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21 janvier 2010 4 21 /01 /janvier /2010 09:24



papier paru dans L'Humanité, le 21 janvier 2010

« Je n’en peux plus »

 

Didier Lecanu, syndicaliste CGT, est agent à la direction interdépartementale des Routes en Haute-Normandie. Il est en grève aujourd’hui contre les remises en cause quotidiennes de ses conditions de travail et du service public routier.

 

 

« Comme bon nombre de salariés du public, je suis en grève aujourd’hui, car je n’en peux plus », lâche fatigué,  Didier Lecanu, agent de la Direction Interdépartementale des Routes (D.I.R) du secteur Nord-ouest du territoire français qui a succédé à l’ancienne Direction Départementale de l’Equipement (D.D.E). Et des griefs, cet agent, également secrétaire de la section départementale CGT des personnels des réseaux et des infrastructures, en a à revendre. « C’est de pire en pire. On voudrait nous vider de notre savoir-faire qu’on ne s’y prendrait pas mieux », peste le syndicaliste qui critique ouvertement les conséquences des différentes lois de décentralisation qui se sont succédé jusqu’à présent. « Désormais les routes départementales et certaines nationales sont gérées directement par les conseils généraux qui ont leurs propres agents d’intervention. Et pour ne rien arranger, l’Etat, dont nous dépendons (la D.I.R dépend du Ministère de l’Environnement-NDLR) confie bon nombre de nos missions à des sociétés privées, et nous laisse ce qui ne rapporte pas, c’est-à-dire l’entretien des aires de repos, la protection des chantiers, l’intervention sur des pannes, des accidents, la signalisation, le fauchage», s’irrite-t-il. Et d’ajouter d’emblée, « que le ministère ose parler de notre réseau d’entretien comme d’un réseau d’excellence, c’est se moquer des usagers ».

Des effectifs en baisse

 Pour l’homme, c’est le service public de l’entretien des routes qui fond comme neige au soleil. « Et justement là, au moment des fortes intempéries de neige, on nous a demandé d’être performants pour dégager au plus vite les routes et les sécuriser », affirme-t-il d’un ton qui en dit long sur son ras-le bol et son état de découragement. « Je n’en peux plus », lâche-t-il. « J’ai 58 ans et j’ai décidé de prendre ma retraite à la fin de l’année alors que je pourrais aller jusqu’à 60 ans, mais je n’en peux plus » répète-t-il plusieurs fois. « Je fais ce métier depuis 1976 et la situation n’a jamais été pire qu’aujourd’hui, au point de me dire que si c’était à refaire, je ne recommencerais pas à cause des conditions de travail qui sont les nôtres maintenant ». Didier Lecanu précise ses propos. « Dans mon équipe on est passés de 15 à 6 agents en trente ans. Nos effectifs sont en baisse constante. La qualité s’en ressent », s’emporte-t-il. « Alors, surtout au moment des intempéries comme celles qu’on vient de connaître, la direction n’hésite pas à rappeler les gars sur leurs congés, leurs repos, y compris ceux qui viennent de faire des astreintes ».

1806 euros bruts par mois après 34 ans d’ancienneté

On pourrait alors penser que les salaires sont au moins à la hauteur des exigences. « Pas du tout » s’insurge  Didier Lecanu  qui défile aussi  aujourd’hui pour dénoncer sa perte de pouvoir d’achat. Dans son secteur, les salaires sont loin, en effet, d’atteindre des sommets. Fonctionnaire d’Etat, après 34 ans d’ancienneté, il perçoit 1806 euros bruts par mois (et 1200 euros bruts à la retraite) et les différentes primes n’ont pas été réévaluées depuis au moins trois ans. Pas cher payé pour un métier où on doit être disponible 24h/24, sept jours sur sept. « Et les nouveaux débutent au SMIC », ajoute-t-il. Il espère donc que tous ses collègues cesseront le travail pour exprimer leur colère mais aussi leurs revendications nombreuses en termes salariales et statutaires. Pour le syndicaliste, son métier est d’ailleurs sur ce dernier point a un tournant majeur. Le risque est en effet grand que les agents de la D.I.R soient, dans un avenir proche, amenés à travailler en détachement, pour des sociétés privées concurrentes et qu’ils soient dans l’obligation au bout d’un certain temps de choisir entre le secteur public et privé.

Et la goutte d’eau pour Didier Lecanu est l’attitude de certains usagers de la route pour lesquels il a le sentiment pourtant de travailler. « On a parfois des réflexions désagréables quand on est arrêtés en bordure de routes. Certains nous klaxonnent, nous traitent de fainéants. Les routiers sympas ne le sont pas toujours. Ils nous jettent des papiers, des cartons alors que nous sommes en train de nettoyer les voies. Tous ces gens sont pourtant contents de nous trouver quand ils sont dans le besoin ».

A défaut de faire évoluer les mentalités sur son travail, il espère au moins faire entendre les revendications de son secteur et de son syndicat qu’il portera fièrement. Son esprit syndicaliste est, lui, resté intact.

 

Frédéric SEAUX

 

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19 janvier 2010 2 19 /01 /janvier /2010 18:45


 Article publié dans l'Humanité, le 18 janvier 2010

Les ouvriers squattent la réunion UMP

Les salariés de l’usine M-Real d’Alizay se sont invités, jeudi, à la réunion de Bruno Le Maire, ministre de l’Agriculture et tête de liste UMP en Haute-Normandie, pour lui demander de sauver leur entreprise menacée d’un plan social.


Bruno Le Maire, ministre de l’Agriculture et tête de liste en Haute-Normandie, avait convié à une réunion de travail, jeudi après-midi, à Bois-Guillaume, les leaders locaux de l’UMP. C’était compter sans une centaine de salariés de la papeterie M-Real, basée à Alizay dans l’Eure, qui s’y sont invités. Victimes d’un plan social annoncé le 16 décembre 2009, 99 d’entre eux, ouvriers pour la plupart, vont prochainement perdre leur emploi. Cadres, techniciens et administratifs ne seront pas épargnés non plus. L’usine, détenue par un groupe finlandais, compte aujourd’hui 415 salariés. Recevant une délégation composée de syndicalistes (CGT et CFE-CGT) et du maire et conseiller général communiste d’Alizay, Gaëtan Levitre, le candidat UMP a déclaré faire de l’emploi, notamment industriel, une priorité. « Chiche  ! » lui a répondu la délégation, venue avec des propositions concrètes, notamment le redémarrage immédiat de l’usine de pâte à papier en autorisant l’entreprise à vendre l’énergie qu’elle produit avec ses chaudières comme électricité verte et en investissant dans une station de désencrage. Les salariés ont aussi réclamé du ministre une aide aux exploitants forestiers pour qu’ils vendent le bois à un coût moins élevé. L’entreprise doit en effet faire face à la compétitivité de ses concurrents canadiens et américains qui ont investi dans des entreprises françaises installées dans la Vienne, le sud-est et l’ouest de la France. Jugeant les propositions « intéressantes », le ministre s’est engagé à les défendre auprès de la direction, de Jean-Louis Borloo, ministre de l’Environnement, et de Nicolas Sarkozy en personne. Il a même promis une prochaine table ronde à la fin du mois sur le devenir de l’entreprise ainsi qu’une éventuelle aide du fonds PAC. Du côté des syndicats et des élus, on demeure prudent et on attend des actes concrets  : « Ce qui est certain, a prévenu le maire d’Alizay, c’est que si l’activité ne repart pas rapidement, ce sont tous les salariés qui perdront bientôt leur emploi. »

Frédéric Seaux

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13 janvier 2010 3 13 /01 /janvier /2010 18:02

Papier paru dans l'Hebdomadaire La Terre, du 12 au 18 janvier 2010

Succès et soucis du sport en milieu rural

 

Ces dernières années, de nombreuses populations urbaines se sont déplacées vers les villages, révolutionnant ainsi la pratique du sport en milieu rural qui ne cesse de se développer. Non sans mal cependant.

Les ruraux, même nouveaux, qui désirent participer à des pratiques sportives au sein de leur village seraient condamnés à devoir se contenter de la traditionnelle randonnée, des balades à vélo et de la course à pied ? Ces préjugés, les foyers ruraux tentent de les combattre via leurs structure sportives départementales regroupées dans la Fédération Nationale du Sport en Milieu Rural (FNSMR), laquelle est toutefois financièrement indépendante. Les branches sportives des foyers ruraux sont souvent récentes et remontent au début des années 1980. C’est le cas de la FDSMR de la Seine-Maritime, de la Lozère ou encore de la Fédération régionale d’Ile-de-France, qui compte aussi des départements ruraux, comme la Seine-et-Marne. Ces sportifs ruraux ont même leur magazine, Rural sport, semestriel et hors-série de Animer, le magazine rural.

Le tennis de table, discipline reine

De toute évidence donc, cette thématique est désormais une préoccupation et les foyers ruraux ne sont pas les seuls organismes à s’en préoccuper. En Lozère, le Comité départemental olympique et sportif (CDOS) est très actif dans ce domaine. Au point d’ailleurs d’organiser en janvier, des assises sur le « Sport en milieu rural ». Il faut dire aussi qu’avec 30 % d’habitants membres d’une fédération sportive, la Lozère, département rural de moyenne montagne, figure incontestablement dans le peloton de tête des départements sportifs français. Mende, son chef-lieu (13 000 habitants seulement), s'est vu décerner à deux reprises le titre de "Ville la plus sportive de France" par le journal l'Equipe.

En réalité, dans la pratique, les activités sportives proposées aux adhérents sont diverses et variées. Des plus classiques aux plus originales, il y a en a, en théorie, vraiment pour tous les goûts. Même si les jeunes font souvent défaut, étant peu adeptes du sport loisir sans esprit de compétition. Une exception cependant : le tennis de table, discipline reine du sport en milieu rural du fait de sa facilité à mettre en place. Ils sont aussi plus nombreux dès lors que les activités originales se développent, comme l’accrobranche en Lozère. Les femmes sont majoritaires dans ces structures sportives, notamment lors des cours de gymnastique. Elles recherchent autant à briser leur isolement pour certaines, qu’à entretenir leur forme pour les autres. Souvent, le cadre de cette activité proprement dite est dépassé pour prendre la forme d’expressions corporelles au contenus variés : yoga, qi-cong, aïkibudo, taï-chi…

Les jeux sportifs traditionnels font également partie du paysage sportif−voire identitaire−du monde rural. Sans compter à l'autre bout du panel sportif rural, les activités "importées" d'autres pays, nées de l'évolution de la société, dérivées de pratiques codifiées ou encore issues de l'imagination de leurs inventeurs. Ces disciplines répondent à une demande et sont parfaitement adaptées à une pratique en milieu rural. Une d’entre-elles, le Disc-Golf (un dérivé du golf et du frisbee), connaît un succès retentissant. En Seine-Maritime, la fédération prévoit l’achat des paniers mobiles et la préparation de journées de découverte au sein des foyers ruraux du département. « En cas de succès, il est prévu qu’un village soit équipé d’un disc golf de 9 ou 18 trous. Des municipalités sont déjà intéressées par ces activités sportives », explique Christian Légeard, président départemental de Seine-Maritime, tout en rappelant qu’en la matière, le département novateur fut de la Seine et Marne.  Ce sport a tellement le vent en poupe que cette année, la FNSMR organisera le championnat d’Europe à Houdain (Pas-de-Calais)  Tout va donc bien pour le sport en milieu rural. Le nombre d’adhérents en témoigne : ils sont 200 000 à fréquenter les structures sportives mises en place dans les villages.

Crise du bénévolat

Pourtant les fédérations départementales tirent la sonnette d’alarme : les problèmes de subventions et de structures d’accueil (salles polyvalentes et gymnases parfois inexistants dans les villages) pèsent sur leur existence. En outre, la crise du bénévolat demeure le point sensible des structures du sport en milieu rural. Cette pénurie a des conséquences directes, tant sur les activités qui disparaissent faute d’encadrants, que sur l’existence même des structures qui n’ont pas les moyens de s’offrir un nombre de salariés suffisant pour les faire tourner de façon satisfaisante.

 Quant aux subventions, elles varient selon les départements. Bruno Hennebelle de la FDSMR de Seine-et-Marne tente une explication : « Il est difficile de se faire reconnaître lorsqu’on est axé exclusivement sur le sport-loisir et le sport pour tous les publics. Nous ne touchons pas au sport de compétition et de haut niveau ». Du coup les activités indirectement sportives (débats, conférences, expositions) qui pourraient attirer un public différent ne sont pas forcément légion. Le nombre de fédérations en « stand by », comme par exemple la fédération de l’Eure s’accroît ainsi inexorablement. Il y a donc un monde entre les objectifs affichés par la FNSMR (voir encadré) et la pratique au quotidien. Le sport en milieu rural va bien oui … mais à condition qu’on le sauve.

Frédéric SEAUX

 

 

 

Les 4 objectifs généraux  de la fédération nationale du sport en milieu rural

 

·         Renforcer la cohésion sociale des villages et participer au maintien des traditions locales

·         Participer à la création d'emplois locaux

·         Favoriser la promotion sociale des acteurs et l'accès des jeunes aux responsabilités

·         Favoriser les actions, facteur de développement pour un territoire

 

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13 janvier 2010 3 13 /01 /janvier /2010 14:52



Article paru dans l'hebdomadaire, La Terre du 12 au 17 janvier 2010


L’AOC neufchâtel ne connait pas la crise

 

Le fromage en AOC Neufchâtel se porte bien. La récente fête de ce fromage qui a lieu tous les ans en septembre dans la commune de Neufchâtel, au cœur du pays de Bray en Haute-Normandie, à la frontière de la Somme, a marqué les esprits cette année encore.

Le tonnage a connu ces deux dernières années une légère flexion due à la perte pour un laitier de Buchy d’un marché avec l’Allemagne. Mais la corporation des producteurs de cette AOC attend les résultats de 2009 avec impatience. L’année sera bonne, semble-t-il, même si Jean-Louis Bloquel, secrétaire général du syndicat des producteurs de neufchâtel, veut rester prudent et modéré dans les conclusions, crise oblige.

Le succès du neufchâtel est lié d’abord à son prix. Alors que le lait depuis deux ans connaît une forte augmentation, le prix du neufchâtel, lui, n’a pas bougé depuis cette période où il s’était accru de 5%. « Nous le vendons toujours au même prix à la grande surface aux alentours, selon les producteurs bien sûr, entre 1,10 et 1,30 euros pour un fromage de 200 grammes qui est celui qui se vend le plus », explique Jean-Louis Bloquel. Et si la marge, selon le responsable, reste faible le succès du fromage tient ensuite à son Appellation d’Origine Contrôlée (AOC) qui requiert une extrême rigueur (voir encadré) à laquelle veille un organisme indépendant, « Ouest Inspection », basé à Caen.

La grande surface n’est pas l’unique client

Dès lors, les 29 producteurs agréés (24 fermiers et 5 artisans et laitiers) n’ont aucun mal à écouler leurs stocks. Leurs clients ? Les grossistes et la grande surface bien sûr, mais pas seulement. Car les consommateurs de neufchâtel recherchent de l’authenticité. Ils n’hésitent donc pas à l’acheter en direct à la ferme et sur les marchés. Un moyen aussi pour le producteur de vendre son produit avec une marge un peu plus élevée. La vente a également lieu dans les AMAP (association pour le maintien de l’agriculture paysanne). C’est le cas notamment du producteur Laurent Moinet qui à la particularité, lui, d’être le seul à fabriquer un neufchâtel bio depuis 2003. Il approvisionne ainsi celle de Darnétal, en banlieue rouennaise et « Saveur et Savoir » à Romilly sur Andelle, dans le département de l’Eure. Autre client original pour ce producteur, syndiqué à la confédération paysanne en pleine région largement dominée par la FNSEA,  qui a fait aussi de la bio un art de vivre : Le département de la Seine-Maritime qui dans le cadre de l’opération « Le bon repas de l’agriculture durable » travaille en étroite collaboration avec des producteurs, « qui sont loin d’être tous en bio » se désole quelque peu le producteur. Celui-ci a le sentiment [qu’] on instaure dans l’esprit des enfants et des parents une confusion avec l’agriculture raisonnée », conclue-t-il tout en reconnaissant tout de même son utilité citoyenne. Laurent Moinet vend aussi à l’étranger, en Allemagne « mais uniquement dans les magasins bio » précise-t-il immédiatement afin de rester conforme à ses idées.

60% de vaches normandes dès 2019

 Le prix de son neufchâtel varie donc non seulement en fonction du poids de ses fromages mais aussi de ses clients : de 1,70 euro aux grossistes, le neufchâtel de 200 grammes est ainsi vendu 1,90 euro à la ferme (15 % de son chiffre d’affaire), 2,20 euros aux AMAP et 2,50 euros sur le marché bio de Montmain, près de Rouen. Des prix plus élevés que chez les autres producteurs conventionnels, (1,10 euro, 1,20 euro en moyenne vendu aux grandes surfaces) « car produire du lait bio coûte plus cher », explique-t-il. Il faut donc répercuter ce coût sur le prix final. Et la grande surface ?  A l’inverse de ses confrères qui lui réservent souvent l’essentiel de leur production, la sienne demeure insuffisante pour intéresser ce genre de client. Et d’ailleurs, ce producteur qu’on sent fidèle à la décroissance et qui tient « à ne pas se faire bouffer par la vie professionnelle » n’a pas l’intention de le démarcher, alors même qu’il a beaucoup investi récemment de sa poche, bien qu’aidé en partie par la région Haute-Normandie. Prochain projet : un séchoir solaire à foin afin d’améliorer la qualité du foin en stoppant l’ensilage de l’herbe, consommateur d’énergie. Laurent Moinet possède 75 vaches dont 60 % de normandes, « comme le prévoira d’ici 2019  l’INAO », (institut nationale des appellations d’origine-ndlr) explique malicieux ce producteur qui s’étonne de la résistance de ses collègues pour rester en vaches holstein. Une hérésie pour cet éleveur et producteur qui considère qu’un fromage normand, qui plus est en AOC, doit être fait avec du lait de vaches normandes, « Sinon c’est du protectionnisme et l’AOC n’a aucune raison d’exister », conclue-t-il. En renforçant la rigueur de l’AOC, l’INAO ne ferait que contribuer à la préservation de la qualité du neufchâtel et à son développement commercial. Laurent Moinet en est convaincu. Mais il ne fait pas l’unanimité au sein de la profession.

 

L’AOC neufchâtel en quelques lignes


 Le  neufchâtel  pèse au minimum 100 g pour la bonde et jusqu’à 600g pour le grand coeur.
Il renferme au minimum 45 g de matière grasse et 40 g de matière sèche pour 100g de fromage. La production, la fabrication et l’affinage sont effectués dans une aire géographique précise. Le troupeau des producteurs de lait comprendra 60% d’animaux de race normande à partir du 1er janvier 2019. L'exploitation comporte au minimum par vache laitière du troupeau 0,25 ha de prairie pâturable et de surface exploitée en maïs ensilage. Seuls sont autorisés dans l'alimentation des animaux présents dans l'exploitation les végétaux, coproduits et aliments issus de produits non OGM.
 Le stockage du lait à la ferme avant collecte ne peut excéder 48 heures après la traite la plus ancienne. Outre les matières premières laitières, les seuls ingrédients ou auxiliaires de fabrication ou additifs autorisés sont la présure, les cultures inoffensives de bactéries, de levures, de moisissures et de sel sec
La durée de l'affinage est de 10 jours minimum à compter du jour de moulage.

 

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12 janvier 2010 2 12 /01 /janvier /2010 11:09

 

L’opposition communiste dénonce la dérive droitière du maire de Maromme

 

Les élus communistes de l’opposition à Maromme ont rejeté le budget 2010 du maire socialiste, l’accusant de dérive droitière.

 

« Conformément à nos valeurs, nous voterons contre un budget marqué, pour une part, par l’ancrage à droite, pour une autre, par les gâchis, et certainement pas par le choix d’une gauche combative ». Les propos de Boris Lecoeur, dans l’opposition, ancien maire et chef de file des élus communistes à Maromme (12 500 habitants. Banlieue de Rouen), sonnent comme une sanction pour David Lamiray, maire PS élu lors des dernières municipales, qui disposant d’une solide majorité (25 élus sur 32) a pu tout de même facilement faire adopter son budget 2010. Il n’empêche, les critiques des élus communistes sont lourdes pour un élu, également conseiller général, qui se réclame de la majorité départementale socialiste. Les accusations de faire une politique de droite mettent à mal l’édile socialiste qui sur son blog n’a de cesse de condamner la politique sarkozyste.

Et les élus communistes étayent leurs accusations : «  Dans une situation où le chômage s’intensifie, où la précarité fait des ravages, où de nombreuses familles sont plongées dans les difficultés de toutes nature, les dépenses sociales et de santé  baissent de plus de 12 %. Vous taillez à la hache », s’emportent-ils. Le maire est également attaqué sur ses investissements liés au logement «  qui subit le même sort », tout comme le secteur « famille », ajoutent-ils.

En contrepartie, le budget sécuritaire ne cesse d’augmenter. « Des dépenses qui ont presque doublé voire multipliées par cinq en deux ans si l’on se réfère au compte administratif 2008. Moins 12 % d’un côté, + 85 % de l’autre. Il ne vous reste plus qu’à lancer un débat sur l’identité nationale et la boucle sera bouclée », s’insurgent-ils. Les élus communistes l’accusent ainsi d’organiser les transferts de charges de l’Etat sur la commune en créant une police municipale,  et d’aller donc « à l’opposé du combat actuel de la gauche contre les orientations gouvernementales ».  Et de conclure, « vos inconséquences, vos décisions douteuses et vos gaspillages sont d’autant plus regrettables que vous gâchez les opportunités de la situation saine que trois décennies de gestion de gauche (les communistes géraient  la ville avec les socialistes depuis 1977. Boris Lecoeur en a été maire dix ans de 1998 à 2008-NDLR) avaient laissée et qui permettent encore d’échapper – mais pour combien de temps- aux effets les plus pernicieux des décisions gouvernementales ».

De son côté, David Lamiray  dénonce une opposition quasi systématique du PCF et balaie d'un revers de la main les accusations dont il est la cible. Baisse du budget du secteur social? "transfert de deux postes vers les services de la ville qui entraine une baisse naturelle des subventions" répond l'élu. Baisse du budget du secteur logement? "C'est simplement un changement de ligne budgétaire lié à un dispositif d'accompagnement conclu avec la CAF qui n'a pas abouti", répond-t-il encore. Enfin, sur ce qui est le vrai point d'achoppement entre lui et les élus communistes, le secteur sécurité, le maire cette fois-ci attaque Boris Lecoeur en personne. "J'ai simplement mis fin à un contrat signé par Boris Lecoeur quand il était maire avec une société privée de sécurité qui intervenait la nuit pour sécuriser la ville", lance-t-il d'un ton offensif. "Cela coutait 90 000 euros sur trois ans aux Marommais. Moi j'ai préféré créer une police municipale de proximité ayant la prévention et l'écoute des habitants pour mission première. Je crée du service public là ou Boris Lecoeur favorisait le privé", a-t-il conclue.

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12 janvier 2010 2 12 /01 /janvier /2010 11:07


Saint-Etienne-du-Rouvray rend hommage à Michel Grandpierre

 

Beaucoup d’émotion samedi matin à Saint-Etienne-du-Rouvray lors de l’hommage public rendu par la municipalité à Michel Grandpierre ancien député-maire et conseiller général de la ville, décédé  le 3 janvier dernier (l’Humanité du 5 janvier 2010). Le parvis de la mairie était en effet noir de monde pour rendre un  dernier hommage « à un homme qui a vécu une véritable passion avec sa ville », a déclaré, très ému, Hubert Wulfranc, le maire et successeur de Michel Grandpierre en 2002. Rappelant son « sens aigu de la réalité », « son écoute attentive » pour « surmonter les nombreux défis de la ville lorsqu’il en prit la charge en 1973 », Hubert Wulfranc a ainsi rendu un vibrant hommage à l’ancien édile qui a réussi à donner « du lien, de la douceur et de la beauté » à sa ville dont il a « dessiné avec audace le redressement économique ». « Un provocateur d’espoir, toujours ouvert à l’épanouissement des autres » a conclu le premier magistrat de la ville.

Auparavant, Roland Leroy, ancien directeur du journal L’Humanité et également ancien député de la circonscription  avait mis en avant les qualités humaines de Michel Grandpierre, homme de « compromis sans compromission », soucieux du « rassemblement d’hommes et de femmes issus d’opinions diverses », et pour lequel « l’union a toujours été un combat ». Roland Leroy a conclu son hommage en invitant à « poursuivre l’œuvre de Michel Grandpierre dans le même esprit que le sien ».


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12 janvier 2010 2 12 /01 /janvier /2010 09:09


papier paru dans L'Humanité, le lundi 11 janvier 2010

Dans ce papier l'historien Roger Bourderon fait le compte-rendu de lecture de deux ouvrages qui viennent d'être publiés. Si pour le 1er sur le camp de Drancy, l'histoire est bien connue, celle du sort des Tsiganes durant le conflit et à la Libération, en revanche, l'est moins. A lire !

Vichy et le système concentrationnaire

Confié à la gendarmerie, le camp d’internement de Drancy joua un rôle clé dans la politique criminelle du régime pétainiste qui développa aussi la persécution des Tsiganes.


Obéir  : les déshonneurs 
du capitaine Vieux, 
Drancy 1941-1944, de Didier Epelbaum,
Éditions Stock, 2009, 20 euros  ;


les Tsiganes en France, 
un sort à part, 1939-1946, d’Emmanuel Filhol et Marie-Christine Hubert, préface d’Henriette Asséo, 
Éditions Perrin, 2009, 22 euros.


Ces ouvrages d’un grand intérêt portent sur le sort infligé par Vichy à ses « parias » (1). Ils interrogent sur des questions essentielles. Le premier est axé sur l’étude du comportement des gendarmes chargés d’administrer le camp de Drancy. On sait que d’août 1941 à la Libération, des milliers de juifs y furent internés avant d’être déportés, et soumis à un règlement d’une dureté implacable. Si quelques gendarmes firent preuve de compassion et aidèrent les détenus, ou résistèrent, de très nombreux furent les instruments de la terreur, profitant de la détresse des internés pour exercer d’odieux trafics, malgré les sanctions encourues. Le pire advint lorsque le capitaine Marcelin Vieux commanda le camp, se livrant lui-même à d’atroces exactions. Ceux qui furent poursuivis à la Libération invoquèrent l’obéissance aux ordres. Tous eurent droit aux circonstances atténuantes. L’auteur pointe les facteurs, personnels et externes – criminalisation officielle des victimes, peur d’être soi-même la proie de l’occupant, etc. – qui ont pu conduire à de tels comportements. Vaste question qui pose celle, toujours actuelle, de la désobéissance à des ordres iniques. Les Tsiganes nomades, souvent français depuis des générations, ont toujours été sous surveillance  : ils étaient suspects parce que nomades. La loi de juillet 1912 (qui ne fut abrogée qu’en 1969) les contraignit à avoir un carnet anthropométrique d’identité, à faire viser à chaque stationnement. Assignés à résidence dès avril 1940, ils sont internés par Vichy en octobre, à la demande de l’occupant. Environ six mille cinq cents, dont presque 90 % étaient français, sont parqués par familles entières dans trente camps (dont cinq en zone « libre ») gérés par la gendarmerie. Insalubrité, absence d’hygiène, malnutrition sont le lot commun. Certains sont libérés, contre assignation à résidence. Objectif, sédentariser de force  : les adultes, supposés oisifs, par le travail contraint  ; les enfants, par la religion et l’école, fût-ce en coupant le lien familial. Les Tsiganes échappent, sauf exception, à la déportation collective, mais ils demeurent suspects à la Libération, libérés seulement après enquête individuelle, avec assignation à résidence – les quinze derniers ne le seront qu’en mai 1946. Au cœur de cet ouvrage, cette tendance lourde, qu’exacerba le pétainisme mais toujours présente, des gouvernants et d’une partie de la population à refuser toute spécificité culturelle hors normes – ici le nomadisme d’une partie de nos concitoyens – sous couvert de sa supposée dangerosité.

Roger Bourderon historien

(1) Selon l’expression d’Henri Michel dans son ouvrage pionnier, Vichy année 40 (1966).

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9 janvier 2010 6 09 /01 /janvier /2010 17:27


Article paru dans l'hebdomadaire La Terre, du 5 au 11 janvier 2010



 

Réforme territoriale :
Les élus de Seine-Maritime restent sceptiques

 

Le 12 décembre, le président du Sénat est venu tenter de rassurer élus seino-marins sur la réforme des collectivités territoriales et la suppression de la taxe professionnelle. Mission réussie pour Gérard Larcher ? Rien n’est moins sûr.

 

Sur les 745 communes de Seine-Maritime 690 comptent moins de 3 500. Autant dire que les réformes sur les collectivités territoriales et la taxe professionnelle les concernent au premier chef. Lors de leur assemblée générale du 12 décembre, les élus sont restés étrangement silencieux face aux déclarations de Gérard Larcher, venu les rassurer sur ces sujets.

La preuve qu’ils ont été convaincus par les explications ?  C’est ce que pense Franck Meyer, maire de Sotteville-Sous-Le-Val (581 habitants) et Guy Da Lage, maire de Sahurs (1340 habitants), « sans étiquette », ce dernier précisant que les « sans étiquette sont souvent de droite ». Satisfaits de l’intervention du président du Sénat, ils se disent toujours inquiets malgré tout, surtout au sujet de la compensation annoncée de la taxe professionnelle (TP). Cependant, ils se refusent, sur cette question, comme sur celle de la réforme territoriale à tout alarmisme.


Qui va payer ?


Un point de vue qui n’est pas partagé par beaucoup d’autres élus ruraux. En tête de la contestation, Patrice Philippe, le maire de Berneval-Le-Grand. Pour lui, nul doute que « contrairement à ce qu’il a affirmé, Larcher est venu pour faire passer un message, celui du gouvernement ». Et pour cet édile rural, il y a de quoi être inquiet « quand on voit que deux anciens premiers ministres (NDLR-Alain Juppé et Jean-Pierre Raffarin) ont fortement critiqué ces deux réformes ». Posture politique leur a répondu Larcher. Patrice Philippe balaie cette remarque. « Cela serait vrai s’il s’agissait de deux élus de gauche, mais ce n’est pas le cas ».

Pour lui, les mesures compensatoires de la TP, expliquées dans un rapport de près de 60 pages, sont une véritable « usine à gaz ». Les élus, globalement, n’ont toujours pas compris qui allait payer à la place des entreprises. « Et où va-t-on trouver l’argent ? », se demande Etienne Hébert, le maire du Val-De-La-Haye (796 habitants). « Chez les contribuables évidemment », conclue-t-il d’un ton agacé. Autre sujet d’inquiétude : la durée de compensation de la TP. Si les élus n’ont aucun doute sur 2010, il n’en n’est pas de même pour les années futures. « Nous avons tellement vu l’Etat se désengager ces dernières années, que nous craignons qu’il en soit de même pour la TP », expliquent de concert plusieurs élus.

 

Le délégué territorial « super cumulard »


Quant à la réforme des collectivités territoriales, elle ne rencontre pas plus de succès auprès des maires. Bien qu’ayant été rassurés par le président du Sénat que les communes, demeureraient « le cœur de notre République » gardant ainsi leurs compétences générales, certains se demandent bien comment ils pourront continuer à profiter de ces compétences sans la TP. Quant aux départements et aux régions, ils perdront ces compétences générales.

 Mais pour les élus, dans leur ensemble, c’était déjà le cas puisque Département et Région avaient des compétences bien définies et différentes. Rien de neuf sous le soleil donc. Sauf que certains redoutent tout de même l’éloignement du département de leur commune. « Un département qui nous aide sur tout », affirme Patrice Philippe. « Le futur délégué territorial (NDLR- qui remplacera l’actuel conseil général et régional) sera de fait un super cumulard, éloigné des habitants et des maires des communes notamment ruraux qui travaillent peu avec la Région puisqu’ils n’ont sur leur territoire, ni lycée, ni grosses entreprises, ni transport ferroviaire », peste-t-il. D’ailleurs cette réforme pointe l’idée populiste que les élus coûteraient trop d’argent. Une idée contre laquelle s’opposent formellement, de son côté, les maires du Val-De-La-Haye et de Sotteville-Sous-Le-Val.

Les élus ruraux demeurent cependant davantage divisés quant à la question de la réforme du scrutin aux élections municipales. En jeu, la disparition du panachage au-dessus de 500 habitants, contre 3 500 auparavant. Pour la grande majorité des élus seino-marins, à l’opposé de l’association des maires ruraux qui le revendique, cet abaissement serait « ni réaliste, ni opportun. Irréaliste car il est quelquefois impossible sinon très difficile de constituer deux listes avec suffisamment de candidats motivés pour composer un conseil municipal. Inopportun car dans les communes petites et modestes, la notion de majorité et d’opposition existe tellement peu », explique La Lettre d’information de décembre 2009 de l’association. Beaucoup d’élus sont ainsi prêts à descendre à 1 500 mais pas plus, à l’image du maire du Val-De-La-Haye.

Frédéric SEAUX

 

Quand une élue s’oppose à la parité

 

L’association s’étonne dans sa lettre d’information de décembre que les élues elles-mêmes critiquent la parité. Parmi elles, Claire Guéroult, maire d’Ecrainville, près du Havre. Elle a fait sensation lors de l’assemblée en rejetant tout panachage, et en réclamant au contraire la présence d’une tête de liste officielle afin de ne pas devoir en trouver en urgence le soir de l’élection. Aucun risque de politisation selon elle. Son avis est partagé par Franck Meyer (maire de Sotteville-Sous-Le-Val). Alors pour elle, pas besoin de rajouter une autre difficulté avec la parité. « Ce qu’il faut ce sont des personnes avant tout motivées pour s’occuper d’une commune. Peu importe qu’on soit un homme ou une femme et qu’il y ait autant d’hommes que de femmes », a-t-elle clamé devant une assemblée majoritairement masculine soulagée qu’une telle critique ait émanée… d’une femme.

 

 

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8 janvier 2010 5 08 /01 /janvier /2010 16:08


Papier paru dans L'Humanité, le 7 janvier 2010

Il combattait le dopage, sans faille

Le peu de réactions au décès de Jacques de Ceaurriz, codécouvreur du test de détection de l’EPO, questionne sur la volonté de démasquer les tricheurs.

Il est des silences plus assourdissants que d’autres. Celui-ci atteint la cacophonie. Mardi soir, l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) annonçait le décès de son directeur du département des analyses, le professeur Jacques de Ceaurriz, à l’âge de soixante ans. Hier en fin d’après-midi, excepté le président du Comité olympique français, personne parmi les autorités du sport français n’avait réagi. Aucun communiqué du secrétariat d’État aux Sports, pourtant si prompt à dégainer, ni du ministère de la Santé et des Sports, sûrement trop occupé avec ses millions de doses de vaccins contre la grippe A H1N1. Jacques de Ceaurriz n’était certes pas très connu du grand public. Il n’en était pas moins l’une des grandes personnalités de la lutte contre le dopage française, si ce n’est internationale. C’est à ce pharmacien de formation, chercheur et professeur à l’université Paris-XI, nommé en mai 1997 directeur du Laboratoire national de dépistage du dopage (LNDD), que l’on doit la mise au point en 2000 du test de détection de l’EPO, avec son collègue François Lasne. Un tournant majeur, puisqu’en dépistant cette hormone stimulant la production de globules rouges, véhicules de l’oxygène dans le sang, donc favorisant l’endurance, la lutte contre le dopage parvenait pour la première fois à rattraper des tricheurs qui comptaient jusqu’alors toujours une longueur d’avance sur leurs pourfendeurs. De Riccardo Rico à Floyd Landis, nombre de cadors du peloton cycliste ont été pris grâce à ce test. D’autres disciplines d’endurance, comme le ski de fond, l’athlétisme, ont aussi pu faire le ménage dans leur rang grâce à cette avancée.

il faut avoir un peu de courage Mais Jacques de Ceaurriz n’était pas dupe. « Le contrôle antidopage n’est qu’un outil, et un outil tout seul a forcément ses limites. Pour arrêter les tricheurs, il nous faut créer des synergies avec ceux qui peuvent aussi les traquer  : la police, la justice, les législateurs », écrivait-il dans ses colonnes mi-2007. Le manque de réaction à sa disparition nourrit un peu plus les interrogations sur la volonté réelle du mouvement sportif de poursuivre le combat contre les tricheurs. Pas un mot par exemple de l’Union cycliste internationale, ni d’ASO, organisateur du Tour. Il est vrai qu’à l’heure du retour de Lance Armstrong dans le peloton, il faut avoir un peu de courage pour saluer celui qui, en 2005, avait rétrospectivement découvert des traces d’EPO dans les échantillons du coureur Texan prélevés lors de sa première victoire sur la Grande Boucle, en 1999. Hier, Marie-George Buffet, qui l’avait nommé à la tête du laboratoire de Châtenay-Malabry lorsqu’elle était aux Sports, saluait « cet homme intègre ayant toujours fait face aux pressions, ayant toujours travaillé pour le respect des sportifs et des sportives ». Espérons qu’il en reste d’autres et en nombre.

Stéphane Guérard

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7 janvier 2010 4 07 /01 /janvier /2010 11:23

Article paru dans L'Humanité, le 6 janvier 2010


Héberger ou réinsérer

À Rouen, des animateurs de l’Armée du salut protestent contre le déménagement annoncé de plusieurs de leurs résidents. Objectif  : libérer des places d’hébergement d’urgence.

 

Le 31 décembre dernier, les animateurs sociaux de l’Armée du salut de Rouen étaient en grève pour protester contre la décision de la Ddass (direction départementale des affaires sanitaires et sociales) de Seine-Maritime de transférer dans la précipitation des résidents vers d’autres centres d’accueil afin de répondre aux besoins d’hébergement d’urgence du 115. Or, pour Maxime Morin, un des animateurs grévistes, « un transfert, ça se prépare. Nous nous sommes mis en grève pour dénoncer cette maltraitance dont vont être victimes les usagers désignés ».

Conséquence  : les animateurs n’ont pas assuré les festivités prévues le 31. La directrice des lieux, Brigitte Dufils-Barnet, ne décolère pas. « C’est une double peine pour les résidents, s’insurge-t-elle. Je comprends le mécontentement des animateurs car la décision de la Ddass a été trop rapide. Mais je condamne la méthode. La grève oui, mais pas ce jour-là. »

Du côté de l’institution départementale, on se veut rassurant. Christelle Gougeon, inspectrice coordonnatrice du dispositif d’accueil et d’hébergement, précise que « cette décision (de transfert), si elle émane du 115, a été prise conjointement et dans la concertation avec les directions de toutes les associations concernées. Elle rappelle en outre que l’Armée du salut a une mission d’accueil d’urgence qu’elle doit assurer. Enfin, elle précise que seuls les résidents les plus proches de l’autonomie seront envoyés vers d’autres centres et que la Ddass les suivra dans leur parcours de réinsertion en matière de logement notamment ».

Deux centres, fermés jusqu’à présent pour travaux « d’humanisation » (logements, sanitaires individuels), ont donc été rouverts pour accueillir quelques résidents triés sur le volet. « On a tenté de trouver la situation la moins mauvaise », concluent un peu fatalistes Brigitte Dufils-Barnet et Christelle Gougeon. Une gestion de la misère qui ne dit pas son nom.

Frédéric Seaux

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