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14 septembre 2011 3 14 /09 /septembre /2011 14:32

Article paru dans La Terre, du 12 au 18 septembre 2011

 

Transports scolaires

 

En Seine-Maritime, les familles rurales paieront le prix fort

 

Le conseil général de Seine-Maritime augmente de 430 % les tarifs des transports scolaires. La FCPE saisit le Tribunal administratif.

 

La FCPE de Seine-Maritime (Haute-Normandie) ne décolère pas contre le Conseil général qui a voté fin juin, dans le budget du département pour l’année 2011-2012, une augmentation des tarifs des transports scolaires de 30 à 130 euros par élève. Soit  430 % d’augmentation.

L’affaire a pris une telle ampleur qu’elle se termine devant le Tribunal administratif de Rouen que l’association de parents d’élèves a saisi lundi dernier en référé. Si la décision de justice est toujours attendue, à l’heure où sont écrites ces lignes,  il n’en reste pas moins que la FCPE « est déterminée à aller jusqu’au bout des procédures pour faire annuler cette délibération qui souffre, outre le fond du problème, de vices de procédure », déclare, remonté Sébastien léger, président de la FCPE 76.

Le président de l’association est ressorti amer de son entrevue avec le président socialiste Didier Marie du Conseil général que ce dernier aurait accusé d’attaquer la collectivité territoriale et d’ignorer volontairement le désengagement de l’Etat. Une accusation démentie immédiatement. Cependant la FCPE 76, qui se dit donc consciente de ce désengagement, « refuse que les familles modestes, déjà victimes de l’augmentation de 7 % du coût des fournitures scolaires, en soient la variable d’ajustement ». La FCPE va même plus loin. Soutenue par l'ANATEEP (Association Nationale pour les Transports Educatifs de l’Enseignement Public), l’association rappelle que « le transport scolaire, qu'il soit rural ou périurbain, prolonge le service public de l'Education Nationale. Il permet l'accès optimal de toutes et tous à l'enseignement, quel que soit l'endroit où l'on réside. Il devrait donc être gratuit partout ». Et de citer des Conseils généraux déjà engagés dans cette voie. Pour la FCPE, il faut faire d’autres choix budgétaires. « C’est une question de volonté politique » écrit-elle à Didier Marie.

Outre ce soutien et celui des élus communistes du Département qui se sont abstenus lors du vote du budget du département estimant qu’il s’agissait d’un budget de rigueur, la FCPE peut aussi compter sur l’Association des élus ruraux de Seine-Maritime qui compte une soixantaine de membres. Son président, Moïse Moreira, maire de Petiville (1003 habitants) dans le canton de Lillebonne, a signé la lettre ouverte envoyée à Didier Marie. Même si celui-ci reconnaît le désengagement de l’Etat, paradoxalement en le légitimant, considérant que l’Etat doit faire des économies, il dénonce également cette augmentation qui touchera « en priorité les familles des communes rurales dont les enfants n’ont que ces transports pour se rendre dans leur établissement scolaires, a contrario des familles urbaines pour lesquelles les enfants s’y rendent souvent par d’autres moyens ».

Frédéric SEAUX

 

 

 

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13 septembre 2011 2 13 /09 /septembre /2011 07:58

 

Le collège-lycée expérimental d’Hérouville Saint-Clair,

la « clé » de la réussite scolaire ?

 

Inventer une nouvelle façon de vivre l’école. Voilà le projet, il y a bientôt trente ans de quelques enseignants convaincus qu’il n’y a pas de fatalité à l’échec scolaire imputable à l’école. En 1982, le ministre Savary de l’Education Nationale donne alors son accord à l’ouverture d’établissements scolaires expérimentaux qui bénéficient immédiatement d’un statut dérogatoire dans son fonctionnement administratif et pédagogique. En Basse-Normandie, c’est à Hérouville-Saint-Clair, dans la proche banlieue de Caen, que l’expérimentation est lancée. Le collège-lycée public expérimental  (le CLE qu’il faut prononcer « clé »-NDLR) est né. Tout y est novateur, le fonctionnement, l’enseignement, les rapports à l’élève et aux parents. Reportage.

 

« On n’est pas dans la quatrième dimension quand même». Clément Marie à 13 ans et il est scolarisé en classe de quatrième au collège-lycée public expérimental  (le CLE qu’il faut prononcer « clé »-NDLR) d’Hérouville Saint-Clair, près de Caen, en Basse-Normandie. Comme ses jeunes camarades, Clément veut remettre les pendules à l’heure. « Les élèves ici ne sont pas différents d’ailleurs, dans les autres établissements. Sauf qu’ici les relations profs-élèves sont différentes ». C’est en effet le moins que l’on puisse dire. Car au clé, tout est particulier au regard de ce qui se fait ailleurs, dans les établissements « traditionnels ».

Ici tout est expérimental, le fonctionnement, l’enseignement, les rapports à l’élève et aux parents. C’est d’ailleurs ainsi que le projet avait été pensé par quelques enseignants, proposé au ministère Savary et accepté dès la rentrée scolaire de 1982, après obtention par les enseignants eux-mêmes d’un lieu pour enseigner. Ce sera d’abord au château de Beauregard avant de s’installer dans le foyer des jeunes travailleurs prêté par la municipalité d’Hérouville Saint-Clair, avant qu’en 1995, enseignants et élèves s’installent dans des locaux flambants neufs conçus pour accueillir 420 élèves (l’établissement en compte actuellement 350-NDLR). L’objectif de ses enseignants ? Résoudre l’échec scolaire imputable à l’école. Rien de bien nouveau sous le soleil. Sauf que cette fois, le projet proposé, lui, est révolutionnaire car il rompt avec les rapports hiérarchiques et les pratiques pédagogiques ancestraux au sein des établissements scolaires. Et pour cela, l’établissement bénéficie immédiatement d’un statut dérogatoire en qualité d’établissement expérimental. Quant aux moyens humains, ils sont composés de la dotation normale d’un établissement à laquelle vient s’ajouter une dotation spéciale, aujourd’hui remise en cause, pour inventer et tester des dispositifs originaux notamment sur un plan pédagogique où l’élève est placé au cœur du système éducatif en respectant ses singularités et ses rythmes propres.

De nouveaux rapports profs-élèves

Concrètement, le clé propose un enseignement qui limite au maximum le rapport frontal et hiérarchique – le prof fait cours face aux élèves qui l’écoutent et qui le vouvoient – en favorisant d’abord le tutoiement. « On tutoie nos parents, ce n’est pas pour cela qu’on ne les respecte pas. Mais ce ne sont pas pour autant des copains », affirme avec assurance une nouvelle fois Clément. « Le tutoiement contribue à la confiance réciproque entre l’élève et l’enseignant », renchérit Loup Guichard, 15 ans en classe de seconde, dans cet établissement depuis la sixième et qui pour rien au monde ne changerait de lycée. Les enseignements dispensés renforcent cette réciprocité. Ceux d’abord en binôme dirigés par deux enseignants de matières différentes, puis l’aide au travail obligatoire, les enseignements « massés » optionnels d’ouverte culturelle et de découverte sur une période de trois à quatre semaines et d’un trimestre quand ils sont obligatoires et s’inscrivant dans « une démarche de recherche collective et de pédagogie de projet ». Les élèves ont également accès aux pratiques artistiques, selon les compétences des enseignants voire des surveillants et du conseiller principal d’éducation qui peuvent également intervenir, afin de développer leur créativité et de contribuer à leur épanouissement personnel. L’emploi du temps des élèves est le fruit d’une réflexion constante sur les rythmes scolaires et sur toutes les activités qui sont liées entre-elles. Ainsi les cours traditionnels sont dispensés entre 8 heures (9h pour les 6e et 5e) et 14 heures avec trois temps de pause. Le reste de l’après-midi est consacré aux autres activités expérimentales. Et deux soirs en décembre, c’est « la soirée cabaret » :   les élèves présentent aux parents tout ce qui a été produit en atelier et en ouverture culturelle. Mais le « métier d’élève » comme on dit chez les enseignants du clé, ne s’arrête pas aux enseignements. L’élève étant un adulte en devenir, il doit également participer au fonctionnement de l’établissement. Au programme : entraide scolaire au sein du Clé et au sein d’une école primaire de la ville, participation à la communication externe du l’établissement, animation par les lycéens des temps de pause des collégiens, ou encore aide à la gestion du CDI, balayage des salles et participation au fonctionnement de la cantine.

Des enseignants-tuteurs

Les enseignants jouent aussi pleinement leur rôle, au-delà même des enseignements qu’ils dispensent. Ainsi au clé, pas de professeurs principaux mais des tuteurs. Chaque enseignant s’occupe d’une quinzaine d’élèves de différents niveaux et de classes auxquelles il n’enseigne pas forcément. Si le tutorat individuel a l’objectif de proposer régulièrement un accompagnement personnalisé et individualisé des résultats scolaires,  du comportement et une aide méthodologique et dans le choix de l’orientation, le tutorat collectif qui a lieu tous les vendredis après-midi est d’avantage une activité de participation à la vie de l’école. Et comme pour les élèves, le « métier » d’enseignant  ne se limite pas au cours transmis. Les profs, rappellent André Sirota, professeur de psychopathologie sociale à l’université d’Angers, qui est intervenu auprès d’eux dans cet établissement. Comme d’autres chercheurs[1], ils s’est intéressé à cet établissements : « sont tous coresponsables de l’établissement. Après élection et à tour de rôle, chacun des professeurs, qui doivent se porter volontaire, exerce l’une des responsabilités collectives »[2]. C’est l’autre aspect du statut dérogatoire accordé au Clé dès ses débuts. Rattaché néanmoins au lycée général Fresnel de Caen, sous l’autorité administrative de son proviseur, le clé fonctionne en pratique en autogestion. Dix des trente-sept enseignants de l’établissement occupent des fonctions au sein de la direction et prennent les décisions qui peuvent être critiquées et remises en cause par l’ensemble de leurs collègues. C’est une des conditions de son fonctionnement auquel les enseignants doivent adhérer lors de leur recrutement par cooptation après entretien et vote des enseignants, lui aussi soumis à un statut dérogatoire. Etre enseignant au CLE relève donc d’un choix et d’une adhésion au projet de l’établissement et non d’un hasard lié à une mutation traditionnelle, au gré des postes vacants et du nombre de points acquis par ancienneté ou pas la situation familiale, que l’enseignant ne maîtrise pas.  Véronique Dufour a 49 ans et elle vient d’arriver au CLE en septembre en qualité de prof d’art plastique. Après plus de vingt années d’enseignement en collège, cette enseignante avait l’impression « d’aller pointer à l’usine ». Et pour cause : elle enseignait à vingt et une classe soit près de cinq cents élèves. Son sentiment sur l’enseignement traditionnel ? « Les gamins ne sont pas la priorité du ministère ». Et puis une lassitude aussi de toujours travailler seule. Aujourd’hui, au CLE, Véronique Dufour se sent revivre. Quant à son fils qui vient d’entrer en seconde dans l’établissement, « c’est la première fois qu’il est content de venir à l’école », affirme-t-elle, avec un large sourire qui en dit long sur le malaise de l’enseignement en France.

Lycée pour petits bourgeois ?

Lycée pour petits bourgeois le Clé ? Pour enfants à problèmes ? Ni l’un ni l’autre, répondent d’une seule et même voix les enseignants, parents et élèves. « Il y a beaucoup de fantasmes à ce sujet » reconnaît Fabien Tesson, prof d’histoire-géo dans cet établissement depuis douze ans. Les élèves viennent donc de partout et non du seul secteur d’Hérouville (ce qu’on appelle la carte scolaire-NDLR). « Nous revendiquons l’hétérogénéité sociale et scolaire grâce à notre recrutement équilibré en fonction des catégories socio-professionnelles et du niveau des élèves », poursuit l’enseignant. La mixité sociale y est donc vue comme un pilier de la lutte contre l’échec scolaire. Et faute de l’avoir dans les territoires, ces enseignants ont décidé de la créer eux-mêmes. Application de la politique sarkozyste de suppression de la carte scolaire ? « Certainement pas » répliquent-ils. « Sarkozy veut protéger les milieux favorisés. Nous on veut les mélanger au reste de la population. Nuance ».

Le clé n’est pas pour autant un « Eden pédagogique ». Des échecs d’enseignants et d’élèves existent aussi dans l’établissement. Le métier d’enseignant y est exigeant en termes de travail, d’heures de présence et de remise en cause permanente de son travail à destination des élèves. Celui des élèves ne l’est pas moins non plus. Aucun laxisme n’y est permis. L’élève qui signe un contrat d’engagement doit le respecter sous peine de ne pas pouvoir poursuivre sa scolarité dans l’établissement. « Mais au clé, expliquent Jean-Claude Ha-Minh-Tay, parent d’élève de l’association Aspacle (association des parents d’élèves du Clé) rattachée à la FCPE, l’élève est valorisé, mis en confiance, les bulletins sont exemplaires dans le sens où l’élève est constamment encouragé ». Professeur d’EPS dans un lycée traditionnel et père de deux enfants, ce parent peut facilement comparer les deux types d’enseignement : « ma fille est en 5e dans son collège de secteur car elle n’a pas été prise au Clé. Elle travaille bien, mais elle est constamment stressée par ses notes. Elle ne parle que de cela. Mon autre enfant scolarisé au clé est mieux dans sa peau, car il n’a pas l’impression d’être jugé et sanctionné ». Un sentiment partagé par une autre parent d’élève, Annie Lostanlen-Abousaïd qui dénonce aussi l’immobilisme de l’école française : « L’école d’aujourd’hui ne propose rien de nouveau. Elle est la même que celle que j’ai connue, sans tutorat, sans activités variées. Elle est toujours dans le frontal ». D’où son choix pour une autre façon de vivre l’école.

Un bon bilan remis en cause par le Ministère

Les syndicats enseignants, sont, il faut bien l’avouer, un peu gênés aux entournures face à ce genre d’établissement au statut dérogatoire, qui n’existe d’ailleurs pas qu’en Basse-Normandie puisque l’Hexagone en compte presque une dizaine aujourd’hui. Le Snes-FSU, principal syndicat enseignant, par la voix du responsable académique du Calvados, Mario Bardot dit ne pas être opposé à ce type d’expérimentation. « Pour autant, poursuit-il, tous les établissements devraient être dotés de moyens permettant de mettre en œuvre une pédagogie de la réussite adaptée à chaque élève ». En clair, l’enseignement traditionnel, doté de moyens suffisants, serait  donc capable de résoudre l’échec scolaire imputable à l’école et d’améliorer le fonctionnement et les rapports humains au sein des établissements scolaires. Quand à l’extension des pratiques pédagogiques et administratives usitées au clé à d’autres établissements et souhaitée par ses enseignants, pas question pour le syndicat de généraliser la démarche : « ce cadre peut s’entendre dans un cadre expérimental et dans une démarche initiée et acceptée par des personnels volontaire ». Mais il reconnaît que ce mode de fonctionnement et cette démarche intellectuelle « n’ont rien à voir avec les tentatives actuelles de déréglementation menées par le gouvernement ».

Le Ministère de l’Education nationale, lui, n’a pas souhaité répondre aux questions de l’Humanité. On le comprend. Après avoir vanté les mérites de ce genre d’établissement en 2005 dans son n°171 des « dossiers évaluations et statistiques », il a entériné des suppressions de postes au sein de cet établissement, il y a quelques semaines, remettant en cause l’approche expérimentale et donc l’existence même de l’établissement.

Frédéric SEAUX

 

Au moment où ce reportage est mis en ligne, le 13 septembre 2011, le CLE d’Hérouville a repris la lutte pour faire valoir sa particularité auprès du rectorat bas-normand

 

 

 

 

 



[1] Lire notamment Emmanuel Jardin, Une école de la modernité? Le CLE d'Hérouville Saint-Clair, L’Harmattan, 2003.

[2] André Sirota, Françoise Rey, Des clés pour réussir au collège et au lycée. Témoignages et réflexions sur le collège-lycée expérimental d’Hérouville-Saint-Clair, Erès, 2007

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7 septembre 2011 3 07 /09 /septembre /2011 09:36

Article paru dans l'Humanité le 6 septembre 2011

 

Quand scolaire rime avec précaire

Alors que les prud’hommes de Rouen avaient exigé, fin juin, la titularisation de 34 employés de vis scolaire, le rectorat refuse toujours d’appliquer la décision de justice.

 

Les 45 000 EVS (employés de vie scolaire) qui apportent une aide administrative aux directions d’écoles et pédagogique aux enfants en difficulté scolarisés dans le premier degré ont du souci à se faire. Car l’Etat, premier employeur précaire, fait désormais de plus en plus fi des décisions de justice. Dernière déni de justice en date, le 29 juin dernier, avec la décision des prud’hommes de Rouen de requalifier en CDI trente-quatre EVS embauchés en CDD dans le cadre d’emploi aidés en contrat d’insertion, du fait de l’absence durant leur période de travail de formations qualifiantes pourtant obligatoires. Le Rectorat de Rouen a d’abord joué la carte de l’ignorance, avant d’interdire le retour de ces EVS lors de cette rentrée, ces derniers ayant déjà été remplacés, pour un an, dans les écoles par des nouveaux contrats d’insertion. Le Rectorat a d’ailleurs fait appel de la décision des prud’hommes, réfutant cette requalification en CDI.

Au chômage sans avoir été licenciés

Mais en attendant le délibéré de l’appel prévu le 24 janvier prochain, trente-trois EVS (le trente-quatrième est en contrat jusqu’en décembre-NDLR) sont aujourd’hui au chômage sans avoir été licenciés. Cette situation ubuesque les a d’ailleurs mis quelques temps dans l’insécurité sociale, Pole Emploi refusant, dans un premier temps, de leur verser leur indemnité chômage, et de leur faire bénéficier de l’aide au retour à l’emploi.

Si la situation semble financièrement se débloquer, selon l’union CGT de Seine-Maritime, ces EVS souhaitent surtout retourner dans leur école où les enfants les attendent. Ils demandent d’ailleurs leur réintégration ou leur licenciement pur et simple. « Mais évidemment, prévient la CGT, s’il y a licenciement, cela coûtera cher à l’Etat qui devra indemniser ces trente-quatre EVS, sans compter tous ceux pour lesquels nous sommes en train de constituer un dossier pour acter aux prud’hommes ».  Sans compter aussi tous les cas identiques signalés dans d’autres départements et pour lesquels les prud’hommes ont rendu des décisions similaires.

 

Frédéric SEAUX

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6 septembre 2011 2 06 /09 /septembre /2011 17:07

Article paru dans l'Humanité, le 5 septembre 2011

École. La manip des chiffres

 

Chatel aime comparer le budget actuel avec celui de 1980. Une hérésie.

 

S’il veut restaurer la morale à l’école, Luc Chatel devrait commencer par arrêter de mentir… Jeudi, lors de sa conférence de presse, le ministre a encore joué avec les chiffres. Son préféré : « Depuis 1980, le budget par élève, en France, en euros constants, a augmenté de 80 %. » Sous-entendu, l’école a largement les moyens. Une hérésie, répondent les syndicats.

Le chiffre en lui-même n’est pas faux. Mais il compare deux réalités qui n’ont rien à voir. À l’époque, les parcours scolaires étaient plus courts, donc moins coûteux, et le nombre d’élèves en classe préparatoire, là où les enseignements sont les plus chers, était moindre. De même, en 1980, le vivier de profs remplaçants n’était pas comptabilisé car faisant partie du personnel non titulaire. Enfin, Luc Chatel ne précise pas que la réforme Jospin, en 1989, a revalorisé le salaire des enseignants et a donc augmenté les dépenses.

Bref, comparaison n’est pas raison. Voilà une morale à méditer pour Luc Chatel.

Laurent Mouloud

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6 septembre 2011 2 06 /09 /septembre /2011 13:38

Article paru dans l'Humanité le 5 Septembre 2011

 

Le business de la non-formation des profs

 

L’absence de réelle formation professionnelle des profs débutants attise la convoitise des organismes privés. « Fiches pratiques » et autres « coachings personnalisés » se multiplient sur Internet, avec la bénédiction du ministère.

 

 

Le malheur des uns fait le bonheur des autres. Voilà une morale sur laquelle les quelque 13 500 enseignants stagiaires de cette rentrée 2011 peuvent méditer. Lâchés dans les classes sans réelle formation professionnelle, ils bénéficient, en revanche, de toute l’attention des organismes privés, qui ont flairé la bonne affaire. Histoire de pallier les lacunes de l’éducation nationale, un véritable business de la formation se développe sur Internet, à coups de « fiches payantes » et autres « coachings ».

Parmi les premiers à se placer, Forprof, spécialisé dans la préparation des étudiants aux concours de l’enseignement, vient de lancer apprentissime.org, un site Internet qui délivre « conseils » et « outils pratiques », ainsi que la promesse d’un « accompagnement personnalisé » du jeune prof par des maîtres formateurs. Le tout pour 20 euros par mois. Les éditeurs ne sont pas en reste, évidemment. En vogue, les ouvrages téléchargeables sur Internet pour une somme allant de 10 à 20 euros.

Le plus navrant, c’est que le ministère de l’Éducation nationale encourage cette démarche, qui renvoie à chaque jeune prof la responsabilité de se former lui-même. Le 22 août, il a lui-même lancé son site (jeunesprofs.com), en partenariat avec des privés comme la Casden, filiale de la Banque populaire pour les personnels de l’éducation, le site Rue des écoles et le journal le Monde. Ce nouvel « outil » propose des fiches pratiques et même une méthode de relaxation. Le site, gratuit (pour l’instant ?), est accessible aux enseignants stagiaires via un code qui leur a été distribué dans le cadre des journées de prérentrée dans les rectorats. Le porte-parole de la Casden explique que cette proposition répond à une véritable demande : « Nous avons eu d’importantes remontées de terrain, l’an dernier, qui faisaient état d’une grande détresse chez les stagiaires. » Son « partenaire » ministériel d’aujourd’hui n’avait pourtant cessé, l’an passé, de minimiser cette souffrance…

Un discours, d’ailleurs, que continue de servir Luc Chatel. « L’année dernière était une année de transition. En cette rentrée, il y a des améliorations significatives », a expliqué, jeudi, le ministre. En fait, d’« améliorations significatives », l’accueil de prérentrée des débutants est passé de trois jours à cinq, et ils ont pu théoriquement suivre des stages en classe pendant leur deuxième année de master. Dans les faits, c’est loin d’avoir été toujours le cas, ces stages restant facultatifs dans une année surchargée. Quant aux cinq jours d’accueil, au moins 39 départements n’ont pu les offrir, selon le SNUipp-FSU.

Dans les faits, la situation est même pire cette année. Dans les collèges et lycées, les débutants commencent à temps plein et non plus à temps partiel. Quant au fameux tuteur censé suivre le stagiaire, au moins 27 départements n’en proposent pas dans les écoles. Le business de la formation privée a encore de beaux jours devant lui…

le sondage boomerang de chatel

Une balle dans le pied ? Le 29 août, le ministère a publié un sondage Ipsos sur l’état d’esprit des enseignants stagiaires de l’année dernière. Si une large majorité d’entre eux confirment ne pas regretter d’avoir choisi ce métier, ils sont en revanche près de 70 % à se déclarer insatisfaits de leur formation. Dif­fi­culté d’apprendre son métier tout en pré­pa­rant les cours, d’ac­com­pa­gner les élèves en échec… Le sondage aurait pu être instructif pour le ministre. Las, Luc Chatel voulait juste communiquer. Raté.

Laurent Mouloud

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21 avril 2011 4 21 /04 /avril /2011 19:10

 

Articles parus dans l’hebdomadaire La Terre du 19 au 25 avril 2011

« Vérité » au LPA du Neubourg

 

Le Comité permanent de défense et de développement de l’enseignement public agricole, né en 2009 au lendemain des assises de l’enseignement agricole public, organisait jeudi dernier une opération « vérité » au LPA du Neubourg (Eure). Reportage.

 

     Face aux menaces de suppressions de postes et de fermetures de filières de formation dans l’enseignement agricole public au profit de l’enseignement privé (Voir le dossier de La Terre, 22-28 mars 2011), qui se sont accélérées depuis l’arrivée de la droite au gouvernement et la tenue  en 2009 des assises de l’enseignement agricole public, des syndicats d’enseignants (SNETAP-FSU et CGT), associés à des partis politiques de gauche (PCF, PG , NPA, EELV, PS), à la confédération paysanne et à la FCPE, ont décidé de réagir et de créer un Comité permanent de défense et de développement de l’enseignement agricole public . Objectifs : Faire prendre conscience à la population qu’il existe en France un enseignement agricole public aujourd’hui menacé et mener des opérations dites « vérité » dans certains LPA (lycées professionnels agricoles) publics afin d’observer concrètement sur le terrain le fonctionnement, les difficultés mais aussi les forts potentiels de ces établissements. Une des quatre opérations « vérité » était organisée jeudi au LPA du Neubourg (Eure). Les deux premières ont eu lieu à Toulouse et à Digne-Carméjane (Alpes de Haute-Provence), les 29 mars et 4 avril derniers. La dernière opération se tiendra jeudi au LPA de Château-Gontier, dans la Mayenne. Une tribune, signée par 37 personnalités, rappelant le démantèlement programmé des LPA publics a par ailleurs été publiée par l’Humanité, le 3 mars dernier.

     Dans les trois établissements publics que compte l’enseignement agricole dans l’Eure, les  inquiétudes et les revendications semblent être  identiques : maintien des moyens financiers, des postes et des filières technologiques et professionnelles. «  En plafonnant arbitrairement les différentes filières à 24 élèves (obligation est faite de dédoubler les cours au 25e élève-NDLR), voire à 16 pour certaines sections, contre 32 précédemment, Bruno Le Maire limite d’autant le budget des établissements, du ressort de la Région, basé sur le nombre d’élèves inscrits. L’idée sous-jacente est de supprimer des postes de fonctionnaires, même si derrière,  cela empêche des jeunes d’intégrer les filières de leur choix qui offrent des débouchés professionnels nombreux » pestent le Snetap et la CGT. Concrètement, à  la rentrée prochaine, « le LPA du Neubourg perdra 32 élèves, soit deux classes. Deux postes et demi ne seront pas remplacés », précise Thomas Courtaux du Snetap et enseignant dans l’établissement. « A terme c’est la mort de l’établissement » entend-t-on. « Faute de place dans le public, les élèves ne sont pas dehors, ils vont dans le privé, mais c’est payant », s’emporte alors Pascal Lepeltier, du même syndicat, face au représentant patronal de la chambre d’agriculture de l’Eure découvrant, étonné, les difficultés du LPA du Neubourg et refusant qu’on oppose le public et le privé. Il ya 15  ans, l’enseignement agricole était à 65 % public et à 35 % privé. C’est l’inverse aujourd’hui » dénonce pour sa part, Jean-Marie Le Boiteux, secrétaire général du Snetap, pointant du doigt, avec d’autres, le rôle prépondérant de la région dirigée par le socialiste Alain Le Vern dans cette évolution. Du côté des élus présents, Engagement fut notamment pris par l’élue régionale Michelle Ernis (Conseillère régionale Front de gauche) d’interpeller Alain Le Vern. Brigitte Gontier-Maurin (sénatrice PCF) a rappelé son combat constant contre la casse des services publics dans leur ensemble. Xavier Compain, membre de la commission Agriculture, Pêche et forêt du PCF a appelé à «  donner des suites politiques aux opérations vérité et auxquelles le PCF réfléchit ». Des prises de position saluées par les interlocuteurs syndicaux dubitatifs, par contre, devant une élue socialiste, Anne Mansouret, conseillère régionale, présidente du conseil d’administration du LPA du Neubourg affirmant « être d’accord sur tout » sans pour autant avoir « de choses extraordinaires à [vous] dire ». Du côté du comité, on espérait quand même mieux de la part d’une candidate aux primaires socialistes à l’élection présidentielle…

Frédéric SEAUX

 

 

« Il faut alerter l’opinion publique »

Brigitte Gontier-Maurin, sénatrice PCF des Hauts-de-Seine est membre du comité de Défense et de développement de l’enseignement public agricole. Elle était présente jeudi à l’opération « vérité » au LPA du Neubourg.

 

Vous êtes sénatrice des Hauts-de-Seine, département d’Ile-de-France qui ne compte aucun lycée agricole. Comment expliquez-vous alors votre engagement au sein du comité de défense et de développement de l’enseignement public agricole ?

Au Sénat, je suis responsable des questions éducatives au sein du groupe communiste républicain citoyen et des sénateurs du Parti de gauche et je suis rapporteur pour avis de la commission de la culture, de l’éducation et de la communication. La question posée aux LPA n’est pas isolée car l’ensemble des réformes actuelles vise à mettre en restriction la sphère publique qui répond aux besoins humains fondamentaux. Ces réformes conduisent à une société précaire proposant une main-d’œuvre bon marché. Le démantèlement des lycées agricoles publics et de l’ensemble des services publics est un choix idéologique de société de la droite.

Y aura-t-il un prolongement à ces opérations « vérités » ?

La tribune publiée dans l’Humanité doit devenir un manifeste et s’élargir aux simples citoyens. De telles opérations ont pour but d’alerter et de mobiliser l’opinion publique car les questions d’agriculture sont des questions de société, de territoire et de santé publique. Elles ne concernent pas uniquement ceux qui vivent à la campagne.

 

Bruno Le Maire, ministre de l’agriculture dont dépendent les lycées professionnels agricoles, est également conseiller régional UMP en Haute-Normandie. Qu’attendez-vous de sa part ?

Je n’attends rien ! Il est cohérent avec la politique de Nicolas Sarkozy qui vise à démanteler ce qui ressemble de près ou de loin à un service public au profit du privé. Il ne peut donc pas être un interlocuteur crédible.

                (Propos recueillis par Frédéric SEAUX)

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18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 13:32

 

Article paru dans l’Humanité, le lundi 18 avril 2011

L’enseignement agricole en danger

Des lycées agricoles se mobilisent pour exiger le maintien d’un enseignement public.

(photo : le comité de défense, avec la sénatrice PCF Brigitte Gontier-Maurin, à droite, est reçu par le proviseur du LPA du Neubourg)

photo 2Suppressions de postes et de filières, plafonnement des effectifs d’élèves, réductions drastiques des coûts de fonctionnement des établissements, primauté donnée au privé… la liste des attaques à l’encontre de l’enseignement agricole public est longue. Enseignants, syndicalistes et politiques, tous membre du Comité de défense et de développement de l’enseignement agricole public se sont retrouvés jeudi dernier au lycée professionnel agricole (LPA) du Neubourg, dans l’Eure. Objectif : mener dans cet établissement une opération « vérité » afin de pointer ses dysfonctionnements, mais aussi son fort potentiel mis à mal par le ministère. Les syndicats CGT et Snetap-FSU ont ainsi fustigé la politique du ministre de l’agriculture, Bruno Le Maire qui « plafonne arbitrairement les effectifs des différentes filières, l’idée sous-jacente étant de supprimer des postes de fonctionnaires, même si derrière,  cela empêche des jeunes d’intégrer les filières de leur choix qui offrent des débouchés professionnels nombreux ». Seul recours : la voie du privé. « Mais c’est payant ! », s’emporte alors le cégétiste Pascal Lepeltier, face au représentant patronal de la chambre d’agriculture de l’Eure découvrant, étonné, les difficultés du LPA du Neubourg et refusant qu’on oppose le public et le privé, Il y a 15  ans, l’enseignement agricole était à 65 % public et à 35 % privé. C’est l’inverse aujourd’hui » dénonce pour sa part, Jean-Marie Le Boiteux, secrétaire général du Snetap qui a reçu le soutien appuyé des élus Front de gauche (La sénatrice Brigitte Gontier-Maurin et le conseiller régional Jean-Luc Lecomte),  présents pour l’occasion.

Deux opérations du même type ont déjà eu lieu à Toulouse et à Digne-Carmejane. La dernière aura lieu jeudi à Château-Gontier.

Frédéric SEAUX

 

 

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26 février 2011 6 26 /02 /février /2011 10:23

Article paru dans l'Humanité le 24 février 2011

 

C'est un scandale!

À Caen, la discrimination au redoublement est arrivée

 

Les collèges du Calvados avec de trop forts taux de redoublement verront leurs moyens baisser !

 

A près la prime au mérite pour les proviseurs les plus performants, voici venue la sanction appliquée aux établissements qui présentent un taux de redoublement supérieur à 2,5 %. C’est le Calvados qui inaugure la méthode, grâce à son très zélé inspecteur d’académie du Calvados, Jean-Charles Huchet, arrivé en octobre dernier. Ainsi, à la rentrée prochaine, les moyens de fonctionnement en nombre d’heures de cours et de soutien scolaire se verront amputés pour des établissements qui font redoubler « trop » d’élèves. Pour les 31 collèges concernés, la réduction annuelle s’échelonnera d’une à dix heures de cours. En revanche, les établissements jugés « vertueux », avec peu de redoublants, pourront se voir accorder jusqu’à six heures supplémentaires. Une aberration qui risque d’enfoncer encore un peu plus les établissements en difficulté.

Ce système de bonus-malus est vivement dénoncé par le Snes. Annabelle Bondiguel, membre du Snes et professeur d’espagnol au collège Létot de Bayeux, rejette une mesure brutale et injuste. Fin janvier, elle a appris que son collège recevrait un malus : six heures et demie hebdomadaires en moins. Or son collège a de très bons résultats au brevet et a acquis une spécificité en langue. « Nous allons perdre trois postes en maths, anglais, histoire-géo à cause des redoublements et nous risquons de perdre notre pôle d’excellence en langue. À terme, il faudra peut-être supprimer l’apprentissage du chinois. »

La suppression annoncée de 16 000 postes à la rentrée prochaine aurait-elle un rapport avec ce dispositif ? « Il y a de fortes chances, explique Philippe Vincent, secrétaire national du Syndicat des personnels de direction (SNPDEN), que cette mesure sur les redoublements soit une manière de supprimer des postes. C’est un ordre du ministre et chacun dans son académie doit trouver des leviers pour faire baisser les dotations horaires. » D’ailleurs, l’inspecteur d’académie ne s’embarrasse pas de questions pédagogiques pour justifier une simple logique comptable : « Un collégien coûte environ 8 500 euros chaque année à l’État. Rapportée aux 1 050 redoublants annuels (sur 27 000 collégiens dans le Calvados), cette somme s’élève à 8,5 millions d’euros soit environ 170 postes. »

Du coup, les vraies questions que soulève la pratique du redoublement passent à l’as. Philippe Vincent estime que la décision a été prise sans concertation : « On se pose la question de la validité du redoublement mais personne ne nous a consultés pour chercher d’autres pistes, comme le soutien personnalisé. Les chefs d’établissement ont des contrats d’objectifs. Le redoublement aurait pu y être intégré. Au lieu de ça, on décrète une mesure sèche, sans donner les moyens de travailler sur le nombre de redoublants. »

Ixchel Delaporte

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8 février 2011 2 08 /02 /février /2011 10:24

 

Article de laurent Mouloud, paru dans l'Humanité, le 4 février 2011

Plus d’enfants = moins de profs, la mauvaise équation de Chatel

 

Le principal syndicat du primaire a dévoilé cette semaine la carte des suppressions de postes, département par département. Bien souvent des coupes claires auront lieu, alors même que le nombre d’élèves augmente.

 

On connaissait, depuis un mois et demi, le nombre global de suppressions de postes prévues à la rentrée 2011 dans les écoles (– 8 967). Depuis une semaine, les choses se sont précisées. Le SNUipp-FSU, principal syndicat du primaire, en a révélé la répartition, département par département, en se basant sur les chiffres officiels transmis par les autorités lors des comités techniques paritaires d’académie.

Conclusion : dans de nombreux départements, des suppressions de postes sont bel et bien programmées malgré une hausse, parfois importante, du nombre d’élèves : – 20 postes en Seine-Saint-Denis pour 2 160 élèves de plus ; – 11 dans le Val-d’Oise pour 1 409 ; – 20 dans le Rhône pour 1 229 ; – 63 dans les Bouches-du-Rhône pour 1 065 ; – 28 dans l’Hérault pour 709, ou encore – 20 dans le Val-de-Marne pour 577.

Au final, seulement neuf départements vont connaître des dotations de postes positives. « Mais celles-ci confinent au ridicule compte tenu des hausses démographiques », souligne le SNUipp. Il y aura, par exemple, la création d’un poste d’enseignant en Haute-Savoie et en Isère, pour respectivement 813 élèves et 719 élèves supplémentaires, deux en Vendée pour 336 élèves de plus, ou encore un demi-poste en Haute-Garonne pour 1 163 élèves supplémentaires…

Le SNUipp révèle également le nombre de suppressions de postes d’intervenants en langues étrangères prévues par académie. Au total, 700 disparaîtront à la rentrée 2011, alors même que Luc Chatel communique à tout-va sur la nécessité d’enseigner l’anglais aux enfants dès trois ans…

Reste à savoir, désormais, la nature précise des postes supprimés et leur répartition école par école. Une information que, prudent, le gouvernement a décidé de ne dévoiler qu’après les élections cantonales.

Laurent Mouloud

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2 février 2011 3 02 /02 /février /2011 16:14

 

Article de Laurent Mouloud paru dans l'Humanité le 1er février 2011

Et Chatel inventa le prof multitâche...

 

Le ministre va tester en ZEP des profs uniques pour la physique, les SVT et la techno.

 

Luc Chatel a présenté hier son « plan » censé redonner le goût des matières scientifiques aux petits Français, plutôt mal classés dans ce domaine selon la dernière étude Pisa. Au milieu d’une batterie de mesures jugées « dilatoires » par le Snes-FSU (séance quotidienne de calcul mental, nomination d’inspecteurs spécialisés pour « mieux piloter le système », partenariat avec le monde des entreprises, etc.), il en est une qui promet de faire du bruit.

Dès la rentrée prochaine, le ministère envisage la mise en place, dans 400 collèges en « zones difficiles », de professeurs qui enseigneront à la fois la physique-chimie, les sciences de la vie et de la terre (SVT) et la technologie ! Un prof multitâche censé, selon les mots du ministre, faire comprendre aux enfants des quartiers populaires « la fluidité de la démarche scientifique »...

En fait, cet enseignement polyvalent, dit « intégré », des sciences est expérimenté depuis 2006 dans 50 collèges, en classe de 6e et 5e. Son bilan ? « On ne le connaît pas, explique Monique Daume, secrétaire nationale du Snes, chargée du collège. Mais les collègues nous disent qu’il est compliqué d’enseigner efficacement trois matières. Ils ne se sentent vraiment à l’aise que dans leur discipline de recrutement. »

Sur le fond, cette mesure réservée aux « zones difficiles » apparaît surtout, pour Monique Daume, comme un pas de plus dans « l’abandon » des milieux populaires. « On y construit, peu à peu, une école au rabais où l’ambition, en termes de savoirs, se limite au socle commun et où, maintenant, les professeurs n’ont plus besoin d’être spécialistes de leur discipline. » À l’heure où le gouvernement ne remplace qu’un fonctionnaire sur deux, cette polyvalence des profs de sciences semble également une aubaine pour faire de nouvelles économies de postes...

Laurent Mouloud

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