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7 avril 2011 4 07 /04 /avril /2011 22:38

 

Article paru dans l'Humanité, le mercredi 6 avril 2011

 

Pour Sealinx, pas de fossoyeur

Les salariés de l’équipementier automobile Sealinx sont en grève pour demander le maintien des emplois par le futur repreneur et le retour des commandes de Renault

Les mois difficiles se suivent et se ressemblent pour les salariés de l’équipementier automobile Sealinx, basé à Charleval (Eure), spécialisé dans la fabrication de joints d’étanchéité. Après plusieurs plans sociaux ces dernières années, l’entreprise qui ne compte plus que 714 salariés (contre 1800 il y a dix ans)  est aujourd’hui en redressement judiciaire. Les promesses successives de la direction pour sauver l’entreprise en valorisant la bilocalisation (finition des produits dans les pays à bas coûts) et l’embauche de chefs de projet et de commerciaux n’auront été finalement que de la poudre aux yeux. Cinq repreneurs étrangers, indien, croate, polonais et espagnols, se sont déjà manifestés, sentant l’odeur de la bonne affaire, même si aucun chiffre concernant le montant du rachat n’a été jusqu’à présent donné. Par contre, les salariés savent déjà qu’ils seront la variable d’ajustement du futur repreneur, quel qu’il soit, car, « tous prévoient de ne garder au mieux 380 salariés sur le site », déplore Yamina Larbi, de la CDTM, syndicat indépendant du site.

Pas question néanmoins, malgré la situation inextricable dans laquelle semble être désormais l’entreprise, de subir une nouvelle saignée en termes d’emplois. Tous les salariés, cadres compris, sont donc en grève reconductible depuis lundi matin. « On met la pression sur Renault, mais aussi sur Peugeot, l’autre client important de l’entreprise qui n’a pas encore donné suite à notre demande d’audience », explique la responsable syndicale qui reconnaît que les salariés disposent actuellement d’un bon moyen de pression, en retardant la fabrication et la livraison des joints. Signe que cette colère est prise au sérieux, une intersyndicale (CDTM, CGT, CFTC, CGC) rencontrait dès hier à Paris la direction de Renault, son principal client, véritable donneur d’ordres. Objectif double pour les représentants syndicaux : Négocier  un plan social se limitant à des départs volontaires et exiger de Renault qu’il leur fournisse du travail, afin d’accroître les commandes et donc d’améliorer la rentabilité du site. A la sortie, les délégués ne cachaient pas leur mécontentement puisque Renault n’a proposé que 30 000 euros aux salariés désireux de partir, sans prendre en compte les années d’ancienneté, et a renvoyé la question des commandes aux contrats avec le futur repreneur. « On ira jusqu’au bout car on n’a plus rien à perdre », confie remontée Yamina Larbi.

   Frédéric SEAUX

 

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Published by frederic seaux - dans emploi
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