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Larcher sans opposition
Gérard Larcher, président du Sénat, est venu plaider la réforme de la taxe professionnelle et des collectivités territoriales devant les maires de Seine-Maritime réunis en assemblée générale. On était bien loin de la fronde de la porte de Versailles de novembre dernier.
On s’attendait à une fronde des élus seino-marins comme Fillon l’avait
connue lors du récent congrès des maires de France (l’Humanité du 18
novembre 2009). On a eu finalement, tout au plus, quelques critiques par-ci,
par-là sans réel débat faute de participants du côté des élus. En lieu et place
du 1er ministre, cette fois, c’est Gérard Larcher, président du Sénat qui a fait
le déplacement samedi à l’assemblée générale des maires de Seine-
Maritime qui avait placé cette journée sous le thème de la réforme des
collectivités territoriales et de la taxe professionnelle.
« Je ne suis pas le gouvernement »
D’emblée cependant, le président de cette assemblée, Denis Merville,
pourtant de droite et Didier Marie, président socialiste du département,
s’étaient montrés incisifs sur ces deux réformes. En coulisses, de nombreux
maires d’ailleurs étaient remontés et promettaient de la faire savoir. Craignant
alors peut-être d’être lui aussi malmené, Gérard Larcher a voulu se
dédouaner immédiatement du gouvernement en clamant, « je ne suis pas le
gouvernement, mais le regard du sénat. Je suis venu pour vous entendre
et transmettre au président de la commission des lois du Sénat ». Puis,
la 2e personnalité de l’Etat a tenté de justifier le mieux qu’il le pouvait des
réformes « tant évoquées depuis des années sans jamais être mises en œuvre ».
Il s’est voulu rassurant en jurant la main sur le cœur que la commune
resterait « la cellule de base » et qu’ « elle gardera sa compétence
générale ». Une compétence que celui-ci ne voit pas comme un remède
miracle au point de se demander s’il serait bon de l’imposer partout.
Contestation des élus ? Au contraire approbation,certes timide, de
l’assistance. Autre point évoqué, l’achèvement de la carte intercommunale
au plus tard fin 2013, précisant immédiatement, que ce serait aux élus de
décider de leur adhésion.
Des maires sans réaction ou presque
Quant au conseiller territorial, sensé remplacé le conseil général et régional,
le président du sénat l’a justifié en affirmant qu’il donnerait de la cohésion
territoriale et qu’il serait élu sur le territoire du canton. Aucune réaction dans la
salle. En reconnaissant tout de même qu’il faudrait « éviter les politiques
trop urbaines » en rééquilibrant certains cantons « par un croisement
territorial et démographique afin que les zones rurales ne soient pas sous-
représentées". Enfin, concernant la suppression de la taxe professionnelle
(TP) qu’il voit comme « un outil pour redonner de la compétitivité aux
entreprises », il a tout de même reconnu que l’erreur du gouvernement avait
été de mettre la charrue avant les bœufs en parlant de cette suppression
avant d’évoquer la réforme des collectivités territoriales. Seule erreur du
gouvernement selon Larcher donc. Les promesses du gouvernement de
compenser financièrement cette suppression de la TP ? Aucun problème
pour Larcher pour qui tout a été prévu, grâce aux fonds de péréquations
départementales et nationales ainsi que par les clauses de revoyure.
Dépit ou véritable adhésion finalement obtenue par le président du Sénat ?
Toujours est-il en tout cas, qu’un seul maire, Patrice Philippe de Berneval-Le-
Grand, (près de 1100 habitants), a osé esquisser une critique sur les propos
énoncés et les promesses du gouvernement en matière de compensation :
« une usine à gaz » a-t-il clamé tout haut ce que beaucoup d’élus pensaient
tout bas. Gérard Larcher s’en est sorti pat une pirouette estimant qu’il
s’agissait là « d’un point de vue politique ». Fin des débats.
Larcher est donc reparti comme il était venu et pas sûr qu’il ait compris grand-
chose du malaise des maires de Seine-Maritime. En même temps ces
derniers ne l’ont pas aidé à s’en faire une idée.
Frédéric SEAUX