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15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 10:27

Genre, le désaccord

LE MONDE CULTURE ET IDEES 14.01.12

 

La France est sans doute l'un des seuls pays au monde où les esprits s'échauffent sitôt que l'on évoque une réforme, même prudente, de la grammaire ou de l'orthographe. En 1990, la disparition de certains accents circonflexes - voute ou paraitre - et la soudure de quelques mots composés - portemonnaie ou pingpong - avaient fait frémir les puristes : l'aval de la prestigieuse Académie et du Conseil supérieur de la langue française n'avait pas suffi à apaiser la sainte colère des défenseurs de l'orthodoxie.

Une petite décennie plus tard, la féminisation des noms de titres et de métiers avait plongé la France dans une bataille linguistique sans merci : lorsqu'Elisabeth Guigou ou Martine Aubry s'étaient fait appeler "Madame la ministre", les Académiciens avaient solennellement demandé l'aide du président de la République "en une affaire qui, dans les hauteurs de l'Etat, porte atteinte à la langue française".

En France, on ne plaisante pas avec la langue. Elle a son histoire, bien sûr, mais aussi son gardien : quai Conti, quarante académiciens dotés d'un bicorne, d'une cape, d'un habit vert et d'une épée veillent sur le bon usage du français avec une attention jalouse. Cette compagnie de lettrés tient son mandat du cardinal de Richelieu : les lettres patentes de Louis XIII consacrant son existence ont été enregistrées par le Parlement en 1637. Dans ce texte, Louis, roi de France et de Navarre, appelé par Dieu à la conduite de l'Etat français, proclame sa volonté d'enrichir la langue "de tous les ornements convenables à la plus illustre et à la plus ancienne de toutes les monarchies qui soient dans le monde". L'Académie, conclut-il, aura pour mission de "rendre le langage français non seulement élégant mais capable de traiter tous les arts et toutes les sciences".

Aujourd'hui, certaines féministes rêvent pourtant de bousculer ce bel ordonnancement linguistique régi par une institution vieille de bientôt quatre siècles. Le monde a changé, proclament-elles, il serait bon que la langue française en prenne acte. L'objet de leur courroux est une règle de grammaire dont l'énoncé leur semble provenir d'un autre monde : "Le masculin l'emporte sur le féminin."

Au nom de ce principe, l'adjectif qui qualifie plusieurs noms de genres différents s'accorde automatiquement au masculin : les garçons et les filles sont ainsi prêts pour l'école, de la même manière que les hommes et les femmes sont beaux. L'adjectif se met en effet au "genre indifférencié, c'est-à-dire au masculin", résume Le Bon Usage de Maurice Grevisse. "Dans les représentations, cette règle fait des femmes et du féminin les invisibles de la langue", s'insurge Clara Domingues, docteure ès lettres et secrétaire générale de l'association L'égalité, c'est pas sorcier.

Pour tenter de "révolutionner les écrits, les correcteurs d'orthographe et nos habitudes", L'égalité, c'est pas sorcier, la Ligue de l'enseignement, Le monde selon les femmes et Femmes solidaires ont lancé une pétition - "Que les hommes et les femmes soient belles !" -, qui demande à l'Académie française de réformer l'accord de l'adjectif (Petitions24.net). "Cette règle de grammaire apprise dès l'enfance sur les bancs de l'école façonne un monde de représentations dans lequel le masculin est considéré comme supérieur au féminin", affirme ce texte, qui a déjà recueilli plus de 3 300 signatures.

Les pétitionnaires demandent l'application d'un nouveau principe, la règle de proximité : lorsque les noms sont de genres différents, l'adjectif s'accorderait avec le mot le plus proche. Par la grâce de ce dispositif égalitaire, les manteaux et les vestes seraient blanches et non plus blancs, tandis que les garçons et les filles nous sembleraient gentilles, et non plus gentils. "Cette règle serait souple, note Clara Domingues. Il suffirait de l'enseigner à l'école et de laisser ensuite vivre la langue."

Les signataires savent bien que leur requête sera le plus souvent accueillie par des soupirs de lassitude et des haussements d'épaules exaspérés. Que de simagrées, diront certains. Est-ce une priorité en ces temps de crise mondiale, se demanderont d'autres. L'égalité hommes-femmes se joue ailleurs que dans les règles de l'accord de l'adjectif, concluront les moins malveillants.

Mais les associations tiennent bon. "Dès l'enfance, cette règle inscrit dans le symbolique l'idée que l'un des sexes est supérieur à l'autre, souligne Henriette Zoughebi, vice-présidente (PCF) chargée des lycées au conseil régional d'Ile-de-France. Je le dis en songeant à ma carrière professionnelle de bibliothécaire et à mon amitié pour les livres : c'est la langue qui permet de dire le réel, c'est elle qui transforme, ou non, les choses. Si l'on veut donner de la visibilité aux femmes dans l'espace social, il faut adopter la règle de proximité, qui est à la fois simple et souple : elle redonne de la liberté et du jeu à la langue."

Contrairement à ce que certains pourraient penser, la règle de proximité n'a rien d'une élucubration féministe du XXIe siècle. En grec ancien, l'adjectif épithète qualifiant des noms de genres différents ne se mettait pas systématiquement au masculin, comme il le fait aujourd'hui en français : il s'accordait avec le nom le plus proche, en vertu de la fameuse règle de proximité. Le Grand Dictionnaire des lettres (Larousse) souligne qu'en latin il en était de même : "Au latin remonte l'accord de l'épithète, s'il y a plus d'un nom support, avec le plus rapproché, précise l'ouvrage. Cet usage domine (irrégulièrement) en ancien français."

Et de citer la Chanson de Roland, qui applique, lorsqu'elle raconte la mort du chevalier à Roncevaux, la règle de proximité défendue par les féministes de 2012. "La langue du Moyen Age pratiquait ordinairement l'accord avec le donneur le plus proche, confirme l'ouvrage de Grevisse. Les auteurs du XVIIe et même ceux du XVIIIe suivaient encore assez souvent l'ancien usage."

A cette époque où l'Académie française voit le jour, la règle de proximité est encore très présente mais elle fait l'objet de débats : elle chagrine le poète François de Malherbe (1555-1628) mais elle ne déplaît pas au grammairien Claude Favre de Vaugelas (1585-1650) - l'un des premiers membres de l'Académie ! -, qui recommande d'écrire "le coeur et la bouche ouverte" ou "des travaux et des chaleurs excessives".

Dans ses Remarques nouvelles sur la langue française (1675), l'abbé Bouhours estime cependant que ces phrases ont, "ce me semble, quelque chose qui fait de la peine" : il avoue n'avoir "jamais pu se résoudre" à appliquer une règle qui "laisse ainsi un substantif en l'air" - le malheureux nom masculin, auquel l'adjectif ne fait plus écho. Racine, lui, utilise tour à tour les deux constructions, écrivant, par exemple, dans Athalie (1691) : "Surtout j'ai cru devoir aux larmes, aux prières, consacrer ces trois jours et ces trois nuits entières."

La règle précisant que le masculin l'emporte sur le féminin finit par s'imposer au XVIIIe pour des raisons qui ne doivent pas grand-chose à la linguistique : à cette époque, la supériorité masculine va tout simplement de soi. "Lorsque les deux genres se rencontrent, il faut que le plus noble l'emporte", affirme l'abbé Bouhours en 1675. "Le genre masculin est réputé plus noble que le féminin à cause de la supériorité du mâle sur la femelle", complète élégamment, en 1767, le grammairien Nicolas Beauzée.  

"Cette règle grammaticale qui instaure la domination du masculin sur le féminin est historiquement très datée : elle nous renvoie à la monarchie absolue, au Roi-Soleil et au catholicisme triomphant, regrette Jacqueline Costa-Lascoux, directrice de recherches au CNRS. La langue, c'est l'architecture de la pensée. Nous sommes au XXIe siècle : adoptons donc la règle de proximité, qui est plus simple et plus esthétique. Elle sonne mieux à l'oreille, elle offre plus de liberté dans l'écriture, et surtout, elle est plus égalitaire."

Il existe un endroit où cette règle, que beaucoup d'enfants utilisent spontanément pour des raisons d'euphonie, est appliquée : les éditions Cogito ergo sum, une toute petite maison qui a publié quatre ouvrages depuis sa fondation, en avril 2011.

Au début de chaque livre, une note de l'éditeur indique que, pour l'accord de l'adjectif, il applique la règle de proximité. "On ne peut pas parler d'égalité hommes-femmes sans poser la question de la langue, car la grammaire porte l'empreinte de la domination masculine, affirme le fondateur de Cogito ergo sum, Frédéric Seaux. C'est un détail, mais un détail symbolique d'une importance incroyable ! Je sais, bien sûr, que la langue est un héritage, mais il ne faut pas hésiter à la bousculer, il faut qu'elle soit vivante. Nous essayons d'apporter notre petite pierre à l'édifice de l'égalité, mais c'est une goutte d'eau dans la mer : il faudra sans doute plusieurs générations pour que la règle de proximité finisse par être réintroduite."

Car l'Académie veille. Et l'Académie n'aime guère les révolutions. En présentant les ajustements orthographiques de 1990, le secrétaire perpétuel de cette vénérable assemblée, Maurice Druon, avait fermement écarté l'idée d'une "réforme bouleversante qui eût altéré le visage familier du français" : il préconisait au contraire de "sages" aménagements correspondant à "l'évolution de l'usage". Autant dire que la règle de proximité ne correspond pas à ces critères.

"La règle de l'accord de l'adjectif est d'un usage constant depuis trois siècles, et je n'ai pas l'impression qu'elle fasse l'objet de débats chez les grammairiens, ni que l'usage, chez les Français, soit hésitant, note Patrick Vannier, chargé de mission au service du dictionnaire de l'Académie. L'Académie ne cède pas aux modes, elle s'inscrit dans la durée. Et c'est normal : nous sommes tous attachés à la langue que nous avons apprise. Les réformes de l'orthographe demandent toujours du temps pour s'installer dans l'usage."

L'Académie française, qui a attendu 1980 pour accueillir sa première Immortelle - Marguerite Yourcenar -, sait ce que patience veut dire : bien que les femmes aient massivement investi le monde du travail, la dernière édition de son dictionnaire considère encore qu'une présidente n'est pas une femme qui exerce les fonctions de président mais l'épouse d'un président, comme la présidente de Tourvel dans Les Liaisons dangereuses.

Cette touche surannée qui ramène les femmes plus de deux siècles en arrière est un peu la marque de fabrique de l'Académie : lors du débat sur la féminisation des noms, à la fin des années 1990, elle avait élaboré une distinction acrobatique entre la fonction - qui fait abstraction du sexe et qui ne peut être féminisée - et l'activité - qui peut l'être car elle relève d'une identité personnelle. Elle recommandait donc très sérieusement d'écrire : "Le médecin des hôpitaux, Mme Isabelle Martin, est nommé directeur de l'hôpital d'Alençon. Dans sa nouvelle activité de directrice, elle n'exercera plus son métier de chirurgienne." L'Académie a pour mission de rendre la langue "pure", précisait le statut de 1635...

Dans un vieux pays comme la France, la langue peine à s'adapter à l'immense révolution qu'a représentée, depuis les années 1960, l'égalité hommes-femmes. D'autres contrées se sont laissé plus facilement bousculer par l'évolution des moeurs : c'est le cas du Québec, où l'on emploie couramment les termes "auteure" ou "écrivaine". "Comme quoi le phénomène social que constitue l'accession des femmes au marché du travail peut réellement affecter la structure de la langue", conclut Geneviève Prevost, universitaire à Paris-V, dans La Féminisation des noms de métiers (L'Harmattan, 1998). Le très sérieux Office québécois de la langue française évoque d'ailleurs, pour l'accord de l'adjectif, deux constructions : la règle "habituelle", qui veut que le masculin l'emporte sur le féminin, et la règle de proximité, qui n'est pas "incorrecte grammaticalement". "A quand la France ?", demandent malicieusement les pétitionnaires d'Internet.

Anne Chemin
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28 octobre 2011 5 28 /10 /octobre /2011 19:24

 

Le Stéphanais

bulletin municipal de Saint-Etienne-du-Rouvray

n° 132, 27 octobre-17 novembre 2011

 

 

comedie-musicale.jpg

Le metteur en scène de ce spectacle est Hicham Moatassim, Stéphanais, ancien élève du Conservatoire de Rouen et futur grand nom français du one man show.

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20 avril 2011 3 20 /04 /avril /2011 12:55

 

Articles parus dans le Paris-Normandie (éditions Grand Rouen), le 20 avril 2011

  

 

Articles et photo : Christian Pujol

 

 

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22 janvier 2011 6 22 /01 /janvier /2011 13:32

Articles parus dans l'hebdomadaire La Terre, du 18 au 24 janvier 2011

 

Le monde rural sur les planches

 

La décentralisation théâtrale s’est globalement arrêtée aux portes des villages. En  Haute-Normandie, certaines communes en ont décidé autrement en signant une convention avec la compagnie « La Comédie errante » de Bob Villette.

 

En Haute-Normandie, des communes ont en effet décidé de se lier à une troupe d’irréductibles, « la Compagnie errante », qui depuis près de trente ans joue et fait jouer « dans des lieux peu probables, à commencer par les villages », insiste Bob Villette, fondateur de cette compagnie installée pourtant en zone urbaine à Cléon, dans la banlieue d'Elbeuf, à quinze minutes de Rouen. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que le succès, naissant ici, durable là, est prégnant. Un succès que l'on doit en premier lieu aux choix des élus locaux et des associations qui  sont des éléments primordiaux au dynamisme rural.
Les communes d'Ymare (1000 habitants), Bois d'Ennebourg (associé à Bois l'Evêque, 1000 habitants à eux deux) et Montigny (1200 habitants) ont ainsi fait le pari gagnant de signer une convention avec la compagnie de Bob Villette.

Les ingrédients d’une telle réussite ? « Il faut qu’il y ait une rencontre » explique Bob Villette. Ainsi, la création l’an dernier d’un atelier théâtre à Bois d’Ennebourg a vu le jour grâce à l’épouse du maire de cette commune qui participait aux cours pour adultes dispensés à Ymare. Mais il faut ensuite une réelle volonté du maire et de son conseil. A Bois d’Ennebourg, Mathias Ader, maire depuis 2008, naturellement influencé par son épouse, en a eu aussi la volonté politique. L’ingénieur territorial qui a passé toute sa jeunesse parisienne dans les théâtres de la capitale et de sa banlieue, tenait à  amener le théâtre dans sa commune afin d’en combattre l’image élitiste. Mais l’élu écologiste, exigeant, souhaitait un théâtre de qualité avec une démarche réflexive.

Les associations s’en mêlent

 « J’ai tout de suite été intéressé par le travail de Bob Villette qui dans sa démarche de « chemin d’acteur » propose une approche nouvelle du théâtre, rigoureuse et structurée et en même temps très pédagogique pour l’enfant car le théâtre de Bob Villette est fondé sur l’esprit collectif qui est une valeur importante », poursuit l’élu.  De neuf enfants l’an passé, ils sont aujourd’hui treize à fréquenter le cours hebdomadaire. Revigoré par le spectacle donné en  juin dernier dans la salle des fêtes devant la population, l’élu aurait pu s’en satisfaire. Mais conscient de l’insuffisance du nombre de participants qui étaient « essentiellement  les enfants des conseillers municipaux », l’élu a relancé la convention,  « plus seulement pour voir comme la première année », dit-il, ainsi que les inscriptions. Aujourd’hui, précise-il, le premier surpris, « c’est presque 30 % d’une classe d’âge des deux villages qui fait du théâtre ».

A Ymare, le maire communiste confie que « c’est une association locale, « la chandelle verte » qui gère la convention avec la compagnie errante, car en milieu rural, on n’a pas toujours les services en quantité et en qualité. On préfère donc accompagner les associations financièrement et sur le plan logistique ». Une réalité que partage le maire « sans étiquette » de Montigny, près de Maromme en banlieue Nord de Rouen. Là encore, c’est une association locale, « le foyer culturel de Montigny » qui gère la convention avec la troupe de Bob Villette. La présidente Christiane Semail explique que « le théâtre, seule activité culturelle de la commune, est né, il y a deux ans, d’une demande des jeunes ».

« La salle des fêtes est plus extensible que notre budget »

Le point commun pour ces communes est en tout cas la volonté de ne pas se satisfaire de cet actuel succès d’estime dont ils bénéficient. A Montigny, la présidente espère bien atteindre rapidement quinze à vingt adolescents (contre dix cette année, et huit la première année) pour constituer une vraie troupe. Il faut dire que dans ce village, la salle des fêtes de 120 places et l’existence, il y a une quinzaine d’année, d’une troupe d’adultes alimentent l’espoir.

Du côté de la « Comédie errante », l’ambition est identique. « Une dizaine d’enfants ou d’adultes dans un cours n’est pas une fin en soi » affirme Bob Villette. L’objectif est donc que le théâtre s’implante durablement via la formation, bien sûr, puis par des représentations que la troupe professionnelle vend aux communes. Et du côté des associations, comme « la chandelle verte » à Ymare, on rêve souvent d’un lieu (souvent la salle des fêtes) mieux adapté au vu du travail effectué et des ambitions fixées. C’est là par contre que le bât blesse car les municipalités rurales n’en ont souvent ni les moyens, ni l’envie d’en faire une priorité. « Quand il y a un spectacle, on tire les murs de la salle des fêtes qui sont plus extensibles que notre budget », ironise le maire qui reconnaît malgré tout que l’activité théâtrale permet d’offrir depuis maintenant huit ans un service de plus aux habitants et un visage dynamique du village qui, bien que situé à quinze kilomètres de Rouen, « n’est pas une cité dortoir », insiste-t-il.

Frédéric SEAUX

 

 

 

La Comédie errante à la recherche d’un nouveau théâtre

La comédie errante fêtera bientôt ses trente ans d’existence. Trente ans que Bob Villette, son fondateur âgé de 61 ans, travaille à l’éclosion d’un nouveau théâtre. Comédien, auteur, metteur en scène, pédagogue, Bob Villette se définit lui-même comme un « chercheur de la forme théâtrale ». Passionné par l’étude du travail d’acteur auquel il donne le nom en 2008 de « chemins d’acteur », ses travaux ont été relayés par le département Arts et Spectacles du CNRS. Même s’il reste modeste à ce sujet, Bob Villette est l’homme qui a formé des acteurs comme Philippe Torreton et Bruno Putzulu.

En continuelle recherche théâtrale, Bob Villette met en scène des auteurs classiques et contemporains avec comme leitmotiv, une démarche de longue haleine : amener au théâtre de nouveaux spectateurs et leur donner envie d’y revenir en allant à leur rencontre.

                   Frédéric SEAUX

 

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11 juin 2010 5 11 /06 /juin /2010 07:28

Article publié dans l'hebdomadaire La Terre, du 11 au 17 mai 2010

A Ramburelles, le rock côtoie le patrimoine

 

Somme. Le 5 juin prochain, le village de Ramburelles  organise sa traditionnelle fête du patrimoine en même temps qu’un festival Rock.

 

A Ramburelles, petit village de la Somme, situé à quelques kilomètres d’Abbeville et du Tréport en Haute-Normandie, on compte bien tordre le cou aux idées reçues à propos de la prétendue désertification inexorable des campagnes françaises. Tel un célèbre village gaulois, Ramburelles et ses 241 Picards au dernier recensement 2006 (10% de plus qu’en 1999) ne comptent pas se laisser mourir surtout sans réagir. Ainsi, la municipalité conduite par Jack Bacouël, 62 ans et maire depuis 2008 après en avoir été le secrétaire de mairie pendant trente ans, organise le 5 juin prochain, pour la deuxième année consécutive, sa fête du patrimoine. L’an dernier, le village avait ainsi accueilli en une seule journée près de 3000 personnes venues essentiellement  des alentours, mais aussi de la Haute-Normandie toute proche.

 La fête débutera à dix heures du matin.  Le public profitera des nombreuses expositions prévues cette année ( exposition de matériel agricole ancien, de peinture et d’artisanat d’art, de voitures anciennes, d’outillage artisanal…). Il pourra aussi profiter de la visite guidée de l’église et de la mairie, celle-ci recélant d’objets aussi anciens qu’originaux. Et puis comme toute fête du patrimoine qui se respecte, de nombreux jeux −picards évidemment− seront proposés au public : concours de jeu d’assiettes, de tir à la carabine, de javelot picard, jeu de quilles, jeu de la grenouille, le casse-bouteilles et le jeu de ramassage de pommes de terre à… vélo !

En partenariat avec le … diable

Dans ce village qui ne compte plus aucun commerce, à part le café, la municipalité, via ses associations qui participent activement à la fête, vendra sur place de quoi se restaurer et se désaltérer. Cette fête, cette année encore, devrait donc connaître un franc succès car tout a vraiment été prévu. Jusqu’à l’animation en soirée. Et cette année, la municipalité a choisi de frapper fort. Elle a en effet décidé de s’associer avec… le diable ! Précisément avec « le diable est dans la boîte », association, installée à Saint Riquier-en-Rivière (Seine-Maritime) dont l’objectif est d’ « aider au développement des pratiques artistiques et culturelles dans le secteur des musiques actuelles et de démocratiser la musique en milieu rural en allant vers le public jeunes et âgé », explique Laurent Quenu, un des membres très actifs de l’association, professeur de Lettres et d’histoire géographie au lycée professionnel Georges Brassens de Neufchâtel en Bray et bassiste confirmé.

 Les deux parties étaient donc faites pour se rencontrer car de son côté, cette association cherchait cette année une municipalité prête à l’accueillir pour organiser son deuxième festival rock en milieu rural. L’an dernier, ce festival, dénommé « Bambino’s festival » avait accueilli près de 450 personnes sur le terrain de football d’Embreville, petite commune rurale de la Somme également, et dans le Vimeu précisément.

Quatre groupes animeront la soirée et le village : « Diabolo Watts », principal groupe de l’association et dans lequel joue Laurent Quenu, originaire du Pays de Bray, qui joue depuis près de dix ans dans la région ; « Inner melody », un groupe de jeunes de Mers les Bains (Somme) ; « Bambino et son collègue », un groupe de Compiègne et les Parisiens « Mighty Pearl », dont le batteur n’est autre que le frère du batteur des « Diabolo Watts ». Bref une histoire de famille.

Un festival à contre-courant

Les groupes locaux et jeunes seront donc à l’honneur à l’occasion de ce festival. Et pour les organisateurs, il n’y a aucune incompatibilité entre une journée traditionnelle, comme la fête du patrimoine, et un événement moins classique, surtout en milieu rural, comme un festival Rock. Au contraire, pourrait-on parler de complémentarité car, précise Laurent Quenu, « par rapport à d’autres festivals qui proposent de grandes scènes, avec un matériel ultra sophistiqué à des groupes déjà connus mais sans attache avec le lieu où ils se produisent, nous on propose un festival familial, gratuit, accessible à tous, y compris à ceux qui à la base ne seraient venus que pour la fête du patrimoine. L’objectif de la commune est de se faire connaître et pour nous association de faire perdurer ce festival ». D’ailleurs l’organisation est à un tel point conjointe que les dépenses comme les recettes seront partagées entre la municipalité et l’association. « Notre but, conclut Laurent Quenu, n’est pas de réaliser des bénéfices, mais de retomber sur nos pieds et faire vivre l’association ».

 Une association financièrement désintéressée, un village qui résiste et qui en plus gagne des habitants… pas sûr que le JT de Jean-Pierre Pernaut en parle.

Frédéric SEAUX

 

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  • : il s'agit d'un blog sur lequel paraissent certains de mes articles publiés dans le quotidien l'Humanité et les deux hebdomadaires, La Terre et l'Humanité Dimanche. J'utilise également ce blog comme moyen d'expression sur des sujets d'actualité que je ne traite pas directement à travers mes articles. Rendez-vous également sur le blog de la maison d'édition que j'ai créée : http://editionscogitoergosum.over-blog.com
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