il s'agit d'un blog sur lequel paraissent certains de mes articles publiés dans le quotidien l'Humanité et les deux hebdomadaires, La Terre et l'Humanité Dimanche. J'utilise également ce blog comme moyen d'expression sur des sujets d'actualité que je ne traite pas directement à travers mes articles. Rendez-vous également sur le blog de la maison d'édition que j'ai créée : http://editionscogitoergosum.over-blog.com
Nicolas,
J’te kiffe pas
Ton sourire
Me fait bouillir
Presque vomir
Parce qu’avec toi, le peuple peut s’attendre au pire.
On fait assurément partie de la même planète
Mais pas du même monde.
Moi, j’en veux un qui soit solidaire
Toi, tu le veux constamment en guerre
Comme Georges Bush, ton spirituel de père.
Tu rêves d’un remake social à la Thatcher
Mais je te préviens : ici on n’est pas en Angleterre.
Ici, c’est la patrie de Voltaire
Qui a déclaré un jour après une période séculaire
Qu’on était désormais tous frères.
Hors de question alors de se faire nettoyer au karcher.
Mais je sais que tu es sérieux
Quand tu dis que tu vas nettoyer la banlieue.
Le seul souci Sarkozy
C’est que tu ne prends pas le problème à la racine.
Essaie plutôt de comprendre comment ils sont tous arrivés là
Et pourquoi certains, une minorité, en sont arrivés là.
Cela devrait t’interpeller
Toi qui avec prétention,
Tu as ici d’ailleurs toute mon admiration,
Te réclame de l’immigration.
Rappelle-toi, quand tu auras cinq minutes
Et même si cela te rebute,
Que ta famille comme la leur
A connu l’horreur
Et que si la France
N’avait pas écouté ses souffrances
Si elle ne lui avait pas offert l’Etat Providence
Que tu veux supprimer désormais que tu es à la présidence
Tu serais aujourd’hui encore en Hongrie
En train de te demander
A quoi sert la vie
Si c’est pour vivre ainsi.
Je sais bien que je ne te fais pas peur
Que pour toi, je compte pour du beurre.
Sois pourtant certain que toujours je serai opposé,
Sous prétexte de retour à l’autorité,
A ce que mes élèves soient obligés
De se lever
Dès que je ferai mon entrée.
On ne construit pas Nicolas
Une société ou seule l’autorité
Aurait valeur de loi.
On la construit sur la confiance entre les générations
Sur la réciproque admiration
Et non pas sur la flagellation, la délation et l’humiliation.
Et ce n’est pas avec ton ministère de l’identité nationale et de l’immigration
Qui taira les horreurs de la colonisation
Que tu susciteras chez eux la satisfaction.
Ce n’est pas non plus en nous demandant de leur faire chanter la Marseillaise
Qu’elle pourra prendre ta mayonnaise.
Ne ressens-tu pas d’ailleurs un malaise
A écouter ses paroles guerrières d’une autre ère
Qui ravivent les blessures
Et qui ouvrent la porte à toutes les ordures ?
C’est plutôt en évitant que leurs parents
Soient considérés comme des perdants
En étant licenciés au bout de vingt ans
De travail éreintant
Au nom de la rentabilité financière
Voulue par les actionnaires
Et ce CAC 40 de galère.
Et c’est surtout en offrant un avenir à cette jeunesse
En formant cette jeunesse pour l’avenir
Que non seulement on évitera le pire,
Mais surtout qu’on construira cet empire
Où chacun trouvera sa place
Sans plus jamais prendre en pleine face
Qu’il est une feignasse
Parce que sans boulot, il vit d’assistanat
Et que dans notre société, il n’a plus sa place.
« Pardonne-moi si je te dis tu
Je dis tu à tous ceux que j’aime », écrivait Prévert.
Mais moi, moi je ne t’aime pas
Je ne te hais pas
Rassure-toi.
Je te jugerai sur tes actes
Mais attends-toi à mes tacles.
Jamais devant mes élèves
Car je veux que leur conscience s’élève.
Et ce n’est pas en leur bourrant le crâne avec mes idées
Qu’ils apprendront par eux-mêmes à penser.
Ma seule arme est ma profession
Où je ne leur apprends pas l’amour de la nation
Mais plutôt que la terre n’est qu’un seul pays
Où lorsqu’un homme enchaîné crie
Ils doivent crier aussi
Contre cette monstruosité
Qui date de milliers d’années.
Alors oui je sais,
Je sais que je n’arriverai pas à t‘impressionner.
Mais fais attention
Car les jeunes d’aujourd’hui,
Et les moins jeunes aussi
Se lancent dans le slam
Qui est la meilleure arme
Contre ta condescendance
Et contre l’ignorance.