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Article paru dans l'Humanité, le 21 Février 2011
La volonté du chef de l’État, réaffi rmée au Salon de l’agriculture, de lancer un débat sur la place des religions en France, se heurte au souci de prudence de responsables de l’UMP.
«Ethniciser » la question sociale, réveiller les peurs au sein de la société française, contraindre la gauche à se prononcer… En énonçant une série de conventions en vue de la présidentielle, l’UMP a jeté un pavé dans la mare. Y compris dans son camp. Après la remise en cause des 35 heures et la TVA dite « sociale », place au multiculturalisme et à la place des religions. Entendre de l’islam en France. Après son passage à l’émission Paroles de Français où le chef de l’État annonçait « l’échec » du multiculturalisme – sans que ce modèle n’ait jamais été à l’oeuvre dans l’Hexagone –, il a confirmé sa volonté d’ouvrir un débat sur la place de l’islam en France, lors de son passage au Salon de l’agriculture, tout en se défendant de stigmatiser « nos compatriotes musulmans » et de monter les Français « les uns contre les autres ». « Je n’accepterai pas qu’on (les) mette en cause mais en même temps je n’accepterai pas un islam qui ne correspond pas aux valeurs de la République et de la laïcité », a-t-il martelé. Reste que l’initiative est prise avec des pincettes, même dans la majorité. Si le ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire, estime en effet nécessaire d’aborder la question pour ne pas la laisser au FN, il met en garde contre ce qu’il appelle les « écueils de la stigmatisation et de l’aveuglement ». Selon lui, ces débats, sous couvert de laïcité, ne peuvent donner lieu à « un débat en l’air » mais à « un débat respectueux des musulmans de France, respectueux des principes de la République ». Tandis que Marine Le Pen avait relancé le débat sur les prières de rue, l’UMP a embrayé en prenant appui sur une pseudo-défense de la laïcité afin de diviser de nouveau la société française et de masquer les échecs de sa politique. Nicolas Sarkozy avait ainsi affirmé : « Je ne veux pas de minarets, pas d’appels à la prière dans l’espace public, pas de prières dans la rue » quand ces dernières sont surtout le phénomène d’extrémistes et que les appels à la prière sont inexistants depuis les mosquées.