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27 février 2012 1 27 /02 /février /2012 14:54

Article paru dans L'Humanité le 8 Février 2012

 

 

Les lycées professionnels

au premier rang des restrictions budgétaires

 

Déjà touché par la réforme de 2009, l’enseignement professionnel supportera les deux tiers des suppressions de postes dans le secondaire et se voit de plus en plus menacé.

 

Dans l’académie de Lille : 468, 300 à Créteil, 120 à Toulouse, 105 à Caen… L’enseignement professionnel supportera la majeure partie des suppressions de postes prévues à la rentrée 2012 dans le secondaire. Au total, selon les syndicats, elles oscilleront entre 3 500 et 4 000 sur les 6 550 exigées par le gouvernement.

Principale raison d’une telle saignée : la réforme du lycée professionnel de 2009, qui a réduit la durée de formation de quatre à trois ans et créé artificiellement un surcroît d’élèves puisque regroupant sur une année les nouveaux venus du collège et ceux qui avaient déjà effectué un an de CAP ou BEP. Parvenue cette année en terminale, cette « bulle d’élèves », comme l’appelle le ministère, n’existera plus à la rentrée. Ce qui entraînerait un déficit de quelque 33 000 élèves.

Un prétexte tout trouvé pour faire avaler un nouveau train de restrictions budgétaires. Et continuer d’éteindre l’enseignement professionnel public, sous couvert de « rationaliser » l’offre de formation. En janvier, le lycée professionnel du Mas-Jambost, à Limoges, a réussi, grâce à la mobilisation, à infléchir la décision de fermeture. Mais de fait, les petits établissements et les filières à faibles effectifs sont particulièrement visés. Dans l’académie de Lille, le rectorat procédera, à la rentrée 2012, à 14 « fusions » de lycées professionnels. En Midi-Pyrénées, le maillage territorial des formations en prend un coup avec la disparition de quatre bac pro et trois CAP.

Autre exemple au lycée des métiers du bois et de l’écoconstruction, à Envermeu, près de Dieppe (Seine-Maritime). Depuis plusieurs semaines, enseignants, parents et élus s’opposent à la volonté du rectorat de fermer à la rentrée le bac professionnel « technicien de scierie », ouvert depuis seulement deux ans et encore en phase expérimentale. Motif invoqué : l’insuffisance des effectifs dans cette section, où il y a actuellement deux élèves en seconde, onze en première et six en terminale. Les enseignants s’insurgent contre cette vision bêtement comptable. Ces « demi-sections » ne sont destinées à accueillir que quinze élèves et, surtout, cette formation rare, la seule dans le quart nord-ouest du pays, répond à une demande de la part des professionnels haut-normands de la filière bois. Ces derniers, par la voix de l’interprofession normande Anoribois, ont immédiatement apporté leur soutien à la mobilisation. Tout comme la presse professionnelle. « Il faudra nous expliquer comment nous allons développer l’usage des bois locaux si les scieries françaises ne trouvent plus de salariés qualifiés », s’agace l’éditorialiste de l’hebdomadaire Bois international dans son numéro de janvier.

Le 10 janvier, l’Association des régions de France a dénoncé le « gâchis financier incompréhensible » que représentent les fermetures de filières ou d’établissements. Quelques jours plus tard, Nicolas Sarkozy, en guise de réponse, faisait l’apologie de l’apprentissage… « Il y a une volonté idéologique et budgétaire de supprimer la formation professionnelle sous statut scolaire au profit de l’apprentissage assuré par le secteur privé », dénoncent les syndicats comme le Snuep-FSU et la CGT éduc’ action.

 

Laurent Mouloud avec Frédéric SEAUX

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26 mai 2011 4 26 /05 /mai /2011 06:55

 

Futurs profs, Chatel corrige sa copie au minimum

Laurent Mouloud, L’Humanité, 24 mai 2011

 

Le ministre Luc Chatel a annoncé hier la création, à la rentrée prochaine, de « masters en alternance  » afin d’améliorer le volet professionnel de la réforme très critiquée de la formation des maîtres.

 

Les syndicats réclamaient une « remise à plat  ». Finalement, la très contestée réforme de la formation des enseignants ne fera l’objet que de quelques « améliorations  » à la rentrée prochaine, que le ministre Luc Chatel a présentées hier. Principale annonce  : la création de « masters en alternance  », censés renforcer la formation professionnelle des futurs profs.

Mis en place depuis septembre, la réforme dite de «  mastérisation  » a élevé le niveau de recrutement de tous les enseignants à master 2 (bac + 5) et confié leur formation aux universités. Problème  : les masters proposés sont moins axés sur la pratique que ne l’était la formation en IUFM. Et beaucoup de nouveaux profs sont arrivés en septembre devant les élèves sans aucune expérience d’une classe. En janvier, Sarkozy, lui-même, a demandé des « ajustements ».

Le master en alternance présenté hier permettra, cette fois, aux étudiants de signer dès la quatrième année d’études (master 1) un contrat d’enseignement de trois à six heures par semaine, ou bien d’occuper un poste d’assistant pédagogique à mi-temps, parallèlement à leur formation universitaire. Les deux seront rémunérés  : de 3 000  à 6 000 euros par an dans le premier cas  ; 560  euros par mois dans le second.

Le dispositif, lancé dans une trentaine d’universités, ne concernera pour l’instant que « quelques centaines d’étudiants  » choisis «  sur des critères académiques et sociaux ». Sans plus de précision. Même flou quant à la nature des stages proposés en alternance. Serviront-ils à une vraie formation ou seront-ils là pour remplacer des titulaires à moindres frais  ?

Reste, enfin, la situation des professeurs stagiaires, lauréats des concours. Hier, Luc Chatel a affirmé que tous seront affectés à « des postes fixes à temps complet » à la rentrée prochaine, alors que beaucoup étaient cette année remplaçants. Bizarre  : la circulaire du 19  mai est moins affirmative, prenant soin d’ajouter  : « Dans toute la mesure du possible… » Elle révèle – ce que Luc Chatel n’a pas dit hier – que les profs stagiaires ne bénéficieront plus, cette année, du dispositif qui les plaçait en binômes, avec un maître formateur, jusqu’à la Toussaint. « Une entrée dans le métier sans filet », s’agace le SNUipp-FSU qui continue de réclamer « l’abandon de la réforme ».

Les maires veulent des profs

La très puissante Association des maires de France (AMF) 
a réclamé hier au ministre de l’Éducation nationale, Luc Chatel, l’arrêt des suppressions de postes dans le primaire. Le président de l’AMF, Jacques Pélissard (UMP), va saisir le gouvernement pour « contester la méthode d’élaboration de la carte scolaire 2011 et demander qu’une analyse objective des besoins scolaires soit effectuée préalablement à toute décision de réduction d’effectifs  ». Le bureau de l’AMF demande également « de clarifier le concept ‘‘d’environnement social défavorisé’’ ouvrant droit 
à la scolarisation des enfants de moins de 3 ans  ». Cette dernière est en chute libre depuis une dizaine d’années. Le ministère 
de l’Éducation nationale prévoit la suppression de 8 967 postes d’enseignants du premier degré en septembre, entraînant 
la disparition de 1 500 classes.

Laurent Mouloud

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25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 18:48

Communiqué de la FSU du Calvados 

paru dans la rubrique "le fil rouge" 

sur le site du journal l'Humanité le 25 Février 2011

 

Le secrétaire départemental de la FSU 14 convoqué par la police

 

 

Non content d'avoir fait la Une de la presse locale et nationale en attribuant les heures de fonctionnement des collèges en fonction de leur taux de redoublement, l'Inspecteur d'Académie du Calvados défraye de nouveau la chronique en s'adonnant à un acte de répression syndicale unique en son genre.

 

Suite au collage de 359 silhouettes matérialisant les 359 suppressions de postes prévues à la rentrée 2011 (académie de Caen) sur la façade de l'inspection académique, l'Inspecteur d'Académie du Calvados a déposé plainte contre la FSU, première fédération de la fonction publique de l'État et première fédération de l'Éducation. Sylvian MARY, son secrétaire départemental, est convoqué lundi 7 mars à 10H au commissariat d'Hérouville Saint Clair.

Ne pouvant invoquer ni dégradation, ni intrusion, ni gène vis-à-vis des personnels travaillant dans le bâtiment, l'inspecteur d'Académie du Calvados choisit donc de criminaliser l'action syndicale des élu-e-s au CTP qui ont osé rendre publique la hauteur des suppressions de postes dans l'académie de Caen.

Il faut dire que le Ministre Luc Chatel, ne pouvant justifier la suppression de 16 000 postes à la rentrée prochaine alors que 56 000 élèves supplémentaires sont attendus, a renvoyé à ses recteurs et inspecteurs d'académie le soin de décliner sa politique de rigueur dans l'Éducation Nationale.
Mais devant l'impopularité de ces mesures, dans le Calvados comme au niveau National, on entend visiblement faire taire les voix qui s'opposent, en particulier celles des personnels et de leurs représentants syndicaux, quitte à recourir à la justice.

La FSU n'est pas dupe et comprend bien qu'à travers cette action en justice, c'est l'ensemble du mouvement syndical et contestataire qui est visé afin de le « mettre au pas ».
Elle condamne ces pratiques et dénonce cette conception très particulière du dialogue social. Elle regrette de ne pouvoir, aussi facilement, déposer plainte pour « dégradation du service public d'éducation » ou « vol de postes  dans les écoles et établissements »...
L'Inspecteur Huchet et le Ministre Chatel seraient alors lourdement condamnés...

La FSU n'entend pas revoir ses prises de position ni ses stratégies d'action. N'en déplaise à l'Inspecteur d'Académie, elle continuera d'œuvrer en faveur d'une politique éducative ambitieuse au service de la réussite de tous les élèves avec les modalités d'action qui lui sembleront pertinentes.
Elle dénonce cette criminalisation du mouvement syndical et appelle à un rassemblement de soutien au moment de la convocation de son secrétaire départemental le lundi 7mars prochain à 10H devant le commissariat d'Hérouville Saint Clair, suivi d'une marche de protestation en direction de l'inspection académique.

 

Communiqué de la FSU Calvados

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16 février 2011 3 16 /02 /février /2011 13:11

Article paru dans l'Humanité, le mardi 15 février

La France championne du bourrage de classes !

 

Selon le centre d’analyse stratégique, notre pays possède l’un des taux d’encadrement professeurs/élèves les plus mauvais de l’OCDE. Notamment en primaire et dans le supérieur.

 

Luc Chatel pourra difficilement faire semblant d’ignorer la réalité. La révélation provient du très officiel Centre d’analyse stratégique (CAS), une institution placée auprès du premier ministre. Et que dit-elle ? Tout simplement que la France possède l’un des taux d’encadrement professeurs/élèves les plus faibles des pays de l’OCDE. « Tous niveaux et tous établissements confondus (publics et privés), il atteint 6,1 enseignants pour 100 élèves étudiants, alors que des pays comme la Suède, la Grèce ou le Portugal dépassent les 9 enseignants », peut-on lire dans la note de synthèse « Tendances de l’emploi public » de février 2011 (1).

Dans le détail, on s’aperçoit que ces mauvais résultats sont dus aux taux d’encadrement dans le primaire et l’enseignement supérieur. Avec 5 professeurs pour 100 élèves ou étudiants, il s’agit des plus bas de toute l’OCDE ! Dans les collèges et lycées, la France se situe, en revanche, à un niveau « médian » avec 8 enseignants pour 100 élèves. Le pire, c’est que ces chiffres prennent comme référence l’année 2007. Or, depuis, quelque 50 000 postes ont été supprimés dans le primaire et le secondaire. Auxquels doivent s’ajouter 50 000 autres entre 2011 et 2013, dont 16 000 à la rentrée.

De quoi accentuer une tendance bien française au bourrage de classes. Cette dernière est d’ailleurs parfaitement assumée par le ministère de l’Éducation nationale. Pour preuve : en juin dernier, les têtes pensantes de la rue de Grenelle recommandaient aux recteurs en mal de suppressions de postes d’augmenter, entre autres, les effectifs d’un élève par classe, dans l’espoir d’économiser 10 000 postes de profs au plan national. Quant à Luc Chatel, il s’enferme, sur cette question, dans un déni ahurissant. En juin dernier, notre brillant ministre déclarait in extenso : « Nous avons un taux d’encadrement qui est plus important en France que celui d’autres grands pays développés. » Alors même que les chiffres de l’OCDE pour 2007 constatent 22,6 élèves par classe en primaire et 24,3 dans le secondaire, contre respectivement 21,4 et 23,9 élèves en moyenne dans l’OCDE.

Sur le fond, les chiffres du CAS ne font que confirmer la sous-dotation chronique dont souffre notamment l’école primaire en France. Dans un rapport de mai 2010, la Cour des comptes soulignait déjà que notre pays y consacrait moins de moyens que la moyenne de l’OCDE : 5 % de moins en maternelle, 15 % de moins à l’école élémentaire. Et ce sur la base des chiffres 2006.

 

(1) Note no 214 consultable à l’adresse http://www.strategie.gouv.fr

Laurent Mouloud

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16 février 2011 3 16 /02 /février /2011 11:28

Article paru dans l'Humanité, le 10 février 2011

Quand "l'Humanité" fait reculer l'Education Nationale

 

À la suite de révélations de l’Humanité, le ministère retire ses mesures discriminatoires.

 

En toute discrétion, le ministère de l’Enseignement supérieur a fait, mercredi, son mea culpa. Dans un communiqué, il annonce que le site Internet Admission post-bac (APB) de préinscription dans l’enseignement supérieur a été modifié afin qu’il n’induise « aucune discrimination » à l’égard des étrangers.

Comme l’avait révélé l’Humanité (lire notre édition du 27 janvier), APB refusait de prendre en compte les inscriptions des élèves de nationalité étrangère souhaitant s’inscrire en apprentissage.

Jugé discriminatoire, ce refus avait suscité la colère des organisations FCPE (parents d’élèves), UNL (lycéens) et Unef (étudiants), qui avaient menacé de saisir la Haute Autorité de lutte contre les discriminations (Halde) si le ministère ne modifiait pas sa copie dans les huit jours.

Après avis de la Halde, le site a été modifié sur deux points. D’une part, il « est désormais ouvert aux préinscriptions dans les formations en apprentissage à tout élève qui en fait la demande, quels que soient sa nationalité et son lieu de résidence ». D’autre part, il « affiche désormais une information précise sur la liste des titres de séjour permettant aux candidats étrangers de conclure un contrat d’apprentissage afin de transformer cette préinscription en inscription définitive ».

Marie Barbier

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11 février 2011 5 11 /02 /février /2011 21:25

 

Article paru dans l'Humanité le 10 février 2011

Le lycée autogéré de Paris menacé

 

La suppression annoncée de cinq postes à la rentrée prochaine compromet l’existence de cet établissement expérimental qui accueille de nombreux élèves en rupture scolaire.

 

«Le plus important, c’est de sauver notre lycée, il faut se serrer les coudes ! », lâche Vincent sous une salve d’applaudissements. En ce mardi après-midi, la salle du rez-de-chaussée du lycée autogéré de Paris (Lap) est archicomble. Une bonne centaine d’élèves et de professeurs se pressent dans les gradins. Jeudi dernier, le rectorat a transmis la dotation horaire de cet établissement expérimental public pour la rentrée prochaine. Bilan : 408 heures contre 500 cette année. Une baisse de 20 % qui entraîne la suppression de cinq postes d’enseignants sur les vingt-cinq actuels.

 

un ovni dans le paysage scolaire

« Pour nous, cela signi­fie pure­ment et sim­ple­ment la fer­me­ture défi­ni­tive de notre établis­se­ment », explique Emmanuelle Sliman, professeur de lettres et de théâtre. Le lycée autogéré de Paris, c’est un ovni dans le paysage scolaire. Créé en 1982, l’établissement et ses 242 élèves fonc­tionnent sans chef d’établissement. La col­lec­ti­vité se par­ta­ge la ges­tion, les tâches admi­nis­tra­tives, jusqu’à l’entretien des locaux... Ici, pas de sonnerie ni de surveillants, les élèves, la plupart issus d’un parcours scolaire chaotique, sont libres de ne pas venir en cours. « Tout repose sur la responsabilisation, résume Camila, dix-neuf ans, en terminale ES. Ici, si l’on vient en cours, c’est qu’on en a envie, pas sous la menace d’une sanction. On se sent plus respecté et autonome que dans un lycée normal. Moi, ça m’a réconciliée avec les études. »

 

les arguments

du rectorat font bondir

Tout cela s’accompagne d’une liberté pédagogique rare d’où sont bannis les notes et les conseils de classe, où l’enseignement se fait souvent à deux dans des classes limitées à seize élèves maximum. « Si vous enlevez cinq postes, ce fonctionnement spécifique ne sera plus possible », souligne Emmanuelle Sliman.

Une perspective qui, jusqu’ici, laisse froid le rectorat de Paris. « Comme tous les établis­se­ments, on demande au Lap de par­ti­ci­per à un effort natio­nal de ges­tion res­ser­rée, mais on ne met pas du tout en péril son exis­tence », assure Philippe Fatras, ins­pec­teur d’académie chargé du second degré à Paris. Selon le rec­to­rat, la dotation horaire du lycée n’aurait pas cessé d’augmenter ces der­nières années tandis que les pré­vi­sions d’effectifs à la rentrée 2011 feraient état d’une baisse du nombre d’élèves à 204.

Des arguments qui font bondir l’équipe du Lap. Il y a de quoi. En réalité, la dotation du lycée autogéré est passé de seulement 24 à 25 postes entre 1982 et 2011 ! Un poste en presque trente ans... Surtout, ce calcul ne prend pas en compte le fait que les profs du Lap ne font pas qu’enseigner mais prennent également en charge la quasi-totalité des tâches de gestion et de vie scolaire. Leur temps de service est de 25 heures contre 18 en lycée classique. « Quant aux effectifs pour la rentrée prochaine, ajoute Emmanuelle Sliman, le chiffre officiel d’inscriptions prévues est de 230, pas de 204. » Depuis une semaine, la mobilisation bat son plein. La pétition du Lap (1) a été signée par plus de 2 500 personnes. Et une délégation doit être reçue vendredi soir au rectorat.

(1) www.l-a-p.org

Laurent Mouloud

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2 février 2011 3 02 /02 /février /2011 16:22

 

Article paru dans l'Humanité le 31 janvier 2011

À Dieppe, plan social pour les lycées technos

 

La réforme de l’enseignement technologique, qui doit entrer en vigueur à la rentrée prochaine, menace la spécificité de cette filière. Exemple dans l’académie de Rouen.

 

Correspondance. Suppression du travail en atelier, reconversion plus ou moins forcée des profs… la réforme du lycée technologique, qui doit entrer en vigueur à la rentrée 2011 pour les classes de première, rencontre sur le terrain de plus en plus d’opposition. « C’est un véritable plan social qui est en train de se mettre en place », assure Claire Guéville, prof d’histoire-géo au lycée technologique Pablo-Neruda de Dieppe et membre du Snes-FSU. Le projet du ministère, rejeté par le Conseil supérieur de l’éducation, revisite en profondeur les séries STL (sciences et technologies de laboratoire) et STI (sciences et technologies industrielles), avec l’idée de faciliter les réorientations entre filières. Résultat : des enseignements généraux portés de 40 % à 60 %, au détriment des enseignements technologiques, et un resserrement de l’offre pédagogique. Ainsi, de 12 filières en STI, il ne demeure qu’un seul bac technologique (rebaptisé STI2D), décliné en 
4 spécialités (innovation technologique, numérique, énergies, architecture et construction).

En termes de contenu, le changement s’annonce radical. Fini, notamment, les cours en atelier. « La filière STI2D va devenir de plus en plus un enseignement général, tout devient théorique et virtuel », insiste Claire Guéville qui dénonce, à terme, la mise à mort de la spécificité des lycées technologiques. De fait, le nombre d’heures consacrées aux enseignements technos va baisser de 20 %. « Les jeunes qui sortaient de STI étaient relativement opérationnels, ajoute-t-elle. Là, ils n’auront jamais touché une machine. »

Mécaniquement, de nombreux postes liés à ces enseignements technologiques sont amenés à disparaître. Rien que dans l’académie de Rouen, assure le Snes, entre un quart et un tiers devraient être supprimés dans les deux années à venir. Depuis la rentrée, le rectorat a d’ailleurs mis en place une antenne de reconversion professionnelle destinée aux enseignants de STI, incités sans le dire à faire leurs bagages. « Un enseignant d’électrotechnique peut devenir prof de maths, voire conseiller principal d’éducation ! s’insurge Claire Guéville. D’autres se tournent vers le privé. »

Et pour les profs qui ne quittent pas la filière ? Le rectorat a mis en place un plan de formation minimaliste. Seuls 250 enseignants de STI (sur 500) seront formés d’ici trois ans sur ces nouvelles matières technologiques et à cette« polyvalence ». Le tout sans être défrayés et sans décharge horaire. « À terme, précise Claire Guéville, ce sera aux 250 profs formés de former à leur tour, gratuitement, ceux qui ne le seront pas encore. »

Au lycée Pablo-Neruda, 73,5 heures d’enseignement en moins et trois suppressions de postes en STI sont déjà programmées pour la rentrée prochaine. « En cinq ans, ce sont plus de cinquante postes qui ont disparu dans cet établissement », conclut Claire Guéville. Ce lycée, créé en 1974, et qui a ouvert le premier BTS dans le bassin dieppois, était un outil de promotion sociale au service de la population. Aujourd’hui, il ne compte plus que 400 élèves. Contre 900 dans les années 1990. La saignée se poursuit.

Frédéric SEAUX

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24 janvier 2011 1 24 /01 /janvier /2011 11:42

Article paru dans l'Humanité le 22 Janvier 2011

Education : Un budget de pénurie

 

Hérouville-Saint-Clair. La pédagogie écrasée par l’austérité

 

 À Hérouville-Saint-Clair, le manque de moyens menace la spécificité du collège-lycée expérimental.

 

Basse-Normandie, correspondance particulière.

 

Au collège-lycée expérimental d’Hérouville-Saint-Clair, près de Caen, en Basse-Normandie, l’heure est à l’inquiétude et au combat depuis que le rectorat a signifié aux enseignants la suppression, à la rentrée prochaine, de l’équivalent de deux temps plein. « La perte de ces deux postes équivaut à 6 % de l’ensemble des équivalents temps plein alors que la moyenne académique se situe à 2,2 % », expliquent les enseignants, dans un courrier envoyé à la rectrice de l’académie de Caen, qui refuserait toujours de les recevoir. Les trente-sept enseignants du collège-lycée (1) s’interrogent par conséquent sur l’existence à terme de la spécificité de leur établissement. Celui-ci, créé en 1982 (il n’y en a que quatre en France – NDLR), est porteur d’un projet « basé sur un accompagnement individualisé fort par le tutorat et sur la proposition de modalités d’enseignement différentes à travers des ateliers, de l’ouverture culturelle, de l’aide au travail pour l’ensemble des élèves, ou encore des temps d’interdisciplinarité généralisés à l’ensemble de l’école ». Les moyens humains étant déjà fortement sollicités par la mise en œuvre de ce projet, les enseignants, qui ont déjà multiplié les arrêts de travail et qui prévoient aujourd’hui « d’aller mettre le bazar » au Salon de l’étudiant de Caen, refusent que les deux postes supprimés soient remplacés par des heures supplémentaires, comme le propose le rectorat. « Car, rappellent-ils, le service enseignant est déjà majoré en moyenne de près de deux heures et le temps effectif de service d’un enseignant approche vingt-cinq heures. » Mais si ces heures supplémentaires n’étaient pas acceptées, l’aspect expérimental de l’établissement pourrait ne pas se poursuivre. « Le rectorat ne s’intéresse qu’aux suppressions de postes et pas à la réussite éducative de notre établissement », confie Fabien Tesson, professeur d’histoire-géographie dans ce collège-lycée depuis douze ans.

 

(1) Les enseignants ont créé 
un collectif de défense ainsi qu’un blog (collectifcle.eklablog.com) sur lequel apparaissent de nombreux témoignages d’élèves.

Fredéric Seaux

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28 février 2010 7 28 /02 /février /2010 17:39

Ø      Monsieur Le Président,
Merci de lire ce message,
Un p'tit bonheur sur une page,
Une douceur... pour l'Education Nationale  
Je le confie à la toile,
La grande toile du progrès,
Afin qu'il tisse les voiles...
De la solidarité,
Et qu'il rayonne aux ondes...
De l'humanité. 
Je suis Professeur des Écoles
Dans un petit village de l'Eure,
Trois cents âmes y demeurent,
Et vingt-six élèves à l'école..
Une classe, dite « unique »,
Mais cinq cours, dits multiples...  
Dans cette école une chance

Un p'tit morceau de bonheur,
Qui s'écrit avec ces trois lettres :
Employée de la Vie Scolaire.. .
Pour l'Education Nationale,
Un p'tit bonheur, c'est pas banal,
Un léger baume sur le coeur
De cette Grande Dame
Un peu... bancale !
Notre bonheur, c'est Géraldine,
En silence elle participe
A la guérison d'la Grande Dame...
Elle est... une Valeur Ajoutée
HUMAINE rentabilité,
Et c'est du bonheur... assuré !
Dès le matin, elle s'active,
C'est sur le net qu'elle s'incline
Les courriers, les notes de service,
Toutes les infos de l'inspectrice,
Et celles de l'Académie....
Mes mots notés au brouillon,
Les compte-rendus de réunion,
Tapés, imprimés, photocopiés,
Enveloppés, adressés, timbrés,
Prêts à être distribués...

Encadrés, les derniers dessins des CP,
Affichés, sinon... à quoi bon dessiner ?
Un CM vient montrer son texte sur le musée,
Elle l'aide à le recopier, à taper sur le clavier...
Afin de ne pas gêner, le travail commencé,
Un autre enfant vient finir avec elle l'exercice,
Elle explique et décortique, redonne de l'énergie...
Rangée la bibliothèque,
Notés les livres prêtés,
Elle prépare la maquette,
La une du journal scolaire...
Ah! Notre petit journal
« Magique », ils l'ont appelé
Quel travail de fourmi,
J'y passerai......des nuits ?

Sonne la récréation, une mi-temps pour souffler,
Elle me rejoint, souriante, à la main nos deux cafés,
Quelques chaudes gorgées, entre... deux conflits à régler,
Des solutions à trouver, des mots à reformuler,
Une écorchure à soigner, une blessure à consoler...

Et puis... c'est reparti !
Sur les chemins de la connaissance,
Vaincre ainsi sans cesse l'ignorance,
Avec labeur, effort, sérieux,
S'ouvrir l'esprit, être curieux.

Ne pas oublier l'insouciance,
De tous ces êtres en enfance,
La bonne blague !... On la mettra dans le journal,
Les bons gags, et les rires, c'est vital !
 
Dans les pots
Les peintures sont bien préparées,
Quatre enfants sur un chevalet,
Deux à l'ordi pour recopier,
Les autres en dessin sur papier,

 ...Sans elle, jamais...
 Ce ne serait si bien géré.
  

Le soir, coup de fil...
C'est Géraldine,
A sa voix, je perçois,
Une blessure qui abîme...
Ecoute, me dit-elle... c'est à pleurer !
Du « Pôle Emploi » j'ai reçu... un imprimé,
Dans quelques semaines, c'est marqué,
Votre contrat est terminé...
Ils me demandent ce que j'ai fait,
Pour trouver un futur emploi..
 
Sa voix se fêle... "J'ai…un emploi! »
Ils me demandent ce que j'ai fait,
pour me former, pour m'insérer,
Sa voix se gèle.... puis accélère: « Je... suis formée,
depuis trois ans, j'me sens utile, insérée et c'est varié,
pas bien payé, mais... j'veux rester ! »
Sa voix s'étrangle... c'est à pleurer...
 
Ils me demandent mes compétences
C'que j'ai acquis, que vais-je répondre ?
Il y a l'espace... d'UNE LIGNE
UNE LIGNE.... mais tu te rends compte !


J'ai honte, honte... il aurait fallu UNE PAGE
Au moins UNE PAGE pour répondre,
J'ai honte, honte... pour notre Grande Dame
Pour ceux qui l'ont créée, l'ont fait évoluer,
Qui a tant appris aux enfants, Qui a tant encore à leur 
apprendre.
 
Et Géraldine ???
On n' lui dira même pas MERCI
Bien sûr, pas de parachute doré,
Et même pas d'indemnité
Ils lui précisent... Oh!...comme ils disent
D'étudier ses droits... pour... le R.M.I.
Elle a raison... c'est à pleurer...


Alors qu'on demande chaque jour,
A nos élèves de dire « Bonjour »
De dire « Au revoir » et.... « Merci »
De s' respecter, d'être poli
Comme vous dites, Monsieur Sarkozy...
Que vais-je dire, à la p'tite fille,
Qui l'aut're jour, près de moi, s'est assise,
Et, tout fièrement, m'a dit :
« Tu sais, Maîtresse, moi, quand j'serai grande,
J'irai au collège, comme mon grand frère,
J'irai au lycée, j'passerai mon bac,
Et je ferai... comme Géraldine! »
Je sursaute... Mon coeur se serre...C'est à pleurer.
  
C.Picavet

Professeur des écoles à l'école des Livres Magiques
Saint-Grégoire du Vièvre (Eure)

  
 En hommage à toutes les Géraldine, Florence, Sabrina,  Laurence, Elodie,
à tous les Philippe, Sébastien, et bien d'autres qui ont valorisé 
mon travail, et participé à la guérison d'la Grande Dame...
qui est encore bien malade...
Je ne crois pas à la peur, je crois à la force et à la magie des  mots,
Et pour garder notre bonheur, il suffirait de quelque Euros...
Quel patron, quelle entreprise, après trois ans de formation,
Jetterait son salarié, pour prendre un autre, recommencer ?
Quel jardinier, quel paysan, brûlerait sa récolte mûre, après 
avoir semé, soigné ?
 
Je n'ai pas fumé la moquette
Je veux seulement que l'on arrête,
De prendre les gens pour des pions,
Qu'on arrête de tourner en rond !
Torpillé le « Chagrin d'école »
En mille miettes de BONHEUR !
 
En l'honneur de tous ces p'tits bonheurs…
INONDONS LE NET
les amis, les décideurs,
les chômeurs, les travailleurs,
les directeurs, les inspecteurs,
employés et professeurs,
députés, ministres,
r'm'istes ou artistes,
chanteurs, compositeurs, rapeurs, slameurs,
radios, journaux, télés,
 
et à tous ceux qui sont... parents... d'un enfant...
enfin à chaque être humain de ce pays
qui j'espère un jour dans sa vie,
a bénéficié d'un peu de bonheur,
de cette Valeur Ajoutée
HUMAINE rentabilité, dans le giron de la Grande Dame.
  
P.S : Ironie..... A la rentrée, c'est presque sûr
Notre petite école rurale
Sera dotée d'une Valeur Matérielle Ajoutée,
Des fonds ont été débloqués,
Huit ordinateurs et un tableau interactif
Une « classe numérique »
Nous serons à la pointe du progrès ! Et pour cela, je serai 
formée !
Mais, qui m'aidera à installer, et à gérer, sans Valeur
Humaine Ajoutée ?
  


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Published by frederic seaux - dans éducation nationale
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  • : il s'agit d'un blog sur lequel paraissent certains de mes articles publiés dans le quotidien l'Humanité et les deux hebdomadaires, La Terre et l'Humanité Dimanche. J'utilise également ce blog comme moyen d'expression sur des sujets d'actualité que je ne traite pas directement à travers mes articles. Rendez-vous également sur le blog de la maison d'édition que j'ai créée : http://editionscogitoergosum.over-blog.com
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