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13 avril 2012 5 13 /04 /avril /2012 11:00

Compte-rendu du débat paru dans l'Humanité le 10 Avril 2012

 

 

Face-à-face

Quelles politiques pour développer la Seine-Maritime ?

 

Industrie, emploi des jeunes, services publics : deux élus confrontent les points de vue de sébastien jumel, 
candidat Front de gauche 
dans la 6e circonscription 
de seine-maritime et Michel Lejeune, 
candidat ump 
dans la 6e circonscription 
de seine-maritime

 

Sébastien Jumel, maire de Dieppe et vice-président PCF-Front de gauche du conseil général de la Seine-Maritime, a débattu vendredi dernier au théâtre de Neufchâtel-en-Bray (Seine-Maritime) avec Michel Lejeune, maire UMP de Forges-les-Eaux et député du département. Ils sont candidats tous les deux dans la nouvelle 6e circonscription de Seine-Maritime, la plus grande de France, regroupant 177 communes sur 10 cantons.

Votre circonscription est essentiellement rurale. 
Les problématiques y sont donc nombreuses, à commencer par celle de l’accès aux soins. Quel est votre regard sur cette question ?

Sébastien Jumel. La région Haute-Normandie est au 20e rang en termes d’accès aux soins pour ses habitants. Je reproche au gouvernement et à Michel Lejeune de n’avoir apporté aucune réponse pour corriger ce retard et les inégalités qui s’y développent. Il faut ouvrir le numerus clausus en médecine pour augmenter le nombre de médecins et les inciter par des aides à l’installation à venir en territoire rural. Le budget de la santé doit être augmenté en stoppant les exonérations de charges patronales, qui ne créent aucun emploi, ainsi que les nombreux cadeaux fiscaux aux plus riches : 70 milliards sous Nicolas Sarkozy. Il faut prendre l’argent là où il est, en taxant fortement les plus riches et les entreprises qui délocalisent.

Michel Lejeune. Je suis d’accord avec votre constat, mais pas sur les mesures à prendre. Quand on a plumé les riches, il ne reste plus rien après et vous risquez de faire fuir les capitaux. Et vous évoquez l’augmentation du numerus clausus qui ne peut, à lui seul, résoudre le problème, car cela aura des effets mais dans dix ans seulement. Je vous rappelle que c’est la gauche, en 1981, qui a baissé le numerus clausus de moitié. Et puis la situation ne va pas si mal. Ici, à Neufchâtel-en-Bray, en milieu rural, grâce à l’action du gouvernement, l’hôpital fonctionne vingt-quatre heures sur vingt-quatre. On sait que le premier problème de l’hôpital, en général, c’est son déficit et l’application des trente-cinq heures a fait beaucoup de mal.

Sébastien Jumel. Les trente-cinq heures n’ont aucune responsabilité dans les problèmes de l’hôpital. Plus globalement, je considère que l’aménagement du territoire est une prérogative de l’État. Or, celui-ci, sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, a cassé les services publics. Des services comme la caisse d’allocations familiales, la Sécurité sociale, La Poste ont été éloignés des habitants. Des classes ont été fermées. Votre bilan, Michel Lejeune, c’est la dévitalisation du territoire.

Autre problématique ici concernant le territoire : les études 
supérieures quasi inexistantes. Comment y remédier ?

Sébastien Jumel. En dehors de Rouen, il n’y a pas beaucoup d’offres. Il faut donc développer des BTS, des IUT, des licences professionnelles qui répondent à une demande des professionnels qu’il faut associer. Il faut de toute urgence rattraper le retard en milieu rural pour que les jeunes s’y installent durablement.

Michel Lejeune. On ne peut pas avoir une offre sur tous les territoires. Moi-même, quand j’étais jeune, j’ai dû quitter mon territoire pour faire mes études de vétérinaire.

La Haute-Normandie a connu ces dernières années une forte désindustrialisation. Que proposez-vous pour inverser la tendance ?

Michel Lejeune. Je vous rappelle qu’on a connu trois crises économiques successives depuis 2008. Pour lutter contre la désindustrialisation, il faut lutter contre les délocalisations. Pour cela, la seule solution est d’avoir des prix compétitifs. Il faut absolument baisser le coût du travail et réduire notre dette, en limitant le nombre de fonctionnaires. Et puis, il faut que les entreprises continuent d’investir dans la recherche, grâce au crédit d’impôt mis en place par le gouvernement.

Sébastien Jumel. Les salaires sont, dans le pays de Bray, plus bas que dans la région rouennaise, à seulement trente minutes en voiture. Or, pour vous, le salaire est un problème, alors que pour nous, au Front de gauche, il est la solution. C’est la revalorisation des salaires qui est la condition de la relance du pouvoir d’achat et de la consommation et qui permettra ainsi aux industries de résister. Il faut prendre des sanctions contre les entreprises qui délocalisent pour augmenter leurs profits. Quant aux aides et aux crédits, ils devront être versés aux entreprises en fonction de leurs engagements sociaux et environnementaux.

Le chômage et la précarité touchent en particulier les jeunes. 
Quelles mesures faut-il prendre 
pour favoriser leur embauche ?

Sébastien Jumel. Les jeunes ne veulent pas de petits boulots, mais d’abord une vraie formation débouchant sur un vrai emploi, avec un salaire convenable. Les jeunes ont aujourd’hui conscience de vivre plus mal que la génération précédente.

Michel Lejeune. C’est pour cela que Nicolas Sarkozy veut accroître la formation en alternance pour permettre à des jeunes d’être plus tôt sur le marché de l’emploi et d’être mieux formés.

Sébastien Jumel. En 2011, il n’y a eu que 13 % de contrats d’apprentissage, c’est la preuve que ça ne marche pas. Au contraire, il faut développer l’enseignement professionnel et technique au sein de l’Éducation nationale. Concernant l’emploi, la priorité des PME est l’accès au crédit, aujourd’hui rendu très difficile par les banques. Il faut donc créer un pôle public bancaire qui prêtera de l’argent aux PME avec un taux variant en fonction de la priorité établie en faveur de l’emploi des jeunes, de leur formation.

Michel Lejeune. Il faut surtout que Pôle emploi soit plus efficace, que chaque demandeur d’emploi ait une formation qui débouche sur un emploi. Arrêtez de créer des problèmes aux entreprises, car c’est cela qui les fait partir !

Sébastien Jumel. Vous leur avez offert des cadeaux fiscaux, le bouclier fiscal aux plus aisés de leurs dirigeants et pour autant y a-t-il eu moins de délocalisations ?

Michel Lejeune. Le bouclier fiscal avait pour but de faire revenir les capitaux partis à l’étranger et d’éviter que de nouveaux s’en aillent. Et dois-je vous rappeler que c’est la gauche, avec Rocard, qui l’a mis en place ? Quant au pouvoir d’achat, je vous rappelle que l’Insee a établi qu’il avait augmenté sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy. Ce sont les chiffres et vous n’y pouvez rien. Alors bien sûr, des prix comme ceux de l’essence à la pompe augmentent, mais nous n’y pouvons rien, puisque le prix du baril augmente. Pour le moment, il faut faire avec.

Sébastien Jumel. J’ai récemment eu entre les mains le contrat de travail d’un jeune travaillant à temps partiel en «horaires modulables» : voilà, en résumé, tout le projet de société que propose la droite !

 

                                                            Propos recueillis par Frédéric Seaux

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Published by frederic seaux - dans politique
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commentaires

Phil 14/04/2012 14:01

Avec toutes les photos du débat ici :
http://www.pcfletreport.com/article-debat-entre-michel-lejeune-et-sebastien-jumel-103228786.html
Cordialement

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