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31 octobre 2011 1 31 /10 /octobre /2011 12:53

Article paru dans l'Humanité, lundi 31 octobre 2011

(Articles et photos : Frédéric SEAUX)

 

Les M-Real jettent leur patron

 

Loin de s’avouer vaincus, élus et salariés de la papeterie M-Real ont organisé samedi une journée portes ouvertes de l’entreprise et fait la proposition d’exproprier les propriétaires finlandais du site, au titre de l’utilité publique.

 

Rien d’un baroud d’honneur que cette nouvelle journée de mobilisation samedi sur le site de la papeterie, installée à Alizay (Eure), et menacée de fermeture par son propriétaire finlandais, alors même que deux repreneurs se sont manifestés ces dernières semaines (l’Humanité du lundi 24 octobre 2011).

M-real-8.JPG

Au programme : porte ouverte à la population, venue en masse (2000 personnes selon les organisateurs), et aux élus de la région. Certains, les élus socialistes et du Nouveau Centre, découvraient les enjeux de la fermeture de ce site, ainsi que la mobilisation des salariés et des élus communistes des environs depuis 2006 et le premier plan social de l’entreprise. Face à l’immense gâchis que constituerait la fermeture d’un tel site qui a bénéficié d’argent public ces dernières années pour se moderniser, le président socialiste du département de l’Eure, Jean-Louis Destans, a fustigé « Un scandale social et économique de la part d’un entreprise qui fait des profits ». L’élu socialiste a appelé à l’unité de toute la gauche pour faire triompher les salariés en faisant « reporter la décision de la fermeture et même en la faisant interdire ».

Une prise de position que Gaëtan Levitre, maire PCF d’Alizay et Conseiller général, a saisi immédiatement en appelant la gauche à « passer à la vitesse supérieure ». « Le temps des motions et des communiqués de presse est révolu », lance-t-il.

M-real-3.JPGFaute de législation permettant de réquisitionner l’entreprise, celui-ci s’est dit prêt, avec l’appui, notamment financier, des collectivités territoriales de la région (toutes à gauche- NDLR) et de l’Etat, à faire jouer son « droit d’exproprier M-Real au titre de l’utilité publique ». Bien obligés de se positionner, les élus socialistes, interpellés sur cette action forte, se sont dit, par la voix du président du département de l’Eure, « pas hostiles à l’idée d’expropriation. A situation exceptionnelle, il doit y avoir une réponse exceptionnelle », a affirmé ce dernier. Un engagement fort donc à soutenir cette proposition communiste. « Mais il faut que les autres collectivités s’engagent aussi financièrement », s’est-il empressé d’ajouter. M-real-4.JPG

Quant à Bruno Le Maire, Ministre de l’Agriculture et des forêts et élu UMP de l’Eure, il s’est contenté de constater que « la détérioration de l’environnement économique, les difficultés croissantes de l’industrie du papier en Europe ainsi que le contenu même de la proposition de reprise » rendent « impossible » le redressement de cette usine. Il a dit déplorer « profondément » cette décision et que le group n’ait pas entendu « les efforts déployés par les syndicats et les élus, dans un esprit unanime, pour trouver une solution ».

                                           Frédéric SEAUX

 

 

Expropriation d’utilité publique

 

 

La procédure d’expropriation déroge au Code civil qui prévoit, « que nul ne peut être contraint de céder sa propriété si ce n’est pour cause d’utilité publique et moyennant une juste et préalable indemnité ».

L’expropriation ne peut donc être légale que si elle est effectuée pour des raisons d’utilité publique. Cette notion est interprétée au cas par cas par le juge administratif. Dans le cas de M-Real, le maire PCF d’Alizay, Gaëtan Levitre, estime que l’utilité publique est avérée puisque près de 600 familles victimes de la fermeture du site tomberont dans la précarité.

Frédéric SEAUX

 

 

 

 

 

 

 

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28 octobre 2011 5 28 /10 /octobre /2011 19:24

 

Le Stéphanais

bulletin municipal de Saint-Etienne-du-Rouvray

n° 132, 27 octobre-17 novembre 2011

 

 

comedie-musicale.jpg

Le metteur en scène de ce spectacle est Hicham Moatassim, Stéphanais, ancien élève du Conservatoire de Rouen et futur grand nom français du one man show.

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26 octobre 2011 3 26 /10 /octobre /2011 08:30

 L'Humanité le lundi 24 octobre 20 11

 

Articles : Alexandra Chaignon

 

 

Commentaire d'Eric Besson, ministre de l'industrie : " Nous ne pouvons pas imposer un repreneur à une entreprise. En revanche ce que nous pouvons faire, c'est lui dire qu'il n'est pas possible qu'elle ferme un site alors même qu'elle a des repreneurs"

 

Eric Besson, l'art de continuellement retourner sa veste et de dire tout est son contraire, quitte à paraître ridicule.

 

 

 

alizay 

 

Jeudi, devant la papeterie d'Alizay. les grévistes ont l'impression de s'être "fait rouler dans la farine".

 

Alizay-bis.jpg

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12 octobre 2011 3 12 /10 /octobre /2011 11:49

 Article paru dans l'Humanité, le mardi 11 octobre 2011

 

 

Témoignage recueilli par Frédéric SEAUX

 

natacha-pasquier-l-huma-11-octobre-2011.jpg

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28 septembre 2011 3 28 /09 /septembre /2011 20:19

Voici le programme des semaines à venir pour les éditions COGITO et leurs auteurs :

  •  Cécile Delacour-Maitrinal, Ange gardien (roman genre fantastique)
  •  Chantal Figueira lévy, Gazoute ou l'étoile en balsa ( roman introspectif et historique)
  •  Frédéric Seaux, La légalisation des syndicats. Une loi de 1884 avant tout "républicaine". (histoire)

 - Salon du livre de Bois-Guillaune (76) samedi 1er octobre 2011:  dédicace de Cécile Delacour-Maitrinal.

 

 - Salon du Livre d'Alizay (27) , samedi 1er et dimanche 2 octobre 2011 : dédicace les deux jours de Frédéric Seaux et de Cécile Delacour-Maitrinal le dimanche.

 

- Salon du livre de Corsept (Loire-Atlantique), samedi 8 et dimanche 9 octobre 2011 : dédicace de Chantal Figueira Lévy.

 

- Salon du livre d'Yvetot (76), le samedi 8 et dimanche 9 octobre 2011: dédicace les deux jours de Cécile Delacour-Maitrinal et de Frédéric Seaux

 

- Médiathèque de Petit-Couronne (76), le samedi 15 octobre 2011 à 16h : rencontre avec les lecteurs, débat et dédicace de Cécile Delacour-Maitrinal.

 

- Salon du livre jeunesse au Cadran à Evreux, le samedi 5 et dimanche 6 novembre 2011 : dédicace les deux jours de Cécile Delacour-Maitrinal.

 

- Médiathèque de Oissel (76), le samedi 19 novembre 2011 à 15h : rencontre avec les lecteurs, débat et dédicace de Cécile Delacour-Maitrinal. présentation de la maison d'édition.

 

- Salon du livre du Perche à Soligny-la-Trappe les samedi et dimanche 3 et 4 décembre 2011 : dédicace des trois auteurs les deux jours.

 

- Congrès de l'union CGT de la Seine-Maritime au clos de la Vaupalière, mercredi 7 décembre 2011. Conférence-dédicace de Frédéric Seaux à 18h30.

 

 -Médiathèque de Tourville-la-Rivière (76), le samedi 17 décembre 2011 de 10h à 12h. Rencontre-dédicace avec les lecteurs et présentation de la maison d'édition.

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14 septembre 2011 3 14 /09 /septembre /2011 14:32

Article paru dans La Terre, du 12 au 18 septembre 2011

 

Transports scolaires

 

En Seine-Maritime, les familles rurales paieront le prix fort

 

Le conseil général de Seine-Maritime augmente de 430 % les tarifs des transports scolaires. La FCPE saisit le Tribunal administratif.

 

La FCPE de Seine-Maritime (Haute-Normandie) ne décolère pas contre le Conseil général qui a voté fin juin, dans le budget du département pour l’année 2011-2012, une augmentation des tarifs des transports scolaires de 30 à 130 euros par élève. Soit  430 % d’augmentation.

L’affaire a pris une telle ampleur qu’elle se termine devant le Tribunal administratif de Rouen que l’association de parents d’élèves a saisi lundi dernier en référé. Si la décision de justice est toujours attendue, à l’heure où sont écrites ces lignes,  il n’en reste pas moins que la FCPE « est déterminée à aller jusqu’au bout des procédures pour faire annuler cette délibération qui souffre, outre le fond du problème, de vices de procédure », déclare, remonté Sébastien léger, président de la FCPE 76.

Le président de l’association est ressorti amer de son entrevue avec le président socialiste Didier Marie du Conseil général que ce dernier aurait accusé d’attaquer la collectivité territoriale et d’ignorer volontairement le désengagement de l’Etat. Une accusation démentie immédiatement. Cependant la FCPE 76, qui se dit donc consciente de ce désengagement, « refuse que les familles modestes, déjà victimes de l’augmentation de 7 % du coût des fournitures scolaires, en soient la variable d’ajustement ». La FCPE va même plus loin. Soutenue par l'ANATEEP (Association Nationale pour les Transports Educatifs de l’Enseignement Public), l’association rappelle que « le transport scolaire, qu'il soit rural ou périurbain, prolonge le service public de l'Education Nationale. Il permet l'accès optimal de toutes et tous à l'enseignement, quel que soit l'endroit où l'on réside. Il devrait donc être gratuit partout ». Et de citer des Conseils généraux déjà engagés dans cette voie. Pour la FCPE, il faut faire d’autres choix budgétaires. « C’est une question de volonté politique » écrit-elle à Didier Marie.

Outre ce soutien et celui des élus communistes du Département qui se sont abstenus lors du vote du budget du département estimant qu’il s’agissait d’un budget de rigueur, la FCPE peut aussi compter sur l’Association des élus ruraux de Seine-Maritime qui compte une soixantaine de membres. Son président, Moïse Moreira, maire de Petiville (1003 habitants) dans le canton de Lillebonne, a signé la lettre ouverte envoyée à Didier Marie. Même si celui-ci reconnaît le désengagement de l’Etat, paradoxalement en le légitimant, considérant que l’Etat doit faire des économies, il dénonce également cette augmentation qui touchera « en priorité les familles des communes rurales dont les enfants n’ont que ces transports pour se rendre dans leur établissement scolaires, a contrario des familles urbaines pour lesquelles les enfants s’y rendent souvent par d’autres moyens ».

Frédéric SEAUX

 

 

 

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13 septembre 2011 2 13 /09 /septembre /2011 07:58

 

Le collège-lycée expérimental d’Hérouville Saint-Clair,

la « clé » de la réussite scolaire ?

 

Inventer une nouvelle façon de vivre l’école. Voilà le projet, il y a bientôt trente ans de quelques enseignants convaincus qu’il n’y a pas de fatalité à l’échec scolaire imputable à l’école. En 1982, le ministre Savary de l’Education Nationale donne alors son accord à l’ouverture d’établissements scolaires expérimentaux qui bénéficient immédiatement d’un statut dérogatoire dans son fonctionnement administratif et pédagogique. En Basse-Normandie, c’est à Hérouville-Saint-Clair, dans la proche banlieue de Caen, que l’expérimentation est lancée. Le collège-lycée public expérimental  (le CLE qu’il faut prononcer « clé »-NDLR) est né. Tout y est novateur, le fonctionnement, l’enseignement, les rapports à l’élève et aux parents. Reportage.

 

« On n’est pas dans la quatrième dimension quand même». Clément Marie à 13 ans et il est scolarisé en classe de quatrième au collège-lycée public expérimental  (le CLE qu’il faut prononcer « clé »-NDLR) d’Hérouville Saint-Clair, près de Caen, en Basse-Normandie. Comme ses jeunes camarades, Clément veut remettre les pendules à l’heure. « Les élèves ici ne sont pas différents d’ailleurs, dans les autres établissements. Sauf qu’ici les relations profs-élèves sont différentes ». C’est en effet le moins que l’on puisse dire. Car au clé, tout est particulier au regard de ce qui se fait ailleurs, dans les établissements « traditionnels ».

Ici tout est expérimental, le fonctionnement, l’enseignement, les rapports à l’élève et aux parents. C’est d’ailleurs ainsi que le projet avait été pensé par quelques enseignants, proposé au ministère Savary et accepté dès la rentrée scolaire de 1982, après obtention par les enseignants eux-mêmes d’un lieu pour enseigner. Ce sera d’abord au château de Beauregard avant de s’installer dans le foyer des jeunes travailleurs prêté par la municipalité d’Hérouville Saint-Clair, avant qu’en 1995, enseignants et élèves s’installent dans des locaux flambants neufs conçus pour accueillir 420 élèves (l’établissement en compte actuellement 350-NDLR). L’objectif de ses enseignants ? Résoudre l’échec scolaire imputable à l’école. Rien de bien nouveau sous le soleil. Sauf que cette fois, le projet proposé, lui, est révolutionnaire car il rompt avec les rapports hiérarchiques et les pratiques pédagogiques ancestraux au sein des établissements scolaires. Et pour cela, l’établissement bénéficie immédiatement d’un statut dérogatoire en qualité d’établissement expérimental. Quant aux moyens humains, ils sont composés de la dotation normale d’un établissement à laquelle vient s’ajouter une dotation spéciale, aujourd’hui remise en cause, pour inventer et tester des dispositifs originaux notamment sur un plan pédagogique où l’élève est placé au cœur du système éducatif en respectant ses singularités et ses rythmes propres.

De nouveaux rapports profs-élèves

Concrètement, le clé propose un enseignement qui limite au maximum le rapport frontal et hiérarchique – le prof fait cours face aux élèves qui l’écoutent et qui le vouvoient – en favorisant d’abord le tutoiement. « On tutoie nos parents, ce n’est pas pour cela qu’on ne les respecte pas. Mais ce ne sont pas pour autant des copains », affirme avec assurance une nouvelle fois Clément. « Le tutoiement contribue à la confiance réciproque entre l’élève et l’enseignant », renchérit Loup Guichard, 15 ans en classe de seconde, dans cet établissement depuis la sixième et qui pour rien au monde ne changerait de lycée. Les enseignements dispensés renforcent cette réciprocité. Ceux d’abord en binôme dirigés par deux enseignants de matières différentes, puis l’aide au travail obligatoire, les enseignements « massés » optionnels d’ouverte culturelle et de découverte sur une période de trois à quatre semaines et d’un trimestre quand ils sont obligatoires et s’inscrivant dans « une démarche de recherche collective et de pédagogie de projet ». Les élèves ont également accès aux pratiques artistiques, selon les compétences des enseignants voire des surveillants et du conseiller principal d’éducation qui peuvent également intervenir, afin de développer leur créativité et de contribuer à leur épanouissement personnel. L’emploi du temps des élèves est le fruit d’une réflexion constante sur les rythmes scolaires et sur toutes les activités qui sont liées entre-elles. Ainsi les cours traditionnels sont dispensés entre 8 heures (9h pour les 6e et 5e) et 14 heures avec trois temps de pause. Le reste de l’après-midi est consacré aux autres activités expérimentales. Et deux soirs en décembre, c’est « la soirée cabaret » :   les élèves présentent aux parents tout ce qui a été produit en atelier et en ouverture culturelle. Mais le « métier d’élève » comme on dit chez les enseignants du clé, ne s’arrête pas aux enseignements. L’élève étant un adulte en devenir, il doit également participer au fonctionnement de l’établissement. Au programme : entraide scolaire au sein du Clé et au sein d’une école primaire de la ville, participation à la communication externe du l’établissement, animation par les lycéens des temps de pause des collégiens, ou encore aide à la gestion du CDI, balayage des salles et participation au fonctionnement de la cantine.

Des enseignants-tuteurs

Les enseignants jouent aussi pleinement leur rôle, au-delà même des enseignements qu’ils dispensent. Ainsi au clé, pas de professeurs principaux mais des tuteurs. Chaque enseignant s’occupe d’une quinzaine d’élèves de différents niveaux et de classes auxquelles il n’enseigne pas forcément. Si le tutorat individuel a l’objectif de proposer régulièrement un accompagnement personnalisé et individualisé des résultats scolaires,  du comportement et une aide méthodologique et dans le choix de l’orientation, le tutorat collectif qui a lieu tous les vendredis après-midi est d’avantage une activité de participation à la vie de l’école. Et comme pour les élèves, le « métier » d’enseignant  ne se limite pas au cours transmis. Les profs, rappellent André Sirota, professeur de psychopathologie sociale à l’université d’Angers, qui est intervenu auprès d’eux dans cet établissement. Comme d’autres chercheurs[1], ils s’est intéressé à cet établissements : « sont tous coresponsables de l’établissement. Après élection et à tour de rôle, chacun des professeurs, qui doivent se porter volontaire, exerce l’une des responsabilités collectives »[2]. C’est l’autre aspect du statut dérogatoire accordé au Clé dès ses débuts. Rattaché néanmoins au lycée général Fresnel de Caen, sous l’autorité administrative de son proviseur, le clé fonctionne en pratique en autogestion. Dix des trente-sept enseignants de l’établissement occupent des fonctions au sein de la direction et prennent les décisions qui peuvent être critiquées et remises en cause par l’ensemble de leurs collègues. C’est une des conditions de son fonctionnement auquel les enseignants doivent adhérer lors de leur recrutement par cooptation après entretien et vote des enseignants, lui aussi soumis à un statut dérogatoire. Etre enseignant au CLE relève donc d’un choix et d’une adhésion au projet de l’établissement et non d’un hasard lié à une mutation traditionnelle, au gré des postes vacants et du nombre de points acquis par ancienneté ou pas la situation familiale, que l’enseignant ne maîtrise pas.  Véronique Dufour a 49 ans et elle vient d’arriver au CLE en septembre en qualité de prof d’art plastique. Après plus de vingt années d’enseignement en collège, cette enseignante avait l’impression « d’aller pointer à l’usine ». Et pour cause : elle enseignait à vingt et une classe soit près de cinq cents élèves. Son sentiment sur l’enseignement traditionnel ? « Les gamins ne sont pas la priorité du ministère ». Et puis une lassitude aussi de toujours travailler seule. Aujourd’hui, au CLE, Véronique Dufour se sent revivre. Quant à son fils qui vient d’entrer en seconde dans l’établissement, « c’est la première fois qu’il est content de venir à l’école », affirme-t-elle, avec un large sourire qui en dit long sur le malaise de l’enseignement en France.

Lycée pour petits bourgeois ?

Lycée pour petits bourgeois le Clé ? Pour enfants à problèmes ? Ni l’un ni l’autre, répondent d’une seule et même voix les enseignants, parents et élèves. « Il y a beaucoup de fantasmes à ce sujet » reconnaît Fabien Tesson, prof d’histoire-géo dans cet établissement depuis douze ans. Les élèves viennent donc de partout et non du seul secteur d’Hérouville (ce qu’on appelle la carte scolaire-NDLR). « Nous revendiquons l’hétérogénéité sociale et scolaire grâce à notre recrutement équilibré en fonction des catégories socio-professionnelles et du niveau des élèves », poursuit l’enseignant. La mixité sociale y est donc vue comme un pilier de la lutte contre l’échec scolaire. Et faute de l’avoir dans les territoires, ces enseignants ont décidé de la créer eux-mêmes. Application de la politique sarkozyste de suppression de la carte scolaire ? « Certainement pas » répliquent-ils. « Sarkozy veut protéger les milieux favorisés. Nous on veut les mélanger au reste de la population. Nuance ».

Le clé n’est pas pour autant un « Eden pédagogique ». Des échecs d’enseignants et d’élèves existent aussi dans l’établissement. Le métier d’enseignant y est exigeant en termes de travail, d’heures de présence et de remise en cause permanente de son travail à destination des élèves. Celui des élèves ne l’est pas moins non plus. Aucun laxisme n’y est permis. L’élève qui signe un contrat d’engagement doit le respecter sous peine de ne pas pouvoir poursuivre sa scolarité dans l’établissement. « Mais au clé, expliquent Jean-Claude Ha-Minh-Tay, parent d’élève de l’association Aspacle (association des parents d’élèves du Clé) rattachée à la FCPE, l’élève est valorisé, mis en confiance, les bulletins sont exemplaires dans le sens où l’élève est constamment encouragé ». Professeur d’EPS dans un lycée traditionnel et père de deux enfants, ce parent peut facilement comparer les deux types d’enseignement : « ma fille est en 5e dans son collège de secteur car elle n’a pas été prise au Clé. Elle travaille bien, mais elle est constamment stressée par ses notes. Elle ne parle que de cela. Mon autre enfant scolarisé au clé est mieux dans sa peau, car il n’a pas l’impression d’être jugé et sanctionné ». Un sentiment partagé par une autre parent d’élève, Annie Lostanlen-Abousaïd qui dénonce aussi l’immobilisme de l’école française : « L’école d’aujourd’hui ne propose rien de nouveau. Elle est la même que celle que j’ai connue, sans tutorat, sans activités variées. Elle est toujours dans le frontal ». D’où son choix pour une autre façon de vivre l’école.

Un bon bilan remis en cause par le Ministère

Les syndicats enseignants, sont, il faut bien l’avouer, un peu gênés aux entournures face à ce genre d’établissement au statut dérogatoire, qui n’existe d’ailleurs pas qu’en Basse-Normandie puisque l’Hexagone en compte presque une dizaine aujourd’hui. Le Snes-FSU, principal syndicat enseignant, par la voix du responsable académique du Calvados, Mario Bardot dit ne pas être opposé à ce type d’expérimentation. « Pour autant, poursuit-il, tous les établissements devraient être dotés de moyens permettant de mettre en œuvre une pédagogie de la réussite adaptée à chaque élève ». En clair, l’enseignement traditionnel, doté de moyens suffisants, serait  donc capable de résoudre l’échec scolaire imputable à l’école et d’améliorer le fonctionnement et les rapports humains au sein des établissements scolaires. Quand à l’extension des pratiques pédagogiques et administratives usitées au clé à d’autres établissements et souhaitée par ses enseignants, pas question pour le syndicat de généraliser la démarche : « ce cadre peut s’entendre dans un cadre expérimental et dans une démarche initiée et acceptée par des personnels volontaire ». Mais il reconnaît que ce mode de fonctionnement et cette démarche intellectuelle « n’ont rien à voir avec les tentatives actuelles de déréglementation menées par le gouvernement ».

Le Ministère de l’Education nationale, lui, n’a pas souhaité répondre aux questions de l’Humanité. On le comprend. Après avoir vanté les mérites de ce genre d’établissement en 2005 dans son n°171 des « dossiers évaluations et statistiques », il a entériné des suppressions de postes au sein de cet établissement, il y a quelques semaines, remettant en cause l’approche expérimentale et donc l’existence même de l’établissement.

Frédéric SEAUX

 

Au moment où ce reportage est mis en ligne, le 13 septembre 2011, le CLE d’Hérouville a repris la lutte pour faire valoir sa particularité auprès du rectorat bas-normand

 

 

 

 

 



[1] Lire notamment Emmanuel Jardin, Une école de la modernité? Le CLE d'Hérouville Saint-Clair, L’Harmattan, 2003.

[2] André Sirota, Françoise Rey, Des clés pour réussir au collège et au lycée. Témoignages et réflexions sur le collège-lycée expérimental d’Hérouville-Saint-Clair, Erès, 2007

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12 septembre 2011 1 12 /09 /septembre /2011 17:23

 

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La souscription est lancée !

 

Les éditions COGITO mettent sous presse demain lundi 12 septembre  le nouveau roman de Cécile Delacour-Maitrinal, intitulé Ange gardien.

 

Dans ce roman, l'héroïne qui se prénomme Justine a 17 ans. Après avoir perdu ses parents dans un accident de voiture, elle vient vivre chez sa grand-mère à Dieppe. Et là, elle est victime d'accidents étranges. Heureusement, un ange gardien veille sur elle. Ce n'est autre que le fantôme de l'ancien propriétaire des lieux qui a reçu la mission de la protéger contre des forces surnaturelles qui veulent la tuer.

Car Justine est, sans le savoir, au coeur d'un conflit qui met en jeu... l'avenir de l'humanité !

 

Genre : fantastique       

 

Prix 15 euros.

 

165 pages.

 

Frais de ports offerts !

 

Vous pouvez le commander dès maintenant auprès

des éditions COGITO ergo sum, 23 cité Leverdier, 76350 Oissel.

leseditionscogito@voila.fr

06 82 89 18 61 / 02 32 91 39 26

 

 

 

Cécile Delacour-Maitrinal  sera au salon du livre de Bois-Guillaume le 1er octobre, au salon d'Alizay le 2 octobre et à celui d'Yvetot les 8 et 9 octobre prochains.

 Elle vous y attend !

 

Frédéric SEAUX                                                                                                        

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10 septembre 2011 6 10 /09 /septembre /2011 16:41

Vu sur la page Facebook *L'humour de droite* :

 

"Monsieur Chirac ne peut pas assister à son procès. Par contre il peut toujours, bien évidement, siéger au Conseil Constitutionnel."
Excellent !
Avec le commentaire suivant : "Jacques Chirac, le seul auteur capable d'écrire ses Mémoires sans mémoire."
Vraiment j'adore !!!

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10 septembre 2011 6 10 /09 /septembre /2011 14:59

Articles parus dans La Terre, du 30 août au 5 septembre

 

 

Le rugby amateur, vache à lait du professionnel ?

 

Le rugby amateur se développe dans l’Hexagone au-delà de la seule Ovalie. Mais les problèmes d’argent sont prégnants et la Fédération française ne semble pas s’en émouvoir.

 

Grand-Champ. Commune du Morbihan aux portes de Vannes. 4933 habitants au dernier recensement 2010, 6700 hectares, ses vestiges archéologiques, son église, son passé chouan et…son stade de rugby. Après quatre saisons en fédérale 3, le 5e niveau de rugby français, le club vient en même temps de fêter ses quarante ans et d’être relégué pour la saison prochaine en championnat Honneur territorial, malgré tout, le rugby s’implante en Bretagne. La région compte aujourd’hui une cinquante de clubs. Vannes évolue même en fédérale 1 aux portes du rugby professionnel.

L’argent, nerf de la guerre

Grand-Champ possède près de 200 joueurs et joueuses et son école de rugby (moins de 15 ans), obligatoire pour jouer en fédéral. Club amateur donc, ou l’argent est pourtant le nerf de la guerre. Financé par la mairie et le Département tant que le club évoluait en fédéral 3, Grand-Champ ne possède aucun salarié. Tout est basé sur le bénévolat. Mais tous les clubs de fédérale 3 qui se sont maintenus ne sont pas dans cette situation. Autre département, autre commune beaucoup plus peuplée, le club d’Evreux, en Haute-Normandie et ses 50 000 habitants, dont les deux tiers des joueurs viennent des campagnes environnantes, avec un budget de 200 000 euros, peut lui se payer deux entraîneurs. Pourtant dans les deux cas, l’argent manque. Notamment en matière de financement du transport. 60 000 euros pour Evreux cette saison, 80 000 euros la saison d’avant, et « moins quand même »  pour Grand-Champ, explique Maurice Launay, du fait d’un nombre d’équipes et de licenciés de moitié inférieure. « Des budgets d’amateurs, mais des frais de déplacement de clubs professionnels », ironise Gaël Lecoeur, correspondant du journal Midi Olympique pour la Haute-Normandie. A Evreux non plus les joueurs ne sont pas payés, « faute de moyens, et d’envie aussi », affirme son président Didier Aubert, qui voit d’un mauvais œil la possible dérive vers le rugby business depuis la professionnalisation de ce sport.

La fédération aux abonnés absents

L’accent est donc mis sur la formation des jeunes dont leur école de rugby représente la moitié de leurs effectifs. Une manne pour ces deux clubs, mais la formation prend du temps, « 10-15 ans pour en récolter les fruits », reconnaît le président ébroïcien. Et à condition en plus de rester en championnat fédéral pour recevoir des aides financières de la fédération, car en cas de descente en championnat territorial, cette dernière, déjà peu présente aux côtés des clubs amateurs, ne finance plus, ni les écoles de rugby, ni les frais de transports. De quoi révolter les dirigeants de ces clubs, comme Maurice Launay. Pour ce septuagénaire, « les petits clubs sont des pourvoyeurs en fric pour les comités régionaux, véritables percepteur de la fédération ». Les mots sont durs, mais pas autant que son exaspération face à l’évolution du rugby où les clubs amateurs ne semblent plus avoir leur mot à dire. Pour preuve, la prochaine augmentation, sans leur aval, des licences décidée unilatéralement par la fédération et les assurances GMF.

Et comme dans le haut niveau, ces deux clubs cumulent les sponsors privés, des petits commerces aux PME en passant par les banques et les assurances. Tout est bon pour permettre de boucler son budget sans avoir à puiser dans le prochain, avant même d’avoir terminer ou même simplement commencer la saison. « La fédération répond que toutes ces dépenses et ses recherches de sponsors sont le prix à payer pour jouer à ce niveau amateur », conclue le président d’Evreux, lui, quelque peu fataliste.

Frédéric SEAUX

 

La réforme de la fédérale 3 a du mal à passer

 

« L’objectif était de déglinguer la fédérale 3, c’est réussi ! ». La réforme du rugby amateur, officialisée en mars 2010 à l’occasion d’une grande messe entre la fédération française de rugby et les différents comités régionaux, a toujours du mal à passer chez certains dirigeants de clubs amateurs, comme Maurice Launay du club breton de Grand-Champ. En cause, la réduction du nombre de clubs amateurs en fédérale 3 afin « officiellement d’améliorer le niveau du championnat amateur des trois niveaux de fédérale », affirme Didier Aubert, le président du club d’Evreux en Haute-Normandie qui comprend dès lors le raisonnement de la fédération, mais qui critique quand même les conséquences d’une telle réforme sur les coûts de transport pour les clubs amateurs. Au nom de cette recherche officielle d’un bon niveau de jeu, la fédération a alors composé les poules du championnat de fédéral 3 en ne tenant pas compte de la proximité géographique des clubs de même niveau.

Le président haut-normand reconnaît aussi qu’il y a « des mauvaises langues » qui pensent que cette réforme est surtout motivée par des raisons financières. En effet, la fédération économiserait ainsi « près de cinq millions d’euros en deux ans », précise-t-il, puisque en dessous du championnat fédéral, celle-ci n’aide plus les clubs, notamment en matière d’aides au transport et de financement des écoles de rugby. « C’est autant d’argent économisé sur le dos des petits clubs amateurs qui serviront à financer le futur grand stade que la fédération veut se payer », renchérit, lui, le dirigeant breton.

Après l’épuration, la fédération va-t-elle revenir à la montée directe des clubs terminant en tête de leur championnat d’honneur territorial en championnat de fédérale 3, sans passer par un coûteux second championnat de play-off en fin de saison ? D’autant qu’en Ovalie, la montée a continué à se faire directement sans tenir compte des nouvelles règles du jeu de la fédération. Y aurait-il donc deux poids deux mesures chez les amateurs, entre sudistes et nordistes ? Toujours est-il qu’à quelques jours de la reprise du championnat, la fédération n’a pas encore communiqué sa décision aux clubs amateurs. De quoi alimenter le sentiment de fracture grandissante entre eux et l’élite rugbystique.

Frédéric SEAUX

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