Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 12:16

Articles publiés dans le supplément de l'Humanité Dimanche n°270 

consacré au développement durable, juillet 2011, p18-20-21

 

Au Smédar, on valorise le déchet

 

Dans l’arrondissement de Rouen, c’est en régie publique que sont triés, éliminés et valorisés les déchets des 600 000 habitants des 164 communes adhérentes aux structures intercommunales membres du Smédar. Retour sur le développement… durable de cette collectivité territoriale.

 

 

« Chaque déchet est une matière première ». Tel est le leitmotiv du Smédar, Syndicat mixte d’élimination des déchets de l’arrondissement de Rouen, qui en 2009 a valorisé 425 000 tonnes de déchets ménagers, industriels et commerciaux. Et avec soixante-deux kilogrammes de déchets recyclables triés par habitant en 2009, les performances sont supérieures à la moyenne nationale grâce au suivi constant d’assistance aux collectivités, à l’information des habitants et à l’optimisation du fonctionnement du centre de tri qui valorise les déchets selon plusieurs étapes. Situé sur l’Ecopôle Vesta, sur une ancienne friche industrielle en bord de Seine, dans le prolongement de l’unité de valorisation énergétique, le centre de tri emploie soixante-cinq agents (sur les deux cent vingt que compte le Smédar). La performance d’affinage des déchets par catégorie atteint les neuf tonnes par heure, l’une des plus rapides de l’Hexagone.

Une fois séparés, manuellement et mécaniquement par types de matériaux, les déchets recyclables sont ensuite revendus aux filières de valorisation sélectionnées par le Smédar dans le cadre de la contractualisation avec la société Eco-Emballages qui assiste les collectivités dans la mise en place de la collecte sélective. Les quelque 34 000 tonnes de matériaux recyclables ont ainsi rapporté, hors taxes, près de 1, 3 millions d’euros de recettes en 2009 au syndicat qui les a intégralement déduites des coûts de fonctionnement facturés aux intercommunalités adhérentes qui lui paient leurs déchets selon le tonnage et leur catégorie.

Et quand les déchets ne peuvent être recyclés, ils sont éliminés. Mais pas perdus, puisqu’ils sont transformés en énergie. En 2009, l’unité de valorisation énergétique du Smédar a réceptionné 306 585 tonnes de ces déchets ménagers, industriels, commerciaux et d’activités de soins qui n’auraient eu d’autres exutoires que les centres de stockage. Au rythme de deux cents camions par jour en moyenne, les déchets sont déversés dans une fosse qui possède une capacité de stockage de 20 000 m3. A plus de 850 degrés, les déchets sont incinérés pendant une heure par des fours en auto-combustion qui réduisent fortement la consommation de fioul. La vapeur alors produite génère de l’électricité, 177 millions de kilowatt-heures en 2009, mais aussi des recettes, 7,39 millions d’euros, l’électricité étant revendue à EDF. Quant aux scories récupérées en sorties de fours elles, sont envoyées vers l’unité de traitement des mâchefers revendus ensuite en tant que remblai ou sous-couche routière. Plus de 43 000 tonnes de mâchefers ont ainsi été produites et valorisées en 2009 sur le site.

Le transport fluvial favorisé

Le compostage des déchets verts fait partie également des missions de service public du syndicat depuis sa création. Plus de 60 000 tonnes ont été valorisées en 2009 et revendues aux professionnels et particuliers. En nourrissant le sol avec les végétaux qu’il produit lui-même, la valorisation du compost est une action significative du Smédar pour le développement durable qui est la pierre angulaire de sa politique. Au point d’ailleurs d’avoir reçu dernièrement la certification ISO 14001 qui reconnaît ainsi la qualité de son système de management environnemental et sa capacité à valoriser les déchets dans un cadre respectueux de l’environnement. L’adoption fin 2009 du transport fluvial des déchets afin de limiter l’impact environnemental du transport va également dans ce sens. Atout majeur pour le Smédar : sa localisation en bordure de Seine. Le fluvial est une véritable alternative au transport routier puisque chaque année, ce sont cent vingt camions de moins sur les routes grâce à ce mode de transport qui permet en outre de répondre aux objectifs de développement durable définis par le Grenelle de l’environnement.

Les élus ont donc bien compris que la valorisation des déchets était une question incontournable pour la protection de l’environnement. C’est d’ailleurs à ce titre qu’a été crée en 2009 un conseil scientifique de dix-huit membres issus de la recherche, des sciences de la médecine et du milieu associatif. Il est chargé d’évaluer les équipements de traitement existants, d’optimiser leur fonctionnement et de participer à l’élaboration des projets du Smédar. Issu d’une initiative innovante, ce conseil s’inscrit dans un travail de réflexion sur le long terme.

Le Smédar mise sur sa communication

Le Smédar est donc un succès qui n’est évidemment pas lié au hasard. Les mentalités changent chez les consommateurs et les industriels. Et le service communication du Smédar y contribue à sa manière, luttant contre la connotation négative du déchet et la culpabilisation des « mauvais » éco-citoyens. Dix-huit personnes travaillent au sein de ce service, dont treize assistants de proximité qu sont les maillons forts de la sensibilisation du grand public et des professionnels sur le tri sélectif et l’éco-consommation. Ces agents multiplient les animations en milieu scolaire, au sein du Smédar lors des portes ouvertes, le porte-à-porte, et sont présents dans de nombreuses manifestations. Le service communication publie également des numéros consacrés au tri et destinés aux habitants des communes adhérentes qui seront certainement rejointes prochainement par la ville de Dieppe et ses 35 000 habitants. Des campagnes radiophoniques et d’affichage sont aussi menées dans l’agglomération rouennaise. Au total, ce sont plus de 28 000 contacts qui ont été réalisés en 2009. Le Smédar se donne donc les moyens de sa politique de développement durable. Et les partenaires ne sont pas absents dans l’aide apportée sous forme de subventions. Les agences de l’environnement et de l’eau, le département de Seine-Maritime, l’Union européenne, via les fonds Feder, et Eco-emballages financent en partie les projets et la communication du Smédar qui, signe de sa bonne santé économique, n’a mobilisé aucun nouvel emprunt.

Un service public des déchets est donc tout a fait viable dans le cadre d’une politique de maîtrise des coûts et de valorisation maximale des déchets.

 

Frédéric SEAUX

 

 

Qu’est-ce que le Smédar ?

 

Le Smédar est une collectivité territoriale créée en 1999, présidée depuis 2007 par Patrice Dupray, maire et conseiller général PCF de Grand-Couronne. Le syndicat mixte d’élimination des déchets de l’arrondissement de Rouen regroupe six structures intercommunales. Il est administré par un comité syndical composé de 60 représentants. Comprenant 220 agents territoriaux, le Smédar est compétent pour valoriser les déchets que produisent les 600 000 habitants de son périmètre. Concrètement, il adapte, il aménage, il construit et exploite les équipements nécessaires à la mise en place d’un schéma global cohérent qui se traduit par le fonctionnement complémentaire des filières de valorisation énergétique, de la valorisation matière et agronomique. Chaque déchet est donc valorisé. En complément, le Smédar assure la valorisation des déchets des déchetteries au sein de ses équipement ou via des conventions avec des entreprises extérieures.

                                                                                                                                                    F.S

 

 

 

Patrice Dupray :

« Le gouvernement manque de politique ambitieuse en matière de traitement des déchets ».

Le maire de Grand-Couronne et président du Smédar revient sur le projet courageux du Smédar dont il est président depuis 2007 et dénonce le manque d’ambition du gouvernement an matière de traitement des déchets.

 

L’HD. La question des déchets est-elle un enjeu récent pour les collectivités locales de l’arrondissement de Rouen ?

Patrice Dupray. Depuis une vingtaine d’années, la question des déchets est au centre des politiques publiques des collectivités locales de l’arrondissement de Rouen. La maîtrise des coûts et la valorisation maximale des déchets, en accord avec les objectifs de développement durable, sont les matrices de notre politique menée au sein du SMEDAR depuis plus de 10 ans. Sous la houlette de mon prédécesseur Claude Lainé (ancien président du Smédar et conseiller régional PCF- NDLR), la création du SMEDAR a naturellement été le facteur décisif de la réussite d’un projet de territoire pour le traitement et la valorisation des déchets rassemblant les élus locaux autour de ce projet. Les élus du SMÉDAR et moi-même veillons à ce que les coûts de collecte, pour les déchets verts et les déchets alimentaires notamment, et de transfert soient optimisés.

 

L’HD. Quelle est votre analyse sur la politique gouvernementale en matière de gestion et de réduction des déchets ?

Patrice Dupray. L’ensemble de la sphère publique, les collectivités territoriales comprises, est soumis au dogme ultra libéral de la réduction des déficits publics, incarné nationalement par la Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP).

Pour les collectivités, l’engagement du Grenelle au recyclage des emballages à hauteur de 75% d’ici 2012 devait représenter un doublement des financements, soit au moins 780 millions d’euros, au lieu des 410 millions versés aux collectivités en 2009, allégeant ainsi le coût de la gestion des déchets pour les contribuables locaux, évaluée à 6 milliards d’euros.
Or, après un an de négociations, le cahier des charges d’agrément a été publié en minimisant artificiellement le coût de la gestion des déchets, privant les collectivités a minima de 140 millions d’euros. Par ailleurs, l’agrément repousse l’obligation du Grenelle à 2014 ! On est donc très loin du compte, mais bien dans la logique de la RGPP.

 

L’HD. Le Conseil National des Déchets a-t-il une réelle utilité ou sert-il de relais à la politique gouvernementale en la matière ?

Patrice Dupray. Ce conseil est présidé depuis 2009 par Fabienne Labrette-Ménager, députée UMP de la Sarthe (et auparavant par le député UMP de l’Eure Franck Gilard-NDLR). Le manque de volonté politique du gouvernement pour développer une politique de gestion des déchets ambitieuse, est illustré par le faible pouvoir accordé au Conseil National des Déchets. « Le Conseil national des Déchets est un organe de consultation facultative sur toute question relative aux déchets », explique le ministère. Quel manque d’ambition sur un sujet majeur des politiques publiques de développement durable !

 

L’HD. Le coût du traitement des déchets est souvent critiqué. Qu’en est-il au sein du SMEDAR ?  

Patrice Dupray. Notre territoire et son bassin de population de 600 000 habitants nous permettent d’optimiser et de lisser les coûts d’investissement et de fonctionnement. La mutualisation des moyens à une échelle territoriale pertinente demeure l’incontournable condition des avancées. La politique de réduction à la source, menée par le SMÉDAR avec ses collectivités adhérentes, ne représente pas un frein, mais une avancée dans le domaine environnemental et social, et je dirais même dans le domaine du traitement des déchets.

L’action de prévention en direction de la population a pris, au cours des récentes années, une certaine importance. Le rôle du SMÉDAR est d’inciter, de coordonner et d’accompagner. Il aura à terme, nous l’espérons, une incidence sur les différents gisements de déchets à traiter, l’objectif national défini par le Grenelle de l’Environnement étant une baisse de 7 % des tonnages à l’horizon 2015.

L’important pour nous est de suivre les comportements des citoyens vis-à-vis de cette problématique et d’anticiper au mieux les nouveaux équipements de traitement à mettre en œuvre ou les modifications que cela peut engendrer sur nos modes d’exploitation. La responsabilité élargie du producteur est de plus en plus appliquée et nous nous en réjouissons.

 

L’HD. Qu’apporte de plus la régie publique dans le traitement et la valorisation des déchets ?

Patrice Dupray. Les élus du SMEDAR ont toujours travaillé à créer dans leur zone d’activité un véritable service public de valorisation des déchets. Cette mise en œuvre s’est effectuée à des conditions égales pour toutes les collectivités adhérentes, grandes ou petites, rurales, périurbaines ou urbaines, éloignées ou proches des unités de traitement.

A l’échelle nationale, la référence au service public, fait toujours l’objet d’un consensus. Mais dans les faits, on peut y observer une application plus ou moins modulée du principe d’équité qui conduit à instaurer, notamment en matière tarifaire, au nom de l’efficacité économique et de la rentabilité, des règles de différenciation dont le caractère dissuasif peut avoir des conséquences lourdes pour certains partenaires en principe associés.

 

                                                                                          Entretien réalisé par Frédéric SEAUX

Repost 0
Published by frederic seaux - dans environnement
commenter cet article
13 avril 2011 3 13 /04 /avril /2011 21:52

 

Article paru dans le Journal d'Elbeuf,  le mardi 12 avril 2011

 

Le PCF débat sur l'environnement avec André Brunstein

 

"Je ne viens pas venu crier au loup mais..."

 

Mercredi soir les communistes de l’agglomération elbeuvienne accueillaient André Brunstein, ingénieur au Conservatoire National des Arts et Métiers et membre de la commission Ecologie du Parti communiste. Objectif ? Parler d’environnement et de ses liens avec la santé. Mais au cours du débat qui a suivi s’est rapidement posée, actualité oblige, la question du nucléaire.

 

conf-photo-1.JPGMercredi soir à la Maison des communistes à Elbeuf, André Brunstein a posé d’emblée la situation devant un parterre d’une quarantaine de militants, pour la plupart. « Je ne viens pas crier au loup, mais aujourd’hui, on peut dire que l’avenir de l’humanité est menacé ». Le ton se veut convaincant, comme d’ailleurs la démonstration par les faits et les chiffres qui ont suivi. « Tout ce que je dis n’est pas le fruit de mon imagination mais c’est le résultat d’études scientifiques menées par des organismes comme le CNRS ou encore l’Inserm », prévient le scientifique communiste qui dénonce le manque de financement de la recherche publique dans ce domaine.

En moins d’une heure, André Brunstein a ainsi évoqué, le réchauffement climatique qui est selon lui « le problème numéro un », mais aussi de la pollution de l’eau qui devient alors rare et chère au point que dans le monde « un humain sur quatre n’a pas accès à l’eau potable », rappelle-t-il. Quant à la pollution de l’air, non seulement celle-ci provoque la mort de « 42 000 morts par an en France » selon le scientifique, mais réduit, l’espérance de vie au Havre d’une année. La pollution chimique est, elle, connue de tous dans notre département. André Brunstein énonce alors des chiffres qui ont fait réagir l’assemblée : « La Seine-Maritime représente 3% de la population nationale mais 11% des cancers ».

Le nucléaire fait débat

« Que faire ? » conclut le scientifique. « Je ne suis pas venu avec des réponses toutes faites mais avec de simples pistes de réflexion », prévient-il. « Le changement viendra de la société civile qui doit prendre la question de l’écologie à-bras-le-corps et en ne faisant pas confiance à quelques partis qui se disent écologistes mais qui défendent un modèle économique capitaliste qui se désintéressent de l’environnement », s’insurge le scientifique qui n’oublie pas son engagement au parti communiste. « Et la décroissance ? », feint de demander Robert Hazet, co-secrétaire de la section d’Elbeuf. Réponse immédiate du scientifique : « la vraie question n’est pas de se demander s’il faut de la croissance, mais plutôt de réfléchir à une nouvelle forme de croissance respectueuse de l’environnement ». Idée qu’au demeurant les décroissants défendent en insistant sur la double nécessité d’une relocalisation des activités économiques réduisant ainsi l'empreinte écologique et les dépenses énergétiques, et d’une limitation de l’usage des matières premières qui viendront prochainement  à manquer.

Le nucléaire, enfin, s’est invité au débat, actualité oblige. Et il ne fait pas de doute que la question de la poursuite de son développement fait aujourd’hui débat au parti communiste. André Brunstein en la matière en connaît, pourrait-on dire, « un rayon ». Il était en effet « chef du service de production à la centrale de Flamanville (Manche) au moment de l’explosion de Tchernobyl ». Pour lui, la position du PCF sur le sujet n’est pas arrêtée. A la section d’Elbeuf non plus, semble-t-il, au vu des nombreux échanges entre militants dans la salle sur cette question sensible et qui depuis le drame survenu au Japon n’a de cesse d’interroger les Français.

 

Frédéric SEAUX

Repost 0
Published by frederic seaux - dans environnement
commenter cet article
1 mars 2011 2 01 /03 /mars /2011 16:49

 Article paru dans l'Humanité, le 23 Février 2011

 

Rubrique : "Territoires du côté de chez vous"

Éoliennes offshore :vent de colère au Tréport

 

Pêcheurs du Tréport et élus communistes haut-normands s’opposent aux futurs parcs éoliens offshore au large des côtes normandes à Courseulles-sur-Mer, Fécamp et au Tréport.

 

  L’Élysée a annoncé la construction des 600 premières éoliennes marines françaises. Dans son appel à projets, l’État appelle à la constitution d’une filière éolienne marine française compétitive, à une mobilisation des tissus industriels locaux, promettant ainsi la création de 10 000 emplois dans ce secteur. En Haute et en Basse-Normandie, l’annonce a ravi la droite, à laquelle se sont associés les élus socialistes et écologistes. Ils ont salué cette décision évoquant de concert l’ancrage du développement durable, les emplois à la clé et les nouveaux débouchés économiques pour les entreprises et industries de ces deux régions. Cette décision finale ne fait pourtant pas que des heureux. Notamment les pêcheurs, qui refusent de « mordre à l’hameçon » face aux belles promesses de la Compagnie du vent (CDV). Cette filiale de GDF Suez, qui part grande favorite dans la mise en oeuvre de cette ferme de 140 éoliennes offshore au large de Dieppe et du Tréport, a revu son projet lors du dernier débat public de septembre 2010 permettant ainsi, selon elle, tous les types de pêche. Les pêcheurs de cette zone demeurent ainsi toujours opposés au projet, contrairement à leurs homologues fécampois et bas-normands, où la pêche pèse moins dans l’économie locale. Soutenus par les élus communistes de la région, dont le maire du Tréport, Alain Longuent, qui promet d’aller « jusqu’au bout avec [nos] pêcheurs », ces derniers en contestent le volet économique et écologique. « On parle de 150 emplois pérennes liés à la maintenance dans notre zone, mais nous, au Tréport, on fait travailler près de 1 000 personnes", explique Olivier Becquet, responsable de la coopérative des artisans pêcheurs de Dieppe- Le Tréport qui doute des motivations écologiques de la CDV. « Elle n’a jamais mis une éolienne en mer et elle va faire appel à des sociétés étrangères pour la réalisation de ce chantier. Une fois les éoliennes installées, ce promoteur repartira habiter dans le Midi (le siège de la CDV est à Montpellier – NDLR), là où on n’installe pas d’éoliennes. » Sur un plan écologique, le pêcheur assure avoir proposé l’alternative d’éoliennes flottantes « moins néfastes pour nos zones de pêche », mais probablement plus dangereuses pour la circulation des bateaux. La municipalité communiste du Tréport, par la voix du directeur de cabinet, enfonce le clou. « La construction nécessite 3 000 tonnes de béton par pied d’éolienne, qui en compte chacune trois, qu’il faut ensuite multiplier par les 141 éoliennes prévues dans notre zone. Où est l’économie carbone ? » ironise-t-il. 

FRÉDÉRIC SEAUX

Repost 0
Published by frederic seaux - dans environnement
commenter cet article
21 février 2011 1 21 /02 /février /2011 10:23

Article paru dans l'Humanité, le 17 février 2011

Casse du fret : Les patrons

sont contre, mais chut !

Le déclin programmé à Sotteville-lès-Rouen n’arrange pas leurs affaires. Pourtant les entreprises rechignent encore à s’associer aux cheminots pour sauver l’activité des gares de triage.

Trente pour cent de cheminots de moins en dix ans, 2500 wagons quotidiens triés dans les années 1990, contre seulement 50 aujourd’hui, 332 locomotives inutilisées depuis trois ans qui se détériorent. Tel est le bilan amer que dresse le comité de défense de la gare de triage de Sotteville-lès-Rouen (Seine-Maritime). En cause, selon ce comité qui en est à plus de 4000 signatures de soutien : l’abandon progressif par la SNCF, depuis 2004, de sa politique du « wagon isolé » qui consiste à louer à l’unité des wagons vides aux entreprises qui privilégient ainsi le transport ferroviaire au transport routier plus onéreux et dangereux. « A la place, pour des questions de rentabilité, la SNCF tente de développer le ″multi-lots/multi-clients ″. Les entreprises doivent désormais faire un prévisionnel annuel des chargements qu’ils feront transporter par wagon » explique Luc Delestre. Une telle politique met donc en péril le Fret. Dans les alentours de la zone industrielle de Sotteville-lès-Rouen, c’est une quinzaine d’entreprises qui n’entrent plus dans la politique de rentabilité de la SNCF et qui désormais ont de nouveau recours au transport par camions. « Soit 6000 camions de plus par jour sur les routes » a calculé Pierre Ménard, président du comité. « On est donc bien loin de l’objectif du Grenelle de porter à 25 % la part des modes non routiers et non aériens en 2022 », rappelait en septembre dernier le sénateur (PCF) haut-normand Thierry Foucaud, signataire d’une proposition de résolution sur le développement du fret.

Les chargeurs absents des débats publics

Invités aux différents débats publics organisés par le comité, les principaux chargeurs, souvent de l’industrie, ont toujours fait la sourde oreille et ne dénoncent qu’à demi-mot cette casse. S’ils regrettent que pour des raisons économiques « compréhensibles » le maintien du wagon isolé ne soit pas possible, ils n’acceptent pas pour autant l’alternative « multi-lots » de la SNCF. « Mais nous n’avons pas d’alternative à proposer », prévient un courageux qui, contacté, a souhaité rester anonyme. Enfin une quand même : mettre encore plus de camions sur les routes et pourquoi pas délocaliser. Courage, fuyons…

 Frédéric SEAUX

Repost 0
Published by frederic seaux - dans environnement
commenter cet article
3 septembre 2010 5 03 /09 /septembre /2010 18:56

 

 

 

 

éoliennes huma dimanche-copie-1

 

Article paru dans l'Humanité Dimanche du 29 juillet au 4 août 2010. page 32

Repost 0
Published by frederic seaux - dans environnement
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de frederic seaux
  • Le blog de frederic seaux
  • : il s'agit d'un blog sur lequel paraissent certains de mes articles publiés dans le quotidien l'Humanité et les deux hebdomadaires, La Terre et l'Humanité Dimanche. J'utilise également ce blog comme moyen d'expression sur des sujets d'actualité que je ne traite pas directement à travers mes articles. Rendez-vous également sur le blog de la maison d'édition que j'ai créée : http://editionscogitoergosum.over-blog.com
  • Contact

Recherche

Liens