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9 mars 2010 2 09 /03 /mars /2010 14:01

Editorial de Paule Masson, L'Humanité du 8 mars 2010


 L'égalité est un combat commun
 

 Normal que l’éditorial soit écrit par une femme  : nous sommes le 8 mars. Cette journée internationale des droits de la femme est notre jour de lumière. Une fois dans l’année, nous sommes sûres de faire parler de nous. Mais dans ce domaine-là plus que dans tout autre, les grandes promesses tiennent souvent de la fable. Nicolas Sarkozy n’avait-il pas, dans sa campagne électorale de 2007, exigé que « l’égalité salariale et professionnelle entre les femmes et les hommes soit totale en 2010 »  ? Depuis, chaque 8 mars est une bonne occasion de répéter combien le président de la République tient à ce « principe sacré » de l’égalité. Et puis, la baudruche se dégonfle. Au balcon  : les bonnes intentions, les bons bilans, les belles promesses. Dans l’arrière-cour, un amas de droits non appliqués, des textes qui s’empilent et prennent la poussière. Car la réalité devrait plutôt amener à sonner le tocsin. Les femmes ont beau, depuis quarante ans, avoir largement investi le monde du travail – avec un taux d’activité en constante progression –, avoir rattrapé le niveau d’éducation des hommes, s’immiscer dans des métiers qui leur sont traditionnellement réservés, elles restent les laissées-pour-compte du monde du travail. Les hommes dirigent les entreprises, siègent à 95 % dans les conseils d’administration, occupent les fonctions de cadres pour 70 %, touchent en moyenne des salaires supérieurs de 25 %, occupent les emplois à temps complet quand 80 % des temps partiels sont imposés aux femmes. Pourtant, l’égalité professionnelle est une « obligation légale » qui ne manque pas de textes pour l’encadrer  : loi Roudy en 1983, loi Génisson en 2001, accord interprofessionnel sur l’égalité en 2004, conférence salariale en 2007… À chaque étape, les textes se musclent. Mais ne s’appliquent pas. Ou si peu. Sans doute parce que l’obligation de négocier sur l’égalité professionnelle dans les entreprises ne s’accompagne pas d’une obligation de résultats. Ni de sanctions en cas de manquement. « Il n’y a pas de pente naturelle vers l’égalité », assure la sociologue Margaret Maruani, favorable à des mesures coercitives. Mais si l’interdit mérite d’être nettement renforcé, il ne fera pas tout. Pour le capitalisme, le seul temps qui compte est celui qui procure de la rentabilité. Or, desserrer l’étau des inégalités de genre dans les entreprises appelle un tout autre rapport au travail car il signifie accepter l’idée d’un temps qui se partage entre le travail et la vie personnelle. Les femmes sont largement privées de ce choix, sauf à en payer les conséquences (temps partiel, précarité, bas salaire). Bien des hommes, notamment les jeunes, aspirent à consacrer plus de temps à leur famille ou à leurs projets personnels. Voilà pourquoi l’égalité est un combat commun aux deux sexes. Un combat de gauche, qui mise sur l’émancipation de tous. La Journée internationale pour les droits de la femme fête ses cent ans. Rien n’a jamais été donné. Tout a été conquis. Cent ans de lutte pour arracher le droit de vote (avec une nouvelle occasion de s’en servir dimanche prochain), imposer le droit à l’avortement (dangereusement remis en cause), contraindre à parler égalité au travail ou mode de garde des enfants. Ce 8 mars promet un bouillon d’initiatives. Sûr qu’on va parler de nous mais, en matière de droits des femmes, sortir de l’ombre un jour n’y suffit pas.

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2 mars 2010 2 02 /03 /mars /2010 21:35

Article paru dans L'Humanité, le 1er mars 2010

Les vendeurs de BUT veulent un salaire juste


Samedi après-midi, pendant deux heures, les salariés du magasin BUT de Tourville-la-Rivière (Seine-Maritime) ont débrayé, comme ceux de 35 autres magasins de l’enseigne. Haute-Normandie

« C’est la première fois qu’il y a autant de salariés de chez BUT mobilisés », explique tout sourire Sébastien Duboc, délégué CFDT sur le site de Tourville-la-Rivière (Seine-Maritime) et négociateur national. « 35 magasins sur les 200 que compte l’enseigne ont suivi le débrayage de deux heures que nous avons lancé ici, à Tourville. C’est un bon début », poursuit-il. À l’origine du mouvement, un plan social national prévoyant 49 suppressions de postes au sein de l’enseigne du « juste prix ». Sébastien Duboc a suivi dès le début ce plan et a demandé avec les autres syndicats à le négocier. Refus catégorique de la direction nationale. « Ce refus a mis le feu aux poudres et j’ai lancé l’idée à Tourville-la-Rivière d’un débrayage de deux heures qui a tout de suite été suivi d’effet dans une trentaine d’autres magasins de l’enseigne. » Les revendications ne portent pas seulement sur la remise en cause du plan social, bloqué à l’heure actuelle par la nomination d’un expert pour juger de sa légitimité. Les salariés réclament aussi une revalorisation salariale, l’octroi d’un treizième mois et de tickets-restaurant, ainsi qu’une compensation relative aux pertes subies par les vendeurs en magasin, qui sont payés largement en commissions, du fait des ventes réalisées via le site Internet de l’enseigne, qui devient dès lors leur véritable concurrent. Les conditions de travail font aussi partie des revendications des salariés, qui dénoncent les cadences infernales imposées par le sous-effectif permanent et le harcèlement à l’encontre des vendeurs pour qu’ils multiplient les ventes d’extension de garanties et de cartes du magasin. Celles-ci « rapportant souvent plus que la vente même d’un produit présent en rayon », précise Sébastien Duboc.

mise au placard

Marylène Khaldi, agent administratif à la direction régionale du magasin BUT, dénonce, elle, sa « mise au placard » depuis cinq ans. « Du jour au lendemain, on m’a retiré mes outils de travail en me disant que j’étais incompétente. Depuis, on m’a fait comprendre que je pouvais faire un abandon de poste et qu’en échange je pourrais partir avec une indemnité compensatoire de 2 000 euros. Bien sûr, j’ai refusé  ! » s’indigne-t-elle. David, lui, travaille depuis plusieurs années au service après-vente (SAV) et il effectue des dépannages à domicile des appareils électroménagers. Il n’est pas syndiqué et c’est la première fois qu’il se met en grève. Il se dit « dégoûté » par sa direction « qui [nous] mène en bateau, peste-t-il. Tout va mal depuis qu’on a été rachetés (en avril 2008, par un fonds d’investissement, Goldman Sachs – NDLR). J’ai un bac pro maintenance des appareils électroménagers et je ne gagne que 1 030 euros brut par mois. Je suis payé en plus avec des primes lorsque les réparations chez les clients ont été effectuées. Mais en ce moment, je ne fais pas beaucoup de dépannages, alors le salaire est vraiment bas. » Un de ses collègues en explique les raisons  : « La main-d’œuvre facturée aux clients est trop chère. Ils préfèrent alors réparer eux-mêmes ou racheter un produit neuf. » David, lui, réclame un seul salaire fixe réévalué « car, conclut-il, du fric, BUT en a ». L’enseigne, qui compte 
6 600 salariés et a réalisé un chiffre d’affaires de près de 1,7 milliard d’euros en 2008, annonce d’ailleurs sans complexe, sur son site Internet, « des résultats en constante progression ». 
 
Frédéric Seaux

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28 février 2010 7 28 /02 /février /2010 17:39

Ø      Monsieur Le Président,
Merci de lire ce message,
Un p'tit bonheur sur une page,
Une douceur... pour l'Education Nationale  
Je le confie à la toile,
La grande toile du progrès,
Afin qu'il tisse les voiles...
De la solidarité,
Et qu'il rayonne aux ondes...
De l'humanité. 
Je suis Professeur des Écoles
Dans un petit village de l'Eure,
Trois cents âmes y demeurent,
Et vingt-six élèves à l'école..
Une classe, dite « unique »,
Mais cinq cours, dits multiples...  
Dans cette école une chance

Un p'tit morceau de bonheur,
Qui s'écrit avec ces trois lettres :
Employée de la Vie Scolaire.. .
Pour l'Education Nationale,
Un p'tit bonheur, c'est pas banal,
Un léger baume sur le coeur
De cette Grande Dame
Un peu... bancale !
Notre bonheur, c'est Géraldine,
En silence elle participe
A la guérison d'la Grande Dame...
Elle est... une Valeur Ajoutée
HUMAINE rentabilité,
Et c'est du bonheur... assuré !
Dès le matin, elle s'active,
C'est sur le net qu'elle s'incline
Les courriers, les notes de service,
Toutes les infos de l'inspectrice,
Et celles de l'Académie....
Mes mots notés au brouillon,
Les compte-rendus de réunion,
Tapés, imprimés, photocopiés,
Enveloppés, adressés, timbrés,
Prêts à être distribués...

Encadrés, les derniers dessins des CP,
Affichés, sinon... à quoi bon dessiner ?
Un CM vient montrer son texte sur le musée,
Elle l'aide à le recopier, à taper sur le clavier...
Afin de ne pas gêner, le travail commencé,
Un autre enfant vient finir avec elle l'exercice,
Elle explique et décortique, redonne de l'énergie...
Rangée la bibliothèque,
Notés les livres prêtés,
Elle prépare la maquette,
La une du journal scolaire...
Ah! Notre petit journal
« Magique », ils l'ont appelé
Quel travail de fourmi,
J'y passerai......des nuits ?

Sonne la récréation, une mi-temps pour souffler,
Elle me rejoint, souriante, à la main nos deux cafés,
Quelques chaudes gorgées, entre... deux conflits à régler,
Des solutions à trouver, des mots à reformuler,
Une écorchure à soigner, une blessure à consoler...

Et puis... c'est reparti !
Sur les chemins de la connaissance,
Vaincre ainsi sans cesse l'ignorance,
Avec labeur, effort, sérieux,
S'ouvrir l'esprit, être curieux.

Ne pas oublier l'insouciance,
De tous ces êtres en enfance,
La bonne blague !... On la mettra dans le journal,
Les bons gags, et les rires, c'est vital !
 
Dans les pots
Les peintures sont bien préparées,
Quatre enfants sur un chevalet,
Deux à l'ordi pour recopier,
Les autres en dessin sur papier,

 ...Sans elle, jamais...
 Ce ne serait si bien géré.
  

Le soir, coup de fil...
C'est Géraldine,
A sa voix, je perçois,
Une blessure qui abîme...
Ecoute, me dit-elle... c'est à pleurer !
Du « Pôle Emploi » j'ai reçu... un imprimé,
Dans quelques semaines, c'est marqué,
Votre contrat est terminé...
Ils me demandent ce que j'ai fait,
Pour trouver un futur emploi..
 
Sa voix se fêle... "J'ai…un emploi! »
Ils me demandent ce que j'ai fait,
pour me former, pour m'insérer,
Sa voix se gèle.... puis accélère: « Je... suis formée,
depuis trois ans, j'me sens utile, insérée et c'est varié,
pas bien payé, mais... j'veux rester ! »
Sa voix s'étrangle... c'est à pleurer...
 
Ils me demandent mes compétences
C'que j'ai acquis, que vais-je répondre ?
Il y a l'espace... d'UNE LIGNE
UNE LIGNE.... mais tu te rends compte !


J'ai honte, honte... il aurait fallu UNE PAGE
Au moins UNE PAGE pour répondre,
J'ai honte, honte... pour notre Grande Dame
Pour ceux qui l'ont créée, l'ont fait évoluer,
Qui a tant appris aux enfants, Qui a tant encore à leur 
apprendre.
 
Et Géraldine ???
On n' lui dira même pas MERCI
Bien sûr, pas de parachute doré,
Et même pas d'indemnité
Ils lui précisent... Oh!...comme ils disent
D'étudier ses droits... pour... le R.M.I.
Elle a raison... c'est à pleurer...


Alors qu'on demande chaque jour,
A nos élèves de dire « Bonjour »
De dire « Au revoir » et.... « Merci »
De s' respecter, d'être poli
Comme vous dites, Monsieur Sarkozy...
Que vais-je dire, à la p'tite fille,
Qui l'aut're jour, près de moi, s'est assise,
Et, tout fièrement, m'a dit :
« Tu sais, Maîtresse, moi, quand j'serai grande,
J'irai au collège, comme mon grand frère,
J'irai au lycée, j'passerai mon bac,
Et je ferai... comme Géraldine! »
Je sursaute... Mon coeur se serre...C'est à pleurer.
  
C.Picavet

Professeur des écoles à l'école des Livres Magiques
Saint-Grégoire du Vièvre (Eure)

  
 En hommage à toutes les Géraldine, Florence, Sabrina,  Laurence, Elodie,
à tous les Philippe, Sébastien, et bien d'autres qui ont valorisé 
mon travail, et participé à la guérison d'la Grande Dame...
qui est encore bien malade...
Je ne crois pas à la peur, je crois à la force et à la magie des  mots,
Et pour garder notre bonheur, il suffirait de quelque Euros...
Quel patron, quelle entreprise, après trois ans de formation,
Jetterait son salarié, pour prendre un autre, recommencer ?
Quel jardinier, quel paysan, brûlerait sa récolte mûre, après 
avoir semé, soigné ?
 
Je n'ai pas fumé la moquette
Je veux seulement que l'on arrête,
De prendre les gens pour des pions,
Qu'on arrête de tourner en rond !
Torpillé le « Chagrin d'école »
En mille miettes de BONHEUR !
 
En l'honneur de tous ces p'tits bonheurs…
INONDONS LE NET
les amis, les décideurs,
les chômeurs, les travailleurs,
les directeurs, les inspecteurs,
employés et professeurs,
députés, ministres,
r'm'istes ou artistes,
chanteurs, compositeurs, rapeurs, slameurs,
radios, journaux, télés,
 
et à tous ceux qui sont... parents... d'un enfant...
enfin à chaque être humain de ce pays
qui j'espère un jour dans sa vie,
a bénéficié d'un peu de bonheur,
de cette Valeur Ajoutée
HUMAINE rentabilité, dans le giron de la Grande Dame.
  
P.S : Ironie..... A la rentrée, c'est presque sûr
Notre petite école rurale
Sera dotée d'une Valeur Matérielle Ajoutée,
Des fonds ont été débloqués,
Huit ordinateurs et un tableau interactif
Une « classe numérique »
Nous serons à la pointe du progrès ! Et pour cela, je serai 
formée !
Mais, qui m'aidera à installer, et à gérer, sans Valeur
Humaine Ajoutée ?
  


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28 février 2010 7 28 /02 /février /2010 14:52

« Cela fait cinq ans que je suis au placard »

Marylène Khaldi, agent administratif chez But raconte sa mise à l’écart depuis 5 ans au sein de son service et les pressions constantes pour qu’elle démissionne.

 

Marylène Khaldi, agent administratif à la direction régional du magasin But, installé sur le centre commercial de Tourville-la-Rivière (Seine-Maritime) a le sourire crispé quand elle raconte son histoire. Agée de 48 ans, agent administratif au sein de ce magasin depuis 8 ans et à temps partiel par obligation, qui l’oblige à posséder un autre emploi, elle explique ainsi sa situation. « Il y a cinq ans, sans qu’on ne m’en ait avertie, on m’a mise dans un bureau sans aération et on m’a retiré ma ligne téléphonique, mon ordinateur, jusqu’à la boîte de chocolats de fin d’année que j’étais la seule dans le service à ne pas avoir. Je n’avais plus rien à faire, hormis quelque photocopies, par-ci, par-là », explique-t-elle.  La direction lui aurait reproché des erreurs répétées dans son travail qui auraient conduit à de telles mesures. « Mais la direction était même prête à me faire faire des travaux dépassant mes compétences. Sans compter le travail qu’on me donnait à faire à 12h25 alors que je finis à 12h30 ! Par la suite la direction à même voulu m'imposer des heures de ménage sur la moitié de mon temps partiel. J'ai fait intervenir l'inspection du travail", ajoute-t-elle. Difficile, en effet, dans ces conditions d’être opérationnel.

Toujours est-il que depuis, Marylène vit mal cette situation qui l’angoisse au point de lui provoquer des malaises à répétition. Pour ne rien arranger à sa santé fragile, le plan social en cours prévoit irrémédiablement la disparition de son service. La direction lui aurait proposé un poste à temps partiel à Metz d’aide-comptable. « Mais je n’ai jamais fait de comptabilité de ma vie », s’emporte-t-elle. Comme certains autres salariés, Marylène aurait été approchée pour quitter d’elle-même l’entreprise. « C’est du harcèlement quotidien », affirme-t-elle. « On m’a proposé un abandon de poste contre une indemnité compensatoire de 2 000 euros. Evidemment j’ai refusé. Depuis j’ai tout de même pu récupérer mes outils de travail grâce encore à l’intervention de l’inspection du travail.  Celle-ci est même intervenue pour empêcher que la direction impose à Marylène des tâches de nettoyage des locaux pour lesquelles elle n’avait pas été recrutée. 

Alors Marylène, dépitée, a passé avec succès les diplômes lui permettant d’espérer bientôt travailler dans une crèche et d’oublier à jamais les années passées chez BUT. En attendant, elle était samedi au milieu de ses collègues pour réclamer de la direction le respect de ses salariés. Tout simplement.

                  Frédéric Seaux

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21 février 2010 7 21 /02 /février /2010 18:47


Article paru dans L'Humanité, le 22 février 2010

M-Réal met sous pression la tête de liste UMP

 

Vendredi 19 février, les salariés de la papeterie M-Real d’Alizay (Eure), menacés par un plan social, ont bloqué le péage de Heudebouville pour protester contre l’inaction du ministre Bruno le Maire, tête de liste UMP-NC dans la région.

 

Bruno le Maire, ministre de l’agriculture, de la pêche et des forêts et tête de liste UMP- Nouveau Centre aux élections régionales en Haute-Normandie, l’avait pourtant promis, la main sur le cœur, le 14 janvier dernier (voir l’Humanité du 18 janvier 2010) après avoir été contraint de rencontrer des salariés de la papeterie M-Real d’Alizay (Eure) : il allait tout faire pour sauver l’entreprise et les 99 emplois menacés par un plan social, comme il avait déjà promis de le faire pour Glaxo Smith Kline à Evreux (dont il est conseiller municipal d’opposition) qui finalement licencia 800 personnes sur les 2 000 que compte le site.

Il s’était alors engagé à organiser rapidement une table ronde sur le devenir de l’entreprise, à défendre auprès de Jean-Louis Borloo voire de Nicolas Sarkozy les propositions des salariés et octroyer une éventuelle aide du fonds européen agricole de garantie aux exploitants forestiers pour leur permettre de vendre leur bois moins cher à la papeterie. A l’époque les salariés et le maire communiste d’Alizay Gaëtan Levitre s’étaient montrés prudents sur ses promesses et l'avenir ne leur a pas donné tort. Car à ce jour, seule la table ronde a été organisée et encore son résultat est loin d’être jugé satisfaisant par les salariés. En effet, la direction devait indiquer par écrit le devenir de l’usine « mais rien n’a été fait car celle-ci attend de rencontrer Bruno Le Maire. Mais quand on téléphone à Bruno Le Maire, il nous est répondu que la rencontre est repoussée à chaque fois de quinze jours », peste eric lardeur du syndicat CFE-CGC.

Vendredi, les salariés ont donc cessé la production pour envahir le péage de Heudebouville, situé à quelques kilomètres de l’usine, pendant deux heures en début d’après-midi et laissé passer gratuitement les automobilistes. Et les salariés ont prévenu la préfète que si Bruno le Maire poursuivait dans son mutisme, des actions plus dures et plus longues seraient alors menées rapidement.

Et comme par miracle, apprenait-on au même moment, un expert allait -enfin- être nommé cette semaine (ce qui pour effet de geler le plan social-NDLR), pour étudier la faisabilité des solutions alternatives proposées depuis des mois par les salariés. Les salariés ont été entendus. Seront-ils écoutés ? Bruno le Maire, là, on s’en doute, n’a rien promis, en tout cas, pas avant les élections régionales. Il y a des priorités.


                          Frédéric SEAUX

 

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18 février 2010 4 18 /02 /février /2010 15:22

Autoliv : les syndicats font plier la direction sur les salaires

 

Les salariés de l’équipementier automobile suédois Autoliv de Gournay-en-Bray  ( Seine- Maritime) se sont mis en grève mardi pour réclamer des augmentations de salaires au vu des bons résultats du groupe. La direction a, en partie, cédé aux revendications des grévistes.

 

Ca va mieux pour l'équipementier automobile suédois Autoliv. Le numéro un mondial des airbags et

ceintures de sécurité a dégagé un bénéfice net de 43,5 millions d'euros au quatrième trimestre (source Les

Echos
-NDLR). Cela alors qu'il accusait encore une perte de 38,4 millions un an plus tôt. Car depuis un an

Autoliv serre les boulons. Il a ainsi annoncé la fermeture de plusieurs usines et réduit ses effectifs de 1.100

employés (hors acquisition), ramenant à 37.900 personnes le nombre de ses salariés dans le monde. La

saignée ayant été bonne, il vise désormais une croissance de ses ventes de plus de 70 % par rapport à la

même période de 2008 et une hausse de son chiffre d'affaires de 15 à 20 % par rapport à l'an dernier.
  


C’est dans ce contexte favorable que des salariés du site de Gournay-en-Bray (Seine-Maritime) se sont mis

en grève mardi en début d’après-midi pour réclamer des augmentations de salaires après deux ans de

vaches maigres en la matière et deux plans sociaux qui ont divisé par deux le nombre d’emplois sur ce site

qui en compte maintenant seulement 600.

Après quatre heures d’âpres négociations, direction et syndicats (CGT, FO, CFDT) ont signé un

accord jugé satisfaisant par Nicolas Lemoine, délégué CGT qui parle « de juste récompense au vu de tout
ce qu’on perdu les salariés depuis deux ans »
. Outre la prime exceptionnelle de 100 euros net et de la

revalorisation de la prime de panier, les syndicats ont obtenu la rétroactivité depuis le 1er janvier des

augmentations de salaires consenties par le direction : 3,2 % pour les ouvriers ne bénéficiant pas de la prime

de panier, 3% d’augmentation générale pour les autres ouvriers, 1,8% en sus du 1,2 individuel pour les

salariés hors production, 2,2 % pour les cadres, ainsi que le paiement intégral des heures de grève.


Frédéric SEAUX

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16 février 2010 2 16 /02 /février /2010 23:45



Article paru dans L'Humanité, le 15 février 2010

Dans les stations, passer l’hiver sans les humiliations

Samedi, des dizaines de saisonniers des stations de ski de la Savoie ont investi le péage autoroutier d’Albertville afin d’informer les vacanciers de leurs conditions de travail indignes. Ceux de La Plagne ont obtenu gain de cause.

 

« Si tu n’es pas content, tu vas voir ailleurs  ! » « Si tu fais grève, l’an prochain, ce sont des ouvriers polonais qui viendront à ta place  ! » Voilà ce que s’est entendu répondre un saisonnier de La Plagne, en Savoie, alors qu’il réclamait un peu plus de dignité dans ses conditions de travail. C’est pour s’élever contre ces humiliations et sensibiliser le public au devenir d’une profession sur laquelle reposent 70 % de l’économie savoyarde que des saisonniers des stations de la Tarentaise investissaient, à l’initiative de la CGT, samedi, le péage d’autoroute d’Albertville.

des salariés à part entière

« C’est tout d’abord une opération destinée à informer les vacanciers sur les conditions de vie des 75 000 saisonniers sans le savoir-faire desquels toute une économie ne pourrait fonctionner », soulignait Bernard, perchiste à Valmorel. Venus des Menuires, des Arcs et des 30 autres stations de ski du département, ils ont donné à entendre leur inquiétude et leur colère quant au devenir de leur métier  : « Être saisonnier n’est pas un choix, soulignait Christian, des Saisies. C’est dans la nature même de notre travail. Nous préférerions avoir une activité à plein-temps à l’année. Nous ne profitons pas du système, nous le subissons. Quand considérera-t-on le saisonnier comme un salarié à part entière  ? Quand lui donnera-t-on le droit à l’indemnisation pendant les périodes de non-activité  ? Ce n’est pas à lui de supporter le manque d’activité économique », s’indigne-t-il, avant d’ajouter  : « Chaque année, la saison raccourcit. Il y a vingt ans, les saisonniers travaillaient plus de six mois. Aujourd’hui, avec le manque de neige et une certaine désaffection des stations françaises, nous n’exerçons plus que quatre mois l’hiver. Le tout assorti de salaires qui frôlent parfois l’indécence  ! »

« Ici, surenchérit Paul, des Menuires, nous ne voyons souvent devant nous que la précarité, les logements indécents, les heures non payées, les jours de repos qui sautent. Voilà le lot quotidien des saisonniers qui, par leur talent, permettent aux gens de pratiquer un ski de qualité en toute sécurité. » Débats, échanges ponctuent ces rencontres improvisées  : « Nous ne demandons rien d’autre que l’application de la législation sociale, déclare Serge, de Courchevel. Malheureusement, le Code du travail ici a tendance à baisser avec l’altitude  ! »

il faut un véritable statut

Respect du salarié, remise à niveau des salaires, amélioration de l’hébergement à l’heure où certains vivent dans leur voiture ou dans des caravanes, telles sont les principales revendications des travailleurs de montagne. Les manifestants réclament un véritable statut du saisonnier  : « Nous exigeons des contrats clairs qui réaffirment la sécurisation de notre travail, notamment par une clause de reconduction des contrats (après deux saisons dans un établissement, le salarié deviendrait prioritaire pour la troisième) ou encore la prise en compte de l’ancienneté, la possibilité de formation hors saison. En somme ce qu’avait préconisé Anicet Le Pors en 1999, en avançant 31 propositions pour un vrai statut du saisonnier. » À cela s’ajoute la nécessité de sauvegarder et de développer l’emploi industriel de la vallée, garant de la double activité et du maintien des services publics, d’assurer d’une vraie reconnaissance des métiers de la neige et surtout une équitable répartition du bénéfice des entreprises… Appel a été fait aussi à une intervention début mars devant les locaux du patronat à Montmélian. À l’heure où la manifestation s’achève, les saisonniers de La Plagne se félicitent d’avoir obtenu une augmentation salariale de 3 % après le dépôt d’un préavis de grève pour dimanche prochain.

Michel Etiévent

LE CHIFFRE :

75 000. C’est le nombre de saisonniers dont le savoir-faire fait vivre toute une économie, 15 grandes stations de ski et 380 000 lits touristiques pour le seul secteur de la Tarentaise, en Savoie

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16 février 2010 2 16 /02 /février /2010 23:36


Le Billet de Maurice Ulrich
paru dans l'Humanité, le 9 février 2010


Laurence Parisot, la présidente du Medef, vit dans un monde enchanté dont elle parlait hier dans le Journal du dimanche, les yeux tout brillants, en évoquant les retraites et les rapports du Medef avec les syndicats. Ainsi, dans le monde de Laurence, « nous avons une qualité de dialogue social jamais atteinte en dépit d’une crise inouïe ». Dans le monde commun, l’espérance de vie est de 77 ans pour les hommes, 84 ans pour les femmes, mais six ans de moins pour les professions pénibles. Dans le monde enchanté de Laurence, on peut repousser sans problème l’âge du départ en retraite car « l’espérance de vie approche les 100 ans ».

Dans le monde réel, des millions de retraités américains ont perdu leurs retraites avec la faillite de leurs fonds de pension, mais dans le monde merveilleux de Laurence, « les régimes par capitalisation s’avèrent toujours gagnants à terme »… Dans le monde de Laurence et toujours à propos des retraites, « à faire l’autruche nous jouons avec la réputation de la France ». Et à faire l’ange, on fait la bête ou on prend les Français pour des imbéciles ?

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16 février 2010 2 16 /02 /février /2010 23:30


L'humanité, le 16 février 2010

Une reprise du travail amère chez Alphacan

 

En grève dans la nuit du mercredi 10 février, les salariés d’Alphacan, entreprise de transformation plastique, filiale d’Arkéma, réclamaient 2% d’augmentation des salaires. Ils ont repris le travail le soir  même sans avoir obtenu gain de cause.

 

« J’ai appelé les collègues à reprendre le travail, mais je suis vraiment amer », avoue François Deluca, délégué CFTC du site de Gaillon (Eure) d’Alphacan, entreprise spécialisée dans la transformation plastique et filiale d’Arkéma (elle-même filiale de Total). Le mouvement social, entamé dans la nuit de mardi a mercredi sur les quatre sites français (Sablé sur Sarthe, Chantonnay, Gaillac et Gaillon), avait été lancé par une intersyndicale (CFDT, CFTC, CGT, CGC) pour réclamer une augmentation de 2 % des salaires pour tous les salariés.

Pas de quoi en apparence mettre en péril l’entreprise donc d’autant que les salariés, notamment dans l’Eure, ont connu ces derniers mois des changements dans le rythme de travail et du chômage partiel en novembre dernier. Arguant que les carnets de commande de leurs clients du BTP et des travaux publics étaient encore loin d’être remplis et assurés sur une longue période, la direction nationale a alors proposé 1,1 % d’augmentation générale pour tous les salariés, une prime de 135 euros brut pour les efforts consentis par les salariés en 2009, une prime d’intéressement de 50 euros et le paiement des heures de grève à 50%.

« Faute de grévistes suffisants sur le site de Gaillac et des menaces sur les salariés de Chatonnay de perdre certains avantages sociaux obtenus depuis leu récente intégration au groupe Alphacan nous avons été contraints de reprendre le travail. Je ne voulais pas non plus lancé mes collègues dans une grève où on risquait de tout perdre face à une direction qui ne voulait plus négocier », explique dépité François Deluca.

A Sablé sur Sarthe, les salariés ont décidé, eux, de poursuivre la grève. « Dans des conditions très dures », précise cependant le syndicaliste.

 Frédéric SEAUX 

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13 février 2010 6 13 /02 /février /2010 19:15


Article publié dans l'Humanité, le jeudi 13 février 2010

 La politique de Pécresse malmenée à la fac de Rouen

Le maire communiste de Dieppe, tête de liste du Front de gauche en Haute-Normandie, était invité mercredi soir à l’université de droit de Rouen à débattre de l’enseignement supérieur et de la recherche.

 

Devant un amphi bien rempli, Sébastien Jumel, tête de liste du Front de gauche en Haute-Normandie, a participé, avec toutes les composantes politiques représentées au conseil régional (1), à un débat organisé par l’Unef. Le jeune maire communiste de Dieppe a d’abord rappelé à Christian Thuillez (UMP-NC) que la vie quotidienne des étudiants était assombrie par les politiques destructrices d’emploi et de formation imposées par Sarkozy  : « Un meilleur accès à la santé pour les étudiants  ? Mais votre gouvernement ferme des hôpitaux de proximité et contribue à l’augmentation des tarifs des mutuelles. De meilleurs transports  ? Bien sûr, mais dans le même temps le gouvernement casse le transport ferroviaire », a ironisé Sébastien Jumel. Le candidat du Front de gauche a dénoncé la politique « de déménagement du territoire » qui s’annonce avec la perte annoncée de la compétence générale des régions si la réforme territoriale était appliquée. De fait, beaucoup de sujets et de questions liés à l’enseignement supérieur ne seront plus du ressort des régions, a rappelé le candidat du Front de gauche. « Il faudra bien pourtant qu’elles se saisissent de certains problèmes étudiants pour que l’enseignement supérieur demeure accessible à tous, mais pour cela, il faut mettre les mains dans le cambouis », a-t-il insisté, rappelant ainsi la nécessité pour le Front de gauche de participer à la gestion des régions aux côtés des socialistes. Des propos offensifs et unitaires destinés à quelques militants NPA présents dans l’assistance, plus soucieux d’attaquer le candidat du Front de gauche que la droite, pourtant bien présente au débat. Par ailleurs, Sébastien Jumel a fustigé l’idée du candidat UMP d’adosser les diplômes au territoire et de rappeler le rôle nécessaire de la région dans la valorisation de l’enseignement professionnel et technique en Haute-Normandie. Les candidats de l’UMP et d’Europe Écologie ont, quant à eux, été plusieurs fois pris à partie pour leurs positions jugées très libérales, l’UMP rêvant de concurrence entre les universités françaises et d’un partenariat puissant entre le monde universitaire et les entreprises et Europe Écologie expliquant que l’avenir de l’enseignement était un choix de société dépassant les frontières de la droite et de la gauche. Pas sûr que ces deux-là aient fait le plein de voix mercredi soir.


Frédéric Seaux


(1) David Cormand (Europe Écologie), Daniel Jeanne (Modem), Sébastien Jumel, (Front de gauche), Mayer-Rossignol (PS) et Christian Thuillez (UMP).

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