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11 mai 2011 3 11 /05 /mai /2011 11:18

Dossier paru dans le Journal d'Elbeuf ( page 5), le mardi 10 mai 2011

 

 Dossier réalisé par Frédéric SEAUX

 

 

CGT Renault-fonderie Cléon :

 

Un syndicat plus combatif que jamais

 

 Le syndicat CGT de Renault et de la fonderie de Cléon était réuni en congrès vendredi et samedi derniers au Palais des Congrès de Oissel. Le nouveau secrétariat du syndicat entend bien poursuivre son combat pour l’emploi, les salaires et les conditions de travail.

 

 

Samedi s’est clôturé au Palais des Congrès de Oissel, le 20e congrès du syndicat CGT de l’usine Renault-fonderie de Cléon, après deux jours de débats sur les futures orientations du syndicat. Près d’une centaine de cégétistes de l’entreprise participaient au congrès. Principal syndicat du site avec 9,5 % de syndiqués sur près de quatre mille salariés que compte le site, le syndicat n’entend pas pour autant, « se reposer sur ses lauriers » et  attendre 2012 pour espérer le changement et une réorientation des réformes gouvernementales qui, selon les congressistes, touchent de plein fouet les salariés de Renault : « qu’il s’agisse du pouvoir d’achat, de la réforme des retraites, de l’emploi ou encore de la politique industrielle, le gouvernement a un impact direct sur la qualité de vie des salariés », prévient Pascal Le Manach’, nouveau secrétaire adjoint du syndicat.

cgt-1.JPGLa CGT réclame des vrais emplois

De son côté, Pascal Morel, le nouveau secrétaire général, en remplacement de Gilles Cazin, insiste sur les orientations de nouveau secrétariat « qu’on a essayé de rajeunir et de féminiser », insiste-t-il. Outre la poursuite du renforcement du syndicat qui séduit de plus en plus de techniciens de plus en plus nombreux sur le site, au détriment des ouvriers de la production, Pascal Morel entend bien continuer le combat contre ce qu’il nomme la précarité de l’emploi au sein de l’entreprise cléonaise qui, comme les autres sites français, devrait prochainement embaucher. Il dénonce ainsi le recours massif aux intérimaires et aux stagiaires, payés pour ces derniers à 75% du smic sans garantie d’embauche. « Du travail, des commandes, il y en a dans cette entreprise, malgré les délocalisations », renchérit le militant qui dénonce les six mille heures supplémentaires effectuées par les salariés de l’entreprise. « Un départ en retraite, une embauche », tel est le slogan du syndicat qui soutient la démarche des communistes d’Elbeuf, ces dernières semaines, d’ouvrir un bureau d’embauche en direction de l’entreprise. La CGT s’est même lancée dans un petit calcul qui, s’il est exact, a de quoi surprendre : « Depuis dix ans et l’instauration des 35 heures, les salariés par choix mais souvent par obligation ont capitalisé du temps, faute de pouvoir toujours récupérer leurs heures. Ces heures représentent six cent cinquante emplois et près de quinze siècles de congés non pris », affirment, sûrs d’eux, Pascal Morel, et Pascal le Manach’.

cgt-6.JPGPour la CGT, la direction ne recherche qu’à faire des profits sur le dos des salariés. « Renault affiche 3,3 milliards de profits en 2010. La marque peut non seulement embaucher mais aussi assurer les départs volontaires à la retraite à 100 % et non à 75 % du salaire de base comme c’est prévu. Pour la plupart des ouvriers, c’est une perte de 400 à 500 euros par mois ». La CGT ne croit donc pas au succès des trois cents départs volontaires en trois ans voulus par la direction.

On le voit, le 20e congrès de la CGT n’a pas adouci le syndicat qui refuse d’être perçu comme un partenaire social de la direction de Renault Cléon. « Nous n’avons rien en commun et à partager avec la direction », prévient Pascal Morel, ravi que des jeunes aient rejoint le syndicat, « malgré, précise-t-il, les pressions de la direction à leur encontre».

 

Portrait

 

Pascal Morel, nouveau secrétaire général de la CGT Renault Cléon

 

« Je n’ai jamais supporté les injustices »

 

cgt-3.JPGA bientôt 49 ans, cet usineur de métier qui est entré chez Renault Cléon en 1981 juste après son service national, est devenu samedi, au terme du 20e congrès du syndicat et après deux jours d’intenses débats, le nouveau secrétaire général du syndicat CGT de l’usine Renault Cléon. Syndiqué à la CGT dès 1983, l’homme à la carrure de rugbyman a gravi avec le temps tous les échelons de son syndicat d’entreprise. Bien qu’issu d’une famille non militante, Pascal Morel a très vite rejoint la CGT parce que, dit-il, « je n’ai jamais supporté les injustices ». Nul doute d’ailleurs que l’homme doit plus sa carrière au sein de la marque au losange à son syndicat qu’à la direction « qui m’a bloqué pendant près de quinze ans comme manutentionnaire car j’étais un responsable cégétiste ». Au point, un moment donné de vouloir quitter Renault. Puis à trente cinq ans, il obtient enfin la possibilité de valider ses compétences pour passer à la production et devenir usineur.

Syndicalement, Pascal Morel est de tous les combats et de tous les mandats. Secrétaire du CHSCT, délégué du personnel, trésorier du CE puis de la CGT, jusqu’à ce week-end où il est devenu secrétaire général. Un aboutissement logique que le militant ne voit pourtant pas ainsi car il insiste pour que ce mandat soit vu comme un travail collectif avec l’ensemble de son secrétariat composé de quatorze militant(e)s. Les priorités de nouveau responsable sont multiples : renforcer la CGT au sein de l’entreprise, développer davantage le travail collectif en intégrant les nouveaux adhérents dans les démarches et les actions entreprises qui devront également faire preuve d’originalité quand le besoin s’en fera sentir. La formation en interne des militants est également un axe que Pascal Morel veut renforcer. Enfin, le nouveau secrétaire général entend bien poursuivre et appuyer également son combat contre le FN aux idées « antisociales et pro patronales ».

 

 REACTION

 

Point de vue de Robert Hazet, responsable de la section des retraités CGT de Renault Cléon.

« Je suis très satisfait de ce congrès car de nombreux jeunes ont rejoint le syndicat et pris des responsabilités. Quant aux débats, ils ont été très riches en dénonciation des mauvaises conditions de travail, mais également sur le plan de l’analyse des stratégies à mener. La nouvelle direction est dynamique et motivée. Quant à Pascal Morel, c’est un homme charismatique que je connais depuis très longtemps et qui a toute ma confiance.

Les retraités que je représente ont fait inscrire sur le texte final du congrès une revendication qui leur est chère : l’augmentation de leur retraite de trois cents euros par mois pour vivre tout simplement dignement ».

 

 

Dossier réalisé par Frédéric SEAUX

 

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31 mars 2010 3 31 /03 /mars /2010 08:27

 Article paru dans L'Humanité, le 25 mars 2010

 

Comment votent les proches des syndicats  ?

 

Par Olivier Mayer, journaliste à L'Humanité

 

 

« Dis-moi quel est ton syndicat, je te dirais pour qui tu votes »  ? L’enquête réalisée dimanche, par le CSA pour Liaisons sociales, risque de démentir quelques préjugés. C’est ainsi que le plus grand pourcentage de votes socialistes se trouve chez les proches de la CGT (42 %). C’est Solidaires qui tient la corde pour le Front de gauche (18 %), la CFTC pour l’UMP (47 %) et FO pour le Front national (17 %). Il s’agit d’une étude sur le vote de ceux qui se sentent proches de tel ou tel syndicat. Selon Jean-Daniel Levy, le directeur de CSA, cela représente près de 60 % des Français, un chiffre en augmentation constante depuis le début des années 1990. L’analyse ne porte pas sur la FSU et l’Unsa, trop peu citées, selon CSA, pour que les résultats soient fiables. Même moindre que dans l’ensemble (48 % contre 55 %), le pourcentage des abstentionnistes reste très élevé chez les sympathisants des syndicats dont on peut penser qu’ils sont moins « marginalisés ». Ce qui montre la profondeur de la crise politique. Les syndicalistes votent plus à gauche que les Français en général (58 % contre 50 %), et le clivage est assez net entre les syndicats dont les proches se situent nettement à gauche (CGT 74 %, CFDT 61 % et Solidaires 79 %) et ceux des amis de FO, de la CFTC et de la CGC dont le vote est assez marqué à droite si on ajoute les voix UMP et FN (respectivement 42 %, 50 % et 54 %). À FO, dont la ligne syndicale est souvent difficile à lire, se retrouve la plus grande hétérogénéité politique, avec des votes à 9 % pour l’extrême gauche, 8 % pour Europe Écologie, 26 % pour le PS, 25 % pour l’UMP et 17 % pour le Front national.

Deux autres éléments retiennent l’attention. Les listes d’extrême gauche recueillent les suffrages de 3 % des sympathisants des syndicats, le même niveau que pour l’ensemble des Français. Aux élections régionales de 2004, ces listes recueillaient 5 % des amis des syndicats et elles totalisaient 10 % des syndicalistes et des sympathisants lors de la dernière présidentielle. Les cégétistes et leurs proches ont ainsi voté en 2010 à 2 % pour l’extrême gauche quand ils avaient apporté 9 % de leurs voix en 2004 et 14 % à ses candidats à la présidentielle de 2007. Le deuxième élément est l’implantation du vote Europe Écologie qui totalise 13 % des suffrages des proches des syndicats, soit 1 point de mieux que pour l’ensemble des Français. Non seulement cela confirme que l’écologie n’est plus perçue en opposition au social, mais Jean-Daniel Levy l’analyse comme « l’expression d’une mise en sécurité ». Les écologistes occupent le terrain de ceux qui anticipent l’avenir.

L’étude montre aussi que 16 % de cégétistes ont voté pour le Front de gauche. Une remontée qui paraît fragile et témoigne d’une certaine persistance du décrochage entre la sympathie pour la CGT et le vote communiste. Les proches de la CGT votaient à 18 % pour le candidat communiste à la présidentielle de 2002, à 14 % pour les listes communistes aux régionales de 2004 et à 7 % pour Marie-George Buffet en 2007.

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