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8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 09:19

Article paru dans l'Humanité le 6 Février 2012

Chauffage coupé en plein hiver...

 

Les Français ont froid, mais certains plus que d’autres. Huit millions seraient en situation de précarité énergétique. Comme Nathalie, à laquelle GDF a coupé le gaz vendredi…

 

C’était vendredi, alors que la France grelottait déjà de froid et s’apprêtait à voir les températures baisser encore pendant le week-end : « J’ai voulu faire la vaisselle ; pas d’eau chaude, raconte Nathalie Brahim, quarante-six ans, qui habite à Villejuif avec ses trois enfants. Je suis allée voir la chaudière : bloquée ; la gazinière, pareil. Je suis sortie et j’ai compris : GDF m’avait coupé le gaz et même enlevé le compteur ! » Depuis trois jours, cette ancienne caissière de Franprix, qui vit péniblement, au RSA, avec 844 euros de revenus mais un loyer de 1 000 euros, doit donc composer avec un appartement sans chauffage, sans eau chaude et sans cuisinière… « Heureusement, mes voisins sont adorables, ils m’aident beaucoup. On m’a prêté une plaque et deux radiateurs électriques. Mais dans l’appartement, il faisait à peine au-dessus de zéro. J’ai dormi avec pull, pantalon et chaussettes… »

 

envol des prix de l’énergie

« Choqués », les élus de la ville se sont rendus chez la mère de famille pour l’assurer de leur soutien et tenter de débloquer la situation avec GDF. Un premier rassemblement a été organisé par la CNL du Val-de-Marne, samedi. « Et nous irons ce lundi matin, à 9 heures, devant les locaux de GDF pour exiger le rétablissement du gaz pour cette famille, a prévenu hier Michel Mittenaere, responsable de l’association départementale. Car cette situation est intolérable. »

Intolérable, mais aussi de plus en plus banale : dans son tout dernier rapport sur le mal-logement, la Fondation Abbé-Pierre relève que 3,8 millions de ménages, soit 8 millions de personnes, se trouvent aujourd’hui en situation de précarité énergétique, c’est-à-dire consacrent plus de 10 % de leur budget aux factures d’énergie. Et bien souvent renoncent à se chauffer correctement pour économiser. En 2006, précise la fondation, 14,8 % des ménages français ont déclaré « avoir eu froid dans leur logement au cours de l’hiver », contre seulement 10,9 % en 1996.

Car les prix de l’énergie, contrairement aux salaires, ne cessent de s’envoler (voir infographies). Et la promesse faite par François Fillon, en avril 2011, de geler, pour un an, le prix du gaz à compter de juillet, a fait long feu. Désavoué par le Conseil d’État, au nom de la sacro-sainte (mais bien peu efficace) concurrence, le gouvernement a dû s’incliner. Et les tarifs du gaz ont de nouveau augmenté, le 1er janvier dernier, de 4,4 %.

 

Dossier en stand-by, faute de décret

Dans ce contexte, la lenteur – et le mot est faible – avec laquelle se met en place l’automaticité des tarifs sociaux de l’énergie a suscité ce week-end une belle polémique. Présidente du Syndicat intercommunal de la périphérie de Paris pour l’électricité et les réseaux de communication (Sipperec), la maire (PCF) de Bobigny, Catherine Peyge, a souligné « l’urgence » qu’il y avait à avancer sur ce dossier, toujours en stand-by, faute de décret. « Qu’attendent les pouvoirs publics pour publier ce décret et mettre fin à cette anomalie qui veut qu’un tarif, décidé en 2000, mis en œuvre en 2005, n’arrive toujours pas à protéger les familles qui en ont besoin ? Pendant ce temps-là, les tarifs de l’électricité ont augmenté de 6 % en deux ans, et la facture risque de bondir de 30 % d’ici à 2016. »

En effet, de l’aveu même du ministère de l’Énergie, moins de la moitié des ménages éligibles au tarif social du gaz (300 000 sur 800 000), comme de l’électricité (600 000 sur 1,5 million de ménages), demandent à en bénéficier. Secoué par la polémique, le ministre Éric Besson a assuré vendredi que le décret serait « signé et publié dans les prochaines semaines » et qu’il « s’appliquerait aux factures de gaz et d’électricité correspondant aux consommations depuis le 1er janvier 2012 ». L’effort ne devrait pas être insurmontable pour GDF Suez. Selon le groupe, l’économie annuelle pour les familles concernées serait comprise « entre 
22 et 156 euros, en fonction de leur consommation ».

 

Alexandre Fache

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8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 09:14

Editorial paru dans l'Humanité le 6 Février 2012

La vague de froid, un terrible révélateur

«Si je suis élu, d’ici deux ans, il n’y aura plus un seul SDF dans la rue. » Que n’a-t-il tenu sa langue tant, sur ce point-là encore, le bilan 
de Nicolas Sarkozy est aux antipodes 
de la promesse électorale ! La vague de froid qui touche la France agit comme un terrible révélateur. Elle précipite toutes les urgences. Les hivers derniers, quand les frimas tombaient, on craignait pour la vie des SDF. 
On s’indignait, à juste titre, du manque de place dans 
les hébergements d’urgence. Ces jours-ci, le thermomètre reste sous la glace. Les sans-abri ont toujours plus 
de mal à dormir au chaud et c’est le trop-plein de misère qui éclate au grand jour.

Ceux qui claquent des dents ont parfois un toit sur la tête, mais ils vivent dans le noir faute d’avoir 
pu régler la facture d’électricité. Parce que leur salaire ne permet pas d’assumer le coût d’un loyer, on découvre que des personnes avec des revenus stables vivent dans des caravanes. 
Des travailleurs pauvres grelottent la nuit 
dans leur voiture en pointant le lendemain 
au boulot comme si 
de rien n’était. Loin 
des clichés du SDF solitaire, ce sont des familles entières qui viennent chercher un peu de chaleur au Secours populaire ou aux Restos du cœur.

« C’est de l’enfer des pauvres qu’est fait le paradis des riches », disait Victor Hugo. Rarement 
la maxime du poète aura été aussi vraie. Pendant que des grandes fortunes reconnaissent avoir été trop gâtées par le gouvernement Sarkozy au point de demander à payer un peu plus d’impôts, les températures glaciales rappellent que l’austérité est en train de faire vaciller les plus démunis. D’un côté, l’État n’hésite pas à opérer des coupes drastiques dans les budgets de l’hébergement d’urgence, obligeant les collectivités locales (heureusement qu’elles sont là !) et les associations à se démener pour accueillir les familles dans le besoin. De l’autre, Nicolas Sarkozy, presque candidat, offre à ses amis du CAC 40 une ristourne sur les cotisations sociales que les ménages, et plus encore les familles pauvres, vont rembourser par l’augmentation de la TVA.

Ce n’est pas le froid qui tue mais la pauvreté. D’ailleurs, même si les regards sont à ce moment-là tournés ailleurs, la rue tue aussi l’été. La France est malade du creusement des inégalités et ceux qui prétendent, comme Claude Guéant, donner au monde 
des leçons de « civilisation » feraient bien de balayer devant leur porte. Réduire les droits à la protection sociale, qu’il s’agisse de la retraite ou de l’accès aux soins, faire de la précarité du travail un modèle, détricoter 
les garanties du Code du travail, privatiser un à un 
les services publics, ériger l’argent, l’appât du gain, 
la rentabilité et la compétitivité en système, cela s’appelle un vaste recul de civilisation.

C’est bien dans cet avenir-là que l’UMP veut continuer, demain, d’enfoncer le pays. À l’heure 
où il est à la mode de dénoncer les banquiers et de voir 
un ennemi dans la finance, allons-y ! Il est des coffres-forts qui débordent et continuent de se remplir. 
La France est un pays riche, mais un pays qui se remplit de pauvres. Résoudre ce problème, c’est se poser 
la question d’atteindre un haut degré de civilisation, un degré qui ne place aucune valeur au-dessus de l’humain.

 

Paule Masson

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26 octobre 2011 3 26 /10 /octobre /2011 08:30

 L'Humanité le lundi 24 octobre 20 11

 

Articles : Alexandra Chaignon

 

 

Commentaire d'Eric Besson, ministre de l'industrie : " Nous ne pouvons pas imposer un repreneur à une entreprise. En revanche ce que nous pouvons faire, c'est lui dire qu'il n'est pas possible qu'elle ferme un site alors même qu'elle a des repreneurs"

 

Eric Besson, l'art de continuellement retourner sa veste et de dire tout est son contraire, quitte à paraître ridicule.

 

 

 

alizay 

 

Jeudi, devant la papeterie d'Alizay. les grévistes ont l'impression de s'être "fait rouler dans la farine".

 

Alizay-bis.jpg

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7 septembre 2011 3 07 /09 /septembre /2011 09:25

Article paru dans l'Humanité le 5 septembre 2011

Journée d’action contre l’austérité le 11 octobre

 

CGT, CFDT, FSU, Unsa, Solidaires ont décidé d’une mobilisation interprofessionnelle nationale, selon des modalités à débattre.

 

Déjouant certains pronostics pessimistes, cinq syndicats sont parvenus à s’entendre pour appeler à une riposte commune contre la politique d’austérité. Réunis jeudi – en l’absence de FO, qui persiste dans son cavalier seul, de la CGC et de la CFTC, qui invoquent la « concertation » avec le gouvernement –, la CGT, la CFDT, la FSU, l’Unsa et Solidaires ont décidé d’une « journée nationale d’action interprofessionnelle », mardi 11 octobre. Décision prise au terme de cinq heures de discussions, les organisations divergeant sur le choix des formes d’action. La CFDT, en particulier, juge, que la grève n’est « absolument pas une bonne voie ». Les cinq syndicats ont donc résolu de mettre en débat, en préalable, avec les salariés la question des « modalités (manifestations, rassemblements, arrêts de travail, etc) », avant de trancher lors d’une nouvelle réunion le 15 septembre.

En tout état de cause, la CGT a bien l’intention de « tout faire pour que » la mobilisation « soit de haut niveau », a déclaré Bernard Thibault vendredi. Ce ne doit pas être « une journée de témoignage », estime aussi Bernadette Groison, de la FSU. Même tonalité chez Annick Coupé, de Solidaires, pour qui il s’agit de « mettre massivement du monde dans la rue » afin d’imposer un « changement de cap ». L’intersyndicale dénonce en effet « le caractère injuste et inéquitable » du plan d’austérité Fillon, et plaide à la fois pour des « réformes structurelles » (« réforme globale de la fiscalité », « services publics de qualité »), et des « mesures urgentes ». Elle réclame ainsi l’abandon de la taxation des complémentaires santé, la fin des exonérations et de la défiscalisation des heures supplémentaires, l’arrêt des suppressions d’emplois dans la fonction publique, ainsi que la mise en œuvre de la taxe sur les transactions financières. Elle revendique aussi des mesures de soutien au pouvoir d’achat et demande la réouverture des négociations salariales dans le privé et le public.

Yves Housson

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7 septembre 2011 3 07 /09 /septembre /2011 09:18

Article paru dans l'Humanité, le 5 septembre 2011

Renault, une entreprise sous influence

 

L’agence de notation Fitch incite fortement le groupe automobile à délocaliser des productions. Problème : le principal actionnaire de l’agence siège au conseil d’administration de l’entreprise.

 

Dans une note, publiée en juin dernier, visant à justifier la notation de la dette de Renault, l’agence de notation Fitch émet un avis positif sur la stratégie du groupe permettant d’améliorer sa marge opérationnelle grâce, notamment, à des « mesures de réduction des coûts et de délocalisation de la production à l’extérieur de l’Europe de l’Ouest ». Fitch, en outre, salue la volonté de la direction de Renault « d’augmenter la production dans les pays à bas coût et de développer la flexibilité ».

Cette incitation aux délocalisations est d’autant plus choquante que, pour Renault, Fitch n’est pas une agence comme les autres, comme ses deux grandes consœurs, Standard & Poor’s et Moody’s. Certes, dans sa note, l’analyste de Fitch est contraint d’indiquer que « Marc Ladreit de Lacharrière, dirigeant et membre du conseil d’administration de Fitch, est aussi membre du conseil d’administration de Renault SA », mais il juge nécessaire de préciser qu’« il ne participe à aucun des groupes de notation, notamment celui de Renault ». Cette indication ne dissipe pas pour autant la gêne occasionnée par cette affaire.

À l’occasion de notre enquête sur Fitch Ratings, nous avons sérieusement mis en doute l’indépendance des agences de notation, ces organismes qui classent les dettes des États, des collectivités territoriales et des entreprises en fonction de critères essentiellement fondés sur la rentabilité financière afin d’orienter les choix en placements des marchés financiers. Une entreprise mal notée par l’une d’entre elles devra payer des intérêts plus élevés pour emprunter.

Déjà, aux États-Unis, plusieurs affaires ont éclairé les relations entre ces « milices privées » des marchés et les directions des multinationales américaines. En ce qui concerne la France, nous avons révélé les liens existant entre le principal actionnaire de Fitch Ratings, Marc Ladreit de Lacharrière, l’une des grandes fortunes françaises, et la direction de Renault. Le patron de Fimalac et de sa filiale à 60 %, Fitch, est en effet un administrateur très actif du groupe. Fimalac est en outre représenté au conseil d’administration de Renault par un autre de ses dirigeants, Philippe Lagayette, ancien responsable de l’administration du Trésor public français. Enfin, l’ancien directeur financier de Renault, Thierry Moulonguet, siège au conseil d’administration de Fimalac. Savant jeu de chaises musicales !

Dans la suite de notre recherche, nous avons eu confirmation que, en contradiction avec le principe d’indépendance, Fitch est l’une des trois agences de notation de Renault. Son patron, Marc Ladreit de Lacharrière, contribue à définir la stratégie du groupe, et l’agence, qui lui appartient, lui donne une note. Renault est ainsi particulièrement sous la surveillance des marchés. La pression sur ses choix de gestion est intense, interne et externe !

Dans leur rapport de juin sur Renault, les analystes de Fitch considèrent que la situation du groupe s’est améliorée en 2010 : la dette financière nette a « substantiellement diminué depuis 2009 » et les grands indicateurs s’améliorent. Ils remarquent cependant « qu’en dépit des récentes décisions de produire des véhicules en Russie, en Afrique du Nord et en Inde, les ventes de Renault restent concentrées en Europe de l’Ouest ». En outre, ajoutent-ils, elles sont trop centrées « sur les segments petits et moyens, les moins profitables ».

En foi de quoi, l’agence y confirme la note « BB+ stable » de Renault déjà attribuée précédemment, ce qui est loin d’être un cadeau, même si nombre de groupes automobiles héritent de scores similaires. Celui-ci, en tout cas, classe la dette du groupe français dans la catégorie des placements « spéculatifs ». Une façon de pousser l’industrie automobile française à rechercher la rentabilité maximale par tous les moyens.

Pierre Ivorra

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7 septembre 2011 3 07 /09 /septembre /2011 09:14

Article paru dans l'Humanité le 5 septembre 2011

Une prime de 100 euros pour briser les grèves à la RATP

 

 

La régie des transports veut donner 100 euros par mois aux cadres et agents de maîtrise qui acceptent de prendre la place des conducteurs grévistes. Les syndicats dénoncent l’atteinte au droit de grève et un risque pour les usagers.

 

En quelques jours, la RATP aura franchi les lignes rouges. Après le tramway de la honte chargé de ramener les Roms expulsés jusqu’à la gare, ce sont cette fois les grévistes qui sont la cible des nouvelles pratiques de l’entreprise publique. La RATP envisage d’offrir une prime de 100 euros par mois, soit 1 200 euros, à 150 cadres ou agents de maîtrise qui accepteraient « volontairement » de se former à la conduite des RER et du métro. Et ainsi de remplacer au pied levé les conducteurs grévistes, quel que soit le nombre de jours de « remplacement ». Le but de ce « projet », avancé par la régie, qui consisterait à « officialiser une pratique utile à la cohésion sociale et à la bonne compréhension des règles complexes de l’exploitation ferroviaire », ne trompe pas les syndicats.

« 84 cadres actuellement en formation »

«Le stade des discussions doit déjà être dépassé », explique Jean-Christophe Duprat, du syndicat SUD, dans le Figaro. En effet, « 84 cadres, sur les 150 volontaires espérés par la direction, sont actuellement en formation », affirme-t-il. Même son de cloche à la CGT : « Depuis la grève de 2009, beaucoup de cadres sont formés et les nouveaux agents de maîtrise ont un contrat de travail qui rend cette disposition obligatoire. Ce n’est même plus du volontariat », dénonce Catherine Machette, déléguée d’établissement. Selon la conductrice du RER A, la direction avoue qu’elle n’utilisera ces néophytes qu’en cas de grève uniquement.

« C’est une mesure discriminatoire car il s’agit de remplacer un gréviste qui va perdre de l’argent par un cadre volontaire qui, lui, va en gagner ! » note Pascal Lepetit, de SUD RATP. « Il est particulièrement choquant de constater que l’argent est absent pour les revendications salariales, sociales ou pour l’emploi mais qu’il soit possible de financer un tel projet », s’insurge la CGT RATP dans son communiqué.

Pour le syndicat SUD, cette attaque dessine les prémices d’une année sociale soutenue. « Si la direction commence à s’organiser pour faire face à la grève, c’est qu’elle anticipe des conflits sociaux. On peut imaginer par exemple qu’elle entende revenir prochainement sur les accords de réduction du temps de travail », anticipe Jean-Christophe Duprat.

Outre l’atteinte au droit de grève, les syndicats s’inquiètent du risque pour les usagers. « Aujourd’hui, un conducteur de RER doit avoir travaillé dix ans dans le métro et effectuer une formation de soixante jours alors que le cadre, lui, a seulement vingt-huit jours de formation, s’alarme Catherine Machette. C’est un métier, on ne s’improvise pas conducteur de RER ! » Pour sa défense, la direction précise que les cadres ou agents de maîtrise volontaires devront avoir leur habilitation à la conduite, renouvelée tous les six mois, comme c’est le cas de tous les conducteurs. Mais la syndicaliste de la CGT a franchement des doutes sur le sérieux de ce nouveau permis de conduire. « Nous n’avons toujours aucune information sur le contenu de la formation et de l’examen », relève-t-elle.

 

Clotilde Mathieu

 

Service minimum : effets pervers. Depuis 2008, la RATP comme la SNCF ont mis en place un service minimum en période de grève « de 50 % ou 25 % par réseau », 
et une information aux voyageurs « quarante-huit heures, puis vingt-quatre heures » avant un conflit. Les salariés sont eux contraints de déclarer leur préavis de grève individuellement quarante-huit heures à l’avance. En 2009, après plus de deux semaines de conflit à la RATP marqué par l’inflexibilité de la direction, le secrétaire général de l’Élysée, Claude Guéant, avait alors déclaré que l’application 
de la loi sur le service minimum n’était pas « satisfaisante ».

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6 septembre 2011 2 06 /09 /septembre /2011 17:23

Article paru dans l'Humanité, le vendredi 19 août 2011

 

Entourloupe patronale sur la contribution des riches

 

Dans les pas du multimilliardaire Warren Buffett, plusieurs grands patrons français préconisent une contribution 
« exceptionnelle » pour les nantis. Une manière, à leurs yeux, de faire passer la pilule de l’austérité pour le peuple !

 

Attention, grosse manip! Depuis que Warren Buffett, troisième fortune mondiale (50 milliards de dollars) selon le classement annuel de Forbes, a, en tant qu’ultra-riche, offert de participer à l’effort pour résorber la dette publique aux États-Unis, le petit monde des grands patrons français est en ébullition. Et, les uns après les autres, certains éminents représentants de notre Richistan se précipitent pour donner corps à la grande entourloupe, espérant désamorcer, au prix d’une mesure « transitoire », « exceptionnelle » et surtout parfaitement symbolique, la colère sociale suscitée à la fois par leurs rémunérations exorbitantes et par les dispositifs dits « d’optimisation fiscale » qui tournent à plein régime dans ce milieu-là. Mardi, dans les colonnes du Monde, Maurice Lévy, patron de Publicis et président de l’Association française des entreprises privées (Afep), le discret lobby rassemblant les groupes du CAC 40, propose une « contribution exceptionnelle des plus riches, des plus favorisés, des nantis ». « Il me paraît indispensable que l’effort de solidarité passe d’abord par ceux que le sort a préservés, poursuit Maurice Lévy. J’ai toujours considéré que la grande majorité des dirigeants méritaient leur rémunération, et pour certains plus encore. Mais je considère avec la même force qu’il est normal que nous, qui avons eu la chance de pouvoir réussir, de gagner de l’argent, jouions pleinement notre rôle de citoyens en participant à l’effort national. »

de riches « philanthropes »

Dans le Parisien, Geoffroy Roux de Bézieux, patron de Virgin Mobile et un temps challenger de Laurence Parisot à la tête du Medef, joue dans la même veine philanthropique : « J’estime qu’être riche donne des responsabilités. La première est de contribuer à la solidarité nationale, surtout en cette période de crise. »

Derrière cet élan de « générosité », le naturel revient au galop… Et très vite ! Ceux qui se sont battus à mort pour obtenir la suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune lâchent le morceau. Roux de Bézieux se déclare « favorable » à l’appel de Warren Buffett, « mais c’est symbolique », se rassure-t-il immédiatement. « Il faut le dire aux Français, ce n’est pas en taxant même beaucoup les riches que l’on réglera le problème de la dette de l’État. (…) L’ISF est un impôt idiot, et il ne faut pas que cela exempte l’État des efforts à produire en matière de réduction des déficits. » De son côté, Maurice Lévy préconise, derrière l’affichage « les riches sont solidaires », une attaque sans précédent contre « nos structures administratives et nos systèmes sociaux, pour pouvoir à l’avenir réduire drastiquement nos coûts », évoquant également un « programme de privatisation dédié exclusivement au désendettement ».

Pour l’heure, le Medef, partenaire de l’Afep, il y a deux ans, à travers le code de « bonne conduite » sur les rémunérations des grands patrons, reste remarquablement silencieux. Si volubile quand il s’agit de présenter l’ISF comme une « catastrophe économique », Laurence Parisot, sa présidente, ne dit pas un mot sur ces contributions « volontaires » envisagées pour les plus riches. Sur Twitter, un des permanents du Medef évacue, lui, carrément : « L’Afep n’est pas le Medef et Maurice Lévy n’est pas Laurence Parisot ! »

 

Thomas Lemahieu

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29 août 2011 1 29 /08 /août /2011 13:08

 

Extraits de l'éditorial de Jean-Paul Pierot, dans l'Humanité du lundi 29 août 2011

 

(...) Ce n'est pas à la Rochelle [université d'été du PS] qu'ont été formulées les réponses à la hauteur de l'enjeu [battre Sarkozy], mais en Savoie ou en Isère où le Front de gauche s'est mis en ordre de bataille. L'Université  d'été du Parti socialiste en effet ne peut que décevoir les citoyens de gauche qui attendaient autre chose que les échos hypermédiatisés de la compétition entre les concurrents à la primaire, les petittes phrases, la mobilisation d'une écurie contre l'autre. (...).

Au moment ou Nicolas sarkozy agite le chiffon rouge de la dette pour réduire les dépenses utiles à la société, comprimer la consommation et étouffer la croissance, le Parti socialiste en reste à promouvoir une répartition plus équitable de sacrifices dans le cadre du dogne au retour aux 3% de déficits publics en 2013 ou 2014. L'enjeu d'aujourd'hui n'est pas entre l'austérité juste et une austérité "à visage humain", mais entre une politique d'adaptation à la crise ou de sortie de crise. C'est bien de sortie de crise dont il a été question aux journées estivales du PCF et du Parti de gauche et au meeting du Front de gauche hier matin à Grenoble. (...). Ces trois jours ne furent pas émaillés de petites phrases mais emplis de grandes et concrètes propositions qui seront présentées aux citoyens lors de la Fête de l'Humanité les 16, 17 et 18 septembre (...).

le Front de gauche veut rendre au mouvement progressiste l'ambition qui fait actuellement défaut au Parti socialiste (....).

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2 août 2011 2 02 /08 /août /2011 09:10

Communiqué publié dans l'Humanité le 22 Juillet 2011

 

Coup de chaleur sur les tarifs des transports scolaires !

 

 

La FCPE de Seine Maritime a pris connaissance, comme beaucoup de parents d’élèves, du courrier du Conseil Général de Seine Maritime sur la modificationdes tarifs des transports scolaires à la rentrée 2011.

C’est avec le plus grand étonnement que la FCPE de Seine Maritime constate que dans un contexte de crise économique et sociale majeure où les familles souffrent, le Conseil Général se retourne vers ces familles pour augmenter brutalement les tarifs qui vont impacter directement leur pouvoir d’achat.

Ce coup de chaleur sur les tarifs nous parait disproportionné et injustifié. Par exemple, le tarif des élèves scolarisés dans les collèges, les lycées et les établissements de cycle équivalent passe de 30 euros à 130 euros soit une augmentation de 430 %.

Alors que le gouvernement vient d’annoncer que le SMIC ne sera pas augmenté au 1 aout, l’augmentation brutale des tarifs des transports scolaires est un très mauvais signal adressé par le Conseil Général de Seine Maritime aux familles et particulièrement aux familles modestes, en période estivale, dont les coûts de rentrée ne cessent de s’aggraver.

Pendant que la FCPE de Seine Maritime multiplie les actions pour réduire le coût de la rentrée scolaire pour les familles (bourses aux livres en lycée, bourses aux fournitures en collège, …), le Conseil Général s’apprête à multiplier par 4 le coût du transport scolaire pour les collégiens et les lycéens de notre département.

Pour la FCPE comme pour l'ANATEEP (Association Nationale pour les Transports Educatifs de l’Enseignement Public), le transport scolaire, qu'il soit rural ou périurbain, prolonge le service public de l'Education Nationale. Il permet l'accès optimal de toutes et tous à l'enseignement, quel que soit l'endroit où l'on réside. Il devrait donc être gratuit partout.

La FCPE de Seine Maritime, au nom des parents d’élèves, demande à Didier MARIE, Président du Conseil Général, de sursoir à cette augmentation brutale et disproportionnée qui ne fera qu’aggraver le pouvoir d’achat des familles et accentuer les inégalités scolaires.

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29 juillet 2011 5 29 /07 /juillet /2011 15:43

Article publié dans l'Humanité le 26 Juillet 2011

 

 

Un candidat du Front National

publie une apologie de Breivik

 

 

Sur son blog, un candidat FN aux cantonales publie un texte présentant le terroriste d’Oslo comme un « visionnaire », le « nouveau Charles Martel ».

 

Jacques Coutela assure de son côté qu’il n’est pas l’auteur de ces lignes, qu’il les a "trouvées sur Internet et publiées sur le blog pour informer". Ca ne devrait pas changer grand-chose aux yeux de la loi. Le MRAP a aujourd’hui confirmé son intention de porter plainte pour "incitation à la haine raciale".
Et les propos sont violents. Le premier billet sur le blog était titré : "Le premier défenseur de l'Occident. Appelez-le Charles Martel ". Et de poursuivre : "La raison de l'action terroriste du nationaliste norvégien: combattre l'invasion musulmane", "Faisons de ce résistant une icône".

Ce billet a été enlevé par l’auteur du blog après la menace de procès. A sa place, un texte d’explication au ton guère plus apaisé, cette fois-ci bel-et-bien signé de Jacques Coutela. Les fautes d’orthographes dans les citations n’ont pas été corrigées, par souci d’authenticité. " Ce n'est pas une icône, mais simplement un visionnaire face à la montée de l'islamisation de l'Europe, avec la complicité de nos gouvernants et de bruxelle. […] Le seul moyen d'éviter ce genre de chose et surtout de ce qui vas se passer très bientôt, est de remplir les bateaux avec toute les personnes que nous avons acueilli à bras ouvert et qui nous chient dans nos baskets. Refouler ces mécréants qui veullent nous imposer le hallal, les mosquées, la pédophilie, et l'ocupation de nos rues."

Avant de faire référence à la guerre d’Algérie… Le titre même du blog, « la valise ou le cercueil », est directement tiré de slogans utilisés dans les années 50 par le FLN, puis détournés par l’OAS. L’auteur a été candidat FN aux cantonales de mars 2011 à Saint-Florentin dans l’Yonne. Il y a obtenu 18,8 % des suffrages.

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Présentation

  • : Le blog de frederic seaux
  • Le blog de frederic seaux
  • : il s'agit d'un blog sur lequel paraissent certains de mes articles publiés dans le quotidien l'Humanité et les deux hebdomadaires, La Terre et l'Humanité Dimanche. J'utilise également ce blog comme moyen d'expression sur des sujets d'actualité que je ne traite pas directement à travers mes articles. Rendez-vous également sur le blog de la maison d'édition que j'ai créée : http://editionscogitoergosum.over-blog.com
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