’innovation en Haute-Normandie ! ».

 

Le Conseil régional de Haute-Normandie lancera le 4 octobre prochain des assises dédiées à l’innovation et au développement industriel sur son territoire. Et Noël Levillain, le maire communiste de Tourville-la-Rivière, également conseiller régional et vice-président de la CREA s’en félicite. En effet, « c’était là l’une des propositions phares du Front de Gauche lors de la campagne menée pour les élections régionales. Dans ce contexte de crise financière, économique et sociale et de délocalisations massives des productions, il y a urgence à réunir les acteurs du secteur industriel pour enfin faire un diagnostic, des évaluations et des propositions à la hauteur de l’enjeu de développement qui s’offre à nous », explique-t-il.

Néanmoins, il appelle à rester vigilant sur ces assises qui ne doivent pas se révéler être finalement un feu de paille ou de la poudre aux yeux. « Par conséquent, insiste l’élu communiste, ces assises doivent rassembler tous les acteurs, directs ou indirects du secteur pour faire émerger démocratiquement une politique industrielle ambitieuse. C’est pourquoi doivent y prendre une part active non seulement des élus régionaux mais aussi tous les maires qui le souhaitent. Outre les chefs d’entreprises, il faut également y voir représentés les salariés et leurs organisations syndicales ».

Noël Levillain dit vouloir s’engager à  la pleine réussite de ces assises de l’économie, de l’industrie et de l’innovation qui, assure-t-il « contribueront au développement de l’emploi industriel dans notre région et élaboreront, avec l’ensemble des acteurs, des critères sociaux et environnementaux pertinents auxquels seront soumises les aides régionales qui ne sauraient accompagner licenciements, délocalisations et fermetures d’entreprises ».

Les clés de la réussite de ces assises

Pour les élus du groupe communiste à la Région auquel appartient Noël Levillain, « Il faut partir du tissu industriel existant pour projeter ce qu’il pourrait être dans les vingt années à venir et l’accroître ». Car, précise ce dernier, « notre région concentre la diversité de l’industrie française. Ce serait de l’inconscience que de laisser dépérir ce patrimoine pour tenter de faire émerger ex nihilo une hypothétique industrie nouvelle ou développer un secteur tertiaire qui, d’une part, ne compenserait pas la baisse d’activité et, d’autre part, a besoin de l’industrie pour exister ». D’où la nécessité de maintenir sur place l’emploi existant pour s’adapter aux nouvelles technologies. Et Noël Levillain de citer en exemple Renault et la fabrication du nouveau moteur à taux de compression variable (moteur MCE5). Une révolution technologique qui « permettra de réduire de 30% la consommation de carburant. Mais en aucun cas ce nouveau moteur n’appelle la création de nouveaux métiers. C’est par la formation professionnelle que les savoir-faire  actuels évolueront pour réaliser ce moteur », insiste l’élu communiste.

En conclusion les élus communistes espèrent que ces assises « élaboreront, avec l’ensemble des acteurs, des critères sociaux et environnementaux pertinents auxquels seront soumises les aides régionales qui ne sauraient accompagner licenciements, délocalisations et fermetures d’entreprises ».

 

 

 

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18 septembre 2010 6 18 /09 /septembre /2010 09:03

 

Article publié, en partie, dans L'Humanité, le 22 septembre 2010

 

Unification de la Normandie. Une réelle nécessité oui, mais pour qui ?

  

Evoquée depuis les années 1950, l’idée d’unification de la Normandie refait surface avec en ligne de mire, pour le pouvoir sarkozyste, la volonté de nuire à la décentralisation.

 

« Il y a deux Normandie, on les aime, mais en faut-il deux ? »  Il aura fallu cette déclaration de Nicolas Sarkozy au congrès des maires de France le 27 novembre 2008 pour relancer le fameux débat sur l’unification de la Normandie, vieux serpent de mer né au même moment du découpage régional de 1956 qui fit immédiatement l’objet de multiples critiques. Mais si à l’époque le combat unificateur était mené par des mouvements régionalistes souvent réactionnaires, aujourd’hui cette idée même d’unification dépasse les clivages gauche-droite. Il faut dire que l’unification, aux dires des sondages, ferait son chemin dans la tête des « Normands ». Deux tiers d’entre-eux y seraient ainsi favorables.

  Unie, la région, d’après quelques économistes et géographes régionaux très impliqués dans l’unification, serait la 6e de France en termes de PIB, alors que la Haute et la Basse-Normandie sont actuellement 13e et 18e sur 22. L’unification fournirait aussi, selon eux, à la nouvelle collectivité territoriale l’opportunité de profiter de l’image exceptionnelle, quoique souvent d’Epinal, de la Normandie (la gastronomie, ses vaches, ses prés, etc.) dans le reste de l’Europe et du monde. La fusion serait enfin pour la Haute-Normandie un moyen d’exister à côtés d’une capitale parisienne trop proche et trop puissante, et pour une Basse-Normandie excentrée, un moyen de devenir enfin attractive. Enfin pour les deux, il s’agirait de retenir les jeunes qui par milliers quittent les deux régions qui les forment chaque année.

 

"Une déclaration de guerre"

Pourtant la question de l’unification est toujours au point mort, malgré les études et rapports favorables publiés sur le sujet. En cause : l’incontournable et épineuse question de la future capitale. Si, à gauche comme à droite, les Bas-Normands rêvent de voir Caen devenir cette capitale, les Haut-Normands, eux, refusent de voir Rouen reléguée au second rang. Et aucun des deux camps ne semble vouloir faire d’effort. Dernier exemple en date, le très attendu rapport Tourret, du nom du 4e vice-président PRG (historiquement favorable à l’unification) en charge notamment de la question de l’unification, qui est en réalité pour Michel Bussi, politique et professeur de géographie à l’université de Rouen une véritable « déclaration de guerre ». Ce rapport retient en effet Caen comme future capitale, sans qu'aucune autre alternative possible ne soit évoquée dans les deux pages que l'élu bas-normand consacre à cette question sur les 122 pages que compte cette  étude.

Or, pour Michel Bussi, les alternatives à ce choix binaire existent pourtant. « Un pouvoir partagé entre les trois principales métropoles normandes. Caen abriterait le conseil régional, Rouen la préfecture de région. Et le Havre abriterait le conseil économique et social », explique l’universitaire. Outre le fait que ce partage mettrait enfin un terme au conflit, il permettrait aussi, d'après le géographe, de soulager les aménagements et les axes routiers qui seraient quotidiennement engorgés en cas de capitale unique.

Pas de réunification à l'allemande

   En attendant, les deux présidents socialistes (Alain Le Vern en Haute et Laurent Beauvais en Basse) poursuivent les nombreuses coopérations interrégionales lancées depuis 2004, notamment dans le toursime, la politique portuaire et aéroportuaire. Du côté des élus communistes bas et haut normands, on se déclare depuis longtemps favorable à l'unification, mais à condition que les habitants soient associés au projet, via un référendum, et qu'il ne s'agisse pas de faire de la région réunifiée "un 21e arrondissement de la capitale", explique Jean-Luc lecomte, élu communiste à la région Haute-Normandie. Le récent projet du "Grand Paris" qui avait oublié dans un premier temps d'inclure la Basse-Normandie dans le projet de ligne à Grande Vitesse (LGV) depuis Paris jusqu'au Havre (d'où la fronde de la droite bas-normande à l'encontre d'Antoine Rufenacht, maire UMP du Havre, qui avait mis Caen à l'écart du projet), montre d'ailleurs que l'exécutif élyséen porte peu d'intérêts au développement économique normand.

Une querelle à droite qui arrange finalement bien le parti socialiste surtout haut-normand qui n'adhère pas, mais alors vraiment pas, à cette idée d'unification. L'agument resté officieux pour ne pas blesser les camarades bas-normands porte surtout sur le coût qu'aurait une telle unification pour la Haute-Normandie qui devra alors payer tous les retards actuels de la Basse-Normandie dans de nombreux secteurs. En clair, les socialistes, à la tête de la région Haute-Normandie, n'ont guère envie de jouer le même rôle que l'Allemagne de l'Ouest lors de la réunification allemande qui n'est en définitive toujours pas achevée, tant les disparités entre l'Est et l'Ouest sont toujours prégnantes.

 

  En réalité, plus que d’une unification, la Haute et Basse-Normandie ont surtout besoin, comme l’ensemble des régions françaises, d’une vraie décentralisation qui demeure actuellement toujours inachevée puisqu’elle limite les pouvoirs des conseils régionaux. Et ce n’est pas le récent rapport Balladur sur la réforme territoriale préconisant la réduction du nombre de régions au nom d’une recentralisation des lieux de décisions qui renforcera leurs pouvoirs et ainsi le développement économique de ces deux régions.

 

Frédéric SEAUX

 

Repères

 

En cas d’unification…

3e rang régional en termes de production de valeur ajoutée industrielle, liée au secteur de l’énergie.

4e rang régional en termes de production de valeur ajoutée liée au secteur des transports

6e rang régional en termes de population, de PIB et d’emplois salariés

 

Source : Edater, Ineum Consulting, Evaluation des effets d’une fusion de la région Haute-Normandie et de la région Basse-Normandie, Rapport remis au conseil régional de Haute-Normandie, 2008, 210 pages.

 

Pour approfondir...

 

  • "Normandie 2010 : le débat régional" in Etudes Normandes, n°1, 2010, 8 euros.

 

 

 

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5 septembre 2010 7 05 /09 /septembre /2010 10:12

 Article paru dans L'Humanité, le 3 septembre 2010, page 7.

  

Cooper ferme  avec l'aide de l'Etat

  

Les actionnaires de l'équipementier automobile Cooper Standard France viennent d'annoncer la fermeture de l'usine de Bolbec début 2011. Avec le soutien financier de l'Etat.

 

"Mettons l'argent public pour le travail". C'était en novembre 2008. Nicolas Sarkozy vantait alors l'utilité du Fonds stratégique industriel (FSI), censé aider l'industrie française. Pourtant aujourd'hui, c'est ce même FSI, via le Fonds de modernisation des équipementiers automobiles (FMEA), qui participe à la fermeture prévue au premier trimetre 2011 de Cooper Standard France, équipementier automobile à Bolbec, en Haute-Normandie.

La cause? Un manque de rentabilité face à son concurrent direct, la Barre Thomas, à Rennes. Et comme le FMEA, dixit son directeur Hervé Guyot, grand argentier de l'automobile, n'entend pas "sauver les canards boiteux", 284 salariés du site de Bolbec vont être licenciés. Douze d'entre-eux se verront offrir un reclassement à proximité, à Lillebonne, et vingt autres en Bretagne.

Pourtant, Pascal Langlois, délégué syndical CGT de Cooper n'en démord pas : "Le site pourrait être viable si les actionnaires (qui , le ont racheté les parts de Goldman Sachs et de Cypress Grouper en juillet dernier-NDLR) le voulaient". Mais au lieu de cela, ils ont préféré miser sur le concurrent rennais en fusionnant avec lui, avec la complicité de l'Etat, toujours via le FMEA. Ce dernier a décidé de racheter les parts de Silver Point, un des sept actionnaires de Cooper Standard France, pour faciliter cette fusion. L'Etat sera donc actionnaire minoritaire sans pouvoir réel au conseil de surveillance sur les futurs choix industriels du groupe dominé par des actionnaires issus du système bancaire (Barclay's capital, Lord Abbett).

Le 16 juillet dernier, Hervé Guyot, interpellé déjà à l'époque par Céline Brulin, conseillère régionale communiste, sur les rumeurs de fusion et d'utilisation de fonds publics pour financer des destructions d'emplois, avait pourtant tenté d'être rassurant. "Aucune décision d'investissement formelle n'a été prise en ce sens", écrivait-il. Mais il précisait aussi immédiatement que "les deux sociétés avaient envisagé ce rapprochement (Les salariés n'ont jamais été consultés-NDLR) pour mutualiser leurs capacités nécessaires au maintien de leur compétitivité" et que "ce projet de regroupement permettrait ainsi de sauver 1 600 emplois en France". Dont la totalité des 1300 emplois du site rennais? Rien n'est moins sûr, pourtant, au regard des précédents plans sociaux qui ont touché ce site depuis 2006.

"Le ministre des ouvriers" interpellé

Jean-Paul Lecoq, député communiste de la circonscription, dénonce quant à lui la collaboration de l'Etat dans de possibles délocalisations (l'entreprise barre Thomas possède des usines au Maghreb, en Europe de l'Est et en Asie) et les destructions d'emplois dans un bassin économique déjà sinistré et dont la situation très critique est amplifiée par les constructeurs automobiles, "véritables donneurs d'ordres quin ont le droit de vie et de mort sur les équipementiers automobiles".

Les deux élus ont demandé à être reçus en urgence par Christian Estrosi, ministre de l'Industrie, qui s'enorgueillissait il ya quelques jours d'inaugurer "l'Observatoire du produit français", censé défendre "le made in France" et "préserver "le savoir-faire national". Les salariés de Cooper, eux, sont bien décidés à multiplier les initiatives locales et à accompagner les élus au ministère pour demander des comptes à celui qui se présentait, il y a peu, comme "le ministre des ouvriers".

                                                                                                                                                                                             Frédéric SEAUX

 

Un FSI bien gardé

 

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le FSI, voulu par Nicolas Sarkozy au lendemain des états généraux de l’industrie en 2009 pour soutenir la filière automobile, a l’esprit de famille et qu’il sait récompenser les proches du pouvoir.

 Cette « arme anticrise » selon Sarkozy, sait en effet recruter. Car qui de mieux pour diriger ce fonds d’aide aux équipementiers automobiles, qu’un ancien de leurs donneurs d’ordre, en la personne d’Hervé Guyot qui, a 56 ans, a fait toute sa carrière chez Peugeot ? Parmi les onze directeurs d’investissements, on trouve également un ancien de chez Renault, autre donneur d’ordre, un ancien collaborateur du ministre et porte-parole du gouvernement Luc Chatel, des ex-banquiers. Sans oublier, enfin, Thomas Devedjian, qui co-dirige ce FSI, crée de toute pièce par papa, actuel ministre de la relance. Auparavant, le jeune homme de 37 ans avait été conseillé technique auprès de Nicolas Sarkozy quand il était à Bercy. Les ouvriers de Cooper peuvent donc être rassurés. Les copains de Sarkozy s’occupent d’eux.

 

Frédéric SEAUX

 

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4 septembre 2010 6 04 /09 /septembre /2010 09:07

 Baisse du chômage? Vraiment pas de quoi pavoiser.

 

 

Les ministres se congratulent. le chômage serait en baisse en France. Rendez-vous compte! Le bureau international du travail vient de publier les chiffres. Pour la première fois depuis la mi-août, le nombre de chômeurs en France a baissé au deuxième semestre 2010. Il s'établit à 9,7% de la population active (y compris Outre-Mer). En métropole, il est de 9, 3% (donc de 10,1%dans les DOM) et touche 2,6 millions de personnes, contre 9,5% au premier trimestre 2010.

 

Laurent Wauquiez, secrétaire d'Etat à l'emploi n'y va pas par quatre chemins : C'est "un tournant". Rien que cela. Et pour Christine Lagarde, ministre de l'Economie et des Finances, "c'est la première baisse significative depuis la crise" . Parce qu'en plus, on serait donc sortis de la crise? les Français qui se serrent la ceinture tous les jours apprécieront de l'apprendre parce que dans les faits, ils ne s'en étaient pas aperçus.

 

Plus de prudence pourtant devrait s'imposer chez nos gouvernants. Car ce léger recul de 0,2% n'est ni plus ni moins que la conséquence de la progression de ce que l'Insee nomme "les formes particulières d'emploi". Plus clairement , il s'agit des CDD et de l'intérim. Ces types de contrats ont progressé chez les 15-64 ans de 6,4% à 6,6% durant cette même période. Soit 0,2% de plus. Soit aussi les 0,2% de chômeurs en moins dont se targue le gouvernement. Par contre ce dernier ne pipe mot quant au nombre de salariés embauchés en CDI. Et pour cause. Leur nombre continue de diminuer et s'établit à 49% de la même tranche d'âge. A peine un salarié sur deux possède donc aujourd'hui dans le privé un contrat indéterminé ! Pas de quoi pavoiser donc au sein du gouvernement.

 

Pour être honnête donc, contrairement au gouvernement, il conviendrait plutôt d'affirmer qu'il y a peut-être un tout petit peu moins de chômeurs (- 0,2% il faut le rappeler), mais aussi et surtout plus de précaires.

 

On pourrait aussi se satisfaire d'un léger retour à l'emploi des 55-64 ans qui passe de 41,7% à 42,1%. Mais dans le même temps, le taux d'emploi des 15-24 ans a baissé. faut-il y voir le principe des vases communiquants? En partie certainement.

 

De toute façon, le taux de chômage en France demeure toujours à un niveau très inquiétant. Et ce n'est pas en supprimant un fonctionnaire sur deux que la situation va s'améliorer. Les fonctionnaires coûtent cher aux finances publiques? Et les chômeurs combien leur coûtent-ils?

La vraie question est plutôt celle du manque à gagner  pour ces finances publiques, puisqu'un chômeur ne cotise pas aux différentes caisses sociales, à commencer par celle de la sécurité sociale. Mais évidemment, le gouvernement n'entend pas poser le débat dans ce sens. Il préfère envisager que ceux qui ont "le privilège" de travailler continuent de le faire encore plus longtemps, sans partager le travail avec ceux qui n'en ont pas.  

 

C'est la raison pour laquelle il faut être très nombreux le 7  septembre prochain dans les rues de toutes les grandes villes de France pour s'opposer à l'actuel projet de réforme du gouvernement sur l'alllongement de la durée de vie au travail et sur son projet de financement des retraites.

 

"Ceux qui se battent peuvent perdre, mais ceux qui ne se battent pas ont déjà perdu", écrivait la dramaturge Berthold Brecht. Ses propos n'ont jamais été aussi vrais qu'en ce moment crucial pour l'avenir du travail en France et des millions de Français sans emploi ou précaires.

 

                                                                 Frédéric SEAUX

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3 septembre 2010 5 03 /09 /septembre /2010 19:01

Article paru dans Le Journal d'Elbeuf le vendredi 23 juillet, page 6

 

 

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3 septembre 2010 5 03 /09 /septembre /2010 18:56

 

 

 

 

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Article paru dans l'Humanité Dimanche du 29 juillet au 4 août 2010. page 32

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11 juin 2010 5 11 /06 /juin /2010 15:29

Article de Laurent Mouloud paru dans L'Humanité jeudi 10 juin 2010

Les couacs annoncés de la rentrée scolaire

 

Dans un contexte de restrictions budgétaires tous azimuts, la rentrée 2010 s’annonce plombée par une série de réformes qui vont encore aggraver la situation de l’école publique.

La rentrée scolaire est encore loin. Et pourtant, le rendez-vous de septembre, organisé sur fond de diète budgétaire, inquiète déjà le monde éducatif. De la nouvelle formation des maîtres aux derniers programmes de seconde, en passant par le retour de la semaine de quatre jours et demi, une avalanche de mesures se profile à l’horizon. Pour chacune, les mêmes mots tournent en boucle – «  précipitation  », «  absence de concertation  ». Et la suspicion généralisée plane désormais sur les intentions de Luc Chatel, dont le peu de crédit s’est effondré auprès de la profession depuis que son plan pluriannuel de suppression de postes a fuité dans la presse. Tour d’horizon de ces dossiers qui vont plomber la rentrée.

1/ Pas plus de remplaçants devant les élèves

Selon les propres chiffres du ministère, les absences de courte durée dans le secondaire ont représenté cette année quelque 2,2 millions d’heures de cours perdues. Même la situation dans le primaire, d’habitude plus épargné, s’est dégradée cette année. Pour la première fois, des dizaines de parents d’élèves de l’académie de Créteil ont déposé plainte collectivement devant le tribunal administratif pour «  défaut de mise en œuvre de l’obligation scolaire  ». Face à cette situation, Luc Chatel a décrété, en mars, la «  mobilisation générale  ». Mais n’avait à offrir qu’un bricolage précaire. Ses solutions  ? Donner la possibilité aux profs remplaçants qui le peuvent d’œuvrer dans l’académie voisine et surtout constituer un hypothétique «  vivier  » de remplaçants composés de retraités de l’éducation nationale et d’étudiants en cours de formation  ! Évidemment, à aucun moment le ministre n’a envisagé de recréer les 3 000 postes de remplaçants titulaires supprimés en 2009… Ce qui rend furieux les parents d’élèves de la FCPE.

2/ Des profs sans formation

C’est l’autre grand sujet d’inquiétude. Cette rentrée 2010 sera marquée par l’arrivée de la nouvelle formation des maîtres. Contestée par l’ensemble du monde éducatif et objet de plusieurs recours au Conseil d’État, cette réforme va propulser dans les établissements une dizaine de milliers de professeurs débutants qui devront prendre d’emblée la responsabilité d’une classe à plein-temps sans avoir reçu de formation préalable. Tout juste seront-ils épaulés par un «  tuteur  », la plupart du temps un simple collègue. «  C’est l’assurance de les envoyer au casse-pipe  », pronostiquent les formateurs en IUFM. Ces classes, en tout cas, promettent de sacrés remous  : tenues par un stagiaire avec tuteur en début d’année, elles seront ensuite dirigées par le stagiaire seul, puis par le tuteur ou un étudiant remplaçant pendant les semaines de formation du prof stagiaire, puis de nouveau par ce dernier  ! Encore faut-il, pour les rectorats, trouver suffisamment de tuteurs volontaires. «  C’est loin d’être le cas dans certaines académies, assure un syndicaliste. Certains recteurs envisagent même de recruter parmi les néoretraités…  »

3/ La fin de la semaine de quatre jours

Lancée en grande pompe par Xavier Darcos en 2008, la semaine de quatre jours dans le primaire n’est plus la bienvenue. Dans sa circulaire de préparation de la rentrée 2010, publiée en mars, le ministère a demandé aux recteurs et aux inspecteurs d’académie d’encourager «  l’organisation de la semaine en neuf demi-journées (du lundi au vendredi en incluant le mercredi matin)  ». Une initiative saluée par la FCPE, mais qui doit encore être adoptée par les conseils d’école, qui décident en dernier ressort. En tout cas, ce retour aux quatre jours et demi devrait entraîner un nouveau branle-bas de combat dans les familles et les collectivités locales qui venaient à peine de s’habituer au précédent rythme…

4/ Pas de manuels scolaire en septembre ? 

La rentrée est dans trois mois et les programmes de la classe de seconde, issus de la réforme du lycée, viennent à peine d’être bouclés  ! Résultat de ces délais ubuesques  ? Hormis les mathématiques et les langues vivantes, les éditeurs ne parviendront pas à fournir tous les manuels scolaires avant la fin août. «  Les enseignants vont être obligés de préparer des cours déconnectés de tout manuel auquel les élèves puissent se référer  », peste le Snes-FSU. Avec leurs élèves, ils devront même se contenter de version numérique jusqu’à octobre  !

Laurent Mouloud

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11 juin 2010 5 11 /06 /juin /2010 15:24

 

Article de Ixchel Delaporte, paru dans L'Humanité, le 10 juin 2010

 

Ces profs stagiaires qu’on envoie « au casse-pipe »

 

Ils seront lancés dans les classes dès septembre, sans formation.

« On est complètement paniqués. » Étudiante en master d’histoire-géographie, Florence Giraud passe cette année le concours du Capes. Elle fait partie de ceux qui auront à pâtir de « l’improvisation totale » du ministère, lancé dans une réforme de la formation des enseignants. Les informations leur parviennent au compte-gouttes, par rumeurs ou par médias interposés. Seule certitude : les conditions difficiles de leur année de stage. « Nous allons travailler pendant dix-huit heures, sans presque aucun temps pour la formation. On va devoir assumer des classes comme un prof normal. Dans ces conditions, les tuteurs ne veulent pas de nous. Ça va être très dur », s’inquiète Florence. Même sentiment pour Guillaume Pollack, vingt-deux ans, qui prépare le même Capes  : « On a le sentiment d’être envoyés au casse-pipe. Nous ne sommes pas préparés à affronter une classe. Même celui qui finit major du concours n’est pas forcément tout de suite un bon prof… » Une inquiétude partagée par les tuteurs, ces professeurs chargés de guider les jeunes stagiaires pendant leur première année. Début avril, une pétition lancée par trois syndicats de la FSU appelait à refuser ces missions. Professeur et tutrice depuis dix ans dans un lycée des Hauts-de-Seine, Valérie (1) refuse d’appliquer un tutorat vidé de sa substance. « Le métier d’enseignant s’apprend en plusieurs années », appuie-t-elle et nécessite de pouvoir « prendre du recul sur l’enseignement », notamment « quand ça se passe mal ». Impossible avec un emploi du temps qui équivaut à un temps plein de vacataire. D’autant qu’aux dix-huit heures en classe, il faut ajouter le temps de préparation des cours. Valérie calcule  : « Pour un jeune prof, il faut entre trois et quatre heures de préparation à la maison pour une heure de cours. Sans compter la correction des copies. Ça laisse peu de temps à la formation et le stagiaire devra travailler sept jours sur sept. » Dans les établissements considérés comme difficiles, il paraît peu souhaitable, ajoute aussi la tutrice, que « les élèves sachent qui est stagiaire et qui ne l’est pas. Car dès qu’ils sentent une faille, ils s’y engouffrent ». « On paye les pots cassés des réformes », résume Guillaume, qui voit dans « cette formation au rabais un coup porté à l’égalité des chances ». La crainte de beaucoup ? Que ces professeurs débutants, submergés par les difficultés, ne démissionnent au bout d’un an.

 

Ixchel Delaporte

(1) Le prénom a été changé par souci d’anonymat

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  • : Le blog de frederic seaux
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  • : il s'agit d'un blog sur lequel paraissent certains de mes articles publiés dans le quotidien l'Humanité et les deux hebdomadaires, La Terre et l'Humanité Dimanche. J'utilise également ce blog comme moyen d'expression sur des sujets d'actualité que je ne traite pas directement à travers mes articles. Rendez-vous également sur le blog de la maison d'édition que j'ai créée : http://editionscogitoergosum.over-blog.com
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