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31 décembre 2009 4 31 /12 /décembre /2009 11:01

Papier paru dans l'Humanité, le 30 décembre 2009

Ça gronde dans la police municipale

Les policiers municipaux, dans l’Hexagone, font la grève des PV depuis le 17 décembre. Ils réclament l’ouverture de négociations sur les salaires et les retraites.


« La grève des procès-verbaux (PV) fonctionne plutôt bien sur l’ensemble du territoire. » C’est sur un ton très satisfait que Dominique Martin, président du syndicat SNPM-CFTC, qui s’affirme majoritaire chez les policiers municipaux – « il n’y a aucune élection du personnel dans notre profession », nuance la CGT – et qui a lancé le mouvement, commente ce qu’il considère comme une mobilisation réussie. « Sur environ 4 000 postes de police municipale (ce qui représente 20 000 fonctionnaires – NDLR), 1 400 ont suivi le mouvement qui a débuté une semaine avant les fêtes de Noël », poursuit le syndicaliste.

Menaces ministérielles

Autre preuve que le mouvement fait du bruit, « la réaction d’Alain Marleix, secrétaire d’État aux Collectivités territoriales, qui nous a prévenus que si le mouvement se poursuivait, les maires pourraient prendre des sanctions à l’égard des policiers grévistes », précise-t-il encore. Menaces ministérielles à peine voilées, accompagnées d’un « appel » à la négociation prévue en janvier. Une offre de dialogue que le syndicat, précise Dominique Martin, balaie d’un revers de main tant il a été échaudé par les atermoiements du gouvernement  : « Cela fait deux ans que ça dure. On nous balade et on ne voit toujours rien venir. » Les raisons de la colère  ? Les policiers municipaux réclament un traitement équivalent à celui de leurs homologues de la police nationale. Ils revendiquent pour cela une revalorisation de toutes les grilles de salaires, la bonification d’une annuité tous les cinq ans ainsi qu’une revalorisation des retraites avec notamment l’intégration de l’ensemble des primes dans le calcul des droits. Car « la plupart des fonctionnaires partent en 
retraite avec moins de 1 000 euros par mois », précise la CFTC. Pour autant, pas question de cesser le travail. « Nous n’avons pas stoppé la verbalisation des infractions. Nous avons juste repris l’ancien procédé 
d’enregistrement, qui contraint les fonctionnaires à repasser par le poste de police pour enregistrer les infractions, ce qui devrait réduire considérablement le nombre de PV dressés par les policiers municipaux. »

Du côté de la police nationale, on se veut rassurant. Yannick Danio, délégué national du syndicat Unité police, estime en effet que « les policiers municipaux n’ont aucun souci à se faire compte tenu du désengagement permanent de l’État, même en matière de sécurité. Avec la baisse de nos effectifs et le renforcement de l’intercommunalité, beaucoup de nos actuelles prérogatives vont passer à la police municipale. Du coup, leurs statuts et leurs salaires vont eux aussi évoluer ».

En attendant, la CFTC promet de durcir le mouvement si les négociations n’aboutissaient pas. C’est ce qu’attend de son côté l’USPPM (Union syndicale professionnelle des policiers municipaux) qui a appelé, depuis le début du mouvement, ses membres à n’émettre aucun PV « et non à ralentir seulement le mouvement », explique Cédric Michel, son secrétaire général. Pour Philippe Aoustin, responsable national de la branche police municipale de la CGT, qui considère que la CFTC a mis les autres syndicats devant le fait accompli, l’engagement de son syndicat dans le mouvement ne pourrait se faire qu’à « la condition qu’une intersyndicale se mette enfin en place ».


Frédéric Seaux

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31 décembre 2009 4 31 /12 /décembre /2009 10:55



Papier paru dans l'Humanité, le 30 décembre 2009


« Les policiers municipaux sont souvent vus
 comme des sous-policiers »

Patrick Carré est policier municipal depuis seize ans. Pour ce syndicaliste, il est plus que justifié d’aligner les droits des municipaux sur ceux des nationaux.

Patrick Carré, policier municipal depuis seize ans, aime son métier. Pour rien au monde, il n’en changerait. « C’est un choix. Je connaissais des policiers municipaux qui m’ont donné envie de faire ce métier. J’ai débuté dans des zones difficiles, en banlieue parisienne. J’aurais pu me décourager, mais j’ai toujours aimé travailler dans une police de proximité, au contact des habitants, des gamins qu’on voit grandir. » Désormais Patrick est de retour en Haute-Normandie, aux Andelys. Dans la ville, tout le monde connaît son physique de rugbyman et son approche facile.

S’il ne regrette pas son choix, Patrick a le sentiment que, parfois, lui et ses collègues font « la merde des autres », comme il dit. Dans le viseur du policier, la police nationale et la gendarmerie. « Nous faisons de plus en plus ce qu’elles ne veulent plus faire, comme le stationnement et les troubles de voisinage, peste-t-il. Le problème, c’est que pendant ce temps-là, on ne fait plus notre travail de prévention et d’écoute. » Une guerre des polices qui ne veut pas dire son nom  ? « Non, c’est plutôt un problème d’hommes. Il y a des endroits où les relations sont bonnes, et ailleurs, surtout dans les grandes villes, où les policiers municipaux sont vus comme des sous-policiers », lâche-t-il

C’est la raison pour laquelle ce policier, qui est également responsable régional de la CFTC police municipale, revendique les mêmes droits et avantages sociaux que les policiers nationaux, « puisque nous avons les mêmes prérogatives, hormis celles de police judiciaire (garde à vue, dépôt de plainte) qui ne sont pas de notre ressort ». Et encore, sur ce point, Patrick Carré tient à relativiser  : « On n’a pas cette compétence, mais souvent nous sommes à l’origine d’enquêtes menées par les gendarmes ou la police nationale qui viennent nous voir pour des informations essentielles. »

Bien qu’employé communal payé par la municipalité, Patrick Carré se sent avant tout policier. « Nous sommes le seul corps de sécurité à avoir le double agrément à la fois du préfet et du procureur de la République. » C’est au nom aussi de cette double casquette qu’il défend ses revendications.


Frédéric SEAUX.

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29 décembre 2009 2 29 /12 /décembre /2009 12:03

Papier paru dans L'Humanité, le 23 décembre 2009

Michel ou la galère d’un « sous-prof »

Pas de formation, pas de congés payés ou maladie… Michel est l’un de ces précaires auxquels recourt de plus en plus l’éducation nationale. Témoignage.

Il en rigolerait presque. « Surtout quand j’entends les discours sur la formation des profs et que je vois mon parcours… » Depuis un an, Michel enseigne l’histoire-géographie en collège et lycée. Pourtant, Michel n’a pas de formation professionnelle. La classe, la préparation des cours, les élèves turbulents… Tout ça, le jeune homme, diplômé d’un master d’archiviste, l’a découvert sur le tas. Du jour au lendemain. À vingt-quatre ans, Michel fait partie des « précaires » de l’éducation nationale. Ces milliers d’enseignants vacataires ou contractuels (lire encadré) auxquels les établissements recourent de plus en plus pour pallier le manque de profs remplaçants titulaires.

Son premier poste, Michel l’a décroché en décembre 2008 dans un lycée agricole de Bourgogne. Sans difficulté. « J’ai été vu par le proviseur adjoint. Il n’y a pas eu d’entretien d’embauche. La question ne se posait pas : il avait besoin d’un prof d’histoire-géo et il aurait pris n’importe qui ! » Reçu le vendredi, Michel se retrouve devant la classe le mardi suivant. « Trois jours pour préparer les cours, quand on n’a jamais fait ça, c’est un peu court. » Face à la vingtaine de paires d’yeux qui le dévisagent, le néophyte fait illusion. « Mais, au bout de dix minutes, tu te sens vraiment seul, se souvient-il. Je croyais connaître le métier, mais, en fait, pas du tout. Pédagogiquement, c’était pas le top. Dur de savoir intéresser les élèves quand on sort de la fac et des cours magistraux… » Pour cette première expérience, Michel a été embauché en tant de contractuel, pour 1 400 euros net mensuel. Il n’aura pas toujours cette « chance ».

Son deuxième poste, dans l’académie de Nice, se fera sous statut vacataire, sans droit aux congés payés ou maladie. « Passez-moi l’expression, mais on est ravalé, là, au rang de sous-merde. À l’embauche, on n’a même pas vérifié mes diplômes ! Une collègue m’a avoué qu’ils m’avaient pris car ils cherchaient un homme pour équilibrer les équipes enseignantes trop féminisées. J’étais le premier sur la liste… »

De mars à juin, Michel partage son temps entre cinq classes réparties sur deux collèges du Var, glanant toujours des conseils à droite à gauche. En septembre dernier, il sera finalement embauché au lycée hôtelier de Toulon. Des contrats d’un mois renouvelables. Jusqu’au 10 décembre. « Le prof que je remplaçais est passé en longue maladie. J’ai espéré alors un contrat jusqu’en juin, histoire de voir sur le long terme. Au lieu de ça, ils m’ont repassé sous statut vacataire ! »

Aujourd’hui, Michel s’avoue un peu dégoûté. Lui qui espérait quitter le toit familial pour un appartement n’y croit plus trop. « Les bailleurs ne me feront pas de fleur. » En attendant de décrocher l’hypothétique concours du Capes, Michel va poursuivre sa carrière de « sous -prof », comme il dit. « Attention, précise-t-il, mes collègues ont toujours été solidaires. Mais pour l’institution, on n’est rien. »

Laurent Mouloud

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24 décembre 2009 4 24 /12 /décembre /2009 11:18

 Papier paru dans L'Humanité, le lundi 21 décembre 2009

Le véritable taux de chômage
de la population active

Officiellement, ni la barre des 3 millions de chômeurs ni celle des 10 % de la population active ne sont franchies dans l’Hexagone. Cela reste vrai si l’on s’en tient au baromètre officiel du chômage, la catégorie A des personnes inscrites à Pôle emploi. Ses effectifs ont augmenté de 25 % en un an, pour s’établir à 2 627 300 personnes fin octobre. Mais cette catégorie exclut les chômeurs ayant travaillé ne serait-ce qu’une heure dans le mois, ainsi que les sans-emploi des DOM. Si on les inclut, on passe à 4 019 700 personnes, en augmentation de 20 % sur un an. Il faut ensuite ajouter les catégories D et E, où sont inscrits les demandeurs d’emploi non immédiatement disponibles (en emploi ou en formation), ce qui porte le total à 4 518 900. Rapporté à la population active française (28 146 000 personnes), cela représente un taux de chômage de 16 %.
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24 décembre 2009 4 24 /12 /décembre /2009 11:10

Article publié dans L'Humanité, le lundi 21 décembre 2009

Ce papier écrit par la journaliste Lucy Bateman apporte la preuve, s'il en fallait encore, que les exomnérations des charges patronales censées permettre des créations d'emplois et la préservation des existants, en réalité creusent inexorablement le trou de la sécurité sociale : celui-ci n'est donc pas dû aux médecins qui prescriraient trop de médicaments et d'arrêts maladie, ni aux patients (pardon on dit "clients" maintenant ) qui cherchent à tout prix à s'arrêter ! La preuve par le texte qui suit :

Sécurité sociale. Plus de 30 milliards d’exonérations

Les exonérations de cotisations de Sécurité sociale ont atteint 30,7 milliards d’euros en 2008, l’équivalent 
du déficit de la Sécu, selon des chiffres publiés aujourd’hui 
par l’Acoss.

Les exonérations de cotisations de Sécurité sociale, qui bénéficient principalement aux employeurs, ont encore augmenté en 2008  : elles atteignent 30,7 milliards d’euros, environ autant que le déficit record prévu pour la Sécu en 2010, selon des chiffres publiés aujourd’hui par l’Acoss, l’organisme qui chapeaute les Urssaf, chargées de la collecte des cotisations sociales. Ces exonérations se traduisent par un manque à gagner pour la Sécurité sociale  : alors que l’État est censé les prendre en charge, via des impôts et taxes affectés aux régimes de Sécurité sociale, ces exonérations ne sont pas compensées à 100 %. Ainsi, en 2008, l’État a versé environ 92 % de son dû à l’Acoss. Manquent donc à l’appel 260 millions d’euros.

Le montant des exonérations de cotisations sociales ne cesse d’augmenter depuis les années 1990 et a plus que doublé entre 1999 et 2007. En 2008, il a augmenté de 13,1 % (après +13,5 % en 2007, + 13,6 % en 2006, + 4,6 % en 2005). Elles sont nombreuses et variées  : ainsi, l’employeur est exonéré de cotisations patronales de Sécurité sociale sur les bas salaires, de manière dégressive jusqu’à 1,6 smic. Depuis juillet 2007, l’exonération est totale au niveau du smic pour les entreprises de moins de 20 salariés, ce qui représente 28,1 points de cotisation. Dans les autres entreprises, l’exonération s’élève à 26 points au niveau du smic, sans compter l’aide à l’embauche de 14 % au niveau du smic introduite en 2008 (baptisé dispositif « zéro charges »). Les syndicats accusent ces allégements généraux de créer des « trappes à bas salaires ». De fait, une étude de la Dares de 2008 révèle que le barème de ces allégements ralentit la mobilité salariale des travailleurs à bas salaire présents dans l’entreprise depuis au moins trois ans. Au fil des ans, la liste des exonérations s’est allongée  : sur l’apprentissage, l’emploi à domicile, les contrats aidés, les zones franches urbaines, le dispositif sur les heures supplémentaires introduit par la loi Tepa en 2007, et sur le rachat des jours RTT en 2008. En 2008, les exonérations ont représenté 21,3 % des cotisations patronales du secteur privé, selon l’Acoss, et, sur les 30,7 milliards d’euros d’exonérations, 28,5 milliards ont bénéficié aux entreprises. L’évolution globale de 13,1 % des cotisations exonérées en 2008 s’explique « principalement », note l’Acoss, par la montée en charge des exonérations relatives aux heures supplémentaires (2,8 millards d’euros) et au rachat de jours RTT (73 millions d’euros). De plus, le dispositif « Fillon » (21,4 milliards d’euros) est « resté dynamique » en 2008, selon l’Acoss.

En juillet, l’Élysée avait accepté le principe de débattre « sans tabou » de ces allégements de cotisations patronales, sévèrement critiqués par la Cour des comptes en août 2006, sceptique sur leurs effets sur l’emploi, et dont les syndicats réclament qu’ils soient assortis de contreparties. Mais le gouvernement s’est empressé de mettre en avant le chiffre de 800 000 emplois qui seraient détruits si l’on supprimait tous ces allégements, une estimation contestée du Conseil d’orientation pour l’emploi. Dans un rapport récent, le Conseil des prélèvements obligatoires a reproché aux allégements de ne pas être assez ciblés sur les « enjeux de compétitivité », et de ne pas assez bénéficier aux entreprises les plus exposées à la concurrence. À partir de 2010, les entreprises n’ouvrant pas la négociation salariale annuelle, en principe obligatoire, s’exposent à une réduction de 10 % de leurs exonérations. Mais la loi ne les oblige pas à conclure la négociation.

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23 décembre 2009 3 23 /12 /décembre /2009 14:06



Brève publiée dans L'Humanité, le lundi 21 décembre 2009

L’UNEF s’invite dans un débat 
sur l’identité nationale


L’Unef s’est invitée vendredi au débat sur l’identité nationale organisée en sous-préfecture de Dieppe (Seine-Maritime).
 L’organisation étudiante a accusé le préfet de mener une opération dangereuse visant à confondre identité nationale etpolitique d’immigration en instituant une définition du « bon Français ». Elle a exprimé ses revendications concernant les étudiants étrangers, notamment la possibilité d’accéder aux aides sociales et la régularisation des sans-papiers.
« L’UNEF continue de demander l’annulation de la tenue de ces débats dangereux pour la cohésion sociale et qui remuent les relents les plus nauséabonds du nationalisme », a déclaré Boris Chaumette, responsable régional de l’organisation étudiante.

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13 décembre 2009 7 13 /12 /décembre /2009 11:13

Larcher sans opposition

 

Gérard Larcher, président du Sénat, est venu plaider la réforme de la taxe professionnelle et des collectivités territoriales devant les maires de Seine-Maritime réunis en assemblée générale. On était bien loin de la fronde de la porte de Versailles de novembre dernier.

 

On s’attendait à une fronde des élus seino-marins comme Fillon l’avait

 connue lors du récent congrès des maires de France (l’Humanité du 18

 novembre 2009). On a eu finalement, tout au plus, quelques critiques par-ci,

par-là sans réel débat faute de participants du côté des élus. En lieu et place

 du 1er ministre, cette fois, c’est Gérard Larcher, président du Sénat qui a fait


 le déplacement samedi à l’assemblée générale des maires de Seine-


Maritime qui avait placé cette journée sous le thème de la réforme des


collectivités territoriales et de la taxe professionnelle.


« Je ne suis pas le gouvernement »


D’emblée cependant, le président de cette assemblée, Denis Merville,

pourtant de droite et Didier Marie, président socialiste du département,

s’étaient montrés incisifs sur ces deux réformes. En coulisses, de nombreux

maires d’ailleurs étaient remontés et promettaient de la faire savoir. Craignant

alors peut-être d’être lui aussi malmené, Gérard Larcher a voulu se

dédouaner immédiatement du gouvernement en clamant, « je ne suis pas le

gouvernement, mais le regard du sénat. Je suis venu pour vous entendre

et transmettre au président de la commission des lois du Sénat »
. Puis, 

la 2e  personnalité de l’Etat a tenté de justifier le mieux qu’il le pouvait des

 réformes « tant évoquées depuis des années sans jamais être mises en œuvre ».

 Il s’est voulu rassurant en  jurant la main sur le cœur que la commune

 resterait « la cellule de base »  et qu’ « elle gardera sa compétence

 générale ».
Une compétence que celui-ci ne voit pas comme un remède

 miracle au point de se demander s’il serait bon de l’imposer partout.

 Contestation des élus ? Au contraire approbation,certes timide, de

 l’assistance.  Autre point évoqué, l’achèvement de la carte intercommunale

 au plus tard fin 2013, précisant immédiatement, que ce  serait aux élus de

 décider de leur adhésion.


Des maires sans réaction ou presque


Quant au conseiller territorial, sensé remplacé le conseil général et régional,

 le président du sénat l’a justifié en affirmant qu’il donnerait de la cohésion

 territoriale et qu’il serait élu sur le territoire du canton. Aucune réaction dans la

 salle. En reconnaissant tout de même qu’il faudrait « éviter les politiques

trop urbaines »
en rééquilibrant certains cantons « par un croisement

territorial et démographique afin que les zones rurales ne soient pas sous-

représentées"
. Enfin, concernant la suppression de la taxe professionnelle

 (TP) qu’il voit comme « un outil pour redonner de la compétitivité aux

 entreprises », il a tout de même reconnu que l’erreur du gouvernement avait

 été de mettre la charrue avant les bœufs en parlant de cette suppression

 avant d’évoquer la réforme des collectivités territoriales. Seule erreur du

 gouvernement selon Larcher donc. Les promesses du gouvernement de

 compenser financièrement cette suppression de la TP ? Aucun problème

 pour Larcher pour qui tout a été prévu, grâce aux fonds de péréquations

 départementales et nationales ainsi que par les clauses de revoyure.


Dépit ou véritable adhésion finalement obtenue par le président du Sénat ?

 Toujours est-il en tout cas, qu’un seul maire, Patrice Philippe de Berneval-Le-

Grand, (près de 1100 habitants), a osé esquisser une critique sur les propos

énoncés et les promesses du gouvernement en matière de compensation :

« une usine à gaz »
a-t-il clamé tout haut ce que beaucoup d’élus pensaient

 tout bas. Gérard Larcher s’en est sorti pat une pirouette estimant qu’il

s’agissait là « d’un point de vue politique ». Fin des débats.


Larcher est donc reparti comme il était venu et pas sûr qu’il ait compris grand-

chose du malaise des maires de Seine-Maritime. En même temps ces

derniers ne l’ont pas aidé à s’en faire une idée.

Frédéric SEAUX

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11 décembre 2009 5 11 /12 /décembre /2009 21:03

Article paru dans La Terre, du 3 au 9 novembre 2009

La belle histoire des campagnes de l’entre-deux-guerres

 

Dans ce roman, Fabien Deneux fait revivre toute une époque aujourd’hui disparue : celle des petits villages rythmés par les fêtes, les rituels, les semailles, les moissons, le moment où on tue le cochon, la fête de la Saint-Jean, les mariages, les enterrements. L’histoire se passe en Poitou-Charentes au lendemain de la Première Guerre mondiale. Dans cette chronique villageoise, les personnages sont résolument optimistes. Tous, du cheminot ancien poilu, au syndiqué CGT, en passant par la simple ménagère et le « bouffeur de curé », ont en effet une folle envie de vivre au lendemain de la « der des der »

L’auteur en passant y fait revivre les vieux métiers dont il voue un culte, lui le collectionneur de vieux outils qui en possède plus d’un millier. C’est un roman réaliste même si les personnages sont fictifs. Il faut dire que l’auteur n’a pas boudé son plaisir en décortiquant la vie quotidienne de ce « p’tit bout de village », à travers la presse de l’époque et les almanachs, sources de renseignements inimaginables.

 

Fabien Deneux, Un p’tit bout de village, Geste Editions, coll. »roman de terroir », 232 pages, 20 euros.

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3 décembre 2009 4 03 /12 /décembre /2009 18:25

Article paru dans L'Humanité, le 2 décembre 2009


La direction de Sealinx invente le concept de « bilocalisation »

À Charleval, dans l’Eure, la CGT du site accuse les responsables du sous-traitant 
automobile d’organiser une délocalisation des productions, ce que conteste le DRH.

« Les élus disent que Sealinx va mieux mais c’est totalement faux », peste la CGT de l’entreprise, sous-traitante principalement de Renault et PSA, installée à Charleval (Eure) et spécialisée dans l’étanchéité. En chômage partiel depuis janvier dernier (voir l’Humanité du 2 janvier 2009), les salariés perçoivent 75 % de leur salaire brut et dénoncent cette situation car la direction continue, selon le syndicat, à délocaliser des productions en Tunisie, au Maroc et en Roumanie. Elle aurait fait partir, le week-end dernier, des machines à l’étranger. Il y a peu, elle aurait aussi annoncé, en comité d’entreprise, qu’en 2010, 200 salariés seront de trop sur ce site, qui en compte encore 750. La CGT parle aussi de négociations souterraines incitant des salariés à partir avec 1 000 euros par année d’ancienneté pour éviter la mise en place d’un plan de sauvegarde de l’emploi. Contacté, le directeur des ressources humaines, Daniel Debus, nie en bloc  : « Il ne s’agit pas d’une délocalisation mais d’une “bilocalisation”. Nous ne faisons faire à l’étranger que la finition des produits qui coûte cher puisqu’elle demande beaucoup de main-d’œuvre. En agissant ainsi, nous gagnons des contrats et nous sauvons les emplois à Charleval. » Le recrutement récent de 40 chefs de projet et commerciaux parlant l’allemand aurait justement pour objectif de gagner des nouveaux contrats. Daniel 
Debus nie aussi ces quelconques négociations souterraines, accusant la CGT, minoritaire, de vouloir déjà préparer les élections professionnelles de 2010. « Évidemment, rétorque la CGT, il ne va pas publiquement se mettre dans l’illégalité. » Le DRH précise au contraire que la direction met en place une formation en interne, à la fois « pour éviter le chômage et pour que les salariés puissent être reclassés ailleurs au cas où l’entreprise devrait licencier ».

Frédéric Seaux

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2 décembre 2009 3 02 /12 /décembre /2009 11:53

Article paru dans l'Humanité le 1er décembre 2009


L’Humanité fait événement à Rouen

Ce week-end, la Fête de l’Humanité de Rouen a accueilli 6 000 visiteurs venus prendre des forces pour faire gagner la gauche lors les prochaines élections régionales.

 

La 5e fête de l’Humanité en Normandie a tenu toutes ses promesses. Près de 6 000 personnes ont envahi le parc des expositions, le temps du week-end. Parmi les nombreux débats, celui portant sur les prochaines régionales, auquel ont participé des représentants régionaux du PCF, du PS, des Verts et du Modem, l’UMP s’étant fait excuser…

L’occasion pour les communistes qui, dans cette région, ont fait le choix d’« une liste de gauche combative qui constitue l’actuel Front de gauche », de rappeler que ce front devait être élargi à toutes les composantes de la gauche anticapitaliste et prêt à prendre ses responsabilités dans la gestion régionale.

L’heure était au combat lors de cette fête. Un combat que le député européen Jacky Hénin a appelé à intensifier lors du meeting de clôture. Rappelant les mensonges du gouvernement sur la crise et ses mesures antisociales, l’orateur a souligné que les adversaires sont « la droite et le capital », en déplorant que le Parti socialiste n’ait pas participé à tous ces combats « jetant le discrédit sur l’ensemble de la gauche ». Auparavant, Gaëtan Levitre, maire et conseiller général d’Alizay (Eure), avait dénoncé les licenciements qui plombent l’activité économique de la Haute-Normandie et qui conduisent, dans l’Eure, à un surendettement des ménages qui « explose littéralement pour atteindre 40 000 euros par dossier, soit une progression moyenne de 28 % en un an ».

Bénédicte Maeght-Dugnol, adjointe communiste aux finances à Grand-Couronne (Seine-Maritime), a fustigé la réforme territoriale. « Demain, fini la proximité, fini la démocratie. C’est la fin de la décentralisation qui faisait l’originalité de la France  ! » a-t-elle clamé devant une foule nombreuse, bien décidée à faire gagner la gauche.


Frédéric Seaux

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  • : il s'agit d'un blog sur lequel paraissent certains de mes articles publiés dans le quotidien l'Humanité et les deux hebdomadaires, La Terre et l'Humanité Dimanche. J'utilise également ce blog comme moyen d'expression sur des sujets d'actualité que je ne traite pas directement à travers mes articles. Rendez-vous également sur le blog de la maison d'édition que j'ai créée : http://editionscogitoergosum.over-blog.com
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