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31 octobre 2009 6 31 /10 /octobre /2009 21:27

Article paru dans L'Humanité, le 25 février 2009

La double peine des salairés d'
Holophane
 

 

L’usine des Andelys (Eure), après la mise en place d’un plan social, annonce du chômage partiel en raison de la crise économique qui touche ses principaux clients de l’automobile. Une version contestée par la CGT. Une manifestation est prévue le 6 mars prochain.

 

Leader mondial de la fabrication de glaces, antibrouillards et lentilles en verre pour phares de véhicules, l’usine Holophane, filiale du groupe français Verlys, est à son tour rattrapée par la crise de la filière automobile. C’est du moins l’argument utilisé par Eric Bulle, le directeur du site des Andelys, siège social de l’entreprise, pour justifier la cessation temporaire de sa production du 27 février au 9 mars prochain. Dans un communiqué, il explique que « le chômage partiel répond à une problématique conjoncturelle liée au déstockage des constructeurs automobiles, associé au propre déstockage de nos clients ». Ce chômage partiel touchera 350 des 417 salariés du site. Mais la direction a déjà mis en place  un plan social de 55 licenciements et de 5 départs en retraite non remplacés. « Les courriers recommandés de licenciement sont prévus pour fin mars », précise la CGT. Cette fois-ci, pour le directeur, « ce plan répond à une problématique d'adaptation structurelle liée au marché automobile à un niveau estimé par les spécialistes de 20 à 25 % inférieur à l'année 2008 et dont une reprise n'est pas envisagée à ce jour avant plusieurs mois voire plusieurs années ». Pour le maire socialiste de la ville Laure Dael, trop c’est trop. Il s’agit selon elle « d’une double peine » pour certains salariés. « C’est soit le plan social, soit le chômage partiel, correctement rémunéré, mais pas les deux ».

Du côté des syndicats, c’est l’écoeurement. La CGT estime que  « tout cela n’a rien à voir avec la crise de l’automobile. La vraie cause, ce sont les dividendes versées aux actionnaires qui s’en mettent plein les poches  grâce à Verlys, propriétaire d’Holophane depuis 1998 et la participation des fonds de pension qui se remboursent grassement leurs investissements sur le dos des salariés ». Pour ce syndicat, l’usine  est viable. Le chiffre d’affaire avoisine les 50 millions d’euros en 2008. Pourtant l’usine a arrêté définitivement en 2005 un des trois fours pour délocaliser la production en Tunisie où « le coût de la main-d’œuvre est trois fois moins cher, la marge plus forte, mais la qualité finale est trois fois moins bonne » s’insurge Michel Cousin, secrétaire CGT de l’usine. Le syndicat s’inquiète également de l’arrêt, le 22 janvier dernier, d’un deuxième four en raison d’une baisse d’activité de ses principaux clients, dont le français Valéo. Explication rejetée par la CGT qui tient à préciser que cet arrêt avait déjà été planifié par la direction en 2007, bien avant la crise donc.

 C’est la raison pour laquelle, une intersyndicale (CGT, CFTC, FO), réunie lundi matin, a décidé d’organiser une manifestation dans les rues des Andelys le vendredi 6 mars prochain à 15 heures, appelant tous les élus locaux, salariés des usines environnantes et commerçants de la ville, à la rejoindre afin de demander notamment la vente du site en Tunisie et le retour de ses fabrications aux Andelys où il ne reste plus actuellement qu'un four en exercice.

De son côté, la CGC, syndicat catégoriel des cadres, a refusé de signer cet appel, considérant, par la voix de son représentant Jean-Paul Cantelou, que beaucoup « d’âneries » avaient été dites dans la presse par les autres syndicats de l’usine, jugeant notamment « impossible  que les petites pièces produites en Tunisie puissent de nouveau l’être sur le site andelysien qui n’en produit que des grandes ». La CGC, par contre, s’est engagée à négocier au mieux avec la direction pour envisager les départs au-delà des indemnités légales de licenciement.

 

Frédéric SEAUX

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31 octobre 2009 6 31 /10 /octobre /2009 21:22

AZF

Article paru dans l'Humanité, le 23 février 2009

La "petite soeur" du site toulousain a fait des progrès

Depuis le drame de Toulouse des progrès notoires en termes de sécurité ont vu le jour sur le site de Grande Paroisse au Grand-Quevilly. La CGT, de son côté, reste critique.

 

A Grande Paroisse de Grand Quevilly (GPN) appelée communément dans la région « la petite sœur » d’AZF Toulouse, qui fabrique de l’engrais (amonitrate), direction, syndicat et organisme de contrôle de la région (la DRIRE) s’accordent pour dire qu’il y a bien eu en termes de sécurité un avant et un après Toulouse. La direction du site, placé en zone SEVESO 2 (seuil haut de dangerosité), via son service de relations publiques, n’est pas peu fière de mettre en avant quelques-unes de ses réalisations dans ce domaine : construction d’une nouvelle salle de contrôle à l’extérieur des ateliers, enfouissement de la tuyauterie d’alimentation en gaz naturel, diminution par deux des stockages d’ammoniac, multiplication des détecteurs d’incendie et de gaz, amélioration du contrôle sur le site avec l’apparition des badges d’accès et progrès dans la communication vis-à-vis des riverains, des écoles et des collectivités locales. Globalement, le coût de la sécurité est pour ce site de Grand-Quevilly de l’ordre de 5 millions d’euros par an depuis 2002. La direction se félicite d’ailleurs de son premier audit réalisé sur la sécurité par le bureau d’études indépendant norvégien D.N.V en 2007, selon un système international d’évaluation de la sécurité fondé sur 20 critères très drastiques. Une note finale de 6/10 a été attribuée par cet organisme qui satisfait la responsable des relations publiques car « elle positionne notre activité dans la moyenne de l’industrie chimique. Notre objectif est une note de 7 au prochain audit fin 2009-2010, pour obtenir enfin par la suite l’excellence avec une note de 8/10 », précise-t-elle.

De son côté la DRIRE (Direction Régionale de l’Industrie, de la Recherche et de l’Environnement de Haute-Normandie), note avec satisfaction ces améliorations et la prise de conscience de la direction du site et précise que des inspections ont lieu tous les mois auxquelles s’ajoutent  aussi des visites inopinées dans le cadre de plans d’opérations internes. 

A la mairie de Grand-Quevilly, dirigée par le sénateur-maire socialiste Marc Massion, on se félicite de l’amélioration des relations avec toutes les entreprises SEVESO de la commune depuis le drame de Toulouse. Elle rappelle qu’en matière d’information au public,  la charge incombe aux collectivités locales. C’est ce que fait la mairie en distribuant tous les 5 ans, un document, le DICRIM (document d’information communale sur les risques majeurs) dont les éléments proviennent directement de la préfecture. Une note d’information est également affichée dans tous les lieux publics de la ville depuis 2002-2003.

Côté syndicat enfin, si tous ces progrès sont reconnus, les critiques fusent néanmoins. Ainsi la CGT, par la voix de sa représentante au CHSCT du site, Christine Poupin, précise que tous ces progrès n’émanent en rien de la volonté de la direction mais de ses obligations au regard de la loi et notamment de la loi Bachelot de 2003. Et la représentante syndicale de fustiger la direction qui multiplie la sous-traitance dans les ateliers, qui a fait longtemps pression, en vain, pour que les pompiers du site assurent des missions de production en parallèle à leurs missions de sécurité, qui rechigne à embaucher du personnel (NDLR : le plan de restructuration fin 2008 a supprimé une centaine d’emplois) notamment dans la sécurité et qui enfin refuse de prendre en considération la demande de la CGT au CHSCT de supprimer les arrêts et les démarrages des ateliers de fabrication la nuit, au moment où les salariés sont naturellement plus fatigués et donc moins vigilants.

 

Frédéric SEAUX

 

 

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31 octobre 2009 6 31 /10 /octobre /2009 21:19


Article paru dans l'Humanité, le 16 avril 2009

« Ils se foutent de notre gueule ! »

 

Les salariés d’EDF-GDF de Saint-Etienne-du-Rouvray bloquent depuis mardi soir, jour et nuit, l’entrée du site afin d’être entendu par la direction nationale qui rejette pour l’instant toute leurs revendications.

 

« Ils se foutent de notre gueule ». C’est sur ces mots que Bruno Prépolesky est revenu hier soir sur le site de Saint-Etienne du Rouvray, près de Rouen, après avoir rencontré la direction nationale de ERDF-GRDF dans l’après-midi à Paris.

 Très remonté, il a tout de suite expliqué aux nombreux grévistes occupant les lieux, en présence de la direction régionale venue écouter les revendications,  que « la rencontre [avait] été inutile » et qu’il s’agissait d’ « une provocation  de la direction nationale qui a demandé que les revendications des grévistes soient revues à la baisse ». Huées immédiates des grévistes devant une direction régionale silencieuse et accusant le coup en entendant la réaction de certains salariés, excédés, appelant dès lors à s’en prendre à l’outil de travail. Traduction : multiplier les coupures d’électricité auprès des usagers, et en particulier les entreprises et collectivités territoriales. Une direction régionale qui affirme aux salariés de Saint-Etienne et de ses environs que leurs revendications sont des revendications nationales et qu’elle ne peut donc rien faire. « Cette direction sait nous sanctionner, faire venir un huissier pour constater le blocage du site, mais quand il s’agit de nos revendications, il n’y a plus personne ! » s’indigne Emilie, embauchée il y a cinq ans et demi et qui gagne 1150 euros en élevant seule ses deux enfants.

Pour ces salariés, leurs revendications sont pourtant légitimes et loin d’être choquantes au vu des augmentations de salaire de la direction nationale jugées « scandaleuses et indécentes » par la CGT du site. Celle-ci rappelle dans son tract que « Cirelli, vice-président de GDF Suez et Gadonneix, PDG d’EDF ont obtenu respectivement une augmentation de salaire de 183 % en 2008 (1,297 millions euros en 2008) et de 25 % en 2009 (900 000 euros en 2009), alors que l’Etat détient 38% de GDF et 87% d’EDF. Il y a loin entre le discours gouvernemental de répartition des bénéfices entre salariés et actionnaires et la réalité », s’insurge le syndicat.

Les salariés réclament l’arrêt de la sous-traitance confiée au privé, l’embauche des contrats d’apprentis formés par EDF-GDF, une prime de 1500 euros par salariés, une augmentation de 5 % du salaire de base. Face au refus de négocier de la direction nationale, les salariés de Saint-Etienne du Rouvray ont décidé de bloquer jour et nuit le site et de ne laisser sortir que les véhicules d’urgence. Une assemblée générale a lieu chaque matin pour décider de la poursuite de la grève et des actions à mener.

 

                                                                                                            Frédéric SEAUX

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31 octobre 2009 6 31 /10 /octobre /2009 21:16

Article publié dans l'Humanité le 14 mai 2009


La mucoviscidose, une maladie pas assez rentable


Au Havre, l’association « Vaincre la mucoviscidose » est fortement mobilisée afin de dénoncer les conclusions de l’audit commandé par le Ministère de la Santé et l’association elle-même sur l’état des 49 centres labellisés de lutte contre la mucoviscidose au sein des hôpitaux publics. Et pour cause, selon cet audit, le nombre de patients serait insuffisant (35  actuellement sur Le Havre) et l’hôpital du Havre ne compterait pas parmi ses professionnels de santé  de médecin spécialisé dans cette maladie auprès des malades adultes.

Il n’en fallait pas plus pour mobiliser la population, les élus, les malades et les familles concernées par cette maladie rare (NDLR- près de 6 000 malades en France) grave et évolutive. Car les quelque 12 000 signataires de la pétition transmise au Ministère de la Santé craignent que le ministère se base sur ces conclusions pour, à long terme, annoncer la fermeture de ce centre de soin au sein de cet hôpital, pôle pilote depuis 1985 dans le dépistage de cette maladie. Une décision qui serait dramatique pour les malades et les familles qui doivent déjà supporter des soins lourds et longs (2 à 6 heures par jour plusieurs fois par mois) et pour lesquelles une fermeture, synonyme de centralisation des soins au CHU de Rouen, serait épuisante et très onéreuse (NDLR-169 euros pour un aller-retour le Havre-Rouen en transport sanitaire). La mobilisation s’est donc au fil des semaines amplifiée avec le soutien des députés communistes Daniel Paul et Jean-Paul Lecoq, mais aussi UMP, en la personne du maire du Havre Antoine Rufenacht, du sénateur Charles Revet et du député Fidelin notamment.

Au plan, nationale, l’association, par la voix de son président, Jean Lafond, a demandé au ministère une dotation complémentaire de 5 millions d’euros par an (NDLR- la dotation globale est d’environ 9 millions par an actuellement) afin d’anticiper les besoins pour ces 49 centres qui accueillent de plus en plus de malades qui, progrès de la science aidant, vivent désormais plus longtemps. Elle demande également qu’un amendement soit ajouté à la loi Bachelot, examinée depuis mardi au Sénat. Amendement stipulant que chaque schéma régional des agences de santé devra comporter un chapitre « maladies rares » afin qu’elles ne soient pas les parents pauvres des centres de soins. Un amendement qui selon le président Jean Lafond prend « une bonne tournure » puisqu’il a reçu le soutien d’Alain Milon, sénateur UMP du Vaucluse et rapporteur de la loi au Sénat.

 

Frédéric SEAUX

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31 octobre 2009 6 31 /10 /octobre /2009 21:11


Article publié dans l'Humanité, le 14 avril 2009

A Rouen, la mobilisation sauve le jeune Ladis


Cette fois-ci, l’acharnement contre les lycéens sans-papiers n’aura pas eu raison de la mobilisation républicaine dont a bénéficié le week-end dernier, Ladis-Yvon Manghui-Mbanza, jeune congolais de 20 ans, sans-papiers et dans l’obligation de quitter le territoire français depuis sa majorité.

En effet, grâce à une mobilisation de Thierry Foucaud, sénateur-maire communiste d’Oissel, de François Zimmeray, Ambassadeur aux Droits de l’Homme auprès de la Secrétaire d’Etat Rama Yade, du Réseau Education Sans Frontières de Seine-Maritime, et de Jacques Gaillot, ancien évêque d'Evreux, le jeune Ladis, élève au lycée Colbert de Petit-Quevilly, près de Rouen, a été libéré dimanche après-midi  après 24 heures de garde à vue au commissariat de police. Il avait été arrêté samedi après-midi après un  "banal" contrôle  de papier d'identité, demandé par le Procureur de la République en ce très chrétien week-end pascal.
Ayant contre lui une Obligation de Quitter le Territoire Français, il est pourtant ressorti libre du commissariat de police. La Préfecture de Rouen finirait-elle par reconnaître l'illégitimité de son acharnement contre ce lycéen congolais ?  En effet, aîné de deux soeurs mineures elles aussi en France, le jeune Ladis, orphelin depuis l’âge de 10 ans, suit une bonne scolarité au cours de laquelle il prépare un CAP plasturgie qu'il passera dans trois mois; diplôme qui lui assurera de bons débouchés à en croire les courriers que son établissement scolaire reçoit régulièrement d'employeurs recherchant ce profil d'études.

La Préfecture de Rouen n’est certainement pas restée insensible non plus au retentissant parrainage républicain collectif organisé il y a un an (voir notre édition du 6 mars 2008) en faveur de ce jeune garçon devant les grilles de son établissement et auquel avait participé élèves, parents, associations, élus et personnalités comme Jacques Gaillot.

 


Frédéric
SEAUX

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31 octobre 2009 6 31 /10 /octobre /2009 21:07

Article paru dans L'Humanité, le 10 juillet 2008


Des visiteurs ravis mais vigilants

 

Armada de Rouen. Dix millions de visiteurs sont attendus jusqu’au 14 juillet. Si le spectacle est à la hauteur des attentes, les visiteurs ne dépensent pas sans compter.

Patrick Herr, le Président de l’Armada est sur un petit nuage… bleu contrairement à ceux d’un gris menaçant présents sur Rouen depuis plusieurs jours. Et il a de quoi l’être. Mardi après-midi, plus de deux millions de visiteurs avaient déjà fait le déplacement sur les quais rouennais. Les concerts gratuits connaissent chaque soir un vif succès. « plus de 30 000 spectateurs à chaque fois », d’après le président fondateur de l’événement en 1989, lorsqu’il était l’adjoint du « centriste » Jean Lecanuet à la mairie de Rouen, en charge des cérémonies, fêtes et relations publiques.

Il faut bien avouer que cette année l’Armada a franchi un cap : l’accent a été mis davantage sur les rendez-vous festifs gratuits à travers les concerts nocturnes, pris en charge par la Région, et accueillant des artistes renommés, les feux d’artifices quotidiens malgré le mauvais temps, la Grande roue et l’accrobranches sur la rive gauche de Rouen. La ville de Rouen n’est pas en reste non plus, puisqu’elle  anime, au-delà même de l’Armada, les rues et quartiers de la ville durant tout l’été. La rive gauche de Rouen n’a pas non plus été oubliée. Quelque peu délaissée lors des précédents rendez-vous, cette rive accueille cette année trois géants des mers dont l’Amerigo Vespucci, star de l’Armada 2008. Les visiteurs y sont donc beaucoup plus nombreux et l’équilibre entre les deux rives est enfin rétabli. Tout le monde est donc ravi ou … presque.

Car si les visiteurs reconnaissent les efforts et les progrès réalisés par les organisateurs entourés de centaines de bénévoles, notamment sur le plan de la propreté (présence de nombreux agents de nettoyage, de poubelles de tri sélectif, etc.), de la gratuité au site et aux activités quotidiennes, de la bonne gestion des transports collectifs (métro, bus) et de la forte présence d’agents d’accompagnement assurant le confort et le renseignement des usagers, des parkings officiels de l’Armada destinés aux nombreux automobilistes normands, parisiens et bien au-delà, et de la présence cette année de nouveaux voiliers, leur mécontentement est cependant bien réel au sujet des prix fixés par les commerçants sur leur stand. Ils n’en démordent pas : les prix restent beaucoup trop élevés. D’ailleurs Patrick Herr ne le nie pas, puisqu’il a appelé les commerçants avant l’Armada à ne pas exagérer leurs prix, conscient, lui l’élu de droite du Conseil Régional de Haute-Normandie « qu’en ce moment, les fins de mois sont très difficiles ». Mais selon lui, seuls « les raisonnables font de bonnes affaires, les autres non ». Et si les tables des restaurateurs sont bien remplies, nombreux sont aussi les badauds, venus seuls ou en famille, qui se baladent sur les quais avec leur sac à dos rempli de victuailles pour la journée et qui repartent sans n’avoir jamais acheté le moindre souvenir. Le directeur de l’Office du Tourisme de Rouen a beau prétendre, sur la chaîne France 3 Haute-Normandie, que le choix est suffisamment vaste pour que tous les visiteurs trouvent de quoi se restaurer selon leur porte-monnaie, pour un militant communiste, présent sur le stand de L’Humanité, la question n’est pas là. « Les Français n’ont plus de fric, même pour un repas à 10 ou 15 euros surtout s’ils viennent en famille ».

Et il n’y a pas que les prix élevés des commerçants qui fâchent. Les organisateurs sont également pointés du doigt. Nombreux sont en effet les visiteurs qui regrettent les prix trop élevés du programme de ces dix jours festifs (7 euros), des parkings officiels de l’Armada qui n’offrent qu’un tarif de 20 euros pour deux jours même si les visiteurs ne restent qu’une journée. Le prix de la traversée en bateau entre les deux rives fait aussi des mécontents auprès des visiteurs qui n’acceptent pas de devoir payer 3,5 euros juste pour gagner un peu de temps.

L’Armada 2008 a conquis le cœur des visiteurs. La prochaine devra gagner celui de leur porte-monnaie qui ressemblent à s’y méprendre aux nuages rouennais de ces derniers jours. Et Nicolas Sarkozy peut bien se dresser en veilleur de proue fixant le cap libéral à suivre, l’horizon qu’il promet n’annonce vraiment rien de bon pour le pouvoir d’achat des Français.

 

Frédéric SEAUX

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31 octobre 2009 6 31 /10 /octobre /2009 21:01

Article paru dans l'hebdomadaire La Terre, du 15 au 21 septembre 2009

les producteurs de lait bio épargnés par la crise laitière?

 

Alors que les producteurs de lait se battent contre le chute libre des prix, certains d’entre-eux qui ont choisi la voie biologique s’en sortent beaucoup mieux. Explications.

 

Actuellement les producteurs de lait conventionnel ne tirent plus le moindre revenu d’une activité qui implique deux traites par jour et souvent plus de 60 heures de travail hebdomadaire. « Les producteurs de lait refusent le travail gratuit » titrait, à juste titre, je journaliste Gérard Le Puill, spécialiste des questions agricoles, dans le quotidien L’Humanité du 21 juillet dernier.

Ce n’est pas le cas pourtant de la filière bio qui est d’ailleurs la plus dynamique sur le marché des produits bio. Plusieurs raisons l’expliquent. Tout d’abord, malgré la crise économique qui touche directement le porte-monnaie des Français, la demande n’a jamais été aussi forte de la part des consommateurs de plus en plus nombreux chaque année à s’orienter vers la bio. C’est donc tout d’abord une raison d’offre et de demande. Et comme les producteurs de lait ne sont pas encore assez nombreux et ne produisent pas suffisamment pour répondre à cette demande, d’où une importation de 30% selon un rapport du Sénat,  les distributeurs leur achètent à bon prix. A très bon prix même : quand un producteur de lait conventionnel, victime de surproduction, de la baisse de la consommation mondiale et d’une absence de régulation du marché européen vend 20 à 22 centimes son litre de lait, son homologue « bio », lui, le vend jusqu’à 43 centimes (moyenne de l’année 2008), selon la FNAB (Fédération Nationale de l’Agriculture Biologique) groupement d’adhérents de producteurs bio.

Deuxième raison : Face aux coûts très élevés que représentent une production de lait bio, du fait notamment d’une main-d’œuvre maraîchère abondante, les laiteries bio (Biolait, Biocoop, Lactalis) accordent des aides financières aux producteurs qui souhaitent se convertir, encadrés par les chambres d’agriculture et les GRAB (Groupement Régionaux pour l’Agriculture Biologique). Des aides bienvenues au vu de la complexité des changements culturaux qui attendent ces producteurs qui doivent patienter deux années, le temps de la conversion, pour pouvoir vendre sous le label bio. Des aides qui viennent également combler les faibles subventions européennes de la PAC (Politique Agricole Commune). Celles-ci, en effet, privilégient les grandes cultures céréalières et les grandes exploitations (la « prime à l’hectare ») qui sont rarement le quotidien des producteurs bio. Et en général, cette prime atteint près de « 10 centimes supplémentaires par litre » selon Claire Touret, chargée de mission à la FNAB.

Des producteurs aidés donc mais qui rencontrent des problèmes structurels dans la récolte de leur lait. Ainsi dans le Cantal, faute de collecte, Olivier Piganiol, en conversion depuis  deux ans,  transforme son lait lui-même et le vend aux AMAP (Association pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne), aux cantines scolaires, en vente directe et bientôt dans les magasins bio. Les grandes surfaces ? « C’est impossible car mes pots sont consignés », explique-t-il. Dans l’Allier il n’y a pas n’ont plus les structures de transformation en lait bio.  Alors Marie Couval produit son lait selon les normes strictes de la bio mais elle doit, faute de camions de collecte bio, faire transformer son lait chez un conventionnel. Elle devrait donc être payée au prix du lait conventionnel mais Biolait, dont elle est adhérente, lui verse la différence. Tout le monde est ainsi gagnant, même la laiterie qui peut ainsi poursuivre sa politique de conversion dans ce département. Cette productrice qui élève une petite trentaine de vaches qui lui fournissent 200 000 litres par an est bien consciente que l’avenir du lait bio, s’il ne veut pas tomber dans les travers actuels du lait conventionnel, réside dans « le groupement de producteurs », qui devront uniquement produire « en fonction de la demande des marchés de consommation », prévient, Christophe Baron, vice-président de Biolait. Un point de vue largement défendu par Yannick Allard, installé en Loire-Atlantique. « L’union fait la force » en quelque sorte pour ce militant de la Confédération Paysanne qui possède avec deux autres associés 85 vaches laitières (« une taille moyenne » selon l’exploitant) qui produisent une moyenne de 520 000 litres de lait par an qu’il vend à Biolait chargé de les transformer. Des groupements de producteurs peu enclins aussi à vendre leur lait à des centrales d’achat. La raison ? pour François Thierry, producteur dans les Vosges, qui se définit comme un « paysan » avant tout, qui a toujours vendu en direct, lorsqu’on vend à une centrale « on perd le fil du produit et de la marge. On n’a plus aucune maîtrise ». Et lui qui produit du lait bio depuis le début des années 1990, il ne peut le supporter. Comme bon nombre de ses homologues, le passage au bio s’est fait naturellement. Pour des raisons financières mais pas seulement. Mieux se sentir dans sa peau fut la première raison. « Avant, j’étais plus conducteur de tracteur et acheteur de produits chimiques », explique-t-il, avant de préciser que c’était aussi au moment de la révolte des paysans sans terres du Brésil. Une prise de conscience politique en quelque sorte.  Mais également le refus de cette dérive inacceptable qui consiste à toujours produire plus avec des intrants sans forcément des résultats certains mais en tout cas coûteux. La raison sanitaire ? « A l’époque, confie-t-il, contrairement à aujourd’hui, ce n’était pas vraiment d’actualité ».

Alors la bio qui aujourd’hui ne concerne encore que 2 % de la SAU du territoire français serait-elle l’avenir pour un secteur du lait conventionnel en crise ? Au vu de l’engouement des Français et des aides financières accordées aux producteurs bio, il n’y a pas de doutes. Pourtant, cette alternative ne fait pas partie des propositions faites par le nouveau ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire, pour sauver la production laitière française. Ce dernier récemment parachuté, pour les municipales et les législatives, à Evreux, préfecture de l’Eure, département faiblement engagé dans la bio, serait-il sous influence de lobbies anti-bio, très puissant dans son département et plus globalement de l’industrie agro-alimentaire? « Aurait-il déjà oublié, demande une responsable de l’Agriculture Biologique en Picardie, qui a préféré rester anonyme, qu’il y a eu un Grenelle de l’environnement » sensé accorder 20 % de la SAU à l’agriculture biologique d’ici 2012 en France ?

Frédéric SEAUX

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31 octobre 2009 6 31 /10 /octobre /2009 20:49

  

Article paru dans L'humanité, le 24 septembre 2008

Mai 68 en Seine-Maritime

 

L’institut  CGT d’histoire sociale de Seine-Maritime revient dans un ouvrage* sur le printemps de luttes sociales qui ont changé la vie des Français et des Françaises.

 

L’Institut CGT d’histoire sociale de Seine-Maritime propose une approche aussi séduisante que rigoureuse des événements de Mai 68. En effet, son étude analyse non seulement le mouvement de mai-juin 68 partout dans le département, mais aussi ses causes et ses conséquences à travers les acquis de ces grèves qui mobilisèrent alors 250 000 travailleurs et étudiants dans ce département.

Le point de vue patronal n’est pas oublié, retracé à partir d’archives de ses syndicats longtemps restées confidentielles. Pas moins de 150 photographies viennent illustrer cette étude rédigée par plusieurs mains syndicalistes, avec la participation de personnalités régionales actrices des événements. On appréciera aussi son approche grand public et l’ouverture d’esprit de la CGT qui fait témoigner des acteurs aujourd’hui critiques à son égard et qui admet les limites de ses actions durant cette période.

Mais la force de ce livre réside surtout dans sa capacité à rétablir des vérités historiques notamment à propos d’une « génération spontanée » soi-disant à l’origine de ces événements, ou encore de la « trahison » du PCF et de la CGT lors des Accords de Grenelle.

Ce livre est donc une bouffée d’oxygène porteuse d’espoir pour ceux qui chaque jour subissent le pouvoir personnel présidentiel et une situation économique qui se dégrade. Ne dit-on pas souvent que l’histoire bégaie ?

 

* Mai-juin 68, un printemps de luttes sociales qui ont changé la vie, édité par l’Institut CGT d’Histoire sociale de Seine-Maritime, 10 euros, 150 pages, 2008. Préface de Michel Pigenet, Professeur d’histoire contemporaine à l’Université Paris 1-Panthéon-Sorbonne

 

                                                                                                                         Frédéric SEAUX
Correspondant pour L'Humanité

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31 octobre 2009 6 31 /10 /octobre /2009 19:45

Article publié dans L'Humanité, le 13 mai 2009


Le colonel Fabien était son père

 

Monique Georges vient de publier l’histoire de son père, le célèbre Colonel Fabien, héros de la Résistance française durant la Seconde Guerre mondiale.


Ce n’est qu’à la mort de sa mère, il y a quelques années, que Monique Georges, professeure d’histoire dans le secondaire, s’est véritablement intéressée à la vie de son père, Pierre Georges, plus connu sous son nom de guerre, le Colonel Fabien. Elle a découvert la correspondance de ses parents durant leur captivité dans les geôles françaises avant le départ de sa mère, Andrée, vers Ravensbrück, dont elle reviendra, mais veuve puisque son mari est mort (accidentellement ?) en décembre 1944.

C’est un livre passionnant et résolument l’œuvre d’une historienne que nous propose Monique Georges. Une historienne qui vient revisiter l’histoire officielle (n’est-ce pas le rôle d’un historien ?) forcément un peu trop vite rédigée d’un homme longtemps vu comme un titi parisien « à la gâchette facile », et dont les manuels scolaires n’ont retenu de lui que l’auteur du fameux attentat mortel en août 1941 contre un officier (qui n’en n’était pas un d’ailleurs) nazi dans le métro parisien à la station Barbès.

 Fabien n’est pas seulement une station de métro parisien, ou encore la célèbre place du siège du PCF. Il est beaucoup plus que cela : d’abord un communiste de premier plan qui s’engage dès 17 ans (après avoir menti sur son âge) dans les Brigades Internationales, puis qui tente de structurer la résistance communiste face à l’oppression nazie bien avant la rupture du pacte germano-soviétique et qui par la suite devient responsable FTP du secteur Sud de la région parisienne sous le nom de Colonel Fabien. Les FTP qui lanceront l’insurrection à Paris dans laquelle de Gaulle et Leclerc rentreront en libérateurs.

Ensuite un père, même si Monique Georges l’a peu connu et n’en n’a que de vagues souvenirs. Un père qui dans ses lettres destinées à son épouse captive montre son amour pour le genre humain, son amour pour sa fille et sa femme. Enfin un homme ayant arrêté l’école à 14 ans, qui obtient son cap d’ajusteur et qui, en captivité, lit les grands auteurs qu’ils dévorent passionnément.

Un livre utile qui permet d’en finir avec les idées toutes faites sur un homme qui valait plus que ce que la mémoire collective en a gardé.

                                                                                                                    Frédéric SEAUX


Monique Georges, Le Colonel Fabien était mon père, Paris, Editions Fayard, Document Mille et une nuits, 2008, 321 pages, Préface de Gille Perrault, Postface d’Olivier Besancenot, 18 euros.

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31 octobre 2009 6 31 /10 /octobre /2009 19:42

Article paru dans L'Humanité du 12 octobre 2009



Divorce prononcé au Mouvement des Citoyens

                              

Les élus et militants de Seine-Maritime ont officialisé leur départ du Mouvement des Citoyens de Jean-Pierre Chevènement. Motif : des désaccords de fond sur les stratégies et les méthodes employées.

 

Le divorce a été officiellement prononcé entre le Mouvement des Citoyens de Jean-Pierre Chevènement et ses militants et élus de Seine-Maritime, vendredi, lors d’une conférence de presse tenue par Pascal Langlois, secrétaire de la fédération 76, démis de ses fonctions en juin dernier.

Le feu couvait depuis les élections européennes où les membres haut-normands du parti n’avaient pas apprécié l’appel de la direction à voter blanc ou nul. Et pour ceux qui avaient décidé de soutenir les listes du front de gauche, la sanction avait été immédiate : la suspension de leurs fonctions internes jusqu’à la fin de l’année 2009 par le Secrétariat national.

Vendredi donc, les accusations ont fusé. Sur les stratégies du mouvement d’abord. Avouant que les élus et militants du département avaient toujours suivi « en bons petits soldats » les directives du parti sans jamais trop les comprendre, ils refusaient désormais de les cautionner surtout depuis l’affaire des européennes, regrettant l’absence d’accord avec le parti de gauche et le parti communiste français. Pourtant, a rappelé Pascal Langlois, « le MDC avait en janvier 2009 appelé à un projet alternatif à la politique néolibérale actuelle, avant de se récuser ».

Sur la méthode ensuite. Les démissionnaires ont ainsi reproché au secrétariat national du MDC d’avoir entériné sa position aux européennes, sans l’avis des militants et élus du parti. Pour Pascal Langlois, il n’en fallait pas plus pour que cette position brouille davantage l’image du parti, déjà bien écornée depuis 1999 et les élections européennes où la direction avait décidé de faire liste commune avec le PS du « oui » à Maastricht, alors même qu’elle avait appelé à voter non à ce traité. « Comment s’étonner alors, s’insurge Pascal Langlois, que 3 ans plus tard, le PS nous rende responsable de la défaite de Jospin ! Il avait de bonnes raisons de croire que le MDC se rallierait à lui ! ». Et l’ex-secrétaire de s’attaquer ensuite directement au chef, Jean-Pierre Chevènement : « Image brouillée encore en 2007, avec sa vraie fausse candidature à la présidentielle, pour rapidement défendre la candidature de Ségolène Royale ».

Remonté, Pascal Langlois a aussi dénoncé la volonté de son ex-parti de vouloir régler ses comptes avec le PCF. « Lors des élections sénatoriales de 2004 en Seine Maritime, le secrétariat national nous a imposé le dépôt d’une liste pour faire pression sur le PCF parisien afin de sauver le siège de Jean-Yves Autexier, alors que le MDC 76 avait - et a toujours - d’excellentes relations avec le sénateur PCF du département, Thierry Foucaud, pour, au dernier moment, nous imposer le retrait de notre liste ».

Pour autant, ces ex-MDC comptent bien poursuivre l’action politique et travailler à une gauche républicaine, socialiste et antilibérale, à travers leur association nationale « République et Socialisme », au profit du Front de gauche.

 

                                                                                                            Frédéric SEAUX

 

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