il s'agit d'un blog sur lequel paraissent certains de mes articles publiés dans le quotidien l'Humanité et les deux hebdomadaires, La Terre et l'Humanité Dimanche. J'utilise également ce blog comme moyen d'expression sur des sujets d'actualité que je ne traite pas directement à travers mes articles. Rendez-vous également sur le blog de la maison d'édition que j'ai créée : http://editionscogitoergosum.over-blog.com
Patrick Carré, policier municipal depuis seize ans, aime son métier. Pour rien au monde, il n’en changerait. « C’est un choix. Je connaissais des policiers municipaux qui m’ont donné envie de faire ce métier. J’ai débuté dans des zones difficiles, en banlieue parisienne. J’aurais pu me décourager, mais j’ai toujours aimé travailler dans une police de proximité, au contact des habitants, des gamins qu’on voit grandir. » Désormais Patrick est de retour en Haute-Normandie, aux Andelys. Dans la ville, tout le monde connaît son physique de rugbyman et son approche facile.
S’il ne regrette pas son choix, Patrick a le sentiment que, parfois, lui et ses collègues font « la merde des autres », comme il dit. Dans le viseur du policier, la police nationale et la gendarmerie. « Nous faisons de plus en plus ce qu’elles ne veulent plus faire, comme le stationnement et les troubles de voisinage, peste-t-il. Le problème, c’est que pendant ce temps-là, on ne fait plus notre travail de prévention et d’écoute. » Une guerre des polices qui ne veut pas dire son nom ? « Non, c’est plutôt un problème d’hommes. Il y a des endroits où les relations sont bonnes, et ailleurs, surtout dans les grandes villes, où les policiers municipaux sont vus comme des sous-policiers », lâche-t-il
C’est la raison pour laquelle ce policier, qui est également responsable régional de la CFTC police municipale, revendique les mêmes droits et avantages sociaux que les policiers nationaux, « puisque nous avons les mêmes prérogatives, hormis celles de police judiciaire (garde à vue, dépôt de plainte) qui ne sont pas de notre ressort ». Et encore, sur ce point, Patrick Carré tient à relativiser : « On n’a pas cette compétence, mais souvent nous sommes à l’origine d’enquêtes menées par les gendarmes ou la police nationale qui viennent nous voir pour des informations essentielles. »
Bien qu’employé communal payé par la municipalité, Patrick Carré se sent avant tout policier. « Nous sommes le seul corps de sécurité à avoir le double agrément à la fois du préfet et du procureur de la République. » C’est au nom aussi de cette double casquette qu’il défend ses revendications.
Frédéric SEAUX.