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27 avril 2011 3 27 /04 /avril /2011 08:31

 

Article paru dans le Journal d’Elbeuf, le mardi 26 avril 2011

 

Vincent Hébert alias « kopsy », en tout simplicité

 

Vincent Hébert est depuis 2008 le directeur de la structure pour adolescents et préadolescents de Tourville-la-Rivière. Son nom ne vous dit rien ou presque ? Et pour cause, tout le monde l’appelle Kopsy. Derrière ce surnom, qui reflète bien le personnage, se cache un homme simple et qui tient à le rester.

 

Vincent, c’est l’homme au chapeau dont il ne se départ jamais. Qu’a-t-il donc à cacher ? Une calvitie naissante ou déjà bien avancée ? « Non pas du tout, dit-il en ôtant, phénomène rare, son chapeau révélant une coupe courte. C’est juste que je n’aime pas plus que cela mes cheveux et que ça fait aussi partie de mon identité. D’ailleurs aujourd’hui tout le monde est étonné si je ne l’ai pas sur la tête », poursuit-il. Ne pas passer inaperçu est important pour Kopsy dont le surnom suscite lui aussi des interrogations. « Personne ne m’appelle par mon vrai prénom », reconnaît celui qui tient beaucoup à ce surnom qui reflète aussi son identité. Kopsy, qui signifie « psycho » en verlan, lui fut donné, il y a plus de quinze ans, lorsque Vincent fit une rencontre qui bouleversera sa vie d’artiste. « J’habitais Alizay et je fréquentais l’école de musique de Pont-de-l’Arche. J’y apprenais la guitare et j’ai fait un concert avec mon prof. Son fils jouait dans un groupe de la banlieue elbeuvienne et il m’a demandé de l’intégrer comme guitariste et chanteur. Ce sont les membres qui m’ont donné ce surnom car j’avais souvent des moments d’humeur et je n’étais pas toujours clair dans mes propos souvent imagés. Cela faisait rire les copains. J’ai gardé ensuite ce surnom qui me résume bien finalement ». Oui car Vincent, pardon Kopsy ! est certes un homme d’action, peu enclin à la théorie, mais il n’en demeure pas moins un homme de réflexion. Lui qui rêvait de faire carrière dans la musique, et qui a bien failli devenir assureur, aime les choses cadrées ne souffrant aucun à-peu-près. Car au bout, il y a des jeunes qui comptent sur lui.

Tout pour la musique

Le futur responsable de la structure pour ados de Tourville-la-Rivière obtient son bac ES (économie) après une seconde tentative avec la mention « bien »… content de l’avoir ! Il faut dire que Kopsy n’aimait pas beaucoup les études, trop théoriques, là encore. Et c’est vrai qu’on imagine mal celui qui fait le bonheur des adolescents de Tourville-la-Rivière, rester assis huit heures par jour. Alors que ses camarades, eux, le font naturellement, lui multiplie déjà les concerts avec son groupe qui deviendra « Bad Joke ».

Mais l’enfant de parents ouvriers, malgré les apparences, a les pieds sur terre. La musique est avant tout une passion, il est vrai, dévorante, mais de là à en faire une carrière… Kopsy doit trouver la motivation pour obtenir son bac. Il la trouve finalement, à quelques mois des épreuves, en découvrant qu’une grosse société d’assurance propose, après concours d’entrée, un BTS en alternance avec une embauche au bout des deux ans d’études. Kopsy saute sur l’occasion. Il réussit le concours, obtient son bac avec un « brillant dix et quelque chose… ». En septembre, il se retrouve alors avec dix autres bacheliers tous plus âgés que lui, dans les locaux de cet assureur. Très vite pourtant, Kopsy étouffe dans son costume où le chapeau, les baskets et les vêtements larges sont proscrits. « Au bout d’un an, je savais que cette formation n’était pas pour moi. Je n’allais pas en cours car ils ne me convenaient pas, et puis j’avais la tête ailleurs… ». On connaît la musique, pourrait-on dire sans mauvais jeu de mots. Car la musique justement prend de plus en plus de temps dans la vie de Vincent avec les concerts qui se multiplient. Alors le BTS en poche, car Vincent va toujours au bout des choses, il refuse l’embauche de cet assureur qui a oublié la dimension sociale de son métier. Et pendant près d’un an, lui et son groupe diffusent leur talent dans les bonnes salles de France et de Navarre, jusqu’à jouer, excusez du peu, sur la scène du Printemps de Bourges.

Et puis, la nécessité de gagner sa vie, le ramène, malgré lui, à la triste réalité de devoir accepter un emploi de commercial itinérant chez un autre groupe d’assurance. « Mais après le succès du printemps de Bourges, je ne me voyais vraiment plus travailler dans ce secteur », explique-t-il. Surtout que le premier album studio du groupe sort en 2002. Et Vincent veut du temps, pour la musique, on l’aura deviné. Il démissionne alors et trouve un travail d’emploi jeune dans une école primaire de Val-de-Reuil. Lui qui a obtenu son Bafa à 18 ans y voit alors une opportunité, sur le moment pas professionnelle, mais surtout artistique. « Je travaillais vingt sept heures par semaine, payées trente cinq, avec tous mes vendredis et week-ends. C’était cool pour les concerts », sourit-il. Mais Il sait désormais qu’il ne fera jamais de la musique son métier. Alors il profite de son droit à la formation pour passer son brevet d’Etat auprès des adolescents, public qu’il encadrait durant ses jobs d’été les années passées.

Un homme simple

Aujourd’hui Kopsy regarde ce passé encore récent avec beaucoup de satisfaction, car il a « toujours voulu goûter à tout pour ne pas avoir de regret ». Lui qui reconnaît l’importance d’avoir été cadré par des adultes, sans pour autant avoir le sentiment d’être étouffé, veut désormais arborer la même démarche auprès des jeunes et de ses supérieurs à la mairie de Tourville-la-Rivière. « En psycho, cela s’appelle un transfert », lui rappelle-t-on. Kopsy salut la référence. Apprécié, Kopsy l’est forcément, des jeunes, tout d’abord, qui reconnaissent en lui en priorité la disponibilité. Mais il ne veut pas qu’on lui dise trop frontalement. Vincent n’est pas homme à honneurs. « Je ne suis qu’une poussière sur la planète » affirme le jeune trentenaire qui ce serait bien vu être un scientifique, là encore pour le côté original de la démarche. « D’ailleurs je me sens mal à l’aise quand on me félicite trop. C’est comme ce portrait dans le journal d’Elbeuf, j’en suis étonné, car je suis finalement quelqu’un de simple et d’ordinaire », lâche-t-il.

Ce personnage ordinaire reste par contre très discret sur sa vie privée, afin « de bien fixer les frontières notamment avec les jeunes », confie-t-il. Par contre, ce qu’ils savent, c’est qu’il sera absent durant toutes les vacances d’avril. Kopsy a pris ses congés pour pouvoir partir en concert en Allemagne et en République thèque avec son groupe des débuts, « Bad Joke », mauvaise plaisanterie, en anglais, qui en est à son troisième album. Kopsy aime l’autodérision qui lui permet de rester humble, là où d’autres, même avec un petit chapeau, pourraient avoir un gros melon.

Frédéric SEAUX

 

Repères

 

Naissance le 28 octobre 1978

Originaire d’Alizay

Intègre le futur groupe « Bad Joke » à 15 ans

BAFA en 1996

Obtient son Bac ES au lycée Marc Bloch (Val-de-Reuil) en 1997

BTS en assurance en 1999

Joue au printemps de Bourges en 2001

Brevet d’Etat d’animateur pour préadolescents et adolescents en 2005.

Animateur auprès des 11-15 ans au sein de la  structure Condorcet à Gaillon de 2006 à 2008

Depuis 2008, directeur de la structure adolescents et préadolescents de Tourville-la-Rivière

 

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21 avril 2011 4 21 /04 /avril /2011 19:10

 

Articles parus dans l’hebdomadaire La Terre du 19 au 25 avril 2011

« Vérité » au LPA du Neubourg

 

Le Comité permanent de défense et de développement de l’enseignement public agricole, né en 2009 au lendemain des assises de l’enseignement agricole public, organisait jeudi dernier une opération « vérité » au LPA du Neubourg (Eure). Reportage.

 

     Face aux menaces de suppressions de postes et de fermetures de filières de formation dans l’enseignement agricole public au profit de l’enseignement privé (Voir le dossier de La Terre, 22-28 mars 2011), qui se sont accélérées depuis l’arrivée de la droite au gouvernement et la tenue  en 2009 des assises de l’enseignement agricole public, des syndicats d’enseignants (SNETAP-FSU et CGT), associés à des partis politiques de gauche (PCF, PG , NPA, EELV, PS), à la confédération paysanne et à la FCPE, ont décidé de réagir et de créer un Comité permanent de défense et de développement de l’enseignement agricole public . Objectifs : Faire prendre conscience à la population qu’il existe en France un enseignement agricole public aujourd’hui menacé et mener des opérations dites « vérité » dans certains LPA (lycées professionnels agricoles) publics afin d’observer concrètement sur le terrain le fonctionnement, les difficultés mais aussi les forts potentiels de ces établissements. Une des quatre opérations « vérité » était organisée jeudi au LPA du Neubourg (Eure). Les deux premières ont eu lieu à Toulouse et à Digne-Carméjane (Alpes de Haute-Provence), les 29 mars et 4 avril derniers. La dernière opération se tiendra jeudi au LPA de Château-Gontier, dans la Mayenne. Une tribune, signée par 37 personnalités, rappelant le démantèlement programmé des LPA publics a par ailleurs été publiée par l’Humanité, le 3 mars dernier.

     Dans les trois établissements publics que compte l’enseignement agricole dans l’Eure, les  inquiétudes et les revendications semblent être  identiques : maintien des moyens financiers, des postes et des filières technologiques et professionnelles. «  En plafonnant arbitrairement les différentes filières à 24 élèves (obligation est faite de dédoubler les cours au 25e élève-NDLR), voire à 16 pour certaines sections, contre 32 précédemment, Bruno Le Maire limite d’autant le budget des établissements, du ressort de la Région, basé sur le nombre d’élèves inscrits. L’idée sous-jacente est de supprimer des postes de fonctionnaires, même si derrière,  cela empêche des jeunes d’intégrer les filières de leur choix qui offrent des débouchés professionnels nombreux » pestent le Snetap et la CGT. Concrètement, à  la rentrée prochaine, « le LPA du Neubourg perdra 32 élèves, soit deux classes. Deux postes et demi ne seront pas remplacés », précise Thomas Courtaux du Snetap et enseignant dans l’établissement. « A terme c’est la mort de l’établissement » entend-t-on. « Faute de place dans le public, les élèves ne sont pas dehors, ils vont dans le privé, mais c’est payant », s’emporte alors Pascal Lepeltier, du même syndicat, face au représentant patronal de la chambre d’agriculture de l’Eure découvrant, étonné, les difficultés du LPA du Neubourg et refusant qu’on oppose le public et le privé. Il ya 15  ans, l’enseignement agricole était à 65 % public et à 35 % privé. C’est l’inverse aujourd’hui » dénonce pour sa part, Jean-Marie Le Boiteux, secrétaire général du Snetap, pointant du doigt, avec d’autres, le rôle prépondérant de la région dirigée par le socialiste Alain Le Vern dans cette évolution. Du côté des élus présents, Engagement fut notamment pris par l’élue régionale Michelle Ernis (Conseillère régionale Front de gauche) d’interpeller Alain Le Vern. Brigitte Gontier-Maurin (sénatrice PCF) a rappelé son combat constant contre la casse des services publics dans leur ensemble. Xavier Compain, membre de la commission Agriculture, Pêche et forêt du PCF a appelé à «  donner des suites politiques aux opérations vérité et auxquelles le PCF réfléchit ». Des prises de position saluées par les interlocuteurs syndicaux dubitatifs, par contre, devant une élue socialiste, Anne Mansouret, conseillère régionale, présidente du conseil d’administration du LPA du Neubourg affirmant « être d’accord sur tout » sans pour autant avoir « de choses extraordinaires à [vous] dire ». Du côté du comité, on espérait quand même mieux de la part d’une candidate aux primaires socialistes à l’élection présidentielle…

Frédéric SEAUX

 

 

« Il faut alerter l’opinion publique »

Brigitte Gontier-Maurin, sénatrice PCF des Hauts-de-Seine est membre du comité de Défense et de développement de l’enseignement public agricole. Elle était présente jeudi à l’opération « vérité » au LPA du Neubourg.

 

Vous êtes sénatrice des Hauts-de-Seine, département d’Ile-de-France qui ne compte aucun lycée agricole. Comment expliquez-vous alors votre engagement au sein du comité de défense et de développement de l’enseignement public agricole ?

Au Sénat, je suis responsable des questions éducatives au sein du groupe communiste républicain citoyen et des sénateurs du Parti de gauche et je suis rapporteur pour avis de la commission de la culture, de l’éducation et de la communication. La question posée aux LPA n’est pas isolée car l’ensemble des réformes actuelles vise à mettre en restriction la sphère publique qui répond aux besoins humains fondamentaux. Ces réformes conduisent à une société précaire proposant une main-d’œuvre bon marché. Le démantèlement des lycées agricoles publics et de l’ensemble des services publics est un choix idéologique de société de la droite.

Y aura-t-il un prolongement à ces opérations « vérités » ?

La tribune publiée dans l’Humanité doit devenir un manifeste et s’élargir aux simples citoyens. De telles opérations ont pour but d’alerter et de mobiliser l’opinion publique car les questions d’agriculture sont des questions de société, de territoire et de santé publique. Elles ne concernent pas uniquement ceux qui vivent à la campagne.

 

Bruno Le Maire, ministre de l’agriculture dont dépendent les lycées professionnels agricoles, est également conseiller régional UMP en Haute-Normandie. Qu’attendez-vous de sa part ?

Je n’attends rien ! Il est cohérent avec la politique de Nicolas Sarkozy qui vise à démanteler ce qui ressemble de près ou de loin à un service public au profit du privé. Il ne peut donc pas être un interlocuteur crédible.

                (Propos recueillis par Frédéric SEAUX)

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20 avril 2011 3 20 /04 /avril /2011 12:55

 

Articles parus dans le Paris-Normandie (éditions Grand Rouen), le 20 avril 2011

  

 

Articles et photo : Christian Pujol

 

 

article-dans-le-PN-du-20-avril-2011.jpg

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18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 13:32

 

Article paru dans l’Humanité, le lundi 18 avril 2011

L’enseignement agricole en danger

Des lycées agricoles se mobilisent pour exiger le maintien d’un enseignement public.

(photo : le comité de défense, avec la sénatrice PCF Brigitte Gontier-Maurin, à droite, est reçu par le proviseur du LPA du Neubourg)

photo 2Suppressions de postes et de filières, plafonnement des effectifs d’élèves, réductions drastiques des coûts de fonctionnement des établissements, primauté donnée au privé… la liste des attaques à l’encontre de l’enseignement agricole public est longue. Enseignants, syndicalistes et politiques, tous membre du Comité de défense et de développement de l’enseignement agricole public se sont retrouvés jeudi dernier au lycée professionnel agricole (LPA) du Neubourg, dans l’Eure. Objectif : mener dans cet établissement une opération « vérité » afin de pointer ses dysfonctionnements, mais aussi son fort potentiel mis à mal par le ministère. Les syndicats CGT et Snetap-FSU ont ainsi fustigé la politique du ministre de l’agriculture, Bruno Le Maire qui « plafonne arbitrairement les effectifs des différentes filières, l’idée sous-jacente étant de supprimer des postes de fonctionnaires, même si derrière,  cela empêche des jeunes d’intégrer les filières de leur choix qui offrent des débouchés professionnels nombreux ». Seul recours : la voie du privé. « Mais c’est payant ! », s’emporte alors le cégétiste Pascal Lepeltier, face au représentant patronal de la chambre d’agriculture de l’Eure découvrant, étonné, les difficultés du LPA du Neubourg et refusant qu’on oppose le public et le privé, Il y a 15  ans, l’enseignement agricole était à 65 % public et à 35 % privé. C’est l’inverse aujourd’hui » dénonce pour sa part, Jean-Marie Le Boiteux, secrétaire général du Snetap qui a reçu le soutien appuyé des élus Front de gauche (La sénatrice Brigitte Gontier-Maurin et le conseiller régional Jean-Luc Lecomte),  présents pour l’occasion.

Deux opérations du même type ont déjà eu lieu à Toulouse et à Digne-Carmejane. La dernière aura lieu jeudi à Château-Gontier.

Frédéric SEAUX

 

 

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13 avril 2011 3 13 /04 /avril /2011 21:52

 

Article paru dans le Journal d'Elbeuf,  le mardi 12 avril 2011

 

Le PCF débat sur l'environnement avec André Brunstein

 

"Je ne viens pas venu crier au loup mais..."

 

Mercredi soir les communistes de l’agglomération elbeuvienne accueillaient André Brunstein, ingénieur au Conservatoire National des Arts et Métiers et membre de la commission Ecologie du Parti communiste. Objectif ? Parler d’environnement et de ses liens avec la santé. Mais au cours du débat qui a suivi s’est rapidement posée, actualité oblige, la question du nucléaire.

 

conf-photo-1.JPGMercredi soir à la Maison des communistes à Elbeuf, André Brunstein a posé d’emblée la situation devant un parterre d’une quarantaine de militants, pour la plupart. « Je ne viens pas crier au loup, mais aujourd’hui, on peut dire que l’avenir de l’humanité est menacé ». Le ton se veut convaincant, comme d’ailleurs la démonstration par les faits et les chiffres qui ont suivi. « Tout ce que je dis n’est pas le fruit de mon imagination mais c’est le résultat d’études scientifiques menées par des organismes comme le CNRS ou encore l’Inserm », prévient le scientifique communiste qui dénonce le manque de financement de la recherche publique dans ce domaine.

En moins d’une heure, André Brunstein a ainsi évoqué, le réchauffement climatique qui est selon lui « le problème numéro un », mais aussi de la pollution de l’eau qui devient alors rare et chère au point que dans le monde « un humain sur quatre n’a pas accès à l’eau potable », rappelle-t-il. Quant à la pollution de l’air, non seulement celle-ci provoque la mort de « 42 000 morts par an en France » selon le scientifique, mais réduit, l’espérance de vie au Havre d’une année. La pollution chimique est, elle, connue de tous dans notre département. André Brunstein énonce alors des chiffres qui ont fait réagir l’assemblée : « La Seine-Maritime représente 3% de la population nationale mais 11% des cancers ».

Le nucléaire fait débat

« Que faire ? » conclut le scientifique. « Je ne suis pas venu avec des réponses toutes faites mais avec de simples pistes de réflexion », prévient-il. « Le changement viendra de la société civile qui doit prendre la question de l’écologie à-bras-le-corps et en ne faisant pas confiance à quelques partis qui se disent écologistes mais qui défendent un modèle économique capitaliste qui se désintéressent de l’environnement », s’insurge le scientifique qui n’oublie pas son engagement au parti communiste. « Et la décroissance ? », feint de demander Robert Hazet, co-secrétaire de la section d’Elbeuf. Réponse immédiate du scientifique : « la vraie question n’est pas de se demander s’il faut de la croissance, mais plutôt de réfléchir à une nouvelle forme de croissance respectueuse de l’environnement ». Idée qu’au demeurant les décroissants défendent en insistant sur la double nécessité d’une relocalisation des activités économiques réduisant ainsi l'empreinte écologique et les dépenses énergétiques, et d’une limitation de l’usage des matières premières qui viendront prochainement  à manquer.

Le nucléaire, enfin, s’est invité au débat, actualité oblige. Et il ne fait pas de doute que la question de la poursuite de son développement fait aujourd’hui débat au parti communiste. André Brunstein en la matière en connaît, pourrait-on dire, « un rayon ». Il était en effet « chef du service de production à la centrale de Flamanville (Manche) au moment de l’explosion de Tchernobyl ». Pour lui, la position du PCF sur le sujet n’est pas arrêtée. A la section d’Elbeuf non plus, semble-t-il, au vu des nombreux échanges entre militants dans la salle sur cette question sensible et qui depuis le drame survenu au Japon n’a de cesse d’interroger les Français.

 

Frédéric SEAUX

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9 avril 2011 6 09 /04 /avril /2011 13:27

 

Billet de Maurice Ulrich paru dans l'Humanité le mercredi 6 avril 2011

 

 

"Grosse connerie"

 

Il faut savoir saluer le courage des hommes politiques quand il en font preuve et même s'ils ne sont pas nos amis. Jean-Louis Borloo par exemple, qui quitta le gouvernement quand il sut qu'il ne serait pas premier ministre, après avoir oeuvré à l'écologie. Et bien, il vient de déposer un projet de loi qui devrait mettre de l'eau dans le gaz et, en tout cas, faire du bruit. Il entend donner à l'Etat, "les moyens d'interdire la recherche et l'exploitation immédiates des gaz de schiste".

Pour lui, en effet, une telle exploitation "impose la composition d'une étude d'impact et la tenue d'une enquête publique dans les conditions prévues par le code de l'environnement". C'est pertinent, et d'autant plus courageux que les permis d'exploitation, en 2010, avaient été signés par... Jean-Luis Borloo, qui déclarerait maintenant avoir fait une "grosse connerie". Question : aurait-il eu la même lucidité s'il était devenu premier ministre?

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8 avril 2011 5 08 /04 /avril /2011 19:00

 

C'est le tout premier article de presse sur les éditions COGITO ergo sum.

Il est paru vendredi 8 avril dans le Journal d'Elbeuf.

J'espère qu'il s'agit du premier d'une longue série...

Fred. Seaux

 

article coup de pouce journal d'Elbeuf 8 avril 2011

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8 avril 2011 5 08 /04 /avril /2011 06:54

 Billet de Maurice Ulrich paru dans l'Humanité le lundi 4 avril 2011

 

Pathologie

 

Ce qui est confortable avec Alain Duhamel, c'est qu'avec la constance d'un fidèle cheval de trait, de la pensée unique, de radios, en télé et journaux, il trace le même sillon, entre les "extrêmes" qu'il redoute par-dessus tout, afin que rien ne change, pour que tout continue. Ainsi dans sa chronique hebdomadaire de Libération consacrée sans surprise à Mme le Pen, ses résultats, estime-t-il, "croissent sur un terreau de pessimisme pathologique, d'amertume virulente, de colère effleurant, de sentiments d'injustice bouillonnants". Et surtout, surtout, "aucun autre peuple ne déteste à ce point la mondialisation et n'abhorre aussi violemment le capitalisme financier". En d'autres termes, la montée du FN serait due à un rejet "pathologique" du capitalisme, dont Mme Le Pen serait l'expression. Alain Duhamel se rend-il seulement compte qu'il la conforte ainsi dans le beau rôle qu'elle entend tenir, en toute démagogie. Parce qu'attiser les haines et les divisions, détourner les colères, ce serait au total la même chose que vouloir plus de justice.

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7 avril 2011 4 07 /04 /avril /2011 22:38

 

Article paru dans l'Humanité, le mercredi 6 avril 2011

 

Pour Sealinx, pas de fossoyeur

Les salariés de l’équipementier automobile Sealinx sont en grève pour demander le maintien des emplois par le futur repreneur et le retour des commandes de Renault

Les mois difficiles se suivent et se ressemblent pour les salariés de l’équipementier automobile Sealinx, basé à Charleval (Eure), spécialisé dans la fabrication de joints d’étanchéité. Après plusieurs plans sociaux ces dernières années, l’entreprise qui ne compte plus que 714 salariés (contre 1800 il y a dix ans)  est aujourd’hui en redressement judiciaire. Les promesses successives de la direction pour sauver l’entreprise en valorisant la bilocalisation (finition des produits dans les pays à bas coûts) et l’embauche de chefs de projet et de commerciaux n’auront été finalement que de la poudre aux yeux. Cinq repreneurs étrangers, indien, croate, polonais et espagnols, se sont déjà manifestés, sentant l’odeur de la bonne affaire, même si aucun chiffre concernant le montant du rachat n’a été jusqu’à présent donné. Par contre, les salariés savent déjà qu’ils seront la variable d’ajustement du futur repreneur, quel qu’il soit, car, « tous prévoient de ne garder au mieux 380 salariés sur le site », déplore Yamina Larbi, de la CDTM, syndicat indépendant du site.

Pas question néanmoins, malgré la situation inextricable dans laquelle semble être désormais l’entreprise, de subir une nouvelle saignée en termes d’emplois. Tous les salariés, cadres compris, sont donc en grève reconductible depuis lundi matin. « On met la pression sur Renault, mais aussi sur Peugeot, l’autre client important de l’entreprise qui n’a pas encore donné suite à notre demande d’audience », explique la responsable syndicale qui reconnaît que les salariés disposent actuellement d’un bon moyen de pression, en retardant la fabrication et la livraison des joints. Signe que cette colère est prise au sérieux, une intersyndicale (CDTM, CGT, CFTC, CGC) rencontrait dès hier à Paris la direction de Renault, son principal client, véritable donneur d’ordres. Objectif double pour les représentants syndicaux : Négocier  un plan social se limitant à des départs volontaires et exiger de Renault qu’il leur fournisse du travail, afin d’accroître les commandes et donc d’améliorer la rentabilité du site. A la sortie, les délégués ne cachaient pas leur mécontentement puisque Renault n’a proposé que 30 000 euros aux salariés désireux de partir, sans prendre en compte les années d’ancienneté, et a renvoyé la question des commandes aux contrats avec le futur repreneur. « On ira jusqu’au bout car on n’a plus rien à perdre », confie remontée Yamina Larbi.

   Frédéric SEAUX

 

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6 avril 2011 3 06 /04 /avril /2011 09:20

Article paru dans l'Humanité lundi 4 avril 2011

 

Des CV pour que Cléon embauche

 Les élus communistes d’Elbeuf ouvrent  un bureau d’embauche, pour l'usine Renault.

 Renault a promis l’embauche prochaine de 4700 salariés sur l’ensemble de ses sites français. « Chiche ! » lui ont répondu mercredi soir les élus communistes de l’agglomération d’Elbeuf (Haute-Normandie) en ouvrant un bureau d’embauche  pour le site de Cléon. Les demandeurs d'emploi peuvent donc y déposer leur CV. Alors que l'usine vient de se lancer dans la production du moteur R9M, ainsi que dans la fabrication du moteur électrique en 2014, les élus communistes préviennent : « si des vrais choix de développement industriel et d’embauche ne sont pas faits, le site se videra peu à peu. Le groupe Renault a englouti 2 000 emplois depuis 2003 rien que sur le site de Cléon ». La CGT du site salue l’initiative, mais elle s’insurge contre la politique de l’emploi de la direction qui « travaille au départ volontaire sur trois ans de 300 à 400 salariés. Les salariés, âgés d’au moins 58 ans, partiront en étant payés par Renault 75% de leur salaire, pendant trois ans et leur mise en retraite », explique Gille Galzin, son secrétaire général.

Quant aux promesses d’embauche, ce dernier parle de poudre aux yeux. « Ces 4700 embauches prévues sont de l’esbroufe, car 2700 le seront en contrat d’alternance sans obligation d’embauche derrière, et payées au smic au prorata des heures travaillées ». Le syndicat et le élus PCF plaident pour qu'« à un départ coïncide une embauche », ce qui appelle la direction de Renault à relocaliser ses productions en France. A l’heure actuelle, rappellent-ils, les « deux tiers des Renault immatriculées en France sont fabriquées à l’étranger ». Les demandeurs d’emploi qui sont venus déposer leur CV se sont dit « surpris et heureux» qu’un parti politique prenne la question de l’emploi industriel à bras le corps. Reste à savoir ce que Renault fera de ces CV…

Frédéric SEAUX

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  • : il s'agit d'un blog sur lequel paraissent certains de mes articles publiés dans le quotidien l'Humanité et les deux hebdomadaires, La Terre et l'Humanité Dimanche. J'utilise également ce blog comme moyen d'expression sur des sujets d'actualité que je ne traite pas directement à travers mes articles. Rendez-vous également sur le blog de la maison d'édition que j'ai créée : http://editionscogitoergosum.over-blog.com
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