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16 février 2011 3 16 /02 /février /2011 20:03

Billet paru dans l'Humanité du 15 février 20111 

La collusion bidon du fig mag

 

 

Plantu n’est pas le seul à mettre en scène, dans l’Express, de manière aussi peu déontologique, un prétendu rapprochement entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Dans sa dernière livraison, le Figaro magazine titre « Le Pen/Mélenchon : les mariés de l’an 12 ?» et illustre le « duel » entre le coprésident du Parti de gauche et la présidente du Front national par une photo où ils posent tout sourire côte à côte. Or, les crédits (les toutes petites lignes identifiant le photographe – NDLR) révèlent l’astuce : deux photographes ont œuvré. Les deux responsables politiques n’ont jamais posé ensemble, il s’agit donc d’un photomontage. Qu’est-ce qu’il ne faut pas faire pour faire avaler la pilule au lecteur...

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16 février 2011 3 16 /02 /février /2011 19:59

 

Article paru dans l'Humanité le 15 février 2011

Marine Le Pen s’est crue sur BFN TV

 

La nouvelle présidente du Front national a réchauffé l’indigeste gamelle paternelle.

 

Elle croyait profiter d’un pique-nique à la bonne franquette entre candidats (ou candidats à la candidature) « anti-système ». Marine Le Pen n’avait dans sa gamelle que de vieilles recettes paternelles.

Pour la présidente du FN, l’immigration « participe à la déstabilisation massive de notre système ». Elle fantasme sur ces étrangers qui, « arrivant dans notre pays à plus de soixante-cinq ans », auraient droit à « au moins 750 euros par mois », quand « des millions de Français gagnent 400 ou 500 euros ». Une énormité que Jean-Luc Mélenchon contre : les immigrés amènent à notre pays (par le biais des cotisations auxquelles, travailleurs sans papiers compris, ils souscrivent) « 12 milliards de plus qu’ils n’en prennent ».

Dans le même registre, Marine Le Pen répète un mensonge : l’aide médicale d’État (AME) permettrait « d’ouvrir des droits aux clandestins qui sont scandaleux, comme les cures thermales, comme la lutte contre l’infertilité ». Deux points exclus de la loi votée fin 2010, imposant un droit d’entrée de 30 euros aux 210 000 bénéficiaires. Même Christine Boutin l’avait dit : avec une telle mesure, « c’est la santé publique en général que nous fragilisons ». Hier, le coprésident du PG soulignait le risque de contagion à ne pas soigner « ces populations »: « Figurez-vous que les microbes ignorent absolument qui a des papiers ou qui n’en n’a pas. »

L’héritière Le Pen, qui a toujours voté les subventions aux écoles privées catholiques, pratique également une laïcité à géométrie variable. Selon elle, « notre pays est fondé sur un apport chrétien laïcisé par le siècle des Lumières ». « Nier les racines chrétiennes de la France » serait « une absurdité historique et politique ». Un « tri » entre bons et mauvais « intégristes », dénonce Jean-Luc Mélenchon, qui voit là « une obsession anti-Arabes et anti-musulmans ». Au fil du débat, on avait bien décelé le fil conducteur de Marine Le Pen...

Grégory Marin

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5 janvier 2011 3 05 /01 /janvier /2011 19:56

Papier de Dominique Bègles paru dans l'Humanité le 4 Janvier 2011

Dassault dans le Figaro : les vœux du propriétaire

 

 

Diffuser «des idées saines», expliquait Serge Dassault, 89e fortune mondiale, en 2004. Il venait de s’offrir le Figaro. Quelques jours plus tard, il exhortait «à cesser de former des journalistes de gauche». Hier, puisqu’on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même, Serge Dassault signe un éditorial en tant que « propriétaire ». Il y liste les réformes à mener « pour l’avenir de notre pays ». Pêle-mêle, mais avec la cohérence d’un capitalisme de jungle, il prône « des fondamentaux » : retour aux 39 heures, suppression totale « des charges sur les salaires », « réduction de la masse salariale », « robotisation au maximum » de la production, « réglementation du droit de grève sinon on ira tout droit à l’anarchie ». Certes, concède-t-il, « on peut craindre une réaction violente des syndicats et de la gauche ». Aussi propose-t-il de façonner très tôt les futurs salariés : « On peut toujours se tromper mais on n’a pas le droit de persévérer dans l’erreur (...). Il faut donc s’attaquer résolument à la réforme complète de notre système éducatif. » Pour l’élu UMP, un temps inéligible à Corbeil-Essonnes pour confusion entre quête d’électeurs et achat à la pièce, là est l’origine du mal. En particulier « dans l’absence totale de sélection ». Un Dassault 2011 très classe.

Dominique Bègles

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4 janvier 2011 2 04 /01 /janvier /2011 20:39

Article de Sébastien Crépel et Grégory Marin paru dans L'Humanité le 3 Janvier 2011

L’intox à une heure de grande écoute

 

Lors de ses vœux, le président de la République a une fois de plus fait preuve d’un rare mépris. Imputant le « sentiment d’injustice » 
à la seule crise économique, 
il appelle 
à la poursuite 
des réformes.

«Debout pour mieux fouler au pied la réalité », selon l’expression de Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, Nicolas Sarkozy a « embelli son bilan », vendredi soir, devant des millions de téléspectateurs. Pour la première fois, un président de la République a transmis ses vœux debout, s’alignant sur la nouvelle mode des journaux télévisés, mais la modernité s’arrête là : « Poursuite et durcissement de sa politique régressive dans tous les domaines », déplore le PCF. Le porte-parole du Parti socialiste, Benoît Hamon, décèle un « manque de respect » du chef de l’État envers les Français. « Pour leurs aspirations », mais aussi « pour leur intelligence, quand le gouvernement s’est entêté à défendre une politique où se sont mélangés intérêt privé et intérêt général ».

 Mieux vendre son projet

« Je sais que 2012 sera un rendez-vous électoral de grande importance. Mais nous sommes en 2011, nous ne pouvons nous payer le luxe d’une année d’immobilisme préélectoral », a déclaré le président pour justifier la poursuite de réformes qui « commencent à porter leurs fruits » : retraites, universités, justice, etc., et bientôt installation de jurés populaires en correctionnelle, fin du bouclier fiscal (doublée de l’aménagement de l’ISF) et réforme de la dépendance. Le chef de l’État a promis de faire de 2011 une « année utile » et « porteuse d’espérance » malgré les difficultés économiques et sociales. Des « injustices » ressenties par des salariés « qui n’étaient en rien responsables de la crise » et qu’il affirme vouloir « protéger », aidé en cela par le « courage » des Français, « la force de notre économie » et les « avantages de notre modèle social » (sic).

Mais si Nicolas Sarkozy s’est attaché à donner un aspect présentable à son bilan, c’est pour mieux vendre son projet, maniant mensonges et contre-vérités. Nous en avons identifié sept, dont l’analyse relève incohérences et dangers.

 

 

Décryptage

 1. « Nos chercheurs se sont vus dotés de moyens financiers considérables grâce au grand emprunt. »

Les chercheurs seraient choyés par le gouvernement, selon Nicolas Sarkozy ? L’avis des intéressés est pourtant sensiblement différent. Dans un appel « à la résistance » publié le 22 novembre par l’intersyndicale de l’enseignement supérieur et de la recherche (FSU, CGT, Unsa, CFDT, Solidaires, Unef et les collectifs Sauvons l’université et Sauvons la recherche), ils dénoncent, avec le grand emprunt, « une nouvelle étape de destruction du système d’enseignement supérieur ». Au lieu d’augmenter le financement de l’ensemble des laboratoires, le gouvernement « met en place le grand emprunt avec l’objectif de concentrer les moyens de la recherche sur cinq à dix sites à visibilité internationale », rappelle le collectif de chercheurs. En clair, seuls quelques laboratoires bénéficieront de financements liés « aux intérêts du capital apporté par cet emprunt », tandis que le budget public des organismes de recherche est en baisse, entraînant une chute des crédits aux laboratoires de 15 %, rappelle l’intersyndicale.

2. « Plus de 5 millions de salariés ont effectué des heures supplémentaires entièrement défiscalisées (…), ce qui a permis 
de soutenir le pouvoir d’achat malgré la crise. »

 Si le nombre d’heures supplémentaires a augmenté en un an, leur nombre par salarié reste modeste : 10,2 au 2e trimestre 2010 pour les employés à temps complet des entreprises de plus de dix salariés, selon la Dares. Reste à mesurer leur impact dans le porte-monnaie. Or, si les revenus globaux ont progressé de 0,8 % au 4e trimestre, le pouvoir d’achat, lui, compte tenu de l’inflation, ne monte que de 0,4 %, selon la note de conjoncture de décembre de l’Insee. Si la consommation progresse (+ 0,9 % au 4e trimestre 2010), c’est notamment à cause de la forte hausse de la consommation automobile dans la perspective de la suppression de la prime à la casse en 2011. Un « contrecoup » est d’ailleurs attendu dès le premier semestre de cette année, selon l’Insee, avec une croissance de la consommation qui « se modérerait fortement » : seulement +0,1 %.

3. « Notre système de retraites a été mis à l’abri de la faillite inéluctable qui le guettait si nous n’avions rien fait. Ce sont les pensions de nos aînés qui ont été sauvées. »

 Contrairement à ce qu’avance Nicolas Sarkozy, le financement du système par répartition n’est pas réglé par la réforme votée cet automne, au contraire. D’ailleurs, le gouvernement a prévu d’ouvrir les négociations sur une réforme « systémique » en 2013. « Tout le monde sait que, dès 2018, le financement du système des retraites n’est pas assuré, et que l’achèvement définitif du système par répartition se prépare avec la mise en place de comptes de retraite par points », constatait le porte-parole des députés communistes, Roland Muzeau, dans notre édition du 12 novembre dernier. Quant au niveau des pensions, il baissera, pénalisant particulièrement les femmes aux carrières souvent incomplètes, sous l’effet conjugué du report de l’âge légal de départ à 62 ans, de l’allongement progressif de la durée de cotisation et de la décote instaurée pour les annuités manquantes.

4. Les Français « savaient bien que 
ce rendez-vous, pour douloureux qu’il fût, était inéluctable. Je veux rendre hommage à leur maturité 
et à leur intelligence collective ».

 Sans doute beaucoup de Français estimaient qu’une réforme des retraites était indispensable, mais à condition que celle-ci soit juste et équitable… ce qu’ils ne pensaient pas de celle de Nicolas Sarkozy. Les sondages effectués durant le conflit de cet automne l’ont amplement démontré : jamais le soutien à un mouvement social n’a été aussi fort ces dernières décennies. Le 14 octobre 2010, interrogés par l’Ifop pour l’Humanité, un mois après le vote de la réforme en première lecture par les députés, 69 % des sondés continuaient ainsi de réclamer que le gouvernement « engage une discussion pour élaborer un autre projet de réforme des retraites ». Les 20 et 21 octobre, veille du vote au Sénat, même jugement pour BVA à la demande de Canal + : 69 % des Français déclaraient soutenir le mouvement. La « maturité » et l’« intelligence collective » n’étaient décidément pas du côté du gouvernement.

5. « Je me suis toujours battu 
pour la protection de notre industrie, la réciprocité 
et la fin de la naïveté dans 
les discussions commerciales. »

 Le combat de Nicolas Sarkozy pour la protection de l’industrie, les salariés de l’usine sidérurgique de Gandrange, en Moselle, s’en souviennent encore. Un monument de promesses non tenues, qui a révélé à lui seul l’imposture sarkozyste en matière de volontarisme économique. « L’État préfère investir pour moderniser le site plutôt que payer de l’argent pour accompagner des gens soit en préretraite, soit au chômage. Je suis donc venu vous dire (…) que nous sommes prêts à mettre de l’argent pour faire les investissements qui auraient dû être faits depuis longtemps sur le site et qui n’ont pas été faits », déclarait-il aux ouvriers du site, le 4 février 2008, promettant même de revenir sur les lieux leur annoncer « la solution qu’on aura trouvée » pour maintenir l’activité et l’emploi. Quelques semaines plus tard, Nicolas Sarkozy se rétractera, laissant fermer l’usine par son repreneur, l’industriel indien Lakshmi Mittal. Bel exemple de réciprocité et d’absence de naïveté dans les « discussions commerciales ».

6. « Il nous faut continuer inlassablement à renforcer nos atouts et à effacer nos points faibles en étant plus compétitifs. »

Pas assez compétitifs, les Français ? À regarder

le tableau de bord 2010 de l’attractivité de la France, édité par le ministère de l’Économie, de l’Industrie et de l’Emploi, la délégation interministérielle à l’aménagement du territoire et à l’attractivité régionale (Datar), le Centre d’analyse stratégique (CAS) et l’Agence française pour les investissements internationaux (AFII), la France présente pourtant de beaux atouts. « La France est un acteur de premier rang de l’investissement international », y lit-on (p. 9). « Économie particulièrement attractive, la France s’est maintenue depuis le début de la crise économique parmi les premiers pays d’accueil des investissements directs étrangers » (p. 14). Elle est « le premier pays d’accueil de l’investissement direct étranger en Europe, et le troisième au monde, derrière les États-Unis et la Chine ». On y apprend aussi qu’elle se situe devant les États-Unis et l’Allemagne pour le pourcentage des 25-34 ans ayant atteint un niveau d’éducation supérieure (p. 11), et qu’elle « affiche une des plus fortes productivités du travail, que celle-ci soit mesurée par personne employée ou par heure travaillée » (p. 29)…

7. « Les pays qui ont voulu vivre 
au-dessus de leurs moyens 
sans penser aux lendemains 
ont été lourdement sanctionnés. »

 Pour ne pas connaître le même sort que la Grèce, l’Irlande ou le Portugal, la France serait obligée de réduire ses « dépenses publiques », a déclaré le chef de l’État. Mais si des États européens ont été précipités dans une quasi-faillite, ce n’est pas la faute des fonctionnaires ou des prestations sociales, mais des aides gigantesques accordées aux banques pour les sauver de la faillite. Quant aux ménages, c’est au contraire l’insuffisance de leurs revenus qui les a jetés dans la spirale de surendettements qui ont grossi les profits des banques… jusqu’à l’effondrement du système. Dans notre édition du 28 décembre, Paul Jorion, docteur de l’Université libre de Bruxelles, rappelait le mécanisme de la crise : « En 2008, le château de cartes du crédit s’est écroulé. Les États se sont surendettés pour renflouer les banques, leurs rentrées ont baissé du fait de la récession, le taux exigé sur leur dette par le marché des capitaux a grimpé (…). La Grèce a crié au secours la première. Puis l’Irlande, dont le secteur bancaire réclame un soutien abyssal : pas moins de 32 % du PIB de cette petite nation pour 2010 »…

Grégory Marin et Sébastien Crépel

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2 janvier 2011 7 02 /01 /janvier /2011 15:35

Tribune parue dans l'Humanité le 31 Décembre 2010

 

 

Pourquoi faudrait-il que le candidat

à la présidentielle soit forcément issu du pc ?

On a peur ! Mais de qui ? De quoi ?

Par Brigitte Dionnet, Membre du Conseil National du PCF.

 

 

Pourquoi sommes-nous au PCF, pourquoi nous battons-nous ? Faut-il exister pour nous-mêmes ou pour être utiles au peuple à changer la société ? Nous avons fait des choix correspondant au deuxième terme de l’alternative et initié et impulsé un Front de gauche pouvant être porteur d’espoir et donc de mobilisation. En assumant ce choix, en nous montrant offensifs pour le faire vivre, nous pouvons aller loin. Franchement est-ce « pire » de s’allier avec le PG aujourd’hui que de s’être allié avec Blum en 1936 ou de participer à un gouvernement avec de Gaulle en 1945 ! Cela a-t-il empêché le peuple de France d’avoir des conquêtes formidables, cela a-t-il empêché le PCF d’être fort ? Pourtant les divergences avec la SFIO ou la droite de Gaulle étaient patentes. Alors, la différence aujourd’hui vient peut-être du manque de confiance en nous, en nos idées, en notre combat et nos objectifs. On a peur ! Mais de qui ? De quoi ? Si c’est de la confrontation avec d’autres, du débat avec des femmes et des hommes qui nous entourent sans partager nos points de vue, alors mieux vaut se transformer en secte on sera bien au chaud entre nous sans enquiquineur ! Et pire, si l’on a peur de faire peur à des adhérents, alors on a peur de nous-mêmes. Voulons-nous cet avenir ? Je ne m’y résigne pas.

Ce n’est que dans et par la contradiction exprimée et débattue qu’il est possible d’avancer. La peur de fâcher ou de se fâcher ne conduit qu’à gérer l’existant et non à tracer une perspective de développement. La crainte et la frilosité sont les pires ennemies de la créativité, de l’envie de se mobiliser. À force de devoir se montrer « raisonnable », à force de craindre l’ombre des autres, on en arrive à avoir peur de sa propre ombre. Or moi, j’ai encore envie de changer le monde, encore envie de transformer les rapports humains, de bouter toute once de domination, tout pouvoir de coercition, toute injustice où qu’elle se niche. C’est d’abord cela qui fonde mon engagement resté intact depuis que j’ai choisi le PCF en 1969 pour lui donner une dimension politique. Laissons aux oubliettes une conception du parti étroite, triste, mortifère. Pourquoi est-ce dangereux de défendre un centre IVG sans avoir d’autre souci que celui de défendre le droit des femmes ? Pourquoi est ce dangereux de parler de partage des richesses alors que la justice l’exige ? Et pourquoi faudrait–il que le candidat qui va mobiliser les communistes à la présidentielle soit forcément issu de leurs rangs. Claude Mazauric l’a très bien dit dans sa tribune (17/12). Aucune démonstration n’est faite de cette nécessité. Ni pour pérenniser l’existence d’un PCF utile au peuple ni pour réussir à battre la droite et Sarkozy en 2012, ni pour promouvoir une politique de gauche capable de répondre aux attentes populaires. Tout montre qu’aujourd’hui le doute, la peur, la division conduisent à la victoire de la droite car cela porte des valeurs de droite. La gauche c’est le rassemblement, l’espoir, le rêve même – on parle d’utopie quand on parle des Lumières et de 1789. Le moteur de sa victoire réside dans l’ambition affichée, la grandeur de vue, la hauteur des ambitions et l’envie d’union, de partage. Avec un projet capable de porter tout cela et certainement pas en proposant la défense d’une chapelle contre une autre. N’est-ce pas à ce prix qu’une dynamique pourra exister en 2012 avec une victoire de la gauche dans laquelle notre groupe à l’Assemblée nationale sortira renforcé. C’est possible, il faut déjà le vouloir. Alors soyons audacieux, « allons au devant du matin » !

Brigitte Dionnet

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23 décembre 2010 4 23 /12 /décembre /2010 17:12

Article paru dans le Journal d'Elbeuf le 21 décembre 2010

 

 

La section communiste d’Elbeuf rend hommage à ses « anciens »

 

 

Séquence émotion vendredi soir à la salle des fêtes de Tourville-la-Rivière où les communistes de la section d’Elbeuf honoraient treize de leurs camarades comptant chacun plus de quarante années d’adhésion au PCF.

 

 « Vous êtes l’histoire de notre parti, qui fête ses 90 ans cette année, dans l’agglomération, fidèles à vos convictions, modestes vis-à-vis du travail accompli. Nous sommes fiers de vous compter parmi nous ». Les mots de Robert Hazet, co-secrétaire de la section PCF d’Elbeuf, ont sonné comme une évidence pour la cinquante de militants présents vendredi soir à la salle des fêtes de Tourville-la-Rivière, malgré le climat neigeux.

Syndicalisme et adhésion au PCF

 DSCF4014Lionel Tuboeuf, l’autre co-secrétaire, s’est fait un plaisir, lui, de relater la vie et l’engagement de chacun d’entre-eux.  Il a ainsi rappelé que certains avaient en commun d’avoir adhéré au PCF durant les heures sombres de l’Occupation et de la collaboration, durant lesquelles être communiste signifiait mettre sa vie en danger. Des milliers d’entre-eux subiront d’ailleurs ce sort. Pour les autres, l’adhésion se fit d’abord par le biais du syndicalisme, la CGT très souvent, au cours duquel ils côtoyèrent des militants communistes qui combattaient à leurs côtés. Ce fut le cas notamment de Bernard Lalmant, ancien maire de Tourville-la-Rivière de 1976 à 1983, âgé aujourd’hui de 86 ans. D’abord syndicaliste CGT chez les cheminots, dès 1949, il adhèra au PCF en 1957, avant d’être élu conseiller municipal à Tourville-la-Rivière dès 1965.

Poursuivre leur combat

Au final beaucoup d’émotion et d’étreintes lors de cette soirée ponctuée par un discours de Noël Levillain. L’élu appela à poursuivre le combat mené par ces camarades communistes qui ont toujours œuvré à changer la société fondée sur le pouvoir de l’argent. Un combat à mener aujourd’hui au sein du Front de Gauche, seule démarche capable, selon l’élu, de proposer une vraie alternative politique à gauche aux Français. Noël Levillain a conclu son discours en appelant à « l’ouverture du front de gauche aux syndicalistes et personnalités légitimes de la lutte des classes qui est un combat qui continue et que nos treize camarades mènent depuis plus de quarante ans ».

La jeune génération prête à prendre le relaisDSCF4026.JPG

La jeune génération était bien représentée lors de cette soirée. Ainsi la Tourvillaise Delphine Quéré, 25 ans, à la recherche d’un emploi, a profité de cette soirée pour adhérer au PCF. « C’est une soirée qui fait plaisir car cela montre le côté familial du parti ». Lido Tangheroni, résidant à Elbeuf fait le même constat et apprécie l’hommage rendu à ces militants. A 24 ans cet ouvrier a adhéré il y a bientôt deux ans, « comme une évidence avec un père militant. Cette soirée est pour moi l’occasion de remercier et de récompenser l’ancienne génération. Je suis leur relais, mais je n’oublie pas ce que ces militants ont fait pour les travailleurs ». Au PCF d’Elbeuf chaque génération à toutes les raisons d’être fière de l’autre.

 

 Frédéric SEAUX

 

 

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24 novembre 2010 3 24 /11 /novembre /2010 20:48

 

Article paru dans L'Humanité, le 23 novembre 2010

 

 

 En Normandie, l’union à gauche est à construire

 

 

 

Toutes les formations de gauche étaient présentes lors de Fête de l’Humanité régionale, ce week-end, à Rouen. Au centre des débats, la construction d’un projet alternatif. 

 

Le mouvement social récent contre la réforme du gouvernement de report de l’âge de la retraite a laissé des traces dans les consciences et les allées de la Fête de l’Humanité Normandie, qui se tenait, ce week-end, au parc des expositions de Rouen. Cette politique a assez duré. Oui, mais quelle alternative proposer, et avec qui ? Telles étaient les interrogations au menu du débat de samedi, sur l’alternative à gauche, et lors du meeting de clôture dimanche, avec Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité et député européen.

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Les forces de gauche (PS, PCF, Parti de gauche, République et socialisme, Europe Écologie-les Verts, la Gauche unitaire et la Fédération pour une alternative sociale et écologique) ont ainsi débattu de nombreux sujets, comme la retraite à 60 ans, l’emploi industriel dans la région, la taxation du capital, ou encore la question de l’adhésion à l’Union européenne. Seuls le Parti socialiste, par la voix de Nicolas Rouly, conseiller général et membre du bureau départemental du PS, et Europe Écologie-Les Verts, par l’intermédiaire de Jean-Michel Bérégovoy, maire adjoint à Rouen, ont fait entendre des positions différentes et parfois surprenantes. Sur les retraites, Nicolas Rouly a souhaité le retour aux 60 ans à taux plein, mais sans véritablement trop y croire, du fait selon lui de la durée de cotisation exigée, aujourd’hui insuffisante à ces yeux. Quant à Jean-Michel Bérégovoy, au grand dam des autres débatteurs et du public nombreux, il a appelé à une « mutation industrielle » rompant avec l’industrie actuelle, comme l’automobile, qui ne serait plus d’avenir en France et a fortiori en Haute-Normandie. En revanche, l’idée de taxer davantage le capital a fait l’unanimité. Jean-Michel Bérégovoy a cependant ironisé sur la manière de mettre en œuvre cette mesure, à ses yeux difficilement réalisable. Comme un aveu, il a reconnu qu’il y avait « des divergences de fond » au sein de la gauche dont le rassemblement ne pouvait se limiter à la seule union obtenue durant les récentes luttes.

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L’union est pourtant un corollaire à la victoire contre Sarkozy, a martelé Patrick Le Hyaric lors du meeting. Mais à condition que se construise une véritable alternative à gauche, a insisté le directeur de l’Humanité. « Une gauche s’appuyant sur le mouvement social, syndical et sur les forces progressistes », pour établir des propositions neuves. « Sinon, a prévenu Patrick Le Hyaric, ce sera de nouveau l’échec, avec les dangers que cela comporte, et notamment le retour d’une droite dure et la montée de l’extrême droite. » En Haute-Normandie, tout reste à faire.

 

Frédéric SEAUX

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13 février 2010 6 13 /02 /février /2010 19:15


Article publié dans l'Humanité, le jeudi 13 février 2010

 La politique de Pécresse malmenée à la fac de Rouen

Le maire communiste de Dieppe, tête de liste du Front de gauche en Haute-Normandie, était invité mercredi soir à l’université de droit de Rouen à débattre de l’enseignement supérieur et de la recherche.

 

Devant un amphi bien rempli, Sébastien Jumel, tête de liste du Front de gauche en Haute-Normandie, a participé, avec toutes les composantes politiques représentées au conseil régional (1), à un débat organisé par l’Unef. Le jeune maire communiste de Dieppe a d’abord rappelé à Christian Thuillez (UMP-NC) que la vie quotidienne des étudiants était assombrie par les politiques destructrices d’emploi et de formation imposées par Sarkozy  : « Un meilleur accès à la santé pour les étudiants  ? Mais votre gouvernement ferme des hôpitaux de proximité et contribue à l’augmentation des tarifs des mutuelles. De meilleurs transports  ? Bien sûr, mais dans le même temps le gouvernement casse le transport ferroviaire », a ironisé Sébastien Jumel. Le candidat du Front de gauche a dénoncé la politique « de déménagement du territoire » qui s’annonce avec la perte annoncée de la compétence générale des régions si la réforme territoriale était appliquée. De fait, beaucoup de sujets et de questions liés à l’enseignement supérieur ne seront plus du ressort des régions, a rappelé le candidat du Front de gauche. « Il faudra bien pourtant qu’elles se saisissent de certains problèmes étudiants pour que l’enseignement supérieur demeure accessible à tous, mais pour cela, il faut mettre les mains dans le cambouis », a-t-il insisté, rappelant ainsi la nécessité pour le Front de gauche de participer à la gestion des régions aux côtés des socialistes. Des propos offensifs et unitaires destinés à quelques militants NPA présents dans l’assistance, plus soucieux d’attaquer le candidat du Front de gauche que la droite, pourtant bien présente au débat. Par ailleurs, Sébastien Jumel a fustigé l’idée du candidat UMP d’adosser les diplômes au territoire et de rappeler le rôle nécessaire de la région dans la valorisation de l’enseignement professionnel et technique en Haute-Normandie. Les candidats de l’UMP et d’Europe Écologie ont, quant à eux, été plusieurs fois pris à partie pour leurs positions jugées très libérales, l’UMP rêvant de concurrence entre les universités françaises et d’un partenariat puissant entre le monde universitaire et les entreprises et Europe Écologie expliquant que l’avenir de l’enseignement était un choix de société dépassant les frontières de la droite et de la gauche. Pas sûr que ces deux-là aient fait le plein de voix mercredi soir.


Frédéric Seaux


(1) David Cormand (Europe Écologie), Daniel Jeanne (Modem), Sébastien Jumel, (Front de gauche), Mayer-Rossignol (PS) et Christian Thuillez (UMP).

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19 janvier 2010 2 19 /01 /janvier /2010 18:45


 Article publié dans l'Humanité, le 18 janvier 2010

Les ouvriers squattent la réunion UMP

Les salariés de l’usine M-Real d’Alizay se sont invités, jeudi, à la réunion de Bruno Le Maire, ministre de l’Agriculture et tête de liste UMP en Haute-Normandie, pour lui demander de sauver leur entreprise menacée d’un plan social.


Bruno Le Maire, ministre de l’Agriculture et tête de liste en Haute-Normandie, avait convié à une réunion de travail, jeudi après-midi, à Bois-Guillaume, les leaders locaux de l’UMP. C’était compter sans une centaine de salariés de la papeterie M-Real, basée à Alizay dans l’Eure, qui s’y sont invités. Victimes d’un plan social annoncé le 16 décembre 2009, 99 d’entre eux, ouvriers pour la plupart, vont prochainement perdre leur emploi. Cadres, techniciens et administratifs ne seront pas épargnés non plus. L’usine, détenue par un groupe finlandais, compte aujourd’hui 415 salariés. Recevant une délégation composée de syndicalistes (CGT et CFE-CGT) et du maire et conseiller général communiste d’Alizay, Gaëtan Levitre, le candidat UMP a déclaré faire de l’emploi, notamment industriel, une priorité. « Chiche  ! » lui a répondu la délégation, venue avec des propositions concrètes, notamment le redémarrage immédiat de l’usine de pâte à papier en autorisant l’entreprise à vendre l’énergie qu’elle produit avec ses chaudières comme électricité verte et en investissant dans une station de désencrage. Les salariés ont aussi réclamé du ministre une aide aux exploitants forestiers pour qu’ils vendent le bois à un coût moins élevé. L’entreprise doit en effet faire face à la compétitivité de ses concurrents canadiens et américains qui ont investi dans des entreprises françaises installées dans la Vienne, le sud-est et l’ouest de la France. Jugeant les propositions « intéressantes », le ministre s’est engagé à les défendre auprès de la direction, de Jean-Louis Borloo, ministre de l’Environnement, et de Nicolas Sarkozy en personne. Il a même promis une prochaine table ronde à la fin du mois sur le devenir de l’entreprise ainsi qu’une éventuelle aide du fonds PAC. Du côté des syndicats et des élus, on demeure prudent et on attend des actes concrets  : « Ce qui est certain, a prévenu le maire d’Alizay, c’est que si l’activité ne repart pas rapidement, ce sont tous les salariés qui perdront bientôt leur emploi. »

Frédéric Seaux

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2 décembre 2009 3 02 /12 /décembre /2009 11:53

Article paru dans l'Humanité le 1er décembre 2009


L’Humanité fait événement à Rouen

Ce week-end, la Fête de l’Humanité de Rouen a accueilli 6 000 visiteurs venus prendre des forces pour faire gagner la gauche lors les prochaines élections régionales.

 

La 5e fête de l’Humanité en Normandie a tenu toutes ses promesses. Près de 6 000 personnes ont envahi le parc des expositions, le temps du week-end. Parmi les nombreux débats, celui portant sur les prochaines régionales, auquel ont participé des représentants régionaux du PCF, du PS, des Verts et du Modem, l’UMP s’étant fait excuser…

L’occasion pour les communistes qui, dans cette région, ont fait le choix d’« une liste de gauche combative qui constitue l’actuel Front de gauche », de rappeler que ce front devait être élargi à toutes les composantes de la gauche anticapitaliste et prêt à prendre ses responsabilités dans la gestion régionale.

L’heure était au combat lors de cette fête. Un combat que le député européen Jacky Hénin a appelé à intensifier lors du meeting de clôture. Rappelant les mensonges du gouvernement sur la crise et ses mesures antisociales, l’orateur a souligné que les adversaires sont « la droite et le capital », en déplorant que le Parti socialiste n’ait pas participé à tous ces combats « jetant le discrédit sur l’ensemble de la gauche ». Auparavant, Gaëtan Levitre, maire et conseiller général d’Alizay (Eure), avait dénoncé les licenciements qui plombent l’activité économique de la Haute-Normandie et qui conduisent, dans l’Eure, à un surendettement des ménages qui « explose littéralement pour atteindre 40 000 euros par dossier, soit une progression moyenne de 28 % en un an ».

Bénédicte Maeght-Dugnol, adjointe communiste aux finances à Grand-Couronne (Seine-Maritime), a fustigé la réforme territoriale. « Demain, fini la proximité, fini la démocratie. C’est la fin de la décentralisation qui faisait l’originalité de la France  ! » a-t-elle clamé devant une foule nombreuse, bien décidée à faire gagner la gauche.


Frédéric Seaux

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