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25 mars 2010 4 25 /03 /mars /2010 21:20


Article paru dans L'Humanité, le 23 mars 2010

Imprenable Haute-Normandie

La gauche l’a aisément emporté. Même l’Eure, plus conservateur, est passé à gauche.

La gauche unie derrière Alain Le Vern, président socialiste sortant, l’a emporté au second tour des régionales avec 55,10 % des voix, contre 30,70 % pour la droite (32 % en 2004) conduite par deux ministres de Sarkozy, Bruno Le Maire et Hervé Morin, et 14,20 % pour le Front national mené par le parachuté parisien Nicolas Bay. La gauche gagne donc un siège par rapport au dernier mandat (37 sièges contre 36), la droite en perd un (12 au lieu de 13) et le FN conserve ses 6 élus. « La fusion des listes à gauche a donc bien fonctionné lors de ce second tour », a précisé Céline Brulin, secrétaire PCF de Seine-Maritime, et nouvelle élue régionale. Le Front de gauche n’était pourtant pas certain d’obtenir un 6e élu, positionné volontairement par le PS en 27e position en Seine-Maritime, afin de faire payer la division du premier tour, alors que le résultat pressenti donnait entre 26 et 28 élus à la gauche. Mais le Front de gauche, en appelant à voter massivement pour la gauche unie « pour battre la droite et l’extrême droite », a favorisé le bon score final et l’élection de ce 6e candidat, Christian Gauthier, issu du Parti de gauche.

« Notre responsabilité est immense », a réagi cependant Noël Levillain, maire communiste et nouvel élu régional. « Le Front de gauche va devoir apporter sa pierre à l’édification de projets communs avec d’autres régions de gauche, qui devront préfigurer ce que pourrait être une gauche gouvernementale. Il ne suffira pas que la région soit bien gérée. Il faudra qu’elle soit également combative auprès d’une population qui s’est abstenue à hauteur de 49 % dimanche. »
Pour de nombreux observateurs politiques régionaux, la Haute-Normandie devient une terre quasi imprenable pour la droite puisque, outre la Seine-Maritime, traditionnellement à gauche, le département de l’Eure, davantage conservateur, est lui aussi passé à gauche très largement (49,11 % contre 34,49 % pour la droite) dimanche soir.

                                                        Frédéric Seaux

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12 mars 2010 5 12 /03 /mars /2010 08:46

 Article paru dans L'Humanité, le 11 mars 2010

Haute-Normandie.
Le développement industriel en débat…

L’enjeu industriel 
est majeur dans une région, où l’automobile, l’énergie, la pharmacie, le verre, l’activité portuaire dominent… Développer l’industrie, c’est assurer l’emploi. La liste de Sébastien Jumel en fait une priorité.


Rouen (Seine-Maritime), envoyé spécial.


La Haute-Normandie multiplie les atouts  : région agricole, touristique et aussi et surtout industrialo-portuaire. Elle regroupe ainsi des industries traditionnelles de premier plan (automobile, papeterie…) et des industries de haute technologie (aérospatiale, aéronautique, pharmaceutique…). Mais la crise financière « et la casse organisée par l’actionnariat », selon Sébastien Jumel, la tête de liste du Front de gauche dans cette région, sont passées par là et avec elles des milliers d’emplois ont disparu  : près de 25 000 en 2009 dont la moitié dans l’industrie, victime ainsi en 2008 d’une baisse de l’emploi de 3 %. La barre des 10 % de chômeurs (cinquième région la plus touchée par le chômage) a donc été naturellement franchie en 2009, contre 8,6 % en 2008. Les premiers touchés sont les moins de 25 ans dont plus de 30 000 d’entre eux ont déjà quitté la région depuis 2001.

Autre constat partagé par tous, ou presque  : la nécessité de relancer l’industrie. « Ou presque » car, à droite, la tête de liste Bruno Le Maire, également ministre de l’Agriculture, n’envisage l’emploi que sous la forme d’emplois verts au sein des associations « dont l’objet est l’entretien des sites naturels, des espaces verts et de rivières » et de « doubler le budget régional consacré à la recherche et à l’innovation ». Ambition très mince donc et illusoire surtout. Car même si la région s’est vu décerner le prix de la meilleure gestion de France, la suppression prochaine de la taxe professionnelle risque de peser lourd dans le budget et donc dans les investissements régionaux. La réunification des deux Normandie est pour le proche de Nicolas Sarkozy la pierre angulaire de son programme pour l’emploi dont il prétend faire sa priorité. Reste aussi la dernière trouvaille de l’ancien directeur de cabinet de Villepin  : axer le développement économique de la région sur le tourisme (6 % des emplois seulement). On est bien loin donc d’une politique ambitieuse en faveur du développement industriel. La liste Europe Écologie, conduite par Claude Taleb, conseiller régional sortant, ne jure elle aussi que par des emplois verts et par l’endettement « qu’autorise l’excellente santé de ses finances » pour financer les projets industriels majeurs.

Du côté du Parti socialiste, on se gargarise d’avoir un excellent bilan et une excellente situation financière. Le programme  ? Continuer sur cette lancée en promettant qu’en cas de réélection du fabiusien Alain Le Vern à la tête de la région, un label Fabriqué en Normandie sera élaboré pour sauver le savoir-faire des délocalisations. Promesse est faite aussi de créer un pôle public pour l’investissement et l’innovation et de poursuivre les aides financières aux entreprises, désormais conditionnées par les critères de l’emploi, des conditions de travail et du respect de l’environnement.

« Pourquoi ne pas l’avoir fait plus tôt  ? » s’interroge de son côté le Front de gauche. « Pendant six ans, la commission de contrôle de cet argent public n’a fonctionné qu’à deux reprises », révèle Gaëtan Levitre, maire PCF d’Alizay où est installée la papeterie M-Real menacée par un plan social de 99 emplois et qui a bénéficié de subventions de la région. « Le reste du temps, tout était décidé dans les bureaux du conseil régional », poursuit-il. « Contrairement au NPA qui rejette toute aide publique aux entreprises, nous disons que le problème n’est pas l’aide mais son contrôle », conclut l’élu qui constate avec amusement que le PS a repris les idées du Front de gauche sur ce sujet.

La priorité du Front de gauche demeure donc le maintien de l’industrie traditionnelle, à commencer par l’automobile qui génère près de 30 % de la production nationale et des milliers d’emplois chez les sous-traitants (Autoliv, Sealinx…) dans la région. Dans le domaine de la papeterie, engagement est fait de favoriser l’utilisation locale des forêts très présente dans cette région plutôt que de faire venir le bois de l’étranger (Angleterre essentiellement). La question du développement durable est donc au cœur du programme du Front de gauche, au point d’ailleurs d’envisager comme Julien Dugnol, 13e sur la liste et qui travaille à Grand-Couronne, que les futurs élus impulsent une dynamique pour valoriser le transport fluvial des marchandises en y conditionnant les aides aux entreprises. L’accent sera également mis sur la formation continue et dans l’innovation industrielle. « Mais avant tout, précise Jean-Luc Lecomte, maire adjoint communiste de Vernon et tête de liste dans l’Eure, il faudra convoquer des assises pour l’emploi afin d’examiner la situation de chaque filière car la région actuelle, n’a réalisé aucune étude sur le sujet malgré la grave crise industrielle. »

Frédéric Seaux


REPERES

- La Haute-Normandie est composée de deux départements, l’Eure et la Seine-Maritime. Elle compte 1,8 million d’habitants et la capitale régionale est Rouen.
- Premier tour des régionales 2004 : Le Vern (PS, PCF, Verts), 39 % des voix (53 % au deuxième tour) ; Rufenacht (UMP), 21 % des voix (33 % au deuxième tour) ; Chaboche (FN), 16 % des voix (15 % au deuxième tour) ; Morin (UDF), 13 % des voix ; Poupin (LCR, LO), 6 % des voix.
- Conseil régional sortant : 22 PS, 8 PCF, 6 Verts, 5 Nouveau Centre, 8 UMP, 6 FN.

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12 mars 2010 5 12 /03 /mars /2010 08:32

Articles parus dans L'Humanité du jeudi 11 mars 2010

Portrait de Michelle Ernis

"Remettre le curseur à gauche"


Après plusieurs décennies à la LCR puis au NPA, Michelle Ernis a rejoint la Gauche unitaire à l’occasion des dernières européennes et elle en quatrième position sur la liste Front de gauche emmenée par Sébastien Jumel. Pour l’élue 
de la banlieue rouennaise, la situation politique en France et en Haute-Normandie ne peut plus se contenter d’une « gauche molle ». La région, Michelle Ernis la veut politique et responsable et non plus « aseptisée », comme elle l’est depuis six ans maintenant selon elle. « Le PS aurait pu faire de cette région et des 19 autres de véritables contre-pouvoirs. Mais il ne l’a pas fait, ce n’est pas dans ses gènes. » « Nous, on boostera sans arrêt cette région en replaçant véritablement le curseur à gauche pour répondre aux besoins des milieux populaires et des classes moyennes », poursuit-elle. Le programme du PS  ? « Il a été modifié et quelque peu gauchi mais il y a des différences fondamentales avec celui du Front de gauche », explique-t-elle. « Je préviens seulement Alain Le Vern que, contrairement à ce qu’il a dit, au second tour, ce n’est pas le plus fort qui va décider du programme définitif. Nous devrons également fusionner les idées. »


Portrait de Michael Després

« Il faut une vraie gauche à la région »


 Cadre supérieur de santé en hôpital psychiatrique à Évreux, Michaël Desprès, cinquante-quatre ans, est candidat pour le Parti de Gauche en troisième position dans l’Eure. Il s’inscrit dans cette élection avec le Front de gauche pour construire une vraie gauche alternative. Il veut faire du conseil régional un contre-pouvoir quotidien à la politique de la droite. S’il admet volontiers que la gestion du président PS sortant Alain Le Vern « est une bonne gestion », il lui reconnaît cependant de n’être qu’une gestion 
« de bon père de famille ». Selon lui, « il faut au contraire en cette période de crise investir et prendre des risques sinon l’emploi va poursuivre son déclin ». Il dénonce également certaines orientations droitières de la région. « Il faut une vraie gauche à la région et non pas celle qui a poursuivi la politique d’Antoine Rufenacht (président RPR de la région entre 1992 et 1998 – NDLR) dans le financement des écoles privées bien supérieur à ce que prévoit la législation. » Alain Le Vern a aussi favorisé la rénovation des centres de formation privés (20 millions d’euros depuis 2004) au détriment des lycées professionnels publics.
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