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13 octobre 2010 3 13 /10 /octobre /2010 09:06

 

Article publié dans L'Humanité, le samedi 16 octobre 2010, page 9 

 

Sealinx , du fric pour délocaliser

 

L’équipementier automobile annonce la suppression de 257 emplois.

 

Il  y a dix mois, la direction de l’équipementier automobile Sealinx à Charleval (Eure) qui fabrique des joints d'étanchéité, laissait entendre qu’il y avait 200 salariés de trop dans l’entreprise qui en comptait alors 750 (1800 il y a 10 ans-NDLR), après avoir pourtant déjà supprimé 300 emplois en 2007. Alors le nouveau plan social de 257 emplois que vient d’annoncer la direction était-il déjà « dans les cartons » ? Toujours est-il que la direction, via son porte-parole, explique du fait « de la crise » que les commandes sont « inférieures de 40 à 50% par rapport à 2007 année de référence ».

La bilocalisation (finition des produits dans les pays à bas coûts) et l’embauche de 40 chefs de projet et de commerciaux n’auront donc pas permis de redresser la barre. « Cela a permis de sauver des emplois et la savoir-faire français de l’usine », tente de se défendre avec nervosité le porte-parole. Traduction, la casse aurait pu être pire !

Du côté des syndicats, on dénonce les délocalisations qui se poursuivent au Maghreb et en Roumanie. Et surtout on se demande bien où sont partis « les 10 millions d’euros versés à l’entreprise depuis trois ans. Est-ce qu’ils ont été utilisés pour délocaliser ou pour licencier ?» s’interroge, encore abattu par la nouvelle Olivier Martin, de la Coordination démocratique des travailleurs. « Il va bien falloir qu’elle rende des comptes », conclue-t-il quelque peu fataliste.

Le porte-parole, lui, parle plutôt d’aides indirectes via notamment des reports d’échéances fiscales ou encore des octrois de subventions permettant l’indemnisation du chômage partiel qui se poursuit d’ailleurs aujourd’hui deux jours par semaine, alors qu’en même temps se multiplient les heures supplémentaires travaillées. Et la responsabilité des donneurs d’ordre (Peugeot, Renault essentiellement) dans tout cela ? « Pas question de critiquer nos clients », explique le porte-parole. Puisqu'on vous dit que c'est la crise qui est responsable.      

                                                                                                                        Frédéric SEAUX

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7 octobre 2010 4 07 /10 /octobre /2010 15:14

 

Info ou intox?

 

 

 Alors que la réunion qui s'est tenue le 31 septembre dernier entre les représentants du ministre de l'Industrie, Christian Estrosi, et les élus haut-Normands laissait entendre que le fermeture de  l'usine Cooper de Bolbec, équipementier automobile, était ineluctable et qu'il fallait désormais travailler à la réindustrialisation du site, les salariés apprenaient, le lendemain, de la bouche de leur direction, étrangement absente cette semaine de Bolbec, qu'un repreneur suédois était sur les rangs et allait reprendre la totalité des salariés en orientant la production vers de l'injection plastique. Non seulement les quelque trois cents emplois allaient être sauvés mais en plus, ce père noël tombé du ciel plus tôt que prévu, réchauffement planétaire oblige sans doute, envisagerait de créer près de sept cents emplois. Rien que cela...

Evidemment la direction ne s'est pas risquée à confirmer par écrit cette -fausse ?- bonne nouvelle. La ficelle est trop grosse et trop connue pour ne pas penser que le direction cherche à casser le mouvement social qui commence à naître au sein des salariés qui ont déjà débrayé deux fois la semaine dernière et qui sont bien décidés à se faire entendre demain au salon de l'automobile à Paris.

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2 mars 2010 2 02 /03 /mars /2010 21:35

Article paru dans L'Humanité, le 1er mars 2010

Les vendeurs de BUT veulent un salaire juste


Samedi après-midi, pendant deux heures, les salariés du magasin BUT de Tourville-la-Rivière (Seine-Maritime) ont débrayé, comme ceux de 35 autres magasins de l’enseigne. Haute-Normandie

« C’est la première fois qu’il y a autant de salariés de chez BUT mobilisés », explique tout sourire Sébastien Duboc, délégué CFDT sur le site de Tourville-la-Rivière (Seine-Maritime) et négociateur national. « 35 magasins sur les 200 que compte l’enseigne ont suivi le débrayage de deux heures que nous avons lancé ici, à Tourville. C’est un bon début », poursuit-il. À l’origine du mouvement, un plan social national prévoyant 49 suppressions de postes au sein de l’enseigne du « juste prix ». Sébastien Duboc a suivi dès le début ce plan et a demandé avec les autres syndicats à le négocier. Refus catégorique de la direction nationale. « Ce refus a mis le feu aux poudres et j’ai lancé l’idée à Tourville-la-Rivière d’un débrayage de deux heures qui a tout de suite été suivi d’effet dans une trentaine d’autres magasins de l’enseigne. » Les revendications ne portent pas seulement sur la remise en cause du plan social, bloqué à l’heure actuelle par la nomination d’un expert pour juger de sa légitimité. Les salariés réclament aussi une revalorisation salariale, l’octroi d’un treizième mois et de tickets-restaurant, ainsi qu’une compensation relative aux pertes subies par les vendeurs en magasin, qui sont payés largement en commissions, du fait des ventes réalisées via le site Internet de l’enseigne, qui devient dès lors leur véritable concurrent. Les conditions de travail font aussi partie des revendications des salariés, qui dénoncent les cadences infernales imposées par le sous-effectif permanent et le harcèlement à l’encontre des vendeurs pour qu’ils multiplient les ventes d’extension de garanties et de cartes du magasin. Celles-ci « rapportant souvent plus que la vente même d’un produit présent en rayon », précise Sébastien Duboc.

mise au placard

Marylène Khaldi, agent administratif à la direction régionale du magasin BUT, dénonce, elle, sa « mise au placard » depuis cinq ans. « Du jour au lendemain, on m’a retiré mes outils de travail en me disant que j’étais incompétente. Depuis, on m’a fait comprendre que je pouvais faire un abandon de poste et qu’en échange je pourrais partir avec une indemnité compensatoire de 2 000 euros. Bien sûr, j’ai refusé  ! » s’indigne-t-elle. David, lui, travaille depuis plusieurs années au service après-vente (SAV) et il effectue des dépannages à domicile des appareils électroménagers. Il n’est pas syndiqué et c’est la première fois qu’il se met en grève. Il se dit « dégoûté » par sa direction « qui [nous] mène en bateau, peste-t-il. Tout va mal depuis qu’on a été rachetés (en avril 2008, par un fonds d’investissement, Goldman Sachs – NDLR). J’ai un bac pro maintenance des appareils électroménagers et je ne gagne que 1 030 euros brut par mois. Je suis payé en plus avec des primes lorsque les réparations chez les clients ont été effectuées. Mais en ce moment, je ne fais pas beaucoup de dépannages, alors le salaire est vraiment bas. » Un de ses collègues en explique les raisons  : « La main-d’œuvre facturée aux clients est trop chère. Ils préfèrent alors réparer eux-mêmes ou racheter un produit neuf. » David, lui, réclame un seul salaire fixe réévalué « car, conclut-il, du fric, BUT en a ». L’enseigne, qui compte 
6 600 salariés et a réalisé un chiffre d’affaires de près de 1,7 milliard d’euros en 2008, annonce d’ailleurs sans complexe, sur son site Internet, « des résultats en constante progression ». 
 
Frédéric Seaux

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28 février 2010 7 28 /02 /février /2010 14:52

« Cela fait cinq ans que je suis au placard »

Marylène Khaldi, agent administratif chez But raconte sa mise à l’écart depuis 5 ans au sein de son service et les pressions constantes pour qu’elle démissionne.

 

Marylène Khaldi, agent administratif à la direction régional du magasin But, installé sur le centre commercial de Tourville-la-Rivière (Seine-Maritime) a le sourire crispé quand elle raconte son histoire. Agée de 48 ans, agent administratif au sein de ce magasin depuis 8 ans et à temps partiel par obligation, qui l’oblige à posséder un autre emploi, elle explique ainsi sa situation. « Il y a cinq ans, sans qu’on ne m’en ait avertie, on m’a mise dans un bureau sans aération et on m’a retiré ma ligne téléphonique, mon ordinateur, jusqu’à la boîte de chocolats de fin d’année que j’étais la seule dans le service à ne pas avoir. Je n’avais plus rien à faire, hormis quelque photocopies, par-ci, par-là », explique-t-elle.  La direction lui aurait reproché des erreurs répétées dans son travail qui auraient conduit à de telles mesures. « Mais la direction était même prête à me faire faire des travaux dépassant mes compétences. Sans compter le travail qu’on me donnait à faire à 12h25 alors que je finis à 12h30 ! Par la suite la direction à même voulu m'imposer des heures de ménage sur la moitié de mon temps partiel. J'ai fait intervenir l'inspection du travail", ajoute-t-elle. Difficile, en effet, dans ces conditions d’être opérationnel.

Toujours est-il que depuis, Marylène vit mal cette situation qui l’angoisse au point de lui provoquer des malaises à répétition. Pour ne rien arranger à sa santé fragile, le plan social en cours prévoit irrémédiablement la disparition de son service. La direction lui aurait proposé un poste à temps partiel à Metz d’aide-comptable. « Mais je n’ai jamais fait de comptabilité de ma vie », s’emporte-t-elle. Comme certains autres salariés, Marylène aurait été approchée pour quitter d’elle-même l’entreprise. « C’est du harcèlement quotidien », affirme-t-elle. « On m’a proposé un abandon de poste contre une indemnité compensatoire de 2 000 euros. Evidemment j’ai refusé. Depuis j’ai tout de même pu récupérer mes outils de travail grâce encore à l’intervention de l’inspection du travail.  Celle-ci est même intervenue pour empêcher que la direction impose à Marylène des tâches de nettoyage des locaux pour lesquelles elle n’avait pas été recrutée. 

Alors Marylène, dépitée, a passé avec succès les diplômes lui permettant d’espérer bientôt travailler dans une crèche et d’oublier à jamais les années passées chez BUT. En attendant, elle était samedi au milieu de ses collègues pour réclamer de la direction le respect de ses salariés. Tout simplement.

                  Frédéric Seaux

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21 février 2010 7 21 /02 /février /2010 18:47


Article paru dans L'Humanité, le 22 février 2010

M-Réal met sous pression la tête de liste UMP

 

Vendredi 19 février, les salariés de la papeterie M-Real d’Alizay (Eure), menacés par un plan social, ont bloqué le péage de Heudebouville pour protester contre l’inaction du ministre Bruno le Maire, tête de liste UMP-NC dans la région.

 

Bruno le Maire, ministre de l’agriculture, de la pêche et des forêts et tête de liste UMP- Nouveau Centre aux élections régionales en Haute-Normandie, l’avait pourtant promis, la main sur le cœur, le 14 janvier dernier (voir l’Humanité du 18 janvier 2010) après avoir été contraint de rencontrer des salariés de la papeterie M-Real d’Alizay (Eure) : il allait tout faire pour sauver l’entreprise et les 99 emplois menacés par un plan social, comme il avait déjà promis de le faire pour Glaxo Smith Kline à Evreux (dont il est conseiller municipal d’opposition) qui finalement licencia 800 personnes sur les 2 000 que compte le site.

Il s’était alors engagé à organiser rapidement une table ronde sur le devenir de l’entreprise, à défendre auprès de Jean-Louis Borloo voire de Nicolas Sarkozy les propositions des salariés et octroyer une éventuelle aide du fonds européen agricole de garantie aux exploitants forestiers pour leur permettre de vendre leur bois moins cher à la papeterie. A l’époque les salariés et le maire communiste d’Alizay Gaëtan Levitre s’étaient montrés prudents sur ses promesses et l'avenir ne leur a pas donné tort. Car à ce jour, seule la table ronde a été organisée et encore son résultat est loin d’être jugé satisfaisant par les salariés. En effet, la direction devait indiquer par écrit le devenir de l’usine « mais rien n’a été fait car celle-ci attend de rencontrer Bruno Le Maire. Mais quand on téléphone à Bruno Le Maire, il nous est répondu que la rencontre est repoussée à chaque fois de quinze jours », peste eric lardeur du syndicat CFE-CGC.

Vendredi, les salariés ont donc cessé la production pour envahir le péage de Heudebouville, situé à quelques kilomètres de l’usine, pendant deux heures en début d’après-midi et laissé passer gratuitement les automobilistes. Et les salariés ont prévenu la préfète que si Bruno le Maire poursuivait dans son mutisme, des actions plus dures et plus longues seraient alors menées rapidement.

Et comme par miracle, apprenait-on au même moment, un expert allait -enfin- être nommé cette semaine (ce qui pour effet de geler le plan social-NDLR), pour étudier la faisabilité des solutions alternatives proposées depuis des mois par les salariés. Les salariés ont été entendus. Seront-ils écoutés ? Bruno le Maire, là, on s’en doute, n’a rien promis, en tout cas, pas avant les élections régionales. Il y a des priorités.


                          Frédéric SEAUX

 

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31 octobre 2009 6 31 /10 /octobre /2009 21:40


Article paru dans l'Humanité le 15 juin 2009.

Des salariées baladées par leurs repreneurs


Depuis la fin du mois de mars, 9 salariées du transitaire maritime Kuehne-Nagel n’ont plus ni travail ni revenus. Pourtant, elles ne sont pas licenciées.

Depuis le 26 mars, 9 salariées en CDI du transitaire maritime Kuehne-Nagel, basé à Grand-Couronne, près de Rouen, un des leaders mondiaux des métiers du transport et de la logistique, se retrouvent sans emploi, sans salaire et sans mutuelle mais pas licenciées et donc non indemnisées par les assedic. Raison de cette situation ubuesque: son client, Renault Grand-Couronne, lui a préféré, lors du dernier appel d’offres, son concurrent, SDV logistique International (groupe Bolloré). Le prestataire de service kuehne-Nagel prétextant alors une jurisprudence du code du travail a considéré que ses salariées devaient être reprises par Renault ou par SDV. Ce dernier, arguant que l’appel d’offres n’avait pas précisé cette clause de reprise, a rejeté cette possibilité. Quant à Renault, il l’a lui aussi rejetée avançant l’argument que cette jurisprudence n’était pas applicable puisque l’activité avait été remaniée et partagée avec son nouveau prestataire, autrefois totalement assurée par ces 9 salariées.

Une solution avait pourtant été envisagée un temps. Renault et Kuehne-Nagel avaient, en effet, accepté de reprendre par tiers les salariés. Mais SDV avait lui maintenu son refus de reprendre le dernier tiers. Les salariées ont donc saisi les prud’hommes qui le 2 juin dernier n’a pu rendre sa décision, faute de majorité entre les représentants patronaux et syndicaux. Une prochaine audience de départage le 2 juillet prochain, cette fois-ci dirigée par un magistrat professionnel, rendra sa décision. C’est du moins ce que ces salariées espèrent, faute de quoi l’affaire sera alors jugée (après les grandes vacances ?) par le TGI de Rouen.

Faute d’accord tripartite, le cabinet du maire Patrice Dupray a dénoncé cette situation et notamment l’attitude de Kuehne-Nagel. Ainsi, Celui-ci profiterait de cette perte de marché pour se débarrasser des ces 9 salariées, dont certaines ont plus de 30 ans d’ancienneté, car le transitaire est sur le point de se séparer de 4 000 à 4 500 de ses salariés dans le monde, soit environ 8 % des effectifs. Et même si l'essentiel de cette saignée se fera en Asie et qu’en France elle devrait se limiter à l’intérim, véritable variable d’ajustement pendant les « temps difficiles », l’élu communiste tient à rappeler que cette société ne s’est jamais aussi bien portée. Le transitaire maritime a ainsi annoncé un chiffre d’affaires de 14,7 milliards d’euros (+3%) avec un résultat net en forte hausse à 397 millions d’euros (+9,1%).

Quant à Renault, le cabinet de Patrice Dupray ne l’épargne pas non plus. Il lui reproche de n’avoir pas fait son devoir moral en ne payant pas les salaires de ces 9 salariées dans l’attente du jugement des prud’hommes, alors que dans le même temps, l’entreprise automobile ne rechigne pas à toucher des subventions publiques. Plus globalement, le maire dénonce l’absence de fond public de secours pour les salariés dans une telle situation alors

même qu’il est si facile et si rapide de débloquer des aides conséquentes pour les banques en difficulté. Dans ce contexte, la municipalité  accueillera mercredi prochain ces salariées qui symboliquement apposeront sur le fronton de la mairie une banderole rappelant leur situation à la population.

 

                                                                                                                 Frédéric SEAUX

 



 

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31 octobre 2009 6 31 /10 /octobre /2009 21:27

Article paru dans L'Humanité, le 25 février 2009

La double peine des salairés d'
Holophane
 

 

L’usine des Andelys (Eure), après la mise en place d’un plan social, annonce du chômage partiel en raison de la crise économique qui touche ses principaux clients de l’automobile. Une version contestée par la CGT. Une manifestation est prévue le 6 mars prochain.

 

Leader mondial de la fabrication de glaces, antibrouillards et lentilles en verre pour phares de véhicules, l’usine Holophane, filiale du groupe français Verlys, est à son tour rattrapée par la crise de la filière automobile. C’est du moins l’argument utilisé par Eric Bulle, le directeur du site des Andelys, siège social de l’entreprise, pour justifier la cessation temporaire de sa production du 27 février au 9 mars prochain. Dans un communiqué, il explique que « le chômage partiel répond à une problématique conjoncturelle liée au déstockage des constructeurs automobiles, associé au propre déstockage de nos clients ». Ce chômage partiel touchera 350 des 417 salariés du site. Mais la direction a déjà mis en place  un plan social de 55 licenciements et de 5 départs en retraite non remplacés. « Les courriers recommandés de licenciement sont prévus pour fin mars », précise la CGT. Cette fois-ci, pour le directeur, « ce plan répond à une problématique d'adaptation structurelle liée au marché automobile à un niveau estimé par les spécialistes de 20 à 25 % inférieur à l'année 2008 et dont une reprise n'est pas envisagée à ce jour avant plusieurs mois voire plusieurs années ». Pour le maire socialiste de la ville Laure Dael, trop c’est trop. Il s’agit selon elle « d’une double peine » pour certains salariés. « C’est soit le plan social, soit le chômage partiel, correctement rémunéré, mais pas les deux ».

Du côté des syndicats, c’est l’écoeurement. La CGT estime que  « tout cela n’a rien à voir avec la crise de l’automobile. La vraie cause, ce sont les dividendes versées aux actionnaires qui s’en mettent plein les poches  grâce à Verlys, propriétaire d’Holophane depuis 1998 et la participation des fonds de pension qui se remboursent grassement leurs investissements sur le dos des salariés ». Pour ce syndicat, l’usine  est viable. Le chiffre d’affaire avoisine les 50 millions d’euros en 2008. Pourtant l’usine a arrêté définitivement en 2005 un des trois fours pour délocaliser la production en Tunisie où « le coût de la main-d’œuvre est trois fois moins cher, la marge plus forte, mais la qualité finale est trois fois moins bonne » s’insurge Michel Cousin, secrétaire CGT de l’usine. Le syndicat s’inquiète également de l’arrêt, le 22 janvier dernier, d’un deuxième four en raison d’une baisse d’activité de ses principaux clients, dont le français Valéo. Explication rejetée par la CGT qui tient à préciser que cet arrêt avait déjà été planifié par la direction en 2007, bien avant la crise donc.

 C’est la raison pour laquelle, une intersyndicale (CGT, CFTC, FO), réunie lundi matin, a décidé d’organiser une manifestation dans les rues des Andelys le vendredi 6 mars prochain à 15 heures, appelant tous les élus locaux, salariés des usines environnantes et commerçants de la ville, à la rejoindre afin de demander notamment la vente du site en Tunisie et le retour de ses fabrications aux Andelys où il ne reste plus actuellement qu'un four en exercice.

De son côté, la CGC, syndicat catégoriel des cadres, a refusé de signer cet appel, considérant, par la voix de son représentant Jean-Paul Cantelou, que beaucoup « d’âneries » avaient été dites dans la presse par les autres syndicats de l’usine, jugeant notamment « impossible  que les petites pièces produites en Tunisie puissent de nouveau l’être sur le site andelysien qui n’en produit que des grandes ». La CGC, par contre, s’est engagée à négocier au mieux avec la direction pour envisager les départs au-delà des indemnités légales de licenciement.

 

Frédéric SEAUX

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  • : il s'agit d'un blog sur lequel paraissent certains de mes articles publiés dans le quotidien l'Humanité et les deux hebdomadaires, La Terre et l'Humanité Dimanche. J'utilise également ce blog comme moyen d'expression sur des sujets d'actualité que je ne traite pas directement à travers mes articles. Rendez-vous également sur le blog de la maison d'édition que j'ai créée : http://editionscogitoergosum.over-blog.com
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