il s'agit d'un blog sur lequel paraissent certains de mes articles publiés dans le quotidien l'Humanité et les deux hebdomadaires, La Terre et l'Humanité Dimanche. J'utilise également ce blog comme moyen d'expression sur des sujets d'actualité que je ne traite pas directement à travers mes articles. Rendez-vous également sur le blog de la maison d'édition que j'ai créée : http://editionscogitoergosum.over-blog.com
Editorial paru dans l'Humanité le 6 Février 2012
Ceux qui claquent des dents ont parfois un toit sur la tête, mais ils vivent dans le noir faute d’avoir pu régler la facture d’électricité. Parce que leur salaire ne permet pas d’assumer le coût d’un loyer, on découvre que des personnes avec des revenus stables vivent dans des caravanes. Des travailleurs pauvres grelottent la nuit dans leur voiture en pointant le lendemain au boulot comme si de rien n’était. Loin des clichés du SDF solitaire, ce sont des familles entières qui viennent chercher un peu de chaleur au Secours populaire ou aux Restos du cœur.
« C’est de l’enfer des pauvres qu’est fait le paradis des riches », disait Victor Hugo. Rarement la maxime du poète aura été aussi vraie. Pendant que des grandes fortunes reconnaissent avoir été trop gâtées par le gouvernement Sarkozy au point de demander à payer un peu plus d’impôts, les températures glaciales rappellent que l’austérité est en train de faire vaciller les plus démunis. D’un côté, l’État n’hésite pas à opérer des coupes drastiques dans les budgets de l’hébergement d’urgence, obligeant les collectivités locales (heureusement qu’elles sont là !) et les associations à se démener pour accueillir les familles dans le besoin. De l’autre, Nicolas Sarkozy, presque candidat, offre à ses amis du CAC 40 une ristourne sur les cotisations sociales que les ménages, et plus encore les familles pauvres, vont rembourser par l’augmentation de la TVA.
Ce n’est pas le froid qui tue mais la pauvreté. D’ailleurs, même si les regards sont à ce moment-là tournés ailleurs, la rue tue aussi l’été. La France est malade du creusement des inégalités et ceux qui prétendent, comme Claude Guéant, donner au monde des leçons de « civilisation » feraient bien de balayer devant leur porte. Réduire les droits à la protection sociale, qu’il s’agisse de la retraite ou de l’accès aux soins, faire de la précarité du travail un modèle, détricoter les garanties du Code du travail, privatiser un à un les services publics, ériger l’argent, l’appât du gain, la rentabilité et la compétitivité en système, cela s’appelle un vaste recul de civilisation.
C’est bien dans cet avenir-là que l’UMP veut continuer, demain, d’enfoncer le pays. À l’heure où il est à la mode de dénoncer les banquiers et de voir un ennemi dans la finance, allons-y ! Il est des coffres-forts qui débordent et continuent de se remplir. La France est un pays riche, mais un pays qui se remplit de pauvres. Résoudre ce problème, c’est se poser la question d’atteindre un haut degré de civilisation, un degré qui ne place aucune valeur au-dessus de l’humain.